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Lorsque la dmocratie passe par la rue!

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2013-08-01
 
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Manqool Lorsque la dmocratie passe par la rue!

CONSÉQUENCES DU PRINTEMPS ARABE

Lorsque la dmocratie passe par la rue!

Les pays arabes, en choisissant la rue comme mode de changement de gouvernement, ont opt pour le retour en arrire.
Aprs avoir pris le pouvoir en destituant Bourguiba pour incapacit grer le pays, Ben Ali s'est fait lire de fort belle manire (99,27% des voix en 1989; 99,91% en 1994; 99,45% en 1999; 94,49% des suffrages en 2004 et 89,62% en 2009). De son ct, et aprs l'assassinat de Anouar el Sadat, Hosni Moubarak qui l'a remplac, a toujours obtenu des suffrages suprieurs 80% et, en 2005, il se permit mme un score 88,5% des voix. Bien install entre la Tunisie et l'Egypte, le colonel El Gueddafi n'avait pas besoin d'lection. Il tait le chef incontestable, l'enfant aim, le chri des Libyens.

L'urne: la main invisible du magicien
En ralit, dans les pays arabes, les lections n'ont jamais t srieuses. Elles ne risquent d'ailleurs pas de l'tre pour plusieurs raisons dont la plus importante est, peut tre, le fait que nul n'y croit. Ni le pouvoir ni l'opposition ni le peuple. Et lorsqu'une chose n'est pas prise au srieux, on en fait ce qu'on veut. Ensuite, et comme le ridicule ne tue pas, les chargs des lections ont toute la latitude d'inscrire le rsultat qu'ils veulent. Enfin, puisque le mensonge est l'axe central de la gestion de ces pays, cela entre dans le paradigme du pouvoir en place que de mentir et de se faire mentir propos de l'adhsion du peuple la dmarche du chef et sa justesse de vue! Biddam, birrouh, nafdik ya ras! criaient ces peuples en prenant tmoin le ciel, la terre, la mer et tout le cosmos et en courant travers rues et ruelles, travers monts et valles. Qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige ou que le soleil de plomb brle les faces, les peuples de ces pays courent et crient leur allgeance et leur adhsion chaque lection, chaque discours, la moindre occasion. Biddam, birrouh...
Ben Ali a dirig la Tunisie pendant 24 ans, Moubarak a gouvern l'Egypte pendant 30 ans et El Gueddafi a rgn en matre absolu sur la Libye pendant 42 longues annes. Lorsqu'on regarde ces longues priodes de rgne, on ne peut s'empcher de se demander comment se fait-il que des peuples qui ont tant soutenu et tant aim, pendant si longtemps, leurs chefs, en viennent un jour les remettre en cause, les har, leur demander de partir et les chasser purement et simplement du pouvoir. L'explication, la seule plausible, c'est que ces peuples ont d se rendre compte, un jour, que l'urne n'est plus le moyen appropri pour lire leurs chefs. L'urne, artifice de la dmocratie occidentale, sonne faux de ce ct de l'humanit o l'on continue encore de croire que notre ne est meilleur que le cheval d'autrui et o l'on continue, surtout, jouer aux prestidigitateurs qui peuvent tirer de ces urnes tout ce qu'ils veulent. De sujet en Occident o elle fait les rgimes, l'urne est rduite un simple objet dans nos socits, un objet qu'on peut manipuler comme on veut et auquel on peut tout faire faire.
L'urne, c'est bien, mais ainsi transforme, il est devenu impratif pour les peuples arabes de passer autre chose. En attendant, ces peuples ont appris rire de leurs lections et de leurs rsultats. Mme lorsqu'ils ne vont pas aux bureaux de vote, ils ralisent des taux de participation normes. Mme lorsqu'ils jettent dans l'urne des bulletins nuls, ils dcouvrent avec stupfaction qu'ils ont t tous valids. Et bien qu'ils lisent diffrents candidats, c'est toujours le mme qui est tir de l'urne, comme le lapin du magicien!!!

