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Leçons du passé et perspectives d’avenir

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L’avenir incertain ou le pire scénario Emir Abdelkader ÞÓã ÇÎÈÇÑ ÇáÕÍÝ 0 2013-08-18 02:50 PM
«je dis aux donneurs de leçons ‘‘bas les pattes devant l’Algérie’’» Emir Abdelkader ÞÓã ÇÎÈÇÑ ÇáÕÍÝ 0 2013-08-12 03:05 PM
le gouvernement égyptien passe à la manière forte Emir Abdelkader ÞÓã ÇÎÈÇÑ ÇáÕÍÝ 0 2013-08-01 03:30 PM
Lorsque la démocratie passe par la rue! Emir Abdelkader ÞÓã ÇÎÈÇÑ ÇáÕÍÝ 0 2013-08-01 01:04 AM
Maroc - Affaire Aït Ljid : quand le sombre passé des islamistes resurgit Emir Abdelkader ÞÓã ÇÎÈÇÑ ÇáÕÍÝ 0 2013-04-02 04:47 PM

 
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Manqool Leçons du passé et perspectives d’avenir

Leçons du passé et perspectives d’avenir

Réflexion préliminaire sur les mutations socio-politiques

Par Dr Mohamed-Larbi OULD KHELIFA, président de l’Assemblée populaire nationale


Le monde a connu à la fin du siècle passé et jusqu’au début du XXIe siècle des changements accélérés qui ont touché toutes les structures et influé, de différentes manières, sur les individus et les groupes ; changements qui font que le présent devienne très vite un passé, rendant difficile la remémoration des évènements, des idées et des inventions récentes. Quant à la prospective d’avenir, elle constitue une aventure et une course entre le présent et l’avenir. La rapidité et l’étendue de ces changements apparaissent au plan local, à l’intérieur de chaque pays ainsi qu’au niveau régional et international. Le monde est devenu un réseau imbriqué d’une large étendue de relations causatives où il est difficile de séparer la cause de l’effet et de distinguer entre la cause et le résultat. Les troubles dans un pays très éloigné peuvent entraîner des complications continentales. Les conquêtes technologiques et scientifiques peuvent avoir des répercussions sociales, économiques et morales sur toutes les populations du globe. L’accélération des évènements a donné lieu, contrairement aux dernières décennies, à une intensité accrue inhabituelle du présent. Cependant, cette intensité n’efface ni la mémoire collective ni l’expérience historique des nations et des peuples. Elle les concurrence, si l’on peut dire, dans leur propre espace historique, mental et comportemental sans tarder ni demander de permission. Elle ne reconnaît pas le critère de la prescription pour s’insérer dans les us et les coutumes et occuper la place qui lui sied dans l’espace civilisationnel et culturel des sociétés que le sociologue P. Bourdieu (1930-2002) définit comme le capital culturel et ce qu’il appelle « habitus » ou « influence de la donnée culturelle sur le présent ». La société change selon son corpus culturel, à savoir le système de valeurs qui influent sur la conception des individus et des groupes de leur identité collective et du degré de l’altérité avec les autres. Ce système se constitue de paradigmes dont l’influence est en fluctuation permanente, à l’instar du paradigme spirituel ou de la religiosité relatif à l’habit et au béhaviorisme, du paradigme relatif à l’économie qui pourrait être le plus influent et qui induirait à l’individualisme et à la concurrence pour les richesses, qu’elle soit légale ou illégale, et, du paradigme idéologique – raciste qui mobilise ses adeptes contre l’intimidation de l’Autre qui menace leur sécurité et leurs intérêts. Dans tous les cas, l’Etat-nation œuvre pour alléger l’effet de l’altérité parmi les individus et les groupes tout en visant à les intégrer dans une identité unifiée qui réduirait les différences socio-culturelles, car il ne peut y avoir une unité nationale sans une identité commune et volontairement reconnue par la majorité des élites savantes et politiques et par le grand public. De ce fait, nous ne serons nullement compromis lorsqu’un groupe ou un organisme revendique une sous- identité à particularités locales si le système d’éducation et de formation a réussi, à travers ses différentes phases, à enraciner le concept de l’appartenance aux composantes principales de l’identité commune et à les faire aimer aux jeunes dans toutes les étapes de leur vie, ainsi que par d’autres moyens d’appui au sein de l’école et de l’université. A titre d’exemple, l’école Jules Ferry a réussi, avant plus d’un siècle, à intégrer la majorité écrasante des Français dans le vaisseau d’une seule identité française sous la bannière de la République, à ne priver personne de la prospérité et à donner de la valeur à la culture comme facteur d’attractivité. Elle est ainsi la concurrente de la modernité de ses voisins allemands et britanniques tout en s’attachant à l’exception culturelle, c’est-à-dire à l’altérité identitaire et à la particularité nationale face au déluge de l’hégémonie culturelle et des vagues du globalisme américain.
