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Sad Bouteflika : Mister mystre

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quand Sad Bouteflika orchestre le silence prsidentiel Emir Abdelkader 0 2013-05-21 05:14 PM
Bouteflika limoge son frre Sad, de lIntox Emir Abdelkader 0 2013-05-12 03:21 PM
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2013-08-06
 
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Manqool Sad Bouteflika : Mister mystre

Sad Bouteflika : Mister mystre




Depuis des annes, Sad Bouteflika se tient dans lombre de son frre. On lui prte de l'ambition, le got de l'intrigue et une immense influence sur le prsident, encore accrue par la maladie de ce dernier. Fantasme ou ralit ?
On le qualifie volontiers de vice-prsident, de vizir ou de prsident bis. Plus jeune frre du chef de ltat, conseiller spcial la prsidence, Sad Bouteflika exerce une influence considrable. Dernire illustration de cette proximit, le black-out mdiatique quil a impos tout au long de lhospitalisation dAbdelaziz Bouteflika en France (du 27 avril au 16 juillet) pour un accident vasculaire crbral (AVC), 76 ans. Depuis le Val-de-Grce, les Invalides, lhtel George V - o il a pris ses quartiers - ou encore une clbre brasserie parisienne, Sad filtrait linformation, prodiguait recommandations et instructions au gouvernement, aux cadres de la prsidence, aux directeurs des mdias publics ou privs, aux lus du Front de libration nationale (FLN)... Bref, le conseiller se substituait presque au prsident.
Obscur enseignant luniversit Houari-Boumdine de Bab-Ezzouar jusquen 1999, anne de llection dAbdelaziz Bouteflika, cet homme la silhouette frle est aujourdhui le maillon fort de la famille et le pivot du clan prsidentiel. tel point quon lui prte, au pays des mille et une rumeurs , lintention de dsigner le successeur de son frre, voire de lui succder lui-mme. La vie de cet homme aussi mystrieux que puissant au palais dEl-Mouradia comme la ville est une nigme. Si bien que le dpartement dtat amricain lui-mme, en croire les cbles secrets du site WikiLeaks, a demand entre 2008 et 2009 ses diplomates bass en Algrie, en France, au Maroc et en Tunisie denquter sur cet homme secret et discret .
Si les journalistes le ctoient rgulirement, rares sont ceux qui osent pousser plus loin leurs investigations. Sad Bouteflika naccorde jamais dentretien, ses amis craignent de parler et refusent de tmoigner. Ses dtracteurs ne disent que du mal de lui. Ne vous fatiguez pas, nous conseille lun de ses intimes. Il ne parlera jamais. La paranoa est si grande que lon vous explique parfois quil serait prfrable de ne pas trop sintresser au personnage. Ce qui paissit davantage le mystre autour de ce conseiller dont le destin, quoi quon en dise, reste intimement li celui du prsident.
Issu dune fratrie de neuf (cinq frres, une soeur et trois demi-soeurs), Sad nat en 1957 - vingt ans aprs Abdelaziz - Oujda, ville marocaine frontalire. Le pre, mandataire de march de gros, meurt un an plus tard. Le garon est alors lev par sa mre, Mansouriah, qui tient un bain maure, le Hammam Jerda. Ctait une vritable "mamma litalienne", se rappelle un ami de la famille. Elle couvait ses enfants autant quelle se montrait svre envers eux. En labsence du pre, cest Abdelaziz qui a pris Sad sous son aile comme sil tait son fils. Plus tard, Sad a eu un autre protecteur, Houari Boumdine [proche de la famille, NDLR], qui sest pris daffection pour lui.

