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sur les traces de Boumarafi

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2012-06-29
 
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  Emir Abdelkader    
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Post sur les traces de Boumarafi

De Annaba Meskiana, sur les traces de Boumarafi

20 ans aprs, le sous-lieutenant Lembarek Boumarafi est officiellement derrire les barreaux. Reconnu coupable dassassinat sur la personne de Mohamed Boudiaf, il suscite toujours autant dinterrogations. El Watan Week-end sest rendu Annaba, sur les lieux du forfait, mais galement Meskiana, dans la wilaya dOum El Bouaghi, o il a vcu son enfance.


Annaba et Meskiana (Oum el Bouaghi). De notre envoy spcial

Parce que vous croyez que cest bien lui lassassin ? Drle dassassin, alors () Boumarafi nest mme pas en Algrie, il doit tre en Suisse, aux Etats-Unis ou en Malaisie A Annaba, quatrime ville du pays, l o a t assassin Mohamed Boudiaf, il y a 20 ans jour pour jour, lorsque le sujet sur le meurtrier est abord, telles sont les rponses qui fusent gnralement. Rencontres au cur du mythique Cours de la Rvolution, Anissa et Meriem, tudiantes en lettres franaises, admettent lide de la culpabilit du sous-lieutenant Boumarafi. Mais pourquoi tant de zones dombre autour de cet assassinat ? Et pourquoi cest lui qui a t charg daccomplir la sale besogne ?, relancent-elles. Cette dernire question revient galement auprs de beaucoup de Bnois.
Lembarek Boumarafi demeure un mystre identique au cas de Lee Harvey Oswald, selon Me Boubakeur Achachia, membre fondateur de la Fondation Boudiaf (voir interview ci-contre). Du ct de la maison de la culture qui porte le nom du dfunt Prsident, rares sont celles et ceux rencontrs qui se sont exprims sur lenfant de Meskiana (wilaya dOum El Bouaghi), tant il demeure lui-mme mystrieux. Salim, 27 ans, domicili Berrahal, 35 km de Annaba, en direction de Constantine, affirme que beaucoup reste dire sur Boumarafi, mais, mon avis, il va falloir encore au moins une gnration, si ce nest deux. Ça sera tout simplement le travail des historiens. Mais certainement pas celui de ceux qui nous gouvernent en ce moment.

ATMOSPHÈRE


A lintrieur mme de la maison de la culture se dgage une drle datmosphre ds lors que le nom de lassassin sans doute le plus connu dAlgrie est voqu. Vous croyez que cest lendroit et le moment de parler de cet homme ? demande, nerve, Malika, une enseignante guelmoise, venue pour une exposition culturelle sur la wilaya de Blida. Non, pour moi, il a tu lespoir, il mrite la mort. Regardez o nous nous trouvons maintenant, la situation est peut-tre pire au dbut de lanne 1992. Fhemti (vous avez compris, avec laccent de lEst algrien) ? Il doit tre excut, puisquil a t condamn mort ! Ignore-t-elle que, bien que la peine de mort soit officiellement maintenue, il existe depuis 1993 un moratoire qui abolit de facto cette peine capitale ? Pourtant, mme si Mohamed Boudiaf hante toujours cet espace culturel, il est clair que Lembarek Boumarafi marque galement, sa manire, sa prsence.

Ses traces semblent encore toutes fraches travers le parcours quil a effectu juste aprs lassassinat de la maison de la culture jusqu lappartement de la famille Bad (voir tmoignage de Abdelmadjid Bad), situ au sixime tage de limmeuble Logicoop, sis face au commissariat central (voir carte). Pour essayer den savoir davantage sur cet homme, nous nous rendons Meskiana, 60 km lest dOum El Bouaghi, sur la RN10 en direction de Tbessa. Ancien village de colonisation, connu jusquen 1962 sous le nom de La Meskiana, ce gros bourg, situ en plein cur de la partie orientale des Hauts-Plateaux, suffoque de chaleur en t comme il souffre du froid glacial en hiver.

LAVAGE DE CERVEAU


Meskiana, une ville au milieu de collines partiellement recouvertes de forts de pin dAlep, semble tre compltement fige, tel point quelle parat presque labandon. Son plan en damier rappelle la prsence franaise. Peu de projets, mis part lhpital, ont vu le jour depuis lindpendance. Abdelkader, 46 ans, employ Algrie Poste, sest demble exprim sur lenfant du pays qui a fait carrire lANP : Boumarafi, enfant, tait plutt discret. Daprs les plus anciens, ctait un lve srieux, qui avait de trs bonnes notes au primaire. Cette scolarit exemplaire a dailleurs t confirme par Ali M., qui tait son camarade de classe en 4e anne primaire : Je me souviens bien de lui, il tait vraiment dou en classe et plutt discret. Khatih el machakel. Il restait souvent seul. Vous savez, il tait issu dune famille pauvre, son pre sest remari et les relations avec sa belle-mre nauraient pas t bonnes.