De l'urne la rue
C'est ainsi qu'aprs avoir longtemps cherch, ces peuples ont fini par trouver la parade. Plus d'urne pour donner la lgitimit car trop exigu, trop ferme, trop douteuse et elle peut donner lieu n'importe quoi. Sortons donc dans la rue, se sont-ils exclams et oprons ciel ouvert! Depuis, chaque fois que les peuples en question veulent quelque chose, ils descendent dans la rue. Ils ont essay Tunis et Ben Ali et ses beaux-frres ont d s'enfuir devant la volont d'un peuple dtermin. Ils ont essay au Caire et Moubarak et sa famille ont d se retirer. Ils ont refait cela Tripoli et c'en tait fini du rgne des El Gueddafi. Ils sont revenus la charge au Ymen et Ali Saleh a pris ses valises. Du coup, les peuples ont compris deux choses. Ils ont compris d'abord, quel point la rue est l'endroit appropri pour dire aux dirigeants ce qu'on pense d'eux exactement. Sans fard, sans trucage, sans maquillage et ils ont compris aussi combien l'occupation de la rue est efficace pour faire tomber les rgimes et les hommes. Le boulevard Bourguiba, la place Tahrir, le boulevard Omar el Mokhtar... raconteront, sans doute, un jour les marches qu'ils ont vu passer et diront les cris qu'ils ont entendus hurler.
Gnralement, lorsqu'on essaie quelque chose et que cela marche, on a tendance y revenir au moindre prtexte. Et voil que, ds que Morsi s'est avr incapable de sortir le pays de sa crise, les Egyptiens se sont mis occuper la rue nouveau. Des jours et des nuits, ils ont scand des slogans hostiles leur prsident lu qui a sembl avoir oubli le pouvoir magique de la rue. Par milliers, par millions, ils sont descendus dans les rues et les ruelles de toutes les villes du pays des pharaons jusqu' ce que Morsi ft destitu par l'arme. Exactement comme ils avaient fait avec Moubarak.
Au mme moment presque, les Tunisiens leur embotent le pas. Suite l'assassinat de Brahmi, le peuple occupa la rue en demandant le dpart du gouvernement en place et, surtout, celui d'Ennahda. Il ne fait pas de doute que, si le mouvement d'occupation de la rue tunisienne continue assez longtemps, le gouvernement sera oblig de dgager, exactement comme Ben Ali et les siens.
D'une rue l'autre, d'une place publique l'autre, les peuples ont donc trouv leur moyen infaillible. A l'urne, ils opposent la rue... de la dmocratie par l'urne, on est pass celle par la rue. Chaque dmocratie ayant son propre diktat bien entendu. Mais la rue n'est pas l'urne. Et parmi les diffrences entre l'urne et la rue, c'est que la premire n'exige pas de sang. Lorsqu'on va jeter son bulletin dans l'urne, on ne se bat pas, on ne tue pas et on ne risque pas de se faire tuer. Mais lorsqu'on descend dans la rue, il y a toujours d'autres qui descendent aussi par milliers ou par millions. Aux manifestations succdent les contre-manifestations et aux cris succdent les heurts et les tirs, les blesss et les cortges de morts. D'un ct comme de l'autre, on se presse de donner aux morts le titre de martyrs, et aux blesss celui de victimes de la dmocratie. C'est le spectacle qu'offrent au monde l'Egypte, la Tunisie, la Libye, la Syrie, le Ymen pour ne citer que ceux-l. La rue, c'est bien, mais... combien est-ce que cela va encore durer?

