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26 dcembre 1991: lurne fatale en Algrie

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2012-12-27
 
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Manqool 26 dcembre 1991: lurne fatale en Algrie

Ceux qui veulent rinsrer le FIS dans le jeu politique doivent, dune manire ou dune autre, faire leur mea culpa propos de cette violence qui a dmoli le pays dans les annes 1990. Jeudi 26 dcembre 1991. Il y a vingt ans Comment oublier cette date? Celle du dbut dune dcennie noire, dvnements terribles et de traumatismes profonds. Ce jour-l, au premier tour des premires lections lgislatives pluralistes qua connu lAlgrie depuis lindpendance, le Front islamique du salut (FIS, aujourdhui dissous) rafle la mise.
Il obtient 188 siges (47,4% des voix) contre 25 pour le Front des forces socialistes (FFS) et 15 pour lex-parti unique, le Front de libration nationale (FLN). Avec plus de 140 ballotages favorables, le parti est mme pratiquement assur de remporter la majorit absolue lissue du second tour prvu la mi-janvier.
Le 26 dcembre ou jour de lurne fatale comme avait titr un journal proche de lextrme-gauche algrienne et oppos la tenue dlections dont on connat la suite.
Le 11 janvier 1992, le prsident Chadli Bendjedid, accul par larme, est forc de dmissionner. Le scrutin est annul. Les violences commencent presquaussitt. Une nuit cauchemardesque tombe sur lAlgrie.
On connat la sempiternelle question concernant ces lections. Fallait-il ou pas les annuler? Fallait-il, au nom de la dmocratie, tordre le cou cette mme dmocratie? Vingt ans et un Printemps arabe plus tard, les positions sont toujours aussi tranches. Je men suis encore rendu compte rcemment lors dun dbat public propos des vnements de 2011, notamment en Tunisie, en Egypte et en Libye, o la question algrienne sest invite et a failli monopoliser les dbats.
Le fait est que cette question de lannulation du processus lectoral, expression consacre en Algrie, reste la fois douloureuse et polarisante. Elle nous divise encore entre Algriens. Elle peut pourrir une discussion et fcher des amis dautant quelle na toujours pas de rponse dfinitive.
Ces lections sont venues trop tt

Pour ma part, et je lai toujours assum, jtais contre linterruption de ces lections. Depuis, je nai pas chang davis mme si jentends bien les arguments de celles et ceux qui mexpliquent que laisser le FIS prendre le pouvoir aurait prcipit le pays dans labme. Mes arguments nont pas chang non plus.
Prcisons dabord que jtais contre la tenue de ces lections. En dcidant de nen faire qu sa tte et de les organiser cote que cote, le pouvoir algrien ne pouvait ignorer que les islamistes allaient lemporter. Au passage, on fera lanalogie avec tous les scrutins actuels dans le monde arabe o les partis religieux lemportent tous la surprise de celles et ceux qui staient prcipits pour voquer lmergence dun monde arabe post-islamiste
Il ne fallait donc pas organiser ces lections aussi rapidement alors que la transition dmocratique algrienne en tait encore ses balbutiements.
Au cours de lautomne 1991, de nombreuses voix se sont ainsi leves en Algrie pour dire que ce scrutin, prvu lorigine en juin de la mme anne (et report en raison daffrontements entre les militants du FIS et les forces de lordre), pouvait tre encore diffr dau moins une anne, le temps pour que les dmocrates puissent mieux sorganiser. Si je rappelle cela, cest aussi pour dire que je ne crois absolument pas la thse qui veut que ce vote a t organis pour tendre un pige au FIS.
Bien au contraire, le pouvoir algrien tait persuad que les urnes allaient donner un tiers des suffrages au parti islamiste, les deux tiers tant partags par le FLN et les autres partis dmocrates (FFS, RCD,) ce qui aurait ouvert la voie des alliances au sein du Parlement. Je me souviens bien de ces analyses savantes que lon nous servait lpoque. Ce fut le cas y compris le soir mme du 26 dcembre alors que je couvrais la soire lectorale dans un cinma dAlger transform pour loccasion en centre de presse.
Ah, les sourires confiants de Sid Ahmed Ghozali, Premier ministre de lpoque, et de Larbi Belkher, son ministre de lintrieur. Il tait vingt-heures, les premiers rsultats ntaient pas encore arrivs. Puis, les heures passant, les sourires ont disparu et les visages se sont liqufis.
FIS FIS FIS FFS Ballotage favorable pour le FIS FLN FIS , grenait un Belkher de plus en plus abattu face des journalistes mduss. Non, nen dplaise aux amateurs de thorie du complot, et ils sont nombreux en Algrie, ce scrutin na pas t organis pour que la victoire du Fis puisse servir de prtexte sa dissolution.
Il fallait respecter le vote du peuple

