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Quand Mandela parle de sa formation au sein de LALN

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Mandela : C'est l'Algrie qui a fait de moi un homme Emir Abdelkader 0 2013-12-07 02:11 PM
Adieu Mandela : L'Algrie perd plus qu'un ami Emir Abdelkader 0 2013-12-06 08:58 PM
Grve au sein de lducation, Le scandale de lcole Emir Abdelkader 0 2013-10-22 02:42 PM
Egypte: le peuple a parl, dit Washington Emir Abdelkader 0 2013-07-11 07:01 PM

 
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2013-12-29
 
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Quand Mandela parle de sa formation au sein de LALN

Tir du livre tmoignage du hros sud-africain : Conversations avec moi-mme

Quand Mandela parle de sa formation au sein de LALN




Tout Algrien devrait lire ce livre. Conversations avec moi-mme, de Nelson Mandela et prfac par Barack Obama, est surtout une publication de notes quil a consignes durant sa carrire de combattant de la libert. Dans ce livre, il parle entre autres et longuement de son sjour avec lALN, lors de notre guerre de libration. Sa rencontre avec les Algriens est voque lors dun entretien avec Richard Stengel, journaliste et diteur indpendant durant son voyage au cours duquel il tait accompagn par Robert Besha, premier reprsentant de lANC. dans lAlgrie indpendante, il a rencontr des personnalits algriennes, qui elles-mmes avaient voqu dans la presse algrienne leurs souvenirs et leurs entretiens avec le prestigieux leader.


7. CONVERSATION AVEC RICHARD STENGEL À PROPOS DES INDÉPENDANTISTES ALGÉRIENS

MANDELA : Mostefai ? Oui, oui, il tait la tte de la dlgation algrienne au Maroc.
STENGEL: Cest cela. Vous avez beaucoup parl tous les deux, non ?
MANDELA: Oh oui, plusieurs jours.
STENGEL : Exact.
MANDELA: Il ma racont la Rvolution algrienne. Oh, ctait un chef-duvre, je peux vous le dire. Peu de choses mont autant inspir que le rcit du Dr Mostefai.
STENGEL: Vraiment ? Pourquoi ?
MANDELA: Il nous a racont lhistoire de la Rvolution algrienne. Les problmes quils avaient. Comment ils ont commenc. Au dpart, ils pensaient quils pourraient battre les Franais sur le champ de bataille, en sinspirant de ce qui stait pass au Vietnam. Din Bin Phu. Ils sen inspiraient, et ils croyaient pouvoir vaincre les Franais... Il disait que mme leurs uniformes taient conus pour aider larme vaincre les Franais. Ensuite, ils ont compris que a narriverait pas. Quil fallait mener une gurilla. Et mme leurs uniformes ont chang, parce qu cette poque larme devrait toujours tre en mouvement, attaquer [ou] se dplacer sans cesse. Ils avaient des sortes de pantalons troits en bas, et des chaussures lgres. Ctait extrmement fascinant la faon dont ils ont oblig larme franaise les suivre constamment. Ils attaquaient par la Tunisie, ils lanaient une offensive de ce ct. Les Franais, pour y rpondre, dplaaient leur arme de louest, depuis la frontire marocaine, parce que les Algriens attaquaient des deux cts, depuis la Tunisie et le Maroc.
Mme sils avaient des units qui combattaient lintrieur du territoire, le gros des troupes oprait partir de ces deux pays... Alors ils lanaient une offensive depuis la Tunisie, ils entraient loin en Algrie, et les Franais dplaaient leur arme cantonne louest, prs des frontires marocaines, afin de contrer cette offensive. Et quand larme tait partie, loffensive repartait depuis le Maroc, tu comprends ? Les Franais redployaient leurs forces vers le Maroc, et ils continuaient les faire bouger tout le temps de cette faon. Vraiment, tous ces hommes taient trs intressants, absolument fascinants.

STENGEL : Et vous pensiez que ce pourrait tre un modle pour le MK [Umkhonto we Sizwe] en Afrique du Sud.
MANDELA : En tout cas, nous pouvions laborer nos propres tactiques en prenant en considration ces informations.

