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Gambie : il ne faut jamais dire Jammeh

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2013-11-25
 
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Manqool Gambie : il ne faut jamais dire Jammeh

Gambie : il ne faut jamais dire Jammeh




À Banjul, on ne prononce son nom qu' voix basse. Ses dtracteurs ont depuis longtemps compris que mieux valait se taire. C'est, disent-ils, une question de survie dans une Gambie sur laquelle Yahya Jammeh, tyran mystique et parano, rgne depuis vingt ans.
L a vie de Fatou Camara a bascul un dimanche soir. "Les policiers sont venus m'arrter chez moi. J'ai d laisser mes trois fils avec la bonne, sans mme pouvoir leur dire au revoir", raconte l'ex-animatrice du trs populaire Fatu Show, diffus sur la chane publique gambienne.
Elle venait de regagner son pays aprs un sjour au Sngal lorsque la disgrce prsidentielle s'est abattue sur son toit. Le 15 septembre, deux agents de la police secrte se prsentent son domicile et lui ordonnent de les suivre. La jeune femme restera incarcre pendant un mois avant d'tre dfre devant le tribunal de Banjul. Elle est accuse de ternir l'image du chef de l'État, un dlit passible de quinze ans de prison, avant d'tre place en libert sous caution. Une comparution devant le juge avait t fixe au 28 octobre. Mais sur l'insistance de ses proches, la journaliste a prfr prendre la poudre d'escampette et a rejoint clandestinement le Sngal puis les États-Unis.
Ancienne directrice de la communication de Yahya Jammeh, connue pour avoir longtemps propag son admiration sincre envers le prsident gambien, Fatou Camara est la dernire en date d'une longue srie de pestifrs passs de la lumire de la State House, la prsidence gambienne, l'ombre de Mile 2, la prison centrale de Banjul. Dans son malheur, elle pourra toujours se consoler en se disant qu'elle a chapp aux sinistres sances d'aveux films qui sont le lot rgulier des "ennemis du rgime". Malang Fatty et Amadou Sanneh n'ont pas eu cette chance. En septembre, le premier est arrt un poste-frontire alors qu'il cherche quitter le pays. Sur lui, la police secrte dcouvre une attestation d'Amadou Sanneh, le trsorier du United Democratic Party (UDP, le principal parti d'opposition), indiquant que Fatty, militant du parti, a reu des menaces de mort de la part des services de scurit et que l'UDP est rgulirement perscut par le gouvernement. Aussitt, les deux hommes ainsi qu'un complice et un tmoin prsums sont jets au cachot, sans possibilit de rencontrer un avocat. Quelques semaines plus tard, la tl gambienne diffusera la vido consternante de leurs "aveux". Parvenant peine se tenir droit, Amadou Sanneh, hagard, marmonne une autocritique inaudible que l'on croirait tout droit sortie d'un procs de l'Inquisition. Face un reporter placide qui ne semble pas s'mouvoir qu'il ait subi des sances de torture, le prisonnier s'accuse du pire crime qui soit en Gambie : celui de lse-majest.
>> Lire aussi : Yahya Jammeh "qu'ils me haissent, pourvu qu'ils me craignent"
Paradis pour touristes
Depuis prs de vingt ans, Yahya Jammeh rgne en monarque absolu sur ce petit paradis pour touristes encastr au beau milieu du territoire sngalais. Lorsque ce jeune lieutenant de 29 ans renverse le prsident Dawda Jawara, en juillet 1994, il prend la tte d'un comit militaire provisoire qui suspend la Constitution et gouverne par dcrets. "Quand il a accd au pouvoir, il a t plutt bien accueilli car les gens aspiraient un changement, prcise le journaliste Demba Jawo, qui rside Dakar depuis 2006. Ils ont vite dchant."
Au cours des annes suivantes, Jammeh se dbarrassera l'un aprs l'autre des compagnons d'armes qui ont conduit le coup d'État ses cts. "Ceux qui ne sont pas morts en prison ont t assassins ou ont fui le pays, rsume Bubacar Baldeh, ancien ministre de Jawara aujourd'hui en exil. C'est partir de 2002 qu'il s'est rvl comme un dictateur pur et dur : il n'acceptait plus la moindre divergence ni le moindre conseil et il s'est mis agir de manire trs impulsive."
Les drives du Conducator gambien iront croissant, caractrises par une rpression de plus en plus froce et systmatique mesure que s'aiguisera sa mfiance envers son propre entourage. "À la fin des annes 1990, il jouissait encore d'une certaine aura sur la scne internationale, rappelle Sedat Jobe, qui a t pendant plus de quatre ans son ministre des Affaires trangres. Mais il s'est montr de plus en plus autoritaire, avant de basculer totalement." En dcembre 2004, l'assassinat Banjul de Deyda Haydara, un vtran de la presse gambienne, marque un tournant. Si le meurtre demeure officiellement non lucid, chacun en Gambie croit savoir qu'il a t commandit par la State House. Au cours des annes suivantes, le rgime donne libre cours sa volont de museler la presse et de verrouiller la libert d'expression. "On a assist une fermeture quasi totale de l'espace public, avec des lois de plus en plus rpressives, des arrestations arbitraires et des disparitions", observe la Gambienne Fatou Diagne, directrice rgionale de l'ONG Article 19.
"En Gambie, personne n'ose mme dire son nom, les gens ont trop peur de lui", confirme Oumar Diallo, de la Rencontre africaine pour la dfense des droits de l'homme (Raddho, base Dakar), qui qualifie Yahya Jammeh de dirigeant "paranoaque". Dans la bouche des opposants en exil comme chez les anciens dignitaires du rgime devenus proscrits du jour au lendemain, le mot revient en boucle. Car Yahya Jammeh n'est pas seulement un chef d'État autoritaire, soucieux de museler toute contestation : c'est aussi un homme qui a peur de son ombre et se mfie avant tout de ses proches, croyant discerner derrire chaque affid un tratre en puissance.
De l'tat-major de l'arme la magistrature en passant par ses propres ministres, Jammeh purge son entourage au gr de ses humeurs complotistes. "C'est un autocrate complet, commente un diplomate europen en poste Banjul. Tout le monde a peur de lui dplaire et de finir au placard." "Je n'ai jamais rencontr un homme aussi viscralement mchant que Yahya Jammeh", assne quant lui Sedat Jobe.
Un traitement base de plantes contre le sida