Cest en partie pourquoi, juste aprs lcole primaire, il a rejoint lEcole des cadets de Guelma. Je ne lai plus revu depuis, je nai plus entendu parler de lui, sauf partir de 1992, avec les vnements que vous savez et a ma normment surpris. Personne, ici, Meskiana, ne croyait Lembarek capable dune chose pareille. Non, ctait impossible, il tait un gentil garon. Je pense que sil a vraiment tu le Prsident, ils ont d lui faire un lavage de cerveau, ils lont retourn. Maintenant, sil est encore en Algrie, il nest ni Serkadji, ni El Harrach, ni Tazoult-Lambze. Il est peut-tre libre, mais sous une autre identit.

Allez le voir l-bas...


Ici mme Meskiana, son ombre subsiste. La veille, El Hadj Cherif Boumarafi, le pre, avait donn son accord de principe pour nous recevoir. On nous emmne son domicile situ non loin de la station de taxi. Un homme g entre 75 et 80 ans, visage imberbe et trs maigre, grosses lunettes, vtu dune djellaba de couleur beige et une chchia blanche, sort. Latmosphre est, tout dun coup, pesante. Nous sommes en face du pre de lassassin prsum de Si Tayeb El Watani, sur ses propres terres, son propre territoire. Mais le pre refuse de nous parler : Mon fils ? Quel fils ? Si vous voulez en savoir davantage, vous navez qu aller le voir l-bas, il vous expliquera tout ! Malgr notre insistance, il ne dit mot et rentre chez lui. Joint par tlphone, Ali M. pense que le pre a certainement t brief pour ne pas parler. De retour Annaba, nous saurons que des policiers seraient venus chez lui juste aprs notre visite Rien dtonnant, reconnat Bachir, avocat Annaba, lapproche du 20e anniversaire de lassassinat de Boudiaf, ses faits et gestes sont troitement surveills, de mme que ceux qui ont t de prs ou de loin mls cet vnement. Un dernier regard sur la maison de la culture, sur le perron de laquelle trne le buste de Mohamed Boudiaf rig en 1994, et toujours cette ombre de Boumarafi qui plane en ces lieux et au-del, sur la Coquette


Une enqute et des interrogations :

1992
-29 juin : au soir de lassassinat, le HCE, qui reste en runion ouverte, dclare dans un communiqu que lassassin a t arrt et que lenqute en cours dterminera les commanditaires et leurs complices de ce crime.
-4 juillet : le HCE installe la commission nationale charge de faire la lumire sur les circonstances de lassassinat du prsident. Elle est prside par Ahmed Bouchab.
-4 juillet au 9 aot : cacophonie autour de la comptence judiciaire entre la justice civile et militaire dun ct, et entre la cour de Annaba et celle dAlger de lautre. Finalement, laffaire est transfre au tribunal algrois de Sidi Mhamed.
-10 juillet : la commission denqute appelle avec insistance les services de scurit cooprer.
-26 juillet : le rapport prliminaire de la commission denqute carte la thse de lacte isol.
-3 aot : diffusion par la commission Bouchab dun montage vido relatant lassassinat des journalistes au sige de lENTV. Cette vido dune heure na jamais t rendue publique malgr les promesses de la commission denqute.
-10 dcembre : conclusions de la commission Bouchab accusant la fodalit politico-financire tout en reconnaissant ne pas avoir pu aller au-del de lauteur matriel du crime, Boumarafi.
-11 dcembre : le prsident de la commission Ahmed Bouchab dclare, selon El Watan, que lassassin na pas agi seul aussi bien durant la prparation de lassassinat quau moment de lacte lui-mme.
-13 dcembre : le HCE clt le travail de la commission denqute en annonant que cest dsormais la justice de se mettre en uvre pour aboutir la conclusion de cette affaire.
-18 dcembre : le Comit pour la vrit et la justice sur lassassinat de Boudiaf appelle les autorits faire toute la lumire sur le crime et ses commanditaires.


1993

-11 mars : remise en libert provisoire des 23 membres du GIS et de la garde prsidentielle, aprs avoir t arrts en aot 1992 pour ngligence coupable. Sans aucune suite.

1994

-18 juin : assassinat, dans son bureau, de Me Youcef Fathallah, membre de la Commission Bouchab.

1996

-3 juin : le sous-lieutenant Boumarafi est condamn mort par le tribunal de Sidi Mhamed, en labsence de Fatiha Boudiaf qui dclare que le jugement renforce la thse de lacte isol. Boumarafi serait toujours en prison.

Nol Boussaha

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11:53 AM

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