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Arme libyenne : le casse-tte de l'intgration des milices

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2013-11-27
 
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Manqool Arme libyenne : le casse-tte de l'intgration des milices

Arme libyenne : le casse-tte de l'intgration des milices




Laurent Touchard travaille depuis de nombreuses annes sur le terrorisme et l'histoire militaire. Il a collabor plusieurs ouvrages et certains de ses travaux sont utiliss par l'universit Johns-Hopkins, aux États-Unis. Il revient cette semaine sur l'tat de l'arme libyenne et la dlicate question de l'intgration des milices, deux ans aprs la chute de Mouammar Kaddafi.
Les tirs rsonnent toujours lorsque les habitants de Tripoli vacuent bout de bras les blesss, les mourants et les morts, fauchs par les rafales et les roquettes. En courant vers les ambulances, ils crient leur incomprhension et leur colre, rptant "O est l'arme ?", "O est la police ?". Quelques dizaines de minutes plus tt, ils manifestaient pacifiquement, demandant le dpart des milices de la capitale. Demande qu'apprcient peu certains combattants ex-rvolutionnaires (thuwar). Alors, ils ouvrent le feu, pour tuer. Des centaines de cartouches plus tard, le sang macule le bitume, les blesss s'entassent dans les hpitaux, les cadavres gisent dans les salles des urgences, envelopps dans leur linceul. Pour avoir rclam la fin des violences qu'engendrent ces milices, pour avoir souhait la paix, 46 Tripolitains ont perdu la vie, plus de 400 ont t blesss.
>> À lire aussi : La Libye est-elle sur la voie de l'irakisation ?
Ce massacre oblige les autorits politiques ragir. Le 18 novembre, elles donnent l'ordre l'arme de se dployer Tripoli. Les milices loyalistes adoptent un profil bas, les autres choisissent la prudence. C'est une chance pour le gouvernement libyen, car sa fermet affiche relve davantage du pari. Il n'a pas les "muscles" pour un bras de fer avec les thuwar. D'ailleurs, le lendemain, lorsque le Premier ministre Ali Zeidan prsente un plan de dissolution des milices au Congrs gnral national, il ne s'agit que d'un projet de plus. Ainsi, le Comit de scurit suprme (SSC) qui fdre plusieurs de ces groupes devait-il disparatre fin 2012. Nous sommes en novembre 2013 et il existe toujours, plus puissant que jamais. Mme constat quant la Force de protection libyenne (FPL : traduction non-littrale mais plus juste de "Libyan shield force"). Seulement, comment contraindre les ex-rvolutionnaires intgrer les forces de scurit nationale ou retourner leurs activits de civils (sans fusils d'assaut, mitrailleuses lourdes ou lance-roquettes antichars), alors qu' "il n'y a ni police ni arme efficace" dans le pays comme le souligne Ana Gomes, eurodpute de retour de Libye dbut novembre 2013 ?
Une arme en pleine dliquescence
Cette dliquescence des forces armes et de scurit libyenne doit beaucoup Kaddafi. Ce dernier privilgiait quelques units d'lite (dont la "fameuse" 32e Brigade mcanise), garde prtorienne du rgime, commandes par ses proches. Il favorisait aussi des units paramilitaires "populaires", extrmement politises, ou plutt "idologises". Les troupes rgulires constituaient le parent pauvre de ce dispositif : peu d'officiers jeunes, corps de sous-officiers rachitique, entranement dficient, condition oprationnelle des matriels dplorable...
En dpit de ce dsamour du dictateur, pour les thuwar, militaires et policiers sont des symboles du rgime honni !
La Force de scurit populaire, savoir, la police, disposait de 45 000 hommes, pas davantage apprcis par le guide libyen. En dpit de ce dsamour du dictateur, pour les thuwar, militaires et policiers sont des symboles du rgime honni ! Au bilan, des units dans l'ensemble mal entranes, l'encadrement insuffisant et avec des matriels lourds anciens et en mauvais tat, doivent "absorber" ou dsarmer les miliciens. Si ncessaire brutalement, alors que les moyens font dfaut et qu'aucune ligne de conduite prcise n'existe... Par exemple, le chef de la police de Tripoli se plaint en septembre 2013 de l'quipement inadapt de ses hommes. À tel point que ceux-ci sont contraints d'acheter armes et munitions sur les marchs parallles, voire aux miliciens !
>> À lire aussi : Libye : des milices trs encombrantes