8. EXTRAIT DU CARNET DE 1962 À PROPOS DE SON ENTRAÎNEMENT AU MAROC AVEC LE FRONT DE LIBÉRATION NATIONALE [FLN] DALGÉRIE

Maroc
18/3
R [Robert Resha](1) et moi quittons [Rabat] pour la petite ville dOujda, la frontire, QG du FLN [Front de libration nationale] au Maroc. Nous partons en train et arrivons l-bas 8 heures du matin le 19/3.
Un officier vient nous chercher la gare et nous conduit au QG. Nous sommes reus par
Abdelhamid [Brahimi](2), chef de la section politique du FLN. Il y a galement Si Jamal, Aberrahman, Larbi, Nourredine Djoudi. Sensuit une discussion gnrale sur la situation en Afrique du Sud, des questions pertinentes nous sont poses. La discussion est ensuite ajourne afin de nous permettre de dcouvrir les camps dentranement et les lignes de front.
A 16 heures, accompagns par Djoudi et un autre officier, nous roulons jusqu la base dentranement de Segangan situe dans ce qui sappelait le protectorat espagnol du Maroc. Nous y arrivons 18 heures et le commandant du camp, Si Jamal, vient nous accueillir. Il nous montre le muse de larme contenant une intressante collection darmement du FLN, en commenant par les fusils utiliss durant la rvolte du 1er Novembre 1954, jusquaux quipements plus rcents. Aprs le dner, nous allons au thtre des soldats couter de la musique et voir de courtes comdies. Les deux comdies carburent la propagande contre la domination franaise en Algrie. Aprs le spectacle, nous retournons dans nos quartiers pour dormir.

21/3
Aprs avoir visit les imprimeries du FLN et le centre de transmission, nous nous rendons Bouleker en compagnie de deux officiers. Nous visitons dabord le QG du bataillon de la division nord. Il occupe une bonne position dans la rgion la plus stratgique et il est bien gard. Notre djeuner sur place se compose de viande de lapin et de pain frais.
Ensuite, nous allons jusquau QG dun bataillon situ pile la frontire algrienne. Nous voyons des abris et nous y entrons. Autour du camp, il y a beaucoup de rfugis dont le dnuement est trs mouvant. Plus tard, nous retournons Oujda pour une discussion. Celle-ci commence 18h30 et nous devons repartir Rabat 21h45. Finalement, 21h30, la dcision est prise de repartir le lendemain en voiture pour Rabat, car nous navons abord que le quart des sujets.


9. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
Un autre point que le capitaine Larbi a soulev : il faut que llite comprenne que les masses, aussi pauvres et ignorantes soient-elles, constituent linvestissement le plus important du pays. Toutes les activits et les oprations doivent se faire en impliquant autant lintelligentsia que les masses paysans, journaliers, ouvriers des villes, etc.

Troisimement, il faut que les masses comprennent que les actions politiques du type des grves, boycotts et autres manifestations similaires, sont inefficaces si elles restent isoles.
Laction doit tre considre comme une forme primordiale, essentielle, de lactivit politique.


10. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
Si la conscience politique est cruciale pour former une arme et mobiliser les soutiens populaires, il ne faut pas perdre de vue des questions pratiques. Par exemple, une femme qui ne se sent pas particulirement engage peut faire beaucoup pour la rvolution simplement parce que son petit ami, son mari ou son fils est dans larme. De la mme faon, il faut encourager les villages prendre des initiatives. Il y a le cas de ce village qui a attaqu un poste franais sans instruction du FLN. Dans un autre village, les habitants ont construit deux-mmes un tunnel. Il est galement connu que, un certain moment, le FLN empchait ses soldats de se marier. Plus tard, cette rgle a t modifie et il est dsormais permis tous de se marier. Les femmes qui se sont maries des soldats du FLN, ainsi que leurs familles, se sont immdiatement ranges derrire le FLN et la rvolution.

11. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
Il faut garder lesprit certaines questions cruciales lorsquon lve une arme
rvolutionnaire :
- Sil est important que vos hommes soient entrans dans des pays amis, il ne faut pas compter uniquement l-dessus. Le principal point retenir, cest quil faut monter ses propres coles, [qui] tabliront des centres dentranement soit lintrieur, soit aux frontires du pays.
- On doit aussi prvoir et fournir des supplants, tout simplement parce quau combat on [perd] beaucoup dhommes. En ne prenant pas les mesures ncessaires, on brise llan rvolutionnaire. En outre, on donne confiance lennemi. A linverse, ds le dbut il faut lui montrer que notre force saccrot continuellement.
- Il faut tre ractif et imaginatif, sinon lennemi crasera nos forces.
- Il faut aussi tenir compte du fait que [plus] la guerre dure, plus les massacres se perptuent, plus la lassitude gagne la population.


12. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
Les attaques spectaculaires menes avec succs par les rvolutionnaires ont permis aux Algriens de retrouver leur dignit. En Algrie, ils ont tabli des commandos de zone, avec des fonctions spcialises. Leur activit nentrane aucun avantage conomique, mais elle est extrmement utile pour regonfler le moral de la population. Cependant, des actions de ce genre nont pas le droit lchec. Les oprations commando consistent, par exemple, en attaques visage dcouvert sur des soldats franais en ville, ou poser des bombes dans des cinmas. Il ne faut pas non plus prendre pour argent comptant la dclaration dune recrue potentielle se disant prte se battre. Il faut la mettre lpreuve. Dans un village, 200 personnes se sont dclares prtes rejoindre le FLN.
On leur a alors expliqu que, le lendemain, lennemi allait lancer une attaque. Puis on a demand des volontaires. Seuls trois hommes ont lev la main. Une autre fois, on a demand des nouvelles recrues de marcher de nuit jusqu un endroit o on leur remettrait des armes. Ils arrivrent minuit et on leur raconta que lhomme qui avait promis de livrer les armes ntait pas arriv, aprs quoi on leur conseilla de revenir le lendemain. Ceux qui se plaignirent montrrent quon ne pourrait se fier eux dans des conditions difficiles.


13. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
Il faut adroitement coordonner les actions de gurilla menes dans les villes et les campagnes.

14. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
Considrations garder lesprit en lanant la Rvolution.
Il faut la garantie absolue que toutes les prcautions ont t prises pour sassurer la victoire lorganisation est extrmement importante. Avant tout, il faut un rseau dans lensemble du pays... Nous devons mener une tude approfondie de toutes les rvolutions, y compris celles qui ont chou. Une bonne organisation est absolument essentielle.
Dans la wilaya [province algrienne], il a fallu un an pour monter une organisation digne de ce nom. Il faut tout prix une rvolte locale. Beaucoup de rvoltes chouent parce que lide rvolutionnaire nest pas partage par tous. La rvolte doit tre prpare de faon viter toute interruption.


15. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
Les organisateurs de la rvolution ne doivent pas sinquiter outre mesure du manque dentranement militaire des masses.
Les meilleurs commandants et stratges du FLN sont pour lessentiel des individus qui navaient aucune exprience militaire pralable. Il y a aussi une diffrence entre un militaire et un militant. En Algrie, non seulement les femmes savent tirer, mais elles savent dmonter et assembler un fusil.


16. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
La date de commencement doit tre fixe lorsquil est absolument certain que la rvolution russira, et elle doit tre lie dautres facteurs. Par exemple, le ministre franais de la Dfense, aprs stre rendu en Tunisie et au Maroc, a dclar que lAlgrie tait en paix. La rvolte a eu lieu le lendemain. Par la suite, il a affirm que la rvolte tait limite certaines rgions, quelle ne stendait pas tout le pays. Juste aprs, celle-ci a embras tout le pays. Les opportunits et la psychologie doivent influencer le choix de la date.

17. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
Nous devons avoir le courage daccepter quil y aura des reprsailles contre la population. Mais nous devons tenter de lviter en choisissant avec soin nos cibles. Mieux vaut attaquer des cibles loignes de la population. Les cibles doivent tre aussi proches que possible de lennemi. Devant le peuple et devant le monde, le soulvement doit conserver un caractre de mouvement rvolutionnaire populaire. Lennemi doit croire un soulvement limit. Nous devons rechercher le soutien de toute la population grce un quilibre parfait des classes sociales. La base de notre soutien se trouvera parmi les gens du peuple, les pauvres et les ignorants, mais il faut aussi que les intellectuels soient de notre ct. Pour finir, il doit y avoir une harmonie totale entre les reprsentants officiels du mouvement rvolutionnaire et le haut commandement. Ils doivent disposer dun personnel semblable et galement dvelopp.

18. EXTRAIT DU CARNET DE 1962
14/3/52, Dr Mostefai
Lobjectif de dpart de la rvolution algrienne tait de vaincre militairement la France, comme en Indochine. Une solution ngocie ntait pas envisage. La conception de la lutte, ds lorigine, dtermine le succs ou lchec de la rvolution. Il faut quun plan gnral gouverne toutes nos dcisions, au quotidien. En plus de ce plan gnral qui traite de la situation dans sa globalit, il faut aussi un plan, mettons sur trois mois. Laction pour laction nest pas souhaitable. Toute action individuelle doit tre entreprise dans le cadre dune stratgie.
Il faut :
a) un objectif militaire
b) un objectif politique
c) un objectif psychologique
Cest la stratgie court terme. Le but recherch peut engendrer une situation nouvelle qui rende ncessaire un amendement du plan gnral. Les plans tactiques sont gouverns par la stratgie. La tactique ne concerne pas seulement les oprations militaires, elle couvre aussi des domaines comme la conscience politique des masses, la mobilisation des allis sur le plan international.
Le but est de dtruire la lgalit du gouvernement et dinstituer celle du peuple. Il doit y avoir une autorit parallle dans ladministration de la justice, dans ladministration et dans lapprovisionnement. Lorganisation politique doit totalement contrler le peuple et son activit. Les soldats doivent vivre parmi la population comme des poissons dans leau. Le but, cest que nos forces se dveloppent et croissent tandis que celles de lennemi se dsintgrent. Commencer une rvolution est facile ; la continuer et maintenir son lan, l est la difficult. Le devoir dun commandant est danalyser dans le dtail la situation avant dinitier quoi que ce soit. Nelson Mandela

-1). Robert Resha, voir Personnes, lieux et vnements.
-2). Dr Abdelhamid Brahimi (1936). Devint plus tard Premier ministre de lAlgrie, 1984-1988.




'El Watan
 

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