> >

[] [ ]

Houari Boumedine : du putschiste lhomme dEtat

(Tags)
 
19 Juin 1965: Boumedine renverse Ben bella Emir Abdelkader 0 2013-06-21 12:25 AM
L'ingratitude de l'Homme boogle | french Forum 3 2013-05-19 05:17 PM
Boumedine vu par les Amricains Emir Abdelkader 0 2013-04-10 02:45 PM
Lhomme le plus recherch dAlgrie Emir Abdelkader 0 2012-12-24 04:48 PM
19Juin 1965 : Le putsch de Boumediene Emir Abdelkader 0 2012-06-20 04:32 PM

 
LinkBack
  : ( 1 )  
2013-07-14
 
:: ::

  Emir Abdelkader    
: 11609
: Aug 2011
:
:
:  male
:
: 45,937 [+]
: 3119
: Emir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond repute
Houari Boumedine : du putschiste lhomme dEtat

Houari Boumedine : du putschiste lhomme dEtat

Nuit du 18 au 19 juin 1965. Le colonel Tahar Zbiri, chef dtat-major de lANP, vient rveiller, vers 1h30 du matin, le prsident Ben Bella la Villa Joly.


Il est flanqu dune bonne brochette dofficiers suprieurs et de hauts fonctionnaires de la scurit. Parmi eux : le commandant Chabou, secrtaire gnral du MDN, le commandant Sad Abid, chef de la 1re Rgion militaire et Ahmed Draa, commandant des Compagnies nationales de scurit et future DGSN. Le prsident na pas le temps de shabiller. Il reoit ses htes en robe de chambre. Ben Bella est intrigu par cette visite inopine une heure aussi indue. Tahar Zbiri ne laisse pas trop durer le suspense. Il lui annonce sans fioriture quil tait destitu : Si Ahmed, un Conseil de la rvolution vient de te dposer. Tu as quelques minutes pour thabiller et nous suivre. Toute rsistance est inutile, assne-t-il (1). Le prsident Chadli, qui avait t mis dans la confidence en sa qualit de commandant de la 2e RM (Oran), soutient, dans ses Mmoires, quil avait t question, au dbut, darrter Ben Bella sa sortie du stade dOran o il avait assist au match Algrie-Brsil qui sest droul le 17 juin 1965. Lide fut abandonne in extremis de peur que larrestation de Ben Bella ne provoqut des troubles parmi les supporters () ou quelle ft prise pour un enlvement .(2)

Lautre Bataille dAlger

Jean Daniel, qui se trouvait Alger au moment des faits, rapporte que le putsch avait fait un certain nombre de morts cette nuit-l. Dans un rcit palpitant livr chaud dans les colonnes du Nouvel Obs, il crit : Tahar Zbiri rpte schement : Dpche-toi, la comdie est termine!. On entend des tirs qui donnent aux propos du chef dtat-major un poids dcisif. Cest plus quune fusillade. A Hydra (), linstallation de la police judiciaire est attaque au bazooka. Pour faire leur rapport, les membres de lambassade des Etats-Unis dcleront le lendemain 221 traces de projectiles. Une compagnie de la Garde nationale refusait de se rendre. Il y a eu huit morts. (3)
Le lendemain, des chars sont dploys dans la capitale. Petite anecdote : le coup dEtat de Boumedine survient au moment o Gillo Pontecorvo tournait La Bataille dAlger, aussi daucuns croyaient que cet talage de blinds faisait partie du dcor. Le titre du film savrera prmonitoire. Sauf que les belligrants ont chang. Ce ne sont plus les paras du gnral Massu contre les activistes du FLN assigs dans La Casbah, mais deux frres ennemis sentretuant pour le pouvoir.

A la radio est diffus en boucle un communiqu justifiant le pronunciamiento devenu attashih athawri (redressement rvolutionnaire) dans la rhtorique de son auteur. La Proclamation du 19 juin 1965 dnonce notamment le pouvoir personnel du prsident dchu. Extrait: Le pouvoir personnel, aujourdhui consacr, toutes les institutions nationales et rgionales du parti et de lEtat se trouvent la merci dun seul homme qui confre les responsabilits sa guise, fait et dfait selon une tactique malsaine et improvise les organismes dirigeants, impose les options et les hommes selon les humeurs du moment () La mystification, laventurisme et le charlatanisme politique ainsi dmasqus, Ben Bella, en subissant le sort rserv par lhistoire tous les despotes, aura compris que nul na le droit dhumilier la nation () ni dusurper dune faon indcente la caution politique de ses htes illustres pour faire avaliser son inqualifiable forfait et sa haute trahison.