Le service national, civil et militaire, a joué un grand rôle dans l’intégration culturelle et sociale dans notre vaste pays, du moins sur le plan de la discipline et du rapprochement entre toutes les franges de la société sur les similarités et les différences liées aux dialectes ainsi que les comportements acceptables et inadmissibles. Au début des années quatre-vingt, nous avions émis des réserves quant à la construction d’une université dans chaque wilaya pour les mêmes spécialités et parfois même plus d’une université sur une superficie qui ne dépasse pas 100 km² et cela non pas seulement par souci d’encadrement scientifique relatif à toutes les spécialités, qu’elles soient d’ordre théoriques ou pratiques mais aussi parce que la jeunesse algérienne a encore besoin de rapprochement afin de discerner leurs véritables différences, qui, d’ailleurs existent dans tous les pays du monde et de connaître également les différences fabriquées et léguées par la colonisation française dans le but de créer le déchirement et le cantonnement ; le Sud algérien était jadis sous l’administration militaire alors que les habitants du Nord, particulièrement les jeunes, ignoraient, pendant longtemps, tout de leurs concitoyens du Sud, qu’ils soient dans des villes ou dans les villages ; et cela en raison de l’isolement forcé, de l’oppression et de l’appauvrissement. Et aujourd’hui encore, ils ont besoin de plus de communication et de connaissances, ce qui incomberait aux organisations de la société civile, notamment les Scouts musulmans algériens. Notre intention n’est pas d’évoquer le concept de l’identité et toute la polémique qu’il a suscitée, encore moins celui du nationalisme. Dans son étude publiée en 1961, intitulée la Vérité, le sociologue britannique, J. Austin, a conclu, après le débat autour de plusieurs approches philosophiques et sociologiques, qu’il était vain de définir l’identité et que la donnée culturelle est son caractère éternel invariable ; par conséquent, l’identité elle-même ne saurait être définie (to auto-idem).
Il est paradoxal de voir que la recrudescence des phénomènes de la mondialisation et de la modélisation culturelle encouragée par les grandes puissances (core states), leaders de la modernité depuis plus de deux siècles, mène à l’enfermement sur soi, à la quête de soi ou à la phobie et au rejet de l’autre et de son mode de vie et à la sélection de ce qui est permis ou interdit selon les us et coutumes, la conviction religieuse ou l’endoctrinement politique et idéologique. Nous exposerons dans ce passage la question du voile (hidjab) en Algérie, sans porter un quelconque jugement ; en effet, lorsque les autorités coloniales françaises ont incité un groupe de femmes à ôter le voile, le hayek, en les brûlant sous les caméras et les applaudissements des colons et des forces de sécurité et de l’armée, d’autres femmes de tout âge ont tenu plus que jamais à mettre ce voile ; en fait, il ne s’agissait pas de libérer la femme des contraintes du voile et des traditions mais plutôt d’empêcher les moudjahidate et les fidaiyate de cacher les armes, les courriers et d’approvisionner la révolution. Dans les années soixante-dix, les femmes voilées ont cohabité avec celles qui ont choisi de l’enlever pour l’apparat et beaucoup de personnes ont noté dans les rues d’Alger et les grandes villes, l’abandon graduel du hayek par les femmes de moins de cinquante ans, ensuite, pendant les années quatre-vingt-dix et bien après, le port du hidjab s’est propagé. Certains considèrent qu’il est la conséquence de la mouvance de l’islam politique alors que d’autres y voient une réaction sociale contre l’occidentalisation, que le penseur et opposant iranien, D. Tahri, qualifie d’«occidentose» et de féminisme, apparus en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis d’Amérique.
