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À toi kheira ma bien aimÉe

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JOLIMENT BIEN DIT L'emploi du pronom indfini... lamya64 0 2012-01-25 12:38 AM

 
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2013-10-05
 
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  Emir Abdelkader    
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Manqool À toi kheira ma bien aimÉe

À TOI KHEIRA MA BIEN AIMÉE!

Comme de coutume, chaque quatrime semaine du mois de septembre de chaque anne, je maccapare cet espace destin la chronique, pour moi. Que les lecteurs soient indulgents.
Demain cela fera 16 ans. Dj seize ans quelle a disparu sous la lame du bourreau. Elle, dix de ses amies et un collgue. Kheira est pourtant toujours devant moi. Son image refuse de disparatre ; cette image o juste une semaine avant lhorrible boucherie, elle me disait : 3ammi, yerhambouk, dabarli mutation. Kraht la navette! (1) Je lui ai pourtant promis dessayer de faire quelque chose. Ce quoi, elle rplique : Mais fait vite 3ammi, avant quil ne soit trop tard! Prmonition, ou voulait-elle juste parler de la clture des mutations, lanne scolaire ayant dj commenc depuis prs dun mois. Je ne le saurais jamais et resterais contraint de vivre avec ce sentiment de culpabilit, faute de navoir rien pu faire avant lhcatombe.
Samedi 27 septembre 1997, 14 Heures. Le ciel sembrunit dun seul coup. La visibilit devient au fur et mesure, quasi-nulle. Un lourde tempte de sable saccouple avec un terrible orage donnant latmosphre, une couleur immarcescible, jamais vue auparavant ; parfois jauntre, parfois un tantinet rougetre, tendant vers le noir plus en portait le regard vers le ciel. La pluie fine commena perler, caresse par une bise faussement douce. Soudain, comme mue par une tlcommande, la pluie fine devint dluge et la bise se mtamorphosa en blizzard ; ctait louragan ! Le long du trajet menant dAn Adden Sfisef, la visibilit est absente. Il faisait nuit 15 heures. Ce sentier sinueux serpentant entre les longilignes eucalyptus et peupliers dune fort aussi dense quune jungle, dont les sommets disparaissent dj dans les bas cumulus, longeant signe du destin le cimetire Sidi-Yahia des Ouled Slimane, est marqu par des virages en angle droit, accentus par ltroitesse de la voie ; donnant des frissons tous passagers, mme en temps de paix et dt. Dame Nature se dchane. Les arbres, las de rsister, se soumettent et sont dracins. Comme des troncs darbres creux, les poteaux lectriques flchissaient; les oueds sortaient de nimporte o, les routes sont coupes. Un air dapocalypse faisait frissonner chaque Beni Adam. Personne ne se doutait de ce qui se passait ce moment prcis, quelque part sur ce sentier horrifiant, lore de la dense fort, entre le Hameau de An Adden et Sfisef. Quelque chose datroce, dinqualifiable, dincroyablemais vrai, se produisait. Cela dura toute la nuit. Le lendemain 8heures, le poste de garde de lentreprise o je travaillais mannona un visiteur, ctait mon neveu. Je le reus pour minformer que Kheira, sa sur ntait pas rentre hier soir, quune attaque terroriste a eu lieu et on nen sait pas plus. Je laccompagnais lhpital o il y avait un monde fou au niveau de la morgue. Jy accdais. Jai vu 11 filles, toutes blanches, bien nettoyes, les cous bien recousus, portant chacune un drap immacul. Je les regardais toutes attentivement, Mon Dieu ! Elles se ressemblaient toutes dans ma tte enveloppe par un stress opaque et une tristesse infinie. Javais limpression de voir onze jumelles ! Je narrivais pas reconnatre ma nice! Il a fallu attendre mon grand frre pour lidentification. En prenant le chemin de MCid, prcdant le convoi officiel qui devait ramener chaque corps sa famille, je fus troubl malgr le retour du soleil, par les squelles de louragan dhier : routes coupes, arbres dracins, des grands lacs un peu partout, des oueds spontans qui traversaient la route diffrents endroits. Elles furent toutes enterres tour de rle avec les honneurs et le drapeau national qui recouvrait chaque cercueil a t remis la famille. Le ntre, je le garde jalousement jusqu aujourdhui. Bizarre ! Ce jour l, je navais pas pleur.
Ma belle-sur -mre de la victime ne rsista pas au choc. Elle mourut six mois plus tard dune tumeur du sein dveloppe le jour de la disparition de sa fille, qui tait dj orpheline de pre. Le chauffeur, seul rescap, a racont que le chacal affam (Eddhib Ejji3ane) les avait toutes gorges debout ! Lune aprs lautre. Le seul homme enseignant du groupe a tent vainement de fuir, mais vite rattrap et tu galement. Le Commandant de secteur de lpoque, un Parachutiste et fils de Chahid, Feu Colonel Boukhari (lui aussi victime du terrorisme et galement Sfisef) fut celui qui dirigea lopration de rcupration des corps. Il raconta que les corps des filles taient groups lun sur lautre, lexception dun seul loign de quelques mtres ; la pauvre ayant du ramper dans son atroce agonie ; et que parmi les affaires personnelles retrouves sur place, il a t oblig de voler une photo dans un sac : Elle reprsentait les .11 enseignantes et lenseignant prise quelques jours auparavant (autre signe du destin?) le corps de ce dernier ne fut rcupr que le lendemain, parce quayant fui, il a t dabord bless par balles, avant dtre retrouv et achev au couteau. Aujourdhui, cela fait 16 ans que les 11 enseignantes et lenseignant sont morts, assassins atrocement, provoquant un moi national et international sans prcdent. Les hommages ont t rendus. Comme sont morts des milliers dautres : Liabs, Belkhenchir, Boukhobza, Belkad, Djaout, Hasni et autres Yefsah, Flici Bouhaoud, Bouras.ainsi que de nombreuses victimes anonymes de la nbuleuse ! Pendant ce temps, le chacal dsormais repu (Eddhib Echeb3ane) par les ttines de lEtat se pavane dans une cour quelque part, avec un traitement de prisonnier politique ; Pendant ce temps, El Ayada, et ses acolytes bnficient de toutes les largesses de lEtat. Pendant ce temps, Hattab passe la radio Nationale ; Pendant ce temps, Abassi Madani et Ali Belhadj continuent parler au nom du Peuple !
Reposes en Paix, Kheira ! Reposez en Paix, Martyres du devoir
 

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