Un lve moyen un peu reserv

lindpendance, en juillet 1962, la famille sinstalle en Algrie. Abdelaziz est dabord dput de Tlemcen, puis devient ministre des Affaires trangres sous la prsidence dAhmed Ben Bella. Les Bouteflika sinstallent alors dans une rsidence Poirson, sur les hauteurs dAlger. Sad profite des meilleurs tablissements de la capitale : primaire et secondaire chez les Pres blancs lcole Saint-Joseph, lyce chez les Jsuites. Il y a t scolaris au mme titre que les enfants des membres du Conseil de la rvolution [cabinet noir n aprs le putsch du 19 juin 1965 contre Ben Bella] ou que la progniture de la nomenklatura, se souvient un camarade de classe. Ctait un lve moyen, plutt effac, qui ne faisait pas le fier bien que son grand frre ait t alors considr comme le numro deux du rgime.
Aprs un baccalaurat et une licence luniversit scientifique de Bab-Ezzouar, il gagne Paris en 1983 pour prparer un doctorat en informatique. Dans le mme temps, la roue tourne du mauvais ct Alger. Successeur putatif de Boumdine, dcd le 27 dcembre 1978, Abdelaziz Bouteflika est mis sur la touche par les militaires, qui lui prfrent le colonel Chadli Bendjedid. cart du comit central du FLN en dcembre 1981, lex-ministre choisit de sexiler. Paris, Damas, Genve, les mirats - o il monnaie ses services comme consultant international. Il boudera son pays pendant des annes. De son viction, il gardera longtemps un got amer : Jaurais pu prtendre au pouvoir la mort de Boumdine. Mais la ralit est quil y a eu un coup dtat blanc et larme a impos un candidat imprvu , affirme-t-il le 8 juillet 1999 la radio franaise Europe 1. Sa famille nest pas non plus pargne par cette opration de dboumdinisation : elle est contrainte de quitter la villa quelle occupe. lpoque, on entend souvent la mre, les frres et les soeurs se lamenter de cette disgrce : Hagrouna ! ( ils nous ont humilis ).
Lacharnement ira plus loin : aprs une instruction entame dbut 1979, la Cour des comptes laccuse le 8 aot 1983 de dtournement de fonds. Chef de la diplomatie lpoque des faits - entre 1965 et 1978 -, Abdelaziz Bouteflika aurait demand aux consulats et ambassades dAlgrie de verser leurs excdents budgtaires sur deux comptes personnels ouverts en Suisse. Montant total : 60 millions de dinars (environ 570 000 euros actuels). Laccusation et, surtout, la volont de le salir le marquent jamais. Contrairement ce que dit et croit la vox populi, ni Abdelaziz ni Sad ne roulaient sur lor durant ces annes dexil, confie une vieille connaissance qui les frquentait Paris. Certes, Abdelaziz tait pris en charge par ses amis des ptromonarchies et gagnait bien sa vie, mais il tait loin dtre millionnaire. Quant Sad, sil vivait dans le quartier du Cherche-Midi (6e arrondissement), il habitait un studio et avait des difficults boucler ses fins de mois.

Sad ( g.) et abdelaziz durant les lgislatives de mai 2012. Samir Sid
D'enseignant conseiller spcial du prsident

Le retour de Sad Alger, en 1987, concide avec la fin de la disgrce de son frre an. Aprs six annes passes hors du pays, Abdelaziz retrouve une certaine respectabilit en rintgrant le comit central du FLN. Dans la foule, sa famille se voit restituer la villa de Sidi Fredj, confisque par le gendre de Chadli Bendjedid, et en obtient mme une autre dans le quartier dEl-Biar, sur les hauteurs de la capitale. Les deux frres ne sont jamais loin lun de lautre : dans limmeuble, lan occupe le 6e tage, le cadet le 5e. Mais Sad se tient lcart de la politique.
Enseignant luniversit, mari une mdecin biologiste, il se contente de militer comme syndicaliste au sein du Conseil national des enseignants du suprieur (Cnes). Sad en tait un membre mineur, tempre un ancien camarade. Il participait aux runions et aux grves, mais il tait discret. Il tait plutt manoeuvrier, dans la mouvance trotskiste.
En septembre 1998, le prsident Liamine Zroual annonce sa dmission et lorganisation dlections anticipes. Cest le dbut dune nouvelle re pour la famille : alors quil avait dclin leur offre en janvier 1995, Bouteflika est de nouveau sollicit par les militaires pour se prsenter. Candidat du consensus , il fdre autour de lui le ban et larrire-ban du rgime. Durant cette priode, son frre est dj ses cts, mais demeure discret. Sad a jou un rle insignifiant dans la campagne lectorale, se souvient un ancien ministre. Dans la villa de Hydra [Alger] qui servait de QG, il connaissait trs peu de monde et ne figurait mme pas dans lorganigramme de lquipe du candidat Bouteflika.
Vingt ans aprs avoir t vinc, Abdelaziz Bouteflika est lu prsident, le 15 avril 1999. Au palais dEl-Mouradia, le nouveau chef de ltat sentoure de sa famille : Sad devient son conseiller spcial, et Zhor, sa soeur, nagure sage-femme, prend soin de lui et mitonne les petits plats dont il raffole. Mustapha, spcialiste en ORL, devient son mdecin personnel (il dcdera en juillet 2010). Tous sont nomms par dcrets non publiables. Les deux autres frres restent lcart. Abdelghani est avocat Paris et Nacer garde son poste de secrtaire gnral du ministre de la Formation professionnelle.
Au sige de la prsidence, Sad soccupe officiellement du service informatique. Sil accompagne le chef de ltat dans tous ses dplacements, son pouvoir est limit. Durant ce premier mandat, on comptait plus de vingt conseillers au palais, explique lun deux. Sad se mlait rarement des affaires du protocole ou de la scurit. De plus, la prsidence tait tenue par des hommes chevronns tels quAli Benflis [directeur de cabinet puis chef du gouvernement entre aot 2000 et mai 2003] ou Larbi Belkheir [directeur du cabinet prsidentiel aprs Benflis].
Mais une anne avant la fin du premier quinquennat, le pouvoir du benjamin de la famille crot subitement. Il devient les yeux et les oreilles du chef de ltat, juge un ex-conseiller la prsidence. Il est le seul entrer dans son bureau sans tre annonc. Il jouit de la confiance absolue du prsident, rput mfiant et souponneux .
Sad tisse des liens troits avec certains ministres quil ctoie le soir dans les restaurants ou les villas prives, cajole les associations et les organisations civiles de masse qui bnficient des subventions de Sonatrach ou du ministre de lAction sociale et de la Solidarit nationale. Il sait aussi se faire menaant, et pousse hommes daffaires et industriels financer la campagne du prsident sortant. Toujours en coulisses, il participe au limogeage dAli Benflis en mai 2003 et prend part la campagne qui aboutira quelques mois plus tard sa destitution du poste de secrtaire gnral du FLN. Il est vrai que ni Bouteflika ni son clan ne pardonnent lancien Premier ministre de stre port candidat. Si Benflis reste au gouvernement, il installera ses relais partout et nous mangera tout crus , susurre un jour Sad au prsident.