En effet, dans certaines régions du pays prévaut l’attachement aux spécificités et à la distinction de l’identité locale soit d’une manière naturelle non défensive ou bien au contraire de manière défensive, refusant de se fondre dans l’Autre, une attitude qui cache un endoctrinement politique et idéologique. Et si le professeur Samuel Huntington affirme dans son étude que « le choc des civilisations » est inéluctable, Amine Maalouf, le célèbre écrivain libanais, pour sa part, met en garde des guerres identitaires globales au sein d’un seul pays et entre différents pays, qui pourraient conduire à l’ébranlement de la culture humaine et à la ghettoïsation imposée ou volontaire qui, à son tour, mènerait à l’affaiblissement de l’Homme, dans son âme et son esprit. Parmi les exemples de la phobie, de la haine et du rejet de l’autre, on cite les murs de l’apartheid et de la séparation entre les peuples et les nations ainsi que la menace de sanction ou de vengeance à l’encontre de celui qui dépasse la ligne rouge ; c’est là un ensemble de règles définies par la partie la plus forte à l’instar des murs érigés entre les Etats-Unis d’Amérique et le Mexique, du mur séparant les Palestiniens et les Israéliens dans les territoires occupés et de celui érigé au Sahara occidental ainsi que les mises en garde de ne pas franchir la ligne rouge, adressées à la Corée du Nord, à l’Iran et à la Syrie. Si nous examinons de près un certain nombre d’idées et de positions, tant en Algérie qu’ailleurs, prônées par de nombreux politiciens et chercheurs en sciences politiques et sociologiques ainsi que par les tribunes qui influencent l’opinion publique, notamment les supports de l’information et de la communication, nous nous apercevrons que le passé récent et lointain y est présent et influent. C’est un passé qui ne se limite pas seulement aux années ni aux décennies, mais s’allonge sur plusieurs siècles. Est-ce que nous oublions, par exemple, que les civilisations de la Méditerranée ont connu la sagesse et les flottes des Grecs et leurs épopées militaires et poétiques et que les Romains et les Byzantins ont régné sur cette mer puis ont disparu et que les lumières de l’Islam ont jailli sur le sud ainsi que sur une partie du nord de la Méditerranée qui a connu des guerres mondiales qui cachent leur nom, telles que les Croisades qui étaient dirigées contre ceux qu’elles appellent les cavaliers de Dieu et le colonialisme qui a démoli, pendant deux siècles, de larges pans de sa culture et le plus cher de son patrimoine et a semé le mal et la désolation dans sa partie sud ?

Du doute à la certitude
Il y a des interrogations qui me taraudent et pour lesquelles je ne trouve toujours pas de réponses convaincantes : où sommes-nous de notre passé lointain et récent ? Y a-t-il dans notre présent ce dont nous sommes satisfaits et de quoi s’agit-il ? Y a-t-il dans ce présent ce qui nous rend en colère et que nous rejetons et de quoi s’agit-il ? De quoi sera fait l’avenir en Algérie et dans la région arabe et musulmane ? Comment sera l’Afrique après six siècles de colonisation, d’esclavage et de déchirement ? Est-ce que ses peuples vont se libérer de la soumission au patron d’hier et d’aujourd’hui ? Quels sont les indices de la promesse ? Quelles sont les menaces de l’échec ? Est-ce que les cœurs vont se pardonner et le véritable dialogue s’instaurer entre les cultures et les civilisations sans mépris ni rancune ? Au regard de l’injustice et de l’égoïsme, y a-t-il vraiment ceux qui croient à l’unité de l’humanité dans sa création et sa destinée ? Y aura-t-il à nouveau la grande unité à laquelle ont pensé Alexandre le Macédonien, trois siècles avant le Christ, et Confucius, le sage de la Chine des millénaires avant, et à laquelle a appelé le Saint Coran qui s’adresse aux humains en disant : « Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux.»?
