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Quand les jeunes rinventent la socit par la marge

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Quand les jeunes rinventent la socit par la marge

Abdelkader Lakjaa analyse le dsordre socitaire aux dbats dEl Watan

Quand les jeunes rinventent la socit par la marge

Abdelkader Lakjaa est sociologue luniversit dOran. Il vient de mener une trs belle enqute sur la jeunesse oranaise dans trois quartiers populaires dEl Bahia : Sidi El Houari, Les Planteurs et Ras El An.


Invit aux Dbats dEl Watan qui se sont drouls samedi dernier la salle Cosmos (Riad El Feth), sur le thme, rappelle-t-on, Statu quo autoritaire : quel cot pour lAlgrie ?, le professeur Lakjaa na pas pu faire le dplacement. Nanmoins, il a eu la gnrosit de partager le fruit de ses prcieuses recherches avec le public de la salle Cosmos par Skype. Merci la technologie !
Abdelkader Lakjaa a tenu, tout dabord, rendre un vibrant hommage Louisette Ighilahriz et Djamila Bouhired, prsentes dans la salle : Deux icnes de lAlgrie de Novembre qui allait de lavant depuis lEmir Abdelkader, a-t-il dit. A. Lakjaa aura galement une pense mue pour Djamel Guerid, cet immense sociologue qui nous a quitts le 24 aot dernier, et nous a lgus un patrimoine intellectuel exceptionnel Pour une anthropologie de la vie quotidienne ; Femmes en usine. Enqute sur les ouvrires de llectronique ou encore LException algrienne.

La modernisation lpreuve de la socit. Abdelkader Lakjaa fera sienne cette devise maoste chre Djamel Guerid : Sans enqute, pas de droit la parole. Dans sa communication, le professeur Lakjaa tente de rpondre la question centrale suivante : Comment les jeunes ragissent-ils lautoritarisme et au volontarisme modernisateur de la socit ? Il nous dira, au passage, que si le thme de la jeunesse lui tient tant cur, cest parce que les jeunes reprsentent pas moins de deux tiers de la socit algrienne, par consquent, parler des jeunes quivaut parler de la socit toute entire. Et pour cerner lobjet de son intervention, A. Lakjaa prcise que ses proccupations se focalisent autour de la question du lien social et de la cohsion sociale en Algrie. Ceci mamne, poursuit-il, rcuser les notions de marginalit, de dsaffiliation et mme celle de vulnrabilit relationnelle. Par l, il entend dconstruire lacception donne ces notions dans la sociologie occidentale. Abdelkader Lakjaa dveloppe une hypothse selon laquelle nous sommes face une centralit invisible qui prfigure une socit en mergence.

Dsordre socitaire et nouveaux liens sociaux

Lenqute dont le sociologue livrera une savoureuse synthse au cours de son expos, a t ralise, signale-t-il, la demande de lassociation Sant-Sidi El Houari et de lUnicef-Algrie. Elle a t conue pour rpertorier et analyser les facteurs, les contours et les formes de manifestation de la vulnrabilit chez des adolescents et des jeunes des quartiers rputs pour tre dfavoriss (en quipements et infrastructures), populaires et stigmatiss (pour linscurit et la violence quon leur prte). Le sociologue souligne demble que les rsultats enregistrs ne semblent pas conforter la thse de la marginalit et de la dsaffiliation ni celle de vulnrabilit relationnelle. En Algrie, lexclusion, la marginalit ou encore la vulnrabilit, si elles existaient dans le sens que leur donne Robert Castel (sociologue franais, spcialiste de la sociologie du travail et de lexclusion sociale, ndlr), ne concerneraient pas seulement une minorit comme en Amrique du Nord ou en Europe de lOuest, mais la majorit de la population urbaine.