Les lubies de cet Ubu ouest-africain prteraient parfois sourire si leurs rpercussions n'taient si dramatiques. En 2007, Jammeh annonce avoir labor un traitement base de plantes cens gurir le sida. "Le coordinateur de l'ONU en Gambie a os prendre ses distances, il a t expuls aussitt", rappelle Bubacar Baldeh. Deux ans plus tard, Jammeh dcrte une chasse aux sorcires qui se traduira par l'arrestation de centaines de Gambiens accuss de pratiquer la magie noire. On prtend qu'un marabout lui aurait prdit une tentative de coup d'État grand renfort d'occultisme.
Un scnario aussi invrifiable que les hypothses formules en aot 2012, aprs que neuf personnes ont t excutes sans pravis, mettant fin un moratoire sur la peine de mort qui durait depuis plus de vingt ans. Et provoquant une crise diplomatique ouverte avec le Sngal de Macky Sall, deux des condamns tant sngalais.
Comme souvent avec les frasques dltres du prsident gambien, l'absence de justification digne de ce nom a favoris d'audacieuses spculations. Selon certains, ce Diola imprgn de mysticisme aurait t mis en garde par un marabout : un complot visant le renverser tait en prparation, ncessitant comme antidote de "verser le sang". Pour s'tre lev contre ces excutions, l'imam Baba Leigh a t arrt et dtenu au secret pendant plus de cinq mois avant de recouvrer la libert. "Un certain nombre de personnes arrtes sans motif sont finalement acquittes, commente Lisa Sherman-Nikolaus, charge de la Gambie Amnesty International, Dakar. L'objectif du rgime est davantage d'intimider les gens que de les faire condamner."

En 2007, c'est avec une prparation verdtre base de plantes qu'il disait
pouvoir gurir des malades du sida. Candace Feit/AP/Sipa press
Tous les Gambiens sur coute

Dans un pays o les usagers ont d faire enregistrer leur carte SIM et o le rgime a tent de faire interdire des logiciels tels que Skype ou Viber, "personne n'ose plus discuter de politique au tlphone", prcise le journaliste Demba Jawo. "Le climat de peur s'est gnralis, tous les Gambiens sont convaincus d'tre placs sur coute", confirme Fatou Diagne, d'Article 19. Quand on lui demande si des envies de putsch agitent effectivement les rangs de l'arme, comme le craint son chef suprme, un bon connaisseur du rgime gambien dresse ce constat : "Des officiers en ont assez du systme Jammeh, mais personne ne fait confiance personne : chacun a peur d'voquer le projet de le renverser de peur d'tre trahi." Selon Sedat Jobe, Jammeh s'est entour d'une garde rapproche exclusivement diola, dont le socle repose sur le Mouvement des forces dmocratiques de Casamance (MFDC), le mouvement scessionniste sngalais dont l'un des leaders, Salif Sadio, bnficie de la mansutude de Banjul.
Sur ses portraits officiels, l'ancien lieutenant devenu mgalomane aligne l'interminable liste de ses titres en papier mch : "Son Excellence, Cheikh, Professeur, El Hadji, Dr Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh." Autrefois proche de Kaddafi, un temps partie prenante de l'axe Caracas-Cuba-Thran, celui qui tait reu dner l'Élyse par Jacques Chirac il n'y a pas si longtemps se retrouve plus isol que jamais. Jusqu' rcemment, le satrape gambien pouvait encore compter sur le soutien inconditionnel (et essentiellement financier) de Taiwan. Mais les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques le 14 novembre.
Yahya Jammeh n'en poursuit pas moins ses saillies grandiloquentes censes tmoigner de son anti-imprialisme intransigeant. Dbut octobre, il claquait la porte du Commonwealth, pourfendant une "institution nocoloniale". Dans la foule, un communiqu de la State House s'indignait de "la campagne de calomnies contre la Gambie" fomente par "certaines puissances occidentales" en collusion avec l'UDP, dcrit comme "un parti tribal mandingue". Une analyse immdiatement suivie de menaces explicites, formules mi-octobre par Jammeh lui-mme sur les ondes de la chane nationale : "Ternir l'image de ce pays est un acte de trahison, et toutes les personnes engages sur cette voie en paieront le prix fort." Si l'image de la Gambie est plus terne que jamais, c'est pourtant bien lui qu'on le doit.
Circulez, y'a rien voir
Pas facile pour un journaliste de pntrer en Gambie, mme pour y rencontrer des sources officielles. Dbut octobre, l'ambassadeur de la Gambie Dakar accusait rception de notre demande de visa pour Banjul afin d'y recueillir les explications du rgime sur le retrait gambien du Commonwealth et sur les accusations rgulirement formules contre lui en matire de droits de l'homme. Notre demande, crivait-il, avait t relaye auprs des autorits. Mais quatre semaines plus tard, pas de visa en vue. En 2012, aprs l'excution de neuf condamns mort, un reporter de la BBC disposant d'un visa en rgle avait t retenu pendant plus de cinq heures par la police l'aroport de Banjul. Il avait d regagner Dakar par le premier vol retour, sans autre explication.


 

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