Intgration et dtournements de fonds
Bien conscient que les milices devront disparatre sans quoi la Libye est ingouvernable, les autorits politiques entreprennent de remettre sur pied des forces de scurit avant mme la mort de Kaddafi en 2011. Le dictateur n'est pas un obstacle d'autant qu'il est excut. Le handicap est ailleurs : absolument personne ne sait prcisment quel est le volume des forces gouvernementales, l'tat exact des matriels. Deux ans plus tard, en 2013, quasiment rien n'a chang. Les chiffres varient en fonction de ceux qui les donnent, de leurs interlocuteurs, des enjeux politiques (ou diplomatiques) derrire chaque information livre.
Entre 2012 et 2013, des estimations mentionnent jusqu' 76 000 hommes pour les troupes rgulires, alors qu'elles ne comptent qu'une vingtaine de milliers d'hommes. Quelques jours avant la rpression sanglante des manifestations Tripoli, le 05 novembre 2013, le ministre de la Dfense, Abdoullal al-Thini parle de 170 000 hommes pays par l'État. Ce total inclut les composantes des forces armes rgulires (terre, air et mer), la police, les garde-frontires, les units spciales de certains ministres (garde des installations ptrolires, unit conjointe du ministre de la Dfense/Intrieur, service de protection de diplomates, gardes du corps des personnalits politiques...) et, bien entendu, les miliciens qui servent d'auxiliaires mais qui en ralit reprsentent le gros de ces effectifs.
Les moluments des miliciens s'avrent globalement suprieurs ceux des soldes des militaires et policiers.
Nombre important qui ne signifie rien. De l'aveu mme du ministre, des units n'existent que sur le papier, l'organisation gnrale est nbuleuse. Contexte qui facilite les dtournements de fonds : de nombreux miliciens sont inscrits sur les listes de plusieurs ministres ou organismes d'État. Du fait d'une bureaucratie lente, du dficit en moyens informatiques, de la corruption, personne ne croise ces donnes. Ds lors, les intresss touchent plusieurs fois un salaire ! Pour ne rien arranger, les moluments des miliciens s'avrent globalement suprieurs ceux des soldes des militaires et policiers ! En toute logique, beaucoup de miliciens rejettent donc l'ide de dissolution de leurs groupes et l'intgration au sein des forces gouvernementales.
D'autres estimations faites en dcembre 2011 l'illustrent parfaitement. À cette date, les milices comptent entre 140 000 et 150 000 hommes. Le ministre de l'Intrieur, Fawzi Abdelali propose d'intgrer 50 000 d'entre-eux. Les rvolutionnaires ne l'entendent pas de cette oreille : environ 78 000 prfrent crer leur entreprise, leur commerce (tout en conservant leurs armes et sans dissolution de leur groupe), 44 000 aspirent devenir fonctionnaires du ministre de l'Intrieur ou de la Dfense, 11 000 veulent rejoindre la garde des installations ptrolires, 2 200 optent pour les garde-frontires et seulement 6 000 pour l'arme !
Bataille de chiffres
En 2013, la kyrielle de groupes arms agglomrs autour de la FPL et du SSC (dans les deux cas, avec des "bataillons" ou des "brigades" parfois rivaux au sein d'un mme mouvement) reprsentent entre 200 000 et 250 000 hommes. Sur ce total est indiqu que 27 000 hommes du SSC ont rejoint la police. En mars de la mme anne, 400 ex-rvolutionnaires sont diplms et intgrent la police de Benghazi ; 7 000 autres attendraient d'tre forms. En apparence, tout va pour le mieux.
En juin, la Rsolution 362 jette les bases pour la cration d'une Garde nationale "intrimaire" : charge d'assurer la scurit d'installations et de btiments importants. Elle ferait galement office de creuset d'intgration entre les milices et l'arme. Cependant, Salem Gnaidi, chef d'État-major s'y oppose avec virulence. Il avance que "le gouvernement d'Ali Zeidan ne veut pas d'arme nationale". Pour lui, cette structure ne sera qu'une manire de dtourner des fonds destins l'arme tout en officialisant le rle des milices.
Il dnonce galement la corruption qui gangrne les forces de scurit. Prise de position qui lui vaut menaces et reproches. Malgr tout, il a raison. Le 16 juillet, le Premier ministre recule : il n'y aura pas de Garde Nationale. À la fin du mois, Mohamed Abdelaziz, ministre des Affaires trangres excessivement optimiste indique que 70 % des ex-rvolutionnaires sont dsormais intgrs ! Dbut septembre, le Premier ministre fournit d'autres chiffres : 19 000 policiers sont l'entranement ainsi que plusieurs milliers de militaires. Nanmoins, il reconnat que le niveau est insuffisant. Le 18 novembre, comme nous l'avons vu, plusieurs milliers de ces hommes appartenant quatre brigades (une de commandos et trois d'infanterie) interviennent Tripoli. C'est l l'essentiel des forces armes rgulires...
Faute de forces gouvernementales en mesure d'imposer la lgitimit politique sur tout le territoire, les autorits civiles ne peuvent s'affranchir des milices
Le cercle infernal
Il convient de souligner un des points clefs de cette problmatique de la dissolution des milices et de l'intgration des thuwar : en dehors de l'irresponsabilit, de l'ambition et de la folie meurtrire de certains groupes arms, la plupart ne sont pas enclins voir le pays basculer dans une guerre civile. Guerre qui ne servirait pas leurs intrts. S'il en allait autrement, n'en doutons pas, la Libye serait feu et sang depuis des semaines, aucun bataillon rgulier n'aurait repris un contrle, certes fragile mais nanmoins contrle, des rues de la capitale. De l, tout n'est pas perdu.
Pourtant, envisager une dissolution rapide des milices avec une intgration de leurs membres les plus capables s'avre aujourd'hui bien utopique. Paradoxalement, faute de forces gouvernementales en mesure d'imposer la lgitimit politique sur tout le territoire, les autorits civiles ne peuvent s'affranchir des milices... Elles leur sont indispensables. Or, l'existence des forces gouvernementales est en pril tant que dominent les milices. D'autant que ces dernires, partiellement intgres un jour (au moins de facto, par exemple en ne s'opposant pas au dploiement Tripoli), indpendantes le lendemain (avec des arrestations arbitraires, des kidnappings, des notions de maintien de l'ordre trs personnelles, des prisons prives...) ne veulent d'ailleurs pas d'une arme non-rvolutionnaire... C'est un implacable cercle infernal ; les dangers de vouloir en sortir sont tels que ceux qui se courent aprs l'intrieur prfrent, pour l'heure, y rester...



 

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