Lorsque le peuple s'entre-tue
Jusqu' quand les peuples vont-ils continuer occuper les rues et s'entre-tuer pour changer de dirigeant ou de gouvernement? Jusqu' quand les peuples continueront-ils courir travers les artres des villes et villages en criant leur haine de leurs dirigeants et de leurs concitoyens? Notre Nation arabe n'a-t-elle pas mieux faire que de passer son temps chasser ses dirigeants? C'est le peuple qui a lu Morsi et c'est le peuple qui a lu Ennahda et voil que c'est le mme peuple qui n'en veut plus de Morsi au Caire ni d'Ennahda Tunis. L'urne, au moins, avait un cycle. Quatre ou cinq ans. La rue n'en a point. Elle peut vous ramener aujourd'hui et vous chasser dans deux jours, comme quoi, l'instabilit naturelle des pays arabes, il faut dsormais leur ajouter celle de la rue. La rue devient un paramtre dcisif prendre en considration dans les calculs politiques et dans les programmes des oppositions car, ce qu'il faut reconnatre surtout c'est que la rue est du domaine de l'opposition. En Egypte ou en Tunisie c'est l'opposition qui, chaque fois, descend dans la rue pour chasser les dirigeants. Est-ce une nouvelle manire de s'opposer que d'occuper les rues et de faire descendre le peuple? N'est-ce pas plutt un retour en arrire, un retour vers cette poque archaque o l'on rsolvait tout par le sang et la violence?
Le printemps arabe comme l'appellent certains n'a pas fini de livrer ses secrets. On sait que, dsormais, il faut que le peuple s'entre-tue et que le sang coule dans la rue pour changer un prsident ou pour faire tomber un gouvernement. C'est la politique violente qui envahit les pays arabes. C'est l'loignement de la civilisation. L'Egypte est dans l'oeil du cyclone, la Tunisie est sur le fil du rasoir, la Syrie s'est enfonce dans le chaos, le Ymen est au bord de la faillite, la Libye croule sous la pression des sectes armes... et on en passe! Tous ces pays sont partis pour longtemps avant de retrouver une quelconque srnit et une quelconque scurit. Est-ce l le rsultat de la rue?! Est-ce l le fruit du printemps arabe comme ils l'appellent?
Les nations trouvent toujours les remdes adquats leurs maux. En ce qui nous concerne, on ne sait pas pourquoi mais nous choisissons toujours les mauvaises solutions. Celles qui nous rendent toujours quelques dcennies en arrire, qui nous transportent vers le fond de l'histoire, toujours plus loin du dveloppement, toujours plus loin de la civilisation, toujours plus loin de l'humanit. Est-ce normal que, au troisime millnaire, tout un peuple s'entre-tue dans la rue pour le pouvoir? On croyait pourtant que cette assabiya au pouvoir est dfinitivement abolie, mais non, et n'en dplaise certains, on est plus que jamais en plein dans la jahiliya!
Des voix s'lvent ici et l pour dnoncer une tentative de retour des rgimes dchus de Ben Ali, de Moubarak, d'El Gueddafi, d'Ali Abdallah Saleh etc. Et si ce n'tait pas si faux que cela? Si ces nouvelles pressions de la rue n'taient qu'une manire de refermer la parenthse du fameux printemps arabe?
Dans ce cas, la question poser est celle de savoir pourquoi il y a eu toutes ces rvoltes s'il fallait revenir au point de dpart? Si l'on part du principe que ces rgimes ont toujours servi les anciens colonisateurs et autres puissances au lieu de servir leurs peuples, on pourrait alors accepter cette hypothse sans broncher. A quoi auraient servi, dans ces conditions, les rvoltes? A diaboliser les islamistes qui ont commenc, ces dernires annes, se faire menaants et les carter? A occuper nos peuples? Le mouvement des Frres musulmans, si puissant hier encore, risque de disparatre pour longtemps. Tout le monde le sait, mme les militants de ce mouvement et c'est pour cela qu'il est craindre une recrudescence de la violence en Egypte surtout mais, aussi, en Tunisie, en Libye et ailleurs. De toute faon, les pays arabes, en choisissant la rue comme mode de changement de gouvernement, ont opt pour le retour en arrire non seulement pour ce qui concerne le mcanisme de choix mais aussi pour la nature de leurs rgimes?







 

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