Nous reconnaissons que ces interrogations dépassent l’effort d’un seul individu au moment où s’accumulent les connaissances et les techniques dans les banques de données et les centres nationaux et internationaux des études stratégiques où s’activent les centres de recherches équipés de grands laboratoires et des techniques de l’informatique et les satellites d’observation, enregistrant les moindres détails du globe : terre, sous-terre et espace. Ces centres font le calcul de toutes les probabilités et élaborent des scénarii qui dépassent l’entendement d’une personne résidant dans ce qui était un village près de la capitale, devenu aujourd’hui au cœur de celle-ci et qui a accès péniblement à quelques bribes du savoir. Parmi les interrogations qui me tourmentent le plus, en tant que citoyen ayant vécu de grands évènements et en tant que jeune ayant la vingtaine au début des années soixante, il y a celles qui sont relatives à la situation actuelle de l’Algérie et à son avenir proche. Nous étions convaincus jusqu’au milieu des années quatre-vingt que notre peuple, né d’une grande révolution qui a conféré au nationalisme algérien sa dimension humaine et dont la majorité écrasante a résisté avec patience et courage à la guerre génocidaire et à la déculturation infernale pendant plus d’un siècle, ne reculera jamais ni ne battra en retraite pour devenir, comme beaucoup le souhaitent, un simple laboratoire de conflits sanguinaires. Il est paradoxal que l’Islam, religion monothéiste, qui est le premier rassembleur des Algériens, la référence forte de leur unité, le carburant qui anime leur résistance et leurs luttes, soit l’un des facteurs de la discorde qui menace l’intégrité de l’Etat et de la société. Est-ce que le réveil était lent au début ? Ou n’a-t-il jamais eu lieu ? Est-ce que le fait de corriger ce qui est avéré comme étant un diagnostic partiel ou même erroné s’est limité uniquement aux symptômes ? C’est une question qui ne fait pas l’unanimité entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Il n’y a pas l’ombre d’un doute que le traitement clairvoyant initié par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, était la voie du salut susceptible de démêler l’écheveau des malheurs afin que l’Algérie revienne sur le chemin d’un Etat émergent et non pas d’un Etat défaillant et marque sa présence en tant qu’acteur sur la scène internationale. Certains facteurs de cette épreuve et ses complications par rapport à l’Etat et à la société ont été analysés dans une étude sur la crise imposée à l’Algérie, publiée en 1998. Nombreux sont les jeunes des années soixante et du début des années soixante-dix qui étaient conscients des difficultés de l’édification nationale dans un pays qui a souffert du génocide d’environ un tiers de sa population et des politiques de l’apartheid qui se cachait derrière l’appellation du Code de l’indigénat. Ils étaient plus conscients de l’importance de la démocratie et de l’Etat de droit et des libertés et œuvraient pour que l’Algérie soit fidèle aux meilleurs hommes et femmes de sa révolution que sont ses valeureux martyrs, dans un pays où le colonialisme a éradiqué tous les repères de l’Etat, quels que soient leurs noms de l’époque qui sont semblables à ceux des autres pays de la région (c’est une agression qui dévoilera ce qui suivra) et a confiné sa société civile dans des cachots en faisant l’éloge de la liberté, de l’égalité et de la fraternité à travers la comédie du pseudo-parrain des droits de l’homme et du citoyen !
Cependant, comment exercer la démocratie dans un pays qui a subi une destruction massive, suite à l’éradication par le colonialisme de toutes ses institutions, à l’extermination de ses élites et à l’humiliation de son peuple connu pour sa résistance face à l’injustice et à l’oppression ; dans un pays qui sort d’une guerre sans merci comptant 87% d’illettrés parmi les hommes et 97% parmi les femmes et dont le quatre cinquième (4/5) de la population souffrait de famine où frisait le seuil de la pauvreté ? Où classons-nous la démocratie sur la longue liste des priorités ? Peut-on dire maintenant que la démocratie est une priorité en soi dont la réalisation des autres priorités dépend de leur application et de l’invention d’un modèle adéquat à notre expérience et à notre réalité culturelle et politique ? La réponse est que le présent ne comporte ni rupture totale avec le passé ni continuité mécanique de toutes ses expérience et ses pratiques. Dans la foulée de ces interrogations, nous étions convaincus, comme beaucoup d’autres, que la libération du peuple et du pays prime d’autres priorités et c’est là l’accès aux autres droits de citoyenneté, individuels et collectifs et qui permettent de participer et de contrôler.