Jtais contre la tenue de ces lections mais jai toujours pens que, ds lors quelles avaient t organises, il tait ncessaire den respecter le rsultat. Pour moi, le fait de les interrompre ne pouvait que conduire lexplosion et cest bien ce qui sest pass. Cette annulation du scrutin du 26 dcembre a donc ouvert la bote de Pandore. Elle a offert aux islamistes le statut de victimes qui le systme a vol leur victoire lectorale.
Elle en a fait autant des lus du FIS puisque nombre dentre eux ont t arrts et incarcrs au fur et mesure que montait la contestation populaire contre lannulation du scrutin et la violence. En privant le FIS de sa victoire lectorale, on lui a offert une lgitimit dont ses leaders qui vivent encore, dont Abassi Madani install au Qatar, se prvalent pour exiger leur retour sur la scne politique.
Cette question du fallait-il interrompre les lections ou pas tant des plus pineuses, je me vois forc de prciser ma position. Je ne suis ni un adhrent ni un sympathisant de lislamisme politique. Mais jai toujours estim que lon ne doit pas mpriser le choix dun peuple fut-il celui que lon nesprait pas.
Aujourdhui, jenvie les dmocrates tunisiens. Certes, leur position est difficile face Ennahdha mais, au moins, ce parti ne va-t-il pas camper dans le rle de victime et il est dsormais redevable de ses actions devant son peuple. Je suis persuad quun FIS au pouvoir aurait, tt ou tard, t dgag par les Algriens comme le sera Ennahdha si ce parti ne tient pas ses promesses notamment conomiques.
Je connais largument principal de celles et ceux qui ne sont pas daccord avec moi. Nombre de ces personnes sont des amies et amis proches. Quand on aborde cette question, tous me lancent la figure le nombre de victimes durant la dcennie noire (200.000 morts selon un bilan officieux et prs de 20 milliards de dollars de destruction). Et cest en cela que rside la faiblesse de leur argumentation.
La question que je pose est simple et cest la mme que jai longuement analyse dans mon ouvrage Un regard calme sur lAlgrie. La voici, cette question qui attend toujours son dbat national: imaginons que le FIS ait pu contrler lAssemble algrienne.
Imaginons-mme que le prsident Chadli Bendjedid ait fait alliance avec ce parti. Aurait-on eu autant de morts et de destructions? Aurait-on eu un pays autant meurtri? Aurait-on eu autant de familles divises? Tous ces enfants des quartiers populaires, tous ces dmunis dans des coins perdus de lAlgrie, tous ces populations pauvres, auraient-ils perdu la vie dans dinfmes massacres? Je ne le crois pas. Je ne prtends pas que les choses auraient t roses avec le FIS (pas plus que je ne crois que la Tunisie est tire daffaire avec Ennahda) mais je ne pense pas que lon aurait atteint un tel niveau de dvastation et de violence.
Tout a pour a?

Reste aussi une autre question pour laquelle jattends toujours une rponse cohrente. Admettons un instant quil fallait interrompre les lections et empcher le FIS de gouverner.
Mais quel en a t le rsultat? Tout a, pour a? O en est lAlgrie vingt ans plus tard? A-t-elle avanc ou a-t-elle rgress? Sest elle engage dans la voie de la modernit ou pas? Est-elle devenue laque ou plus religieuse? Cette religiosit qui a envahi lespace public et priv, nest-elle pas le signe que, quelque part, les ides du FIS ont triomph? Envisager juste de rpondre ces questions permet de se rendre compte des consquences du 26 dcembre 1991 et des jours qui ont suivi.
Jinsiste enfin sur le point suivant. Critiquer lannulation du scrutin du 26 dcembre 1991 ne signifie pas que jaccorde un blanc-seing aux islamistes du FIS ou que je considre quils nont aucune responsabilit dans les drames de la dcennie noire. En matire de violence, nombre dentre eux sont responsables de ce qui sest pass avant comme aprs ce vote. Par leur discours guerrier et revanchard, par leurs actes, ils ont terroris une partie de lAlgrie, celle-l mme qui a soupir de soulagement au lendemain de lannulation du scrutin.
Nombre dentre eux sont passs du statut de victimes ayant t dpossde de leur victoire lectorale celui de coupables davoir massacr et terroris le peuple algrien. Et, aujourdhui, ceux qui veulent rinsrer le FIS dans le jeu politique doivent, dune manire ou dune autre, faire leur mea culpa propos de cette violence qui a dmoli le pays dans les annes 1990.
Akram Belkad
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