A. Lakjaa diagnostique ce quil appelle un dsordre socitaire duquel mergent de nouveaux rapports aux institutions et de nouveaux liens sociaux. Son objet de recherche balis, le confrencier dtaille les rsultats de son enqute. Premier constat : les mauvaises conditions dhabitation des jeunes approchs : Prs de la moiti (47,7%) des familles de ces jeunes enquts vivent dans des habitations dune deux pices. Autre constat : la sous-qualification professionnelle des parents : Ils sont 72 jeunes dont le pre est chmeur, 180 dont le pre est occup dans une activit informelle, 11 autres vivant avec un pre inactif parce que malade et 84 avec un pre retrait. Au total, 263 vivent dans une situation socio-conomique vulnrable.
A cela sajoute la faiblesse du niveau scolaire : Les rsultats font ressortir le caractre massif de ce phnomne de rupture scolaire qui concerne 227 jeunes majorit masculine (62,2%), indique le sociologue. Le professeur Lakjaa sest ensuite intress au rapport des jeunes la famille : Si on additionne les relations avec les parents, qualifies dexcellentes et de bonnes par les jeunes eux-mmes, on obtient un total de 666 cas, reprsentant plus des trois quarts (78,3%) de la population enqute. Daprs le chercheur, les tudes menes en Algrie dans le cadre de la sociologie de la jeunesse confirment quasiment toutes lattachement des jeunes linstitution familiale. Cette institution confirme ainsi sa centralit dans les relations sociales en se dressant comme le refuge auquel recourent les jeunes face ladversit quils rencontrent dans leur environnement extrafamilial. Le sociologue sest pench galement sur la houma comme prolongement de lespace familial. Le quartier, dit-il, tient un rle capital en faisant fonction de filet de protection contre non seulement les alas conomiques mais aussi les risques de dsocialisation relative la pauvret.

Dsenchantement politique

Abdelkader Lakjaa a par ailleurs examin le niveau dimplication citoyenne chez les jeunes, notamment par le biais du tissu associatif : Lattitude des jeunes face au mouvement associatif en Algrie est solidaire de leurs attitudes envers les institutions tatiques. Elle reflte leur non-implication dans la gestion des affaires publiques places sous le contrle de lEtat ajoute-t-il. Une attitude que le chercheur explique par le dsenchantement politique chez les jeunes. Par les chiffres, cela donne : Au niveau global, le taux de prsence des jeunes de 10 19 ans dans le mouvement associatif, dans les trois quartiers, est de 20,8%, cest--dire moins dun jeune sur quatre. Il note, a contrario, un vif intrt pour les pratiques religieuses : Si 29% de lensemble des adhrents dclarent tre dans une association pour les loisirs et 15% autres pour se donner une occupation, lapprentissage du Coran qui concerne 8% vient avant lapprentissage dun mtier (7%) et avant mme la solidarit et le bnvolat (6%), observe-t-il. La religion, parce quelle ne se rduit pas chez les jeunes () la seule pratique de la prire ou mme des quatre autres piliers de lislam () mais en tant partout dans lair du temps, en faonnant/refaonnant normes, critres, rfrents, se rvle tre un fait social total par excellence, analyse le sociologue. On est loin, trs loin mme, insiste-t-il, du dclin de la religion tel que prdit par une certaine version de la modernit occidentale dont le caractre ethnocentr et volutionniste ne fait plus mystre.


Citoyennet sociale vs citoyennet politique

A partir de ce faisceau dobservations recueillies sur le terrain, Abdelkader Lakjaa, en arrive la conclusion que, par leurs rapports au travail, par leurs rapports linstitution scolaire et par leurs rapports la dfense de la chose publique (), les jeunes des quartiers populaires dOran refusent de se plier aux contraintes du dveloppement modernisateur dont le rfrent unique a toujours t la modernit occidentale. Analysant limpact du processus de modernisation engag depuis lindpendance, il considre que ces transformations, si elles sont parvenues poursuivre la dstructuration des fondements de lorganisation communautaire, entame par la colonisation franaise, elles nont pas encore t en mesure de refonder les liens sociaux de type communautaire en liens socitaires. En Algrie, la rente fait que la jeunesse, comme le reste de la socit, a depuis longtemps bnfici de la citoyennet sociale, dfinie par les droits la protection sociale, la sant, lducation, au travail, sous forme de dons garantis par les institutions de lÉtat et, en change, les bnficiaires se sont engags tacitement renoncer leur citoyennet politique (droits de voter et de participer la vie politique) et civile (libert de la personne, dexpression, de proprit). Cependant, le sociologue estime quaujourdhui, tout semble indiquer que le dsenchantement amne les jeunes remettre en cause ce deal politique partir de leurs engagements religieux.



Mustapha Benfodil









El Watan
 

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