Lgislatives 2007, le fils de Nacer, au premier plan, attend son oncle Abdelaziz.
Fayez Nureldine/AFP Photo
Sad Bouteflika manoeuvre pour vincer ses dtracteurs

Si la rlection de Bouteflika en 2004 renforce lascendant de Sad, il lui reste nanmoins vincer Larbi Belkheir (aujourdhui dcd), alias le Cardinal, lhomme fort du cabinet prsidentiel - celui qui, entre autres, Bouteflika doit son retour aux affaires. De notorit publique, Sad et Larbi ne sentendent pas. Alors, comment faire ? Rponse : mettre en minorit le Cardinal. Belkheir avait un impressionnant carnet dadresses, du tact, lexprience des arcanes du pouvoir et une vraie influence sur larme, explique un diplomate. Bref, tout ce qui manquait ou presque Sad. Belkheir lui faisait de lombre, il fallait donc le pousser vers la sortie.
Un ex-cadre dEl-Mouradia renchrit : Le frre a manoeuvr habilement pour monter le prsident contre Belkheir, si bien que les deux hommes ont fini par ne plus communiquer. Latmosphre tait vicie par les rumeurs, les intrigues et les complots... Le prsident finit par se sparer de son directeur de cabinet en aot 2005 et le nomme ambassadeur au Maroc. Moulay Mohamed Guendil prend sa place, mais la plupart de ses prrogatives sont transfres Mohamed Rougab, le secrtaire particulier du prsident, et Mokhtar Reguieg, son directeur gnral du protocole. Deux hommes totalement dvous au prsident, donc son frre...
Un autre vnement majeur, en novembre 2005, conforte encore un peu plus linfluence de Sad. Victime dun ulcre hmorragique , Abdelaziz Bouteflika est hospitalis en France. Le prsident frle la mort. Lorsquil reprend ses activits, il est contraint de lever le pied. Son rythme de travail se ralentit, ses voyages se rarfient, les Conseils des ministres sespacent. Comme un retournement du destin, cest dsormais son frre qui veille sur lui. La maladie du prsident a ouvert un boulevard Sad, analyse un habitu du srail. Il tient lagenda du chef de ltat, intervient dans les nominations de ministres, de diplomates, de walis [prfets], de patrons dorganismes publics, et influe sur la vie interne du FLN. Devenu incontournable pour accder au prsident, le conseiller spcial prend de facto la direction des affaires El-Mouradia.
>> Lire aussi : les hommes du prsident

Mustapha Bouteflika ( g.) Zinedine Zidane et le prsident, Alger, le 3 mars 2010.
AFP photo/APS
Tant qu'Abdelaziz est prsident, Sad peut rester aux affaires

Une prise de contrle qui permet Sad de prparer le terrain au chef de ltat pour un troisime mandat... Car il le sait, son propre maintien aux affaires dpend de lavenir de son an. Les proches ne se montrent pas unanimement favorables la rlection dAbdelaziz ? Sad se charge de les convaincre et incite ce dernier modifier, en 2008, la Constitution de 1996, qui limitait le nombre de mandats du prsident. Mieux quen 2004, Sad met au pas hommes daffaires et organisations patronales, qui contribuent hauteur de 40 % au financement de la campagne lectorale. Certains ont vers des milliards de dinars pour le candidat-prsident, confie un entrepreneur. Ceux qui rechignaient mettre la main la poche redoutaient dtre privs de marchs. Mission accomplie : avec la victoire dAbdelaziz, Sad sassure cinq annes de plus El-Mouradia.
Reste savoir sil veut maintenant peser sur la succession. Et sil dispose, comme en 2009, de relais suffisants. La donne a chang, dcrypte un connaisseur. Le prsident ? Affaibli. Les hommes qui ont constitu lossature de son pouvoir ? Tous vincs. Le FLN et le RND [Rassemblement national dmocratique], qui servaient de majorit ? En crise. Aujourdhui, Sad tient sa puissance de son statut de frre et conseiller spcial dun prsident encore en exercice. Le jour o Abdelaziz annoncera officiellement quil ne briguera pas de quatrime mandat, les cartes seront redistribues.

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