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Le Maghreb, vu de Berlin

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quand le Qatar recrute au Maghreb pour Jabhat Al Nosra Emir Abdelkader 0 2013-03-26 03:42 PM

 
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Manqool Le Maghreb, vu de Berlin

Le Maghreb, vu de Berlin

par Pierre Morville
Le Printemps arabe a renouvel l'intrt de l'Allemagne pour le Maghreb. Avec deux thmes leaders : business et droits de l'homme.

Le tout sur fond d'une certaine rivalit franco-allemande…

L'Institut franais des relations internationales (IFRI) en liaison avec des think tanks allemands, vient de publier une intressante tude, Entre idaux et intrts ; les nouvelles perspectives franaises et allemandes sur le Maghreb . L'auteur de l'article, Isabel Schäfer dveloppe principalement deux constats. Avec le surgissement du Printemps arabe , l'Allemagne a renforc sa prsence dans le Maghreb, notamment par des programmes d'aides visant stabiliser les tats avec la contrepartie demande d'un accroissement des droits dmocratiques. Mais les proccupations conomiques, nergtiques et scuritaires ne sont videmment pas absentes de la stratgie allemande, comme celles des autres pays europens voisins, notamment la France, traditionnellement fortement implante dans cette rgion. L'universitaire allemande pointe d'ailleurs une certaine concurrence entre l'Allemagne et la France, qui prime sur les efforts de coopration, notamment dans le domaine nergtique . Selon Isabel Schäfer, Face aux risques de ddoublement, un effort commun de coordination entre la France et l'Allemagne est ncessaire .

La Tunisie, principal partenaire de l'Allemagne

Les medias allemands ont suivi avec beaucoup d'intrt les dbuts du Printemps arabe, multipliant les reportages en Tunisie, en Egypte, Bahren, au Ymen… Guido Westervelle, le ministre allemand des Affaires trangres allemand, fut l'un des premiers responsables europens se rendre en Tunisie, un mois peine aprs la chute de Ben Ali. Pour renforcer les grands espoirs de consolidation dmocratiques dans les pays concerns, l'Allemagne initia successivement des partenariats de transformation avec la Tunisie, la Jordanie, le Maroc et la Libye. En Tunisie, notamment, outre le partenariat de transformation, furent signs un partenariat de scurit visant pour l'essentiel le renforcement de l'tat de droit, et un partenariat nergtique . Lors de sa seconde visite en Tunisie, Guido Westevelle signa le 9 janvier 2012, avec son homologue tunisien Rafik Abdessalem, une dclaration d'intention commune qui concrtisait un grand nombre de projets de coopration dans la culture, l'ducation, le renforcement des nouvelles instances gouvernementales tunisiennes. C'tait la 1re fois que l'Allemagne officialisait par des accords bilatraux importants et coordonns, ses relations avec un pays du Maghreb.

L'Union europenne est le principal partenaire des pays du Maghreb, consolid par des accords bilatraux de libre-change sign entre l'UE et la Tunisie en 1998, le Maroc en 2000, l'Algrie en 2005. Plus prcisment, aprs la France et l'Italie, l'Allemagne est le 3me partenaire commercial de la Tunisie. 150 entreprises allemandes sont implantes dans ce pays, certes loin encore de la prsence industrielle et commerciale franaise (752 entreprises franaises) et l'Italie (462 entreprises). Par la signature de nombreux accords de partenariats, l'Allemagne souhaite donc intensifier sa prsence conomique en Tunisie et la signature de nombreux accords bilatraux soulignait cette volont. Optimistes quand une transformation dmocratique rapide, btie maladroitement sur une simple reproduction du modle institutionnel occidental, les autorits allemandes avaient peut-tre, plus que d'autres pays europens, sous-estim le poids croissant des formations politiques islamiques dans le processus de transformation. Elles furent un peu dcontenances par les difficults actuelles du gouvernement tunisien trouver un mode de fonctionnement stabilis et apais, tant sur le plan dmocratique qu'conomique. A l'inverse, le refus allemand de participer l'opration militaire anglo-franco-amricaine en Libye a dsappoint les autorits tunisiennes. Mais la volont d'une coopration renforce germano-tunisienne reste un objectif commun entre Berlin et Tunis.