Le monde dominant et le monde dépendant
Le monde arabo-musulman a connu, ces trois dernières décennies, la division et l’émiettement ; il est passé du rêve et des promesses de l’idéal à la réalité de la soumission et la dépendance aux centres internationaux de décisions. La cause palestinienne a connu une fin de siècle dramatique et en raison de l’impuissance et de la connivence, elle risque de devenir l’Andalousie perdue des Arabes et des musulmans. Dans les deux régions du monde arabe et africain, les plus affectées par les maladies chroniques, dans le monde contemporain, tels que le sous-développement, la dépendance volontaire et la dictature, beaucoup d’élites intellectuelles et politiques se fondent dans le confessionnalisme et les conflits ethniques et ont vocation de s’enorgueillir des services qu’elles rendent et qui dépendent des centres de l’hégémonie étrangère. Dans la plupart de ces pays-là, il ne reste que quelques souvenirs passagers des acquis des mouvements de libération nationale et de luttes pour la liberté, le progrès et la justice sociale qui risquent d’être anéantis par les craintes d’insécurité, des conflits de pouvoirs et de la faible maîtrise d’éventuels événements qui pourraient surgir tant sur le plan interne qu’externe. Beaucoup d’hommes politiques ainsi que leur cercle d’élites et de stars créés par les médias de l’euro et du dollar et certains chouyoukh de la fitna spécialisés dans la fetwa à la demande et les organisations intermédiaires qui n’ont plus la même vocation, ont feint d’oublier qu’au début l’agression contre la région a été perpétrée au nom du christianisme, puis au nom du déploiement de la civilisation et, aujourd’hui, au nom de la démocratie et des droits de l’homme comme si la démocratie pouvait être importée comme des vêtements prêt-à-porter, des cosmétiques ou des produits électroniques, ou encore un cadeau qu’un pays offrirait gratuitement à un autre. Nous devons attendre la fin de la décennie en cours pour voir si «le printemps arabe» fleurira ou non ? Ou sera-t-il un des maillons d’une série d’illusions et portera-t-il les empreintes du « made in ». Il y a, sur la scène africaine et arabe, des réalités et des preuves qui sont de plus en plus submergées par l’émotionnel et les réactions verbales, le déchirement interne, voire les dérives du confessionnalisme et les conflits ethniques et le retour aux controverses de Saqifat Bani Saada : « Un Mouhadjir et un Ansari » sans aucun projet ni cause qui mérite la mobilisation et l’abnégation. L’on ne vante que les mérites de l’importation des produits du modernisme d’autrui qui songe à l’après-modernisme et la trahit à l’aide de ce qu’Edward Saïd qualifie d’illusion de la modernité que les experts des Etats occidentaux et de l’Asie du Sud viennent, depuis l’effondrement de l’Empire ottoman, qualifier de « l’homme malade », pour construire un pont ou un hôtel ou suivis d’armées sous le prétexte de résoudre les conflits tribaux et rechercher les complications de coups d’Etat qui sont fomentés par des militaires ayant le grade de sous-officiers qui n’ont pas perçu leurs salaires mensuels d’un Trésor en faillite, en raison de mesures inadéquates, du manque d’expérience et de compétences qualifiées et de la mauvaise gestion de tous les régimes totalitaires qui se cachent derrière des structures vides, tout en refusant d’être contrôlés et de rendre comptes, ce qui donne une grande puissance à l’argent spolié que le pouvoir judiciaire craint, alors que celui-ci est le premier fondement de la bonne gouvernance. Au moment où se regroupent dans le monde développé, l’Europe, l’Amérique latine et le Sud-Est asiatique, des groupes continentaux œuvrent à réduire les écueils qui entravent la coopération et les barrières dressées devant l’économie et le commerce et la coordination en ce qui concerne les intérêts communs ; l’on assiste à l’accroissement, dans la région arabo-musulmane et dans plusieurs pays d’Afrique, des difficultés de coopération et des foyers de conflits semés par le colonialisme et aggravés par le sous-développement et la faiblesse de la bonne gouvernance. Les puissances occidentales y trouvent un pont ouvert