Les vrais mobiles du putsch

Il tombe sous le sens que les vrais mobiles du putsch sont ailleurs. Ds son accession au pouvoir, Ben Bella sattachera affirmer son autorit par un certain nombre de mesures qui susciteront lire de Boumedine. Cest ainsi quil nomme Tahar Zbiri chef dtat-major de lANP linsu de son ministre de la Dfense. Il cre des milices populaires, partir de septembre 1963, pour protger la rvolution ; et quatre jours avant le putsch, soit le 15 juin 1965, il passe un accord avec At Ahmed visant mettre fin linsurrection du FFS en Kabylie, sans laval de Boumedine. Il faut galement citer ce fait dterminant qui sera fatal pour Ben Bella : lui qui tait arriv juch sur les chars de larme des frontires, aussitt install au sommet de lEtat, il se met dcapiter le clan dOujda. Il carta, tour tour, Ahmed Medeghri, ministre de lIntrieur, et Kad Ahmed, ministre du Tourisme. Auparavant, il avait pouss lexil Mohamed Khider, secrtaire gnral du FLN, qui lavait soutenu dans la course au pouvoir. Et en cette fin mai 1965, il dcide de limoger son ministre des AE, Abdelaziz Bouteflika. Le prochain sur la liste est Boumedine, himself, dont il sest toujours mfi. La mise lcart du colonel H. Boumedine aurait t fixe pour le 21 juin, indique Abdelkader Yefsah (4). Une importante confrence afro-asiatique devait tre organise au Club des Pins, fin juin. Une bonne opration marketing, dont Ben Bella entend tirer pleinement profit. Il ne veut pas de concurrent. Pour limage, il tait important pour lui que Bouteflika et Boumedine soient hors-champ ce moment-l et quil apparaisse comme le leader incontest de la Rvolution algrienne. La suite, on la connat


Dix ans de vide constitutionnel

Quand il accde au pouvoir suprme, le colonel Houari Boumedine a peine 33 ans. Lui qui fait grief Ben Bella davoir rig le pouvoir personnel en mode de gouvernance, dans les faits, le nouveau matre du pays ne fera pas mieux. De 1965 1977, Boumedine concentrait entre ses mains tous les pouvoirs excutif, lgislatif, judiciaire, politique, militaire, et mme symbolique sans avoir ni lgitimit historique ni lgitimit des urnes, rsume Mahfoud Bennoune (5).
Deux ans avant sa mort, Boumedine mne des rformes institutionnelles au pas de charge. La Charte nationale est promulgue le 5 juillet 1976, suivie de la Constitution du 22 novembre 1976. Le 10 dcembre de la mme anne, Boumedine est lu avec un score folklorique de 99,50% des suffrages exprims. Le 29 septembre 1978, le successeur de Ben Bella senvole vers Moscou, officiellement, pour une visite de travail et damiti. La vrit est quil y est all pour soigner une pathologie rare  : la maladie de Waldenstrm, celle-l mme qui avait emport le prsident Pompidou. Alors que Bouteflika et Taleb El Ibrahimi lui avaient suggr daller se soigner Paris, Boumedine prfra donc la lointaine et glaciale URSS. Il faut rappeler quil ne stait jamais rendu en France, pas mme en visite prive.
Le 14 novembre 1978, Boumedine revient au pays pour mourir. Il est aussitt admis lhpital Mustapha. Le 27 dcembre 1978, 4h du matin, il rend son dernier souffle. Il avait tout juste 46 ans. Ses funrailles donnrent voir un peuple inconsolable. Boumedine est arriv en vulgaire putschiste, il est parti en homme dEtat. 
---------------------------------------------

Notes
Cit par Mhamed Yousfi dans son livre Le Pouvoir. 1962-1978. Face voile de lAlgrie, dont El Watan a publi des extraits dans son dition du 21 juin 2005 sous le titre : Le coup dEtat tait dcid trois semaines avant son excution. Chadli Bendjedid. Mmoires. Tome 1. 1929-1979. Editions Casbah. 2012. P 244. Jean Daniel. Alger : Histoire dun complot. in: Le Nouvel Observateur n32 du 24 juin 1964. Abdelkader Yefsah. La Question du pouvoir en Algrie. ENAP. Alger. 1990. P 149. Mahfoud Bennoune. Esquisse dune anthropologie de lAlgrie politique. Editions Marinoor, 1998, p68. op.cit. P 246.

