> >

[] [ ]

11 Janvier 1992, le jour o lAlgrie a bascul

(Tags)
 
Le 1er Rabi I vendredi 3 janvier et Aid Al Mawlid mardi 14 janvier Emir Abdelkader 0 2014-01-03 12:17 AM
Tunisie/pourparlers: les islamistes quitteront le gouvernement le 14 janvier Emir Abdelkader 0 2013-12-24 02:31 PM
Algrie-Maroc, Louverture des frontires pas lordre du jour Emir Abdelkader 0 2013-10-09 03:15 PM
13 avril 1958, jour de gloire ! 13 avril 2013, jour du grand dpart ! Emir Abdelkader 0 2013-04-14 03:00 PM
29 juin 1992 aprÈs avoir accompli son forfait Emir Abdelkader 0 2012-06-27 06:51 PM

 
LinkBack
  : ( 1 )  
2014-01-13
 
:: ::

  Emir Abdelkader    
: 11609
: Aug 2011
:
:
:  male
:
: 45,959 [+]
: 3119
: Emir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond repute
Manqool 11 Janvier 1992, le jour o lAlgrie a bascul

11 Janvier 1992, le jour o lAlgrie a bascul




l y a vingt deux ans, lAlgrie basculait dans une drive sanglante. Le quotidien dOran vous propose de plonger dans ces moments qui ont dtermin lhistoire rcente du pays, travers trois thmes : quels ont t les acteurs de la crise, comment le moment historique tait dfavorable un dnouement positif, et comment les dcisions se sont enchaines pour dboucher sur cet engrenage.
  1. Les acteurs de la crise
Au soir du 26 dcembre 1991, cest Larbi Belkheir, alors ministre de lintrieur, qui a la charge dannoncer les rsultats des lections lgislatives. Et lorsquil se prsente la salle Ibn Khadldoun, Alger, devant les camras du monde entier, pour annoncer le verdict, on savait dj que la victoire de lex-FIS tait acquise ; il ne restait plus qu en savoir lampleur.
Larbi Belkheir, alors g de 51 ans, est un homme cl du pouvoir algrien, depuis que, directeur dune cole militaire, lENITA, il avait abrit la fameuse runion qui avait dcid de la succession de Houari Boumedine, et adopt la rgle du plus ancien dans le grade le plus lev . Lapplication de cette rgle avait port au pouvoir Chadli Bendjedid, aux dtriments de Abdelaziz Bouteflika et Mohamed Salah Yahiaoui. Larbi Belkheir avait alors accompagn Chadli Bendjedid comme secrtaire gnral de la prsidence ou directeur de cabinet, cest--dire son collaborateur le plus proche pendant de longues annes.
Mais en cette journe de janvier 1991, les routes de Larbi Belkheir et Chadli Bendjedid se sparaient. Lun quittait la scne politique, lautre y restait, pour tenter de tenir dans la bourrasque qui allait tout emporter. Chadli quittait la scne alors quil avait t deux doigts dentrer dans lhistoire par la grande porte. Il aurait suffi quil russisse llection de dcembre 1991 pour pouvoir se retirer tranquillement, aprs avoir assum la succession de Boumedine et ralis la transition vers la dmocratie.
Mais dautres acteurs avaient contribu, chacun dans son coin, faire chouer sa dmarche. Le plus insaisissable tait Ali Belhadj, un prdicateur islamiste radical, devenu une icne de toute une jeunesse. Anim dune pense simple -tout est dans le Coran-, proposant un programme encore plus simple application de la loi islamique-, il avait russi mobiliser des millions de personnes autour dun projet chimrique. Son compagnon, Abbassi Madani, tentait de tirer les marrons du feu, mais lui aussi aspirait prendre une revanche sur lhistoire, car cet homme du 1er novembre estimait ne pas avoir eu le destin quil mritait.
Derrire eux, se tenait une garde qui avait mont lappareil du FIS. Des quadras, avec une formation pousse, beaucoup dambition, et de la patience : ils avaient laiss les orateurs enflammer les foules en attendant que vienne le moment de grer le pays. Et l, ce serait leur tour.
Mais en dcembre 1991, Ali Belhadj et Abbassi Madani sont en prison. Abdelkader Hachani, fils dun moudjahid clbre, technicien en ptrole, tenait la baraque, et se trouvait dans une situation terrible : il avait men son parti une victoire historique mais il savait quil tenait en main une grenade dgoupille. Pilier de la djazaara, ce courant islamiste qui prnait une ligne nationale, en opposition linternationalisme des frres musulmans et autres courants alors en vogue, il eut un destin phmre avant dtre assassin, des annes plus tard, dans des conditions obscures.
De lautre ct de la barrire, Chadli Bendjedid comptait ses amis. Et en trouvait trs peu. Abdelhamid Mehri, la tte dun FLN pass lopposition, et Hocine At-Ahmed, dirigeant historique du FLN puis du FFS, tentaient dviter le naufrage. Ils rencontraient Hachani, pour voir sa capacit garder le contrle du navire FIS, et plaidaient la poursuite du processus lectoral.