à l’intervention pour dicter facilement leurs ordres, spolier leurs richesses et perpétuer la tutelle sur ces pays. Le monde de la prospérité outre-Méditerranée et outre-Atlantique à travers les écrans publicitaires paraît plus clément et plus hospitalier, en dépit de ses crises et de l’ombre envahissante de l’extrême droite ; mais existe-t-il une droite non extrême ? Et que reste-t-il de la gauche après la disparition précoce des Soviets? De large couches des populations (excepté les six pays du Golfe au regard de leurs énormes exportations en hydrocarbures par rapport au nombre de leurs populations) deviennent plus pauvres, plus désespérées et plus marginalisées et qui apparaissent, aux yeux des politiciens et des services spécialisés de sécurité, comme des volcans prêts à rejeter la lave dans tous les sens, pour détruire le peu qui reste de la verdure et ce, partant de la ceinture de la pauvreté qui entoure les villes comme Gog et Magog, attendant la première étincelle pour rejeter le désespoir, la colère et la rébellion qui culminent dans leurs poitrines. Au Nord, la guerre froide a pris fin, mais les préparatifs de la guerre technologique font aujourd’hui rage ; il n’est pas étonnant que le Bureau du secrétaire général de l’ONU recense que parmi les 2860 semaines qui se sont écoulées, trois semaines seulement n’ont pas connu de conflits armés et que 99% des guerres ont eu pour théâtre le Tiers-monde avec ses trois continents africain, asiatique et latino-américain, sans compter les conflits qui ont dépassé le tiers d’un siècle de tuerie et de destruction mutuelle entre les affamés et les victimes des épidémies en Afrique en particulier.

Le mal extrême et le bien suprême, les deux facettes du monde actuel
E. Hobsbawn, l’un des plus célèbres philosophes de l’histoire contemporaine en Grande-Bretagne et qui est considéré, à l’instar de Bertrand Russel et Touinbé, comme le fondateur de la philosophie de la civilisation du monde contemporain, considère que le vingtième siècle est le plus court des siècles. Il a commencé, selon lui, en 1914 et s’est terminé en 1991 (The age of extrems, 2002) et il a détaillé dans son ouvrage encyclopédique que la période des fins extrêmes est caractérisée par beaucoup de frontières entre le bien et le mal ; il dit par exemple dans son étude ce qui suit :
- Au XXe siècle, l’humanité a enregistré 75 millions de morts entre victimes civiles et militaires des deux Guerres mondiales, l’une plus féroce et plus sanguinaire que l’autre. L’écrivain précise qu’entre 1914 et 1991 les guerres et les conflits civils ont fait 300 millions de victimes, à raison de 3 millions de victimes par an.
- Au XXe siècle, le colonialisme a redoublé de férocité et l’Europe a oublié ses principes et ses déclarations humanitaires laissant place à la naissance du fascisme, du nazisme et du communisme du Goulag au lieu du socialisme de la justice et de la solidarité, les esclaves et les asservis ont été rebaptisés gens de couleur et on leur a appliqué la discrimination raciale la plus humiliante et la plus horrible.
- Durant la seconde moitié du XXe siècle, les guerres civiles se sont multipliées, la guerre froide a pris fin, la vente des armes s’est développée et des foyers de tensions ont été créés afin de booster le marché des armes.
- De nouvelles pratiques de l’art de la torture sont apparues à cette époque au point de devenir des spécialités requises chez la majorité des armées combattantes et des forces de sécurité – la France avait envoyé certains de ses experts en torture aux dictateurs de l’Amérique latine – et parfois les Etats attribuent les honneurs, les médailles et les grades à ceux qui se distinguent dans la création et la pratique de l’art de la torture en public et signent en même temps les chartes des droits de l’homme !
En revanche, et malgré tout cela, l’humanité a connu au XXe siècle de nombreuses bonnes grâces que l’on peut classer dans le registre du bien suprême. Après plusieurs millénaires, la population de la Terre a doublé par quatre fois au cours de cent ans après qu’elle est restée pendant des centaines d’années à moins d’un milliard ou un milliard et demi jusqu’en 1902.