Outre les changes conomiques traditionnels, il est noter que 50 000 tunisiens vivent en Allemagne et avec 520 000 touristes allemands, l'Allemagne est le quatrime fournisseur du tourisme en Tunisie, derrire la Libye (1, 7 millions de touristes, avant les vnements rcents), la France (1,3 millions) et l'Algrie (1 million de touristes algriens en Tunisie).

Les rivalits europennes en matire nergtique

L'nergie reste une question stratgique pour les conomies europennes. La stabilisation et la diversification des sources nergtiques est une proccupation quotidienne des gouvernements et des responsables conomiques.

Si l'Union europenne a vu s'affermir la coopration europenne en matire agricole et industrielle, l'organisation du grand march europen avec une libre-circulation garantie des biens et des personnes, les questions nergtiques restent surtout de l'apanage de chaque tat et la volont de construire une politique nergtique europenne commune est trs modre. L'Allemagne a ainsi trs jalousement conclue une politique bilatrale avec le grand voisin russe, notamment pour le dveloppement des gazoducs en provenance de ce pays.

De leur ct, les entreprises ptrolires europennes, si elles s'entendent peut-tre discrtement sur les prix la vente, se trouvent naturellement dans une vive concurrence quand il s'agit de remporter des contrats.

Les politiques nergtiques de la France et de l'Allemagne en direction du Maghreb oscille entre concurrence et coopration et quand la volont de coopration existe, elle est souvent contredite par les lourdeurs de fonctionnement de l'institution europenne. Isabel Schäfer dtaille ainsi dans son tude les mandres de diffrents projets concernant le domaine des nergies renouvelables et notamment le dveloppement de l'nergie solaire au Maghreb.

Desertec fut ainsi l'origine une initiative prive o dominent des institutions et capitaux allemands : aux cts du Centre allemand pour l'aronautique et l'arospatiale , on trouve des industriels comme Siemens, la Mnchener Rck ou RWE. Cette dernire entreprise du secteur nergtique a pour projet en cours de ralisation un parc solaire et olien au Maroc et une centrale solaire en Egypte. Desertec qui a reu l'appui du gouvernement allemand a vu surgir dans son horizon MedGrid , d'initiative plutt franaise, associant des entreprises du Sud de l'Europe et du Maghreb. Enfin, pour parachever l'ensemble, une autre nouvelle instance, europenne, celle-l, l'Union pour la Mditerrane impulsa le Plan solaire mditerranen , afin de dvelopper la production, le transport et l'utilisation de l'nergie solaire . Si l'on ne peut pas parler de concurrence exacerbe, les outils de coopration sont trop nombreux, contradictoires et laborieux.

Des efforts de rapprochement ont certes t initis dans l'objectif de regrouper les forces notamment dans un Europaan SuperGrid . Mais dans l'attente et sur ce march hyperconcurrentiel, d'autres acteurs conomiques sont intervenus et notamment les industriels chinois qui dans le photovoltaque, su produire des produits bas cots.

Malgr ces difficults initiales, l'initiative allemande Desertec a abouti deux accords, avec les gouvernements tunisien et marocain. Mais en Allemagne mme, le projet Desertec ne fait pas l'unanimit : en Allemagne mme, des critiques se sont leves, remarque Isabel Schäfer, essentiellement propos de l'inscurit de l'approvisionnement, en raison du caractre imprvisible des volutions politiques ; du fait que les installations pourraient tre la cible d'attaques terroristes ; de la concentration et la monopolisation de l'approvisionnement en nergie (auxquelles il faudrait prfrer la dcentralisation) ; du prix probablement lev pour les consommateurs ; et enfin la prise en compte insuffisante des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord .

Les pataqus de l'Union pour la Mditerrane

Le Plan solaire mditerranen a comme les autres cinq grands chantiers de l'UPM n'a pas su faire preuve de dynamisme, et le projet fdrateur n'a fdr personne. A tel point que la Commission europenne s'est implique directement dans une initiative associant le Maroc, l'Allemagne, la France, l'Espagne et l'Italie visant la construction d'une centrale thermique au Maroc dont l'lectricit serait export ensuite vers l'Europe. Mais la signature dfinitive de l'accord vient encore d'tre renvoye. L'UE aimerait mettre sur pied un march commun de l'nergie avec l'Afrique du Nord mais aucun membre de l'UE n'a intrt cder une part de sa souverainet Bruxelles, notamment dans le secteur stratgique de l'nergie constate Isabel Schäfer.

Lance l'initiative de Nicolas Sarkozy qui y voyait un levier pour renforcer son audience internationale mais qui s'en dsintressa bien vite, l'Union pour la Mditerrane a rapidement sombr dans une grande apathie sous la pression de plusieurs facteurs : un intrt parfois trs mitig des pays de la rive sud, le trs grand nombre des intervenants europens (27 tats-membres) et pour finir une crise conomique sans prcdent qui depuis 2008 a fortement limit les investissements europens.

De surcrot, l'UPM venait chapeauter et/ou prendre la place d'autres institutions dj existantes, Processus de Barcelone (27 tats + 10 pays mditerranens), Projet europen de voisinage , dispositif 5+5 adopt en 1990 Barcelone. L'objectif du 5+5 ? Favoriser la coopration entre 5 pays europens (Espagne, Italie, France, Portugal, Malte) et cinq pays du Maghreb (Algrie, Maroc, Tunisie, Libye, Mauritanie). S'ils ne sont pas faramineux, les rsultats du processus 5 + 5 sont infiniment suprieurs ceux de l'UPM qui continue vivoter officiellement. Lors de son premire anne de mandat, Franois Hollande par pragmatisme n'a pas cach son souhait de faire un retour au processus 5+5comme base oprative de la coopration Europe-Maghreb.

Problme, l'Allemagne ne participe pas au Processus 5 + 5 ! Du coup, Berlin, le seul cadre institutionnel qui vaille, reste l'Union pour la Mditerrane, Processus de Barcelone et la Politique europenne de Voisinage qui associe les 27 tats-membres de l'Union europenne et 16 pays riverains de la Mditerrane et de la Mer Noire ou proches, de l'Algrie l'Ukraine. L'Allemagne a galement pes pour que la co-prsidence de l'UPM soit donne l'Union europenne et non plus un tat-membre, la France ayant de facto, la coprsidence de l'institution depuis 2008.

L'Allemagne et la France se rejoignent quand au discours gnral qui encadre officiellement les relations avec les pays du Maghreb, Plus pour plus : davantage de contribution financire pour les pays qui font plus de rformes dmocratiques. Dans les faits, on ne sait pas comment cela se traduit concrtement pointe l'universitaire allemande. L'UE n'avait pas mis de critiques vis--vis des anciens rgimes autoritaires, comment pourrait-elle peser aujourd'hui sur les dcisions de gouvernements critiquables mais lus en Tunisie ou en Egypte ? En dcembre 2011, l'UE avait dcid de lancer des pourparlers commerciaux pour la cration d'une vaste zone de libre-change associant l'Europe, le Maroc, la Tunisie, l'Egypte et la Libye. Mais la encore, les discussions pitinent.

Dans le domaine des relations avec le Maghreb, les motivations europennes des deux principaux pays, la France et l'Allemagne ne sont pas contradictoires (favoriser l'intgration conomique au grand march europen, promouvoir la dmocratie), mais les dmarches sont souvent parallles, parfois concurrentielles et le grand nombre des institutions (5+5, UPM, PEV…) font tout le moins doublons. La situation n'est pas prte se clarifier quand on connat le trs grand nombre des tensions amicales , pour reprendre les termes de Franois Hollande, qui oppose aujourd'hui la France et l'Allemagne tant dans le domaine de la politique conomique que de la construction politique de l'Union europenne.

 

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