Mais la dcision avait visiblement t transfre ailleurs, au sein dun pouvoir, le vrai, celui qui a toujours compt en Algrie dans les moments de crise. Au sein du commandement de larme, la dcision tait prise. Le FIS ne prendrait pas le pouvoir. Il restait trouver lhabillage qui serait donn lopration.
Le gnral Khaled Nezzar, ministre de la dfense depuis dix huit mois, allait jouer un rle cl, avec le gnral Mohamed Lamari. Le premier tait au fait de sa puissance, le second allait merger pour grer les suites militaires de la dcision. Plus discrtement, Toufik Medine et Sman Lamari, en charge des services , mettaient le dispositif en place. Eux travaillaient dans la dure.
Mais tout ce monde tait plutt discret. Dautres personnalits taient mises en avant, pour occuper la scne mdiatique, limage de Sid-Ahmed Ghozali, chef du gouvernement, qui dclarait que les lections navaient t ni propres ni honntes . Abdelhak Benhamouda, patron de lUGTA, se lanait dans la cration du Conseil national de Sauvegarde de lAlgrie, le CNSA, en essayant, dj, dentrainer avec lui la fameuse socit civile, sous la bienveillance de Abou Bakr Belkad, lhomme qui avait sign lagrment du FIS en septembre 1989, alors quil tait ministre de lintrieur de Kasdi Merbah. Ni Merbah, ni Belkad, ni Benhamouda ne survivront lpreuve.
Au-dessus de cet difice qui se mettait progressivement en place, allait merger une toile filante, un homme dont le destin tait de traverser brivement, encore une fois, lhistoire du pays un moment dcisif : Mohamed Boudiaf. Dix jours auparavant, Boudiaf avait dclar que le pouvoir devait laisser le FIS assumer ses responsabilits et grer le pays. Il acceptait pourtant de diriger un phmre Haut Comit dEtat, dans lequel il allait siger en compagnie Khaled Nezzar, ministre de la dfense, Ali Haroun, ministre des Droits de lHomme, Tidjani Haddam, recteur de la mosque de Paris, et Ali Kafi, patron de lOrganisation des moudjahidine et successeur de Boudiaf.
Ces acteurs, au destin parfois tragique, tentaient de peser sur lhistoire du pays, mais le moment historique tait visiblement dfavorable. Tien ne pouvait arrter lengrenage.
2. Une conjoncture dfavorable
Lionel Messi avait trois ans. Zidane tait un jeune beur parfaitement inconnu qui commenait taper dans un ballon, et Chaouchi venait peine dentrer lcole primaire. Internet nexistait pas, et linventeur de Facebook allait lcole maternelle. On ne connaissait ni Google, ni yahoo. On ne savait ni twitter, ni envoyer un SMS.
En Algrie, il y avait une seule chaine de tlvision, mme si, sur ce terrain, les choses nont pas beaucoup chang. La parabole commenait peine envahir le pays. Al-Jazeera ntait pas ne : cest la tlvision algrienne qui tenait le rle de chaine la plus avance du monde arabe. Rabah Madjer navait pas encore mis un terme dfinitif sa carrire. Il venait demmener lquipe nationale sa premire victoire en coupe dAfrique des Nations.
Cest dans ce contexte qua eu lieu une des dcisions les plus dramatiques de lAlgrie indpendante, celle qui a conduit mettre fin au processus lectoral, aprs la victoire du FIS aux lgislatives du 26 dcembre 1991. Ctait un autre monde, une autre poque, avec ses hommes, sa culture politique, son systme de dcision et son environnement national et international. Ctait un moment o lhistoire a brusquement chavir, aprs avoir laiss entrevoir de formidables promesses.
Les Talibans nexistaient pas encore. Oussama Ben Laden travaillait pour la CIA. Yasser Arafat tait un terroriste infrquentable pour les Etats-Unis, dirigs alors par George Bush pre, alors que Zine El-Abidine Ben Ali apparaissait comme un jeune chef dtat qui allait secouer la Tunisie pour la sortir de la stagnation de lre Bourguiba.
LAlgrie tait alors le seul pays arabe vivre une exprience dmocratique. La grve gnrale du FIS, lance durant lt 1991, avait certes beaucoup refroidi les esprits, en rvlant un FIS entrain par ses franges les plus radicales, mais lexprience dmocratique donnait limpression de se poursuivre, malgr les drives. Le pluralisme tait une ralit, la libert dexpression stait installe, les partis bnficiaient dune grande libert, et la campagne lectorale stait droule dans des conditions acceptables.