- L’augmentation du nombre est dû à de nombreux facteurs parmi lesquels le progrès de la médecine et de la pharmacie, la disponibilité des vaccins et des antibiotiques, les services d’hygiène et l’éclairage et les moyens de sensibilisation et d’éducation dans les écoles et les médias.
- A la fin du siècle, l’âge moyen de vie dans les pays développés a augmenté d’environ 60 % et est passé de 47 ans au début du siècle à 76 ans à la fin des années 70 et dans les pays en développement l’âge moyen de vie a augmenté au cours de la deuxième moitié du siècle dernier ; après avoir oscillé entre 32 et 40 ans, il a augmenté de 25 ans et le seuil minimal (pays les plus pauvres) a augmenté de 12 ans. La richesse du monde a augmenté quatre fois plus que le début du siècle dernier, la consommation a augmenté d’une manière continue en Amérique, au Japon et en Europe alors que la situation demeure dans la limite de subsistance ou moins d’un dollar ou de rien (il y a dans le monde ceux qui meurent de faim en Afrique, en Asie, en Amérique latine et aux Caraïbes). La mondialisation s’est accélérée après les deux Guerres mondiales, ensuite par le biais des institutions internationales à La Haye, Rome et Bruxelles telles que la BM, le FMI et l’OMC, devenus une référence dans les politiques intérieures de tous les pays du monde, même dans leurs relations bilatérales. La fin du siècle a été couronnée par la consécration de la démocratie, des droits de l’homme et des organisations non gouvernementales dans le monde entier, et des noms tels que Franco, Salazar, Pinochet et Pol Pot seront à jamais inscrits sur le registre de la honte et maudits même par leurs anciens alliés. Qui pouvait imaginer, il y a dix ans, que Pinochet, le gâté de la Maison-Blanche, vivrait entre la douleur de l’agonie, les peurs de la honte et de la prison !
C’est là la charge du siècle appelée par le penseur britannique sus-cité « notre deuxième patrie » car la majorité des élites et des politiciens et une bonne partie de l’actuelle génération ont vécu au moins une partie de la deuxième moitié du siècle.

Mutation et changement, le processus et le point d’appui
Après avoir pris connaissance du bilan concis concernant le bien et le mal du siècle le plus court de l’humanité, on se penche sur la question de la mutation sociale et sur le changement politique qui est le centre d’intérêt des discussions dans notre pays. Le parcours de cette question est perçue par l’extérieur comme une opération de métabolisme qui intervient dans le corps d’un être vivant, au cours du cycle de la vie, ou comme l’exprime Darwin, le célèbre biologiste, il commence par sa création et son évolution, selon sa capacité à l’adaptation, et finit par l’extinction au cas où il en est incapable. Peut-on dire que la mutation et le changement dans la structure de la société et l’entité de l’Etat sont soumis à la loi de la causalité comme cela est le cas dans les phénomènes de la nature ? Ou les liens entre les causes et les résultats sont plus complexes, et il est difficile pour l’observateur de découvrir ses mécanismes pendant son évolution interne et les parties agissantes qui influent sur son orientation ? Quelle est l’origine de ces orientations ? Sont-elles externes ou internes ? ou bien une jonction à différents degrés de ces deux origines?
Quels que soient les causes et les résultats, la mutation et le changement ne sont pas le fruit du hasard et ne sont pas dus aux miracles, sauf le cas concernant les littératures de la science-fiction et de l’imagination comme l’Iliade et l’Odyssée, la biographie de Antar Ibnou Chedad et les contes de Abizeid el Hilali qui ont inondé avant plusieurs décennies nos marchés populaires pour diminuer l’effet du désespoir. La vérité est que la mutation et le changement sont un processus continu et ne dépendent ni de la seule superstructure ni uniquement de l’ infrastructure, ils peuvent accélérer et ralentir mais dans les deux cas, ils ne sont pas soumis à un seul facteur comme le prévoient les théories du déterminisme qui imputent tout ce qui concerne les conditions de l’individu et de la société aux chosismes, c’est-à-dire l’adaptation des phénomènes de la société aux phénomènes de la nature (Durkheim) ou au capital et au conflit de classe autour de la propriété chez Marx, ou de la libido chez Freud qui commence par l’étape de l’enfance en orientant le comportement de l’individu et du groupe, ou aux règles sacrées du marché qui impose ses règles et en premier l’offre et la demande (Adam Smith) et la dernière détermination est le couronnement des technologies de la communication et de l’information et sa propension à guider tous les changements dans le monde actuel et à venir (de Marchal MacLuhan à Brzezinski) sans oublier Milton Friedman, le chantre des vagues irrésistibles de la mondialisation.
