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Merci, Henri Alleg

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2013-07-20
 
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  Emir Abdelkader    
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Manqool Merci, Henri Alleg




Merci, Henri Alleg !
Par Sad Ould-Khelifa C'tait un soir de dcembre
du dbut des annes 90, sur le plateau d'Ombres Blanches , un homme au sourire gnreux et au regard fraternel dbarque. Visite de cour-toisie. Le grand Rouiched est l, il vient de terminer une prise. On pose tous les trois. Photo souvenir. Elle fera la Une d'Alger Rpublicain , du lendemain. Rouiched, en est tout retourn. Il regrette de n'avoir pas t plus bavard comme de coutume. Ya mhanek , tu ne m'a pas prvenu de l'arri-ve de ce grand monsieur, j'ai t pris de court ! . En vrit Rouiched tait tout sim-plement mu, de parler avec Abdelhamid Benzine, le patron du lgendaire quotidien progressiste. Ils causrent de cyclisme ce soir-l. Mais en se quittant, Rouiched, osa une demande Si Hamid, la prochaine fois, ramenez-nous Henri Alleg le moudja-hid.. Pour toute rponse, Benzine l'em-brassa avec un sourire tout aussi charg d'motion. Par la suite, Rouiched revint sur
cette visite pour redire son admiration pour ces hommes de conviction et de cou-rage : On a reu le ministre de la Culture Benzine,avec la venue prochaine de Alleg, ce sera comme si le prsident de la Rpublique dbarquait ici . J'ai souvent pens cet hommage rouichedien, chaque fois que j'ai rencontr Alleg. Mais, je n'ai jamais pu lui rapporter cette anecdote. Lui qui aimait les blagues, aurait sans doute apprci. Mais tait-ce vraiment un trait d'humour ? Deux semaines plus tard, invit par Mohamed Khadda partager le repas de fin d'anne, auquel prenait part sa fidle compagne (de route aussi), Nadjet, ainsi que Alloula et Lucette Hadj Ali, je confiais mon histoire au grand peintre, qui se faisait une joie l'ide de jouer un petit rle dans ce premier film avec Rouiched et Momo, (mais la maladie, fulgurante, qui se dclara par la suite, en dcida, hlas, autrement). Rouiched, n'a fait que reflter un senti-ment de respect et de reconnaissance, assez prsent chez notre peuple, l'gard de ceux, qui, comme Henri Alleg, ont fait leur choix de devenir algrien, en risquant leur vie . Henri et son alter-go Gilberte (native de Mostaganem), resteront donc, jamais le symbole de cette race de Justes qui ont fait leur, le combat des milliers d'Algriens, vivant depuis 1830, sous le joug d'un vritable apartheid. Isralites tous les deux, ils ont veill, pour autant, tout comme Maurice Laban, Daniel Timsit, ne pas faire de leur judit d'origine, le socle de leur action. Henri, ne manquera pas de le redire sa faon, lorsqu'il fit part, avec Boualem Khalfa (un autre grand patriote), de son dsaccord avec l'approche confessionnelle, mise en avant par Jean Pierre Lledo dans son trs intressant documentaire, par ailleurs, Un rve alg-rien (2003) : Ce sont nos sentiments, anticolonialistes et notre rejet de toute forme d'injustice, qui nous ont runis.
Nous n'avions pas une dmarche oeucum-nique mais militante et progressiste , confieront Henri Alleg, Boualem Khalfa, sous l'il approbateur de l'enfant de Tns, Jean-Pierre Sad. Me prenant l'cart, Jean-Pierre Sad, un autre ancien d'Alger
Rpublicain, fera part, lui aussi, de sa ds-approbation face l'approche du ralisa-teur : C'est ce genre de clivage, qui pousse certains faire preuve d'amnsie, comme ceux qui ont dbaptis la rue Pierre Ghanassia Tns, un cousin mort au champ d'honneur, pour la nommer, rue Al Qods ! . Cette basse besogne, diablement-dmagogique, fut celle d'une APC frache-ment lue, en 1990 L'une des figures les plus attachantes tait celle de notre infir-mier zonal, Hadj. Nous l'appelions ainsi, mais son vrai nom tait Ghenassia. Il tait isralite et parlait trs bien l'arabe. Pour tous ceux qui tiennent comme un fait tabli le prtendu antagonisme de nos origines religieuses, je voudrais qu'on le sache : Hadj est mort, refusant d'abandonner ses bles-ss. Ces lignes ont t crites par le Commandant Azzedine, dans On nous appelait fellaghas (1976). Sans commen-taire. Sauf que la disparition du moudja-hid Henri Alleg, est une occasion, de bous-culer cette amnsie quasi mongolienne , celle qui ne nous mettrait pas l'abri de l'ingratitude qui sclrose les peuples. Et malheureusement l'absence totale de rac-tion officielle, ne parlons pas de celle des partis politiques ou des associations, laisse peu de place un hypothtique sursaut, celui que le nif aurait,en d'autres temps, dict sans hsitation aucune. L'honneur de l'Algrie libre se trouvait aussi dans cette terrible Question pose ds 1957, de la prison Barberousse et entre deux sances de torture, par Henri Alleg ses tortionnai-res et au reste du monde. Alleg avait aussi mis nu cette pratique mdivale et nan-moins barbare que les Bigeard, Massu,
Ausaresses et leurs hommes de mains avaient rige en mthode de dfense du monde civilis (sic).
Nous devions, nous revoir, avec Henri Alleg, pour poursuivre un travail autour d'un projet de long-mtrage La Robe jaune qui relaterait les derniers jours de son compagnon de lutte, Maurice Audin mais aussi les conditions de son arresta-tion, dans la souricire que lui avait tendue les paras de Massu, au domicile de Josette et Maurice Audin, le 12 juin 1957, Alger.
Mais, en ce 17 juillet 2013, tout n'est pas perdu, la rue, bruissait ; la disparition 92 ans, a laiss muet, plus d'un. Et bas bruit les choses essentielles taient dites. Yacine C. : C'est un grand homme que ses pas ont volontairement conduit vers l'Algrie. Ce n'est pas un ami de l'Algrie , c'est un Algrien, de nationalit, celle obtenue, non pas au nom du droit du sol, mais par le sang rest sur les mains de ces tortionnai-res, et Nadia A. de confier son tour : Je perds un 2me pre, spirituel celui-l. Le premier biologique, Ali, tait compagnon d'Henri ainsi que ma mre Louiza! Une famille de convictions fortes et fcondes. C'est la perte d'un tre que j'ai toujours senti proche, si humain, et quand j'y pense, je repense aussi mes parents, tous, aux compagnons, espagnols, algriens, fran-ais...Je garde au fond de moi un sentiment de grande fraternit laquelle je crois, comme "un fil rouge" travers le monde.Et l, je souris. .
Merci, Henri, d'avoir montr la voie, avec toi, je fais mienne cette phrase de Ren Char : "L'impossible, nous ne l'atteignons pas, mais il nous sert de repre". Gloire au moudjahid que tu fus et paix et fraternit tous tes compagnons tombs au champ d'honneur ou encore en vie. Grce vous, on continuera de croire en l'Humain.
Merci. des mots-fentres.
S.O.K
 

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02:56 PM

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