Sad Boukharouba vs Sad Bouteflika :

Comme lactuel prsident, Boumedine avait lui aussi un frre prnomm Sad. Mais hormis le prnom, les deux frres nont absolument rien de commun. Ni les mmes pouvoirs ni les mmes privilges. Paul Balta rapporte que le prsident Boumedine tait all jusqu se brouiller avec sa propre mre au sujet de son frre cadet.
Celle-ci lui avait demand de faire en sorte que le jeune Sad Boukharouba soit dispens du service militaire, ce qui sortit Boumedine de ses gonds. Houari Boumedine ayant oppos un refus catgorique, sa mre le menaa de se plaindre auprs du gouvernement. Furieux, il quitta les lieux en lui rtorquant : Le gouvernement sen remettra moi et je rejetterai ta requte, tmoigne Paul Balta (entretien avec Mohamed Chafik Mesbah in Le Soir dAlgrie du 4 janvier 2007).
Lancien correspondant du Monde Alger qui connaissait intimement Boumedine ajoute : Quelque temps plus tard, en effet, Sad le frre cadet accomplissait, dans des conditions trs ordinaires, son service national. On raconte aussi que lorsquil tait hospitalis Moscou, Boumedine avait reu la visite de ce mme frre, Sad.
Il sest aussitt enquis de la faon dont son frre stait acquitt de ses frais de voyage. Ayant appris que son billet avait t pris en charge par les caisses de lEtat, il exigea que le montant soit dfalqu de son salaire de Prsident. No comment M. B.


Dates-cls :

23 aot 1932 : naissance de Houari Boumedine, de son vrai nom Mohamed Boukharouba, An Hassainia, prs de Guelma. Il adhre trs jeune au MTLD.

1950 : il part tudier la Zitouna de Tunis, avant de poursuivre sa formation Al Azhar, en Egypte.

1953 : il reoit les rudiments dune formation militaire lEcole de guerre dAlexandrie, puis au Caire.

1955 : il participe lacheminement dun important lot darmes au profit de lALN, dEgypte vers le Maroc. Rencontre avec Larbi Ben Mhidi, commandant de la Zone V (future Wilaya V, base Oujda).

1956 : Boussouf succde Ben Mhidi la tte de la Wilaya V et Boumedine devient son adjoint.

1957 : Boumedine accde au grade de commandant et succde Boussouf la tte de la Wilaya V. Cest cette anne-l quil prend comme nom de guerre Houari Boumedine par rfrence au saint patron de Tlemcen et en saffublant dun prnom trs rpandu dans lOranie.

1958 : Boumedine dirige ltat-major ouest avant dtre nomm chef dtat-major gnral en janvier 1960.

Dcembre 1961 : Boumedine scelle une alliance avec Ben Bella pour contrer le GPRA.

9 septembre 1962 : larme des frontires de Boumedine rentre triomphalement Alger aprs des combats fratricides avec les wilayas pro-GPRA. Il est aussitt nomm ministre de la Dfense et vice-prsident du Conseil.

19 juin 1965 : Boumedine renverse Ben Bella et sempare du pouvoir.

10 dcembre 1976 : premire lection organise depuis le coup dEtat. Boumedine est lu prsident de la Rpublique avec 99,50% des suffrages exprims.

27 dcembre 1978 : atteint de la maladie de Waldenstrm, Boumedine dcde lhpital Mustapha lge de 46 ans.

Mustapha Benfodil



El Watan
 

()


: 1 ( 0 1)
 

Houari Boumedine : du putschiste lhomme dEtat




03:17 AM

Powered by vBulletin Version 3.8.7 .Copyright 2000 - 2015, Jelsoft Enterprises Ltd
Search Engine Optimization by vBSEO ©2011, Crawlability, Inc.
- - -
Designed & Developed by shababdz.com
2014,