La pluralité des facteurs n’exclut pas que les changements ont un épicentre où croissent d’autres facteurs, et qui ressemblent à un point au fond de la terre à partir duquel survient le séisme dans un environnement prêt à accepter le coup et la réplique. La pluralité des facteurs ne diminuent pas de l’importance des dirigeants fondateurs et des héros conquérants qui œuvrent à booster l’action du changement. Sauf que l’issue qui nous éloigne des interprétations magiques et métaphysiques et nous rapproche à toucher tout ce qui se passe au sein du modèle social et politique et qui affecte les individus et les groupes sont les situations relationnelles telles qu’elles apparaissent dans les degrés d’interaction entre les trois niveaux pour le soi individuel et collectif :
En premier, le moi idéal : dont le groupe sème la graine dans l’individu et se construit seul en commençant par la famille nucléaire à la famille étendue et à laquelle on attribue honneur et prestige, à la société et à la nation, surtout si celles-ci se comparent avec d’autre nations. Et là, apparaît l’importance de son histoire, des victoires et des vraies ou mythiques gloires, ou les deux à la fois, remportées par les ancêtres, et d’accorder au soi idéal une grande importance dans la vision de l’individu à travers son appartenance au petit et grand groupe.
En second, le moi social : c’est l’image qu’on souhaite avoir vis-à-vis des autres, individus ou nations, où nous revoyons-nous au travers de l’image exemplaire que nous donnons aux autres dans notre proximité. Et selon ce que dit de nous le monde qui nous entoure, et à titre d’exemple nous rappelons l’évènement de Oum Dourman qui a été adopté par un grand public, dont les participants directs en ont bénéficié, et la dernière modeste participation au championnat d’Afrique marquée par le silence nocif pour le moi social de l’équipe et pour le drapeau qui n’a pas été hissé en Afrique du Sud, ce pays-continent où l’Algérie a le droit d’avoir une place privilégiée dans nombre de ses tribunes. La défaite est toujours orpheline alors que la réussite engendre la revendication de tous auprès de toutes les nations, ils sont liés à la satisfaction et à la stabilité ou à l’indignation et l’intensification de la demande de changement.
Et la dernière : c’est le Moi réel, qui est situé dans une situation mobile entre les deux niveaux antérieurs ; elle se rapproche et s’éloigne d’eux selon la situation relationnelle de la personne, du groupe ou de la nation. Et pour simplifier, on évoque que l’individu ou le groupe en Algérie ressent de l’injustice, de l’humiliation et de la marginalisation, voire le sentiment de petitesse lorsqu’il se remémore le vécu de ses aïeux pendant plus d’un siècle sous le joug de l’occupation coloniale et de l’apartheid connu sous le nom du Code de l’indigénat ; il se considère en position de faiblesse, et c’est là une face du soi réel, mais il rehausse son moi idéal réel, lorsqu’il se rappelle son histoire quand la majorité de son peuple a résisté, en particulier lors de l’épopée de la révolution et le sacrifice de milliers de femmes et hommes pour la liberté et pour la dignité humaine. Cela donne un sentiment de fierté, à l’individu au sein de son petit groupe et au peuple algérien d’une manière générale lorsqu’ils remémorent son passé glorieux. Les moyens de télécommunication et d’information (hard ware) et (soft ware) peuvent jouer un rôle influent dans l’accélération, le ralentissement ou l’exclusion du changement ainsi que dans la détermination des trois niveaux du soi cités ci-dessus et leur comparaison avec ceux d’autres pays. Les spécialistes de la psychologie sociale appliquée savent que dans la conception des enquêtes, des questionnaires, des référendums et des sondages publics, se confondent souvent à l’insinuation, l’allusion et l’illusion pour aboutir à l’hypothèse voulue.

Mohamed Larbi OULD-KHELIFA
à suivre...

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