Mais cette partie visible de la dmocratie cachait une autre ralit, celle dune tenaille qui se refermait irrmdiablement sur lAlgrie. Les mchoires du monstre taient dj en mouvement. Il ne restait qu donner le top pour quelles se mettent en mouvement pour tout dtruire. Cest ce qui est arriv aprs le signal du 11 janvier 1991, et la dmission du prsident Chadli Bendjedid. Ds ce moment, les choses se sont acclres, rvlant la prsence de nombreux acteurs indsirables, dont laction conjugue a fini par tout emporter. Cest alors que la ralit du pays apparut dans toute sa difficult : tout plaidait pour lchec du processus dmocratique, alors que les forces qui le portaient taient dune extrme fragilit.
Au plan interne, la conjoncture tait difficile. Les rformes conomiques, lances quatre ans plus tt, navaient pas encore donn de rsultats, alors que le pays tait trangl par lendettement. Le front social tait en bullition, et la fivre de la contestation, ne au lendemain doctobre 1988, ne stait pas encore teinte.
Au plan politique, la situation tait encore plus grave. La lgitimit du pouvoir tait fondamentalement conteste. De plus, la grve gnrale de juin 1991 avait abouti un changement de gouvernement, et le nouvel excutif avait fini par discrditer les principales forces capables dencadre la socit en dehors du FIS. Laction gouvernementale avait perdu sa cohrence, et donnait limpression dune navigation vue, brouillonne, sans cap ni directive.
Loin de cette agitation, dautres structures prparaient des scnarios alternatifs dune toute autre nature. Poussant dlibrment au pourrissement, ce qui renforait les chances du FIS aux lections, des appareils politiques et dautres, de ltat, avaient fait des choix diffrents. Ceux-l ne croyaient pas au succs du processus de dmocratisation. Ils se prparaient donc laffrontement, invitable. Dautant plus que le FIS, lui aussi, se prparait laffrontement ultime. Alors que, de partout, les alertes se multipliaient, les dirigeants islamistes, aveugls par la perspective dune victoire proche, laissaient driver leur parti vers une radicalisation qui allait coter cher. Sans voquer les polmiques sur les intentions du FIS, sa politique liberticide et ses pratiques anti-dmocratiques, ni sur le sentiment de vengeance suppos lanimer, une ralit demeure : le FIS montrait une hostilit vidente envers de nombreuses institutions, et faisait preuve dune absence flagrante du sens de lEtat.
Au sein de la socit, la culture politique ntait pas franchement acquise lide dmocratique. La pratique politique tait loigne des rgles dmocratiques, notamment au sein des nouveaux partis, dont beaucoup avaient simplement reproduit le modle du parti unique. Les institutions, fragilises par le manque de lgitimit, par la contestation et leur incapacit rpondre aux attentes des citoyens, ne semblaient pas en mesure de faire face une tempte ventuelle.
A cela se sont ajouts des apptits de pouvoir insouponns. Dans les syndicats, dans les appareils et dans les administrations, de nouvelles ambitions sont nes, attises par un pouvoir soucieux de brasser large. Des hommes et des partis, prnant la dmocratie et les liberts, se sont brutalement retrouvs engags dans un combat contre-nature.
Lenvironnement international tait encore plus dfavorable. La premire guerre dIrak venait de se terminer par la destruction de ce pays, et la reddition de ses dirigeants. Dans la foule, le monde arabe avait abdiqu face lAmrique triomphante, qui avait mis terre lUnion Sovitique. Larme russe pliait bagages en Afghanistan, alors que Boris Eltsine devenait la nouvelle icne de lempire russe partant en lambeaux.
Le monde cherchait de nouveaux repres. Et la dmocratisation cherchait dsesprment des soutiens lextrieur : il ny en avait pas. Paris, Washington, Londres regardaient ailleurs, pour contrler la chute de lempire sovitique et lunification allemande. Et puis, ces capitales savaient grer un autocrate et ngocier avec un rgime autoritaire. A linverse, elles ne voulaient pas de rgimes dmocratiques dans le monde arabe, car ils risquaient de remettre en cause de nombreux intrts illgitimes. Particulirement quand la dmocratie dbouchait sur lavnement de rgimes islamistes. On ne parlait pas de printemps arabe ni dislamisme dit modr. A lpoque, le seul modle disponible tait celui de lIran de Khomeiny : difficile dappuyer une telle exprience.
Cet environnement, interne et externe, a fini par pousser au drapage. Et une fois la drive engage, il tait impossible de larrter, ce qui a entrain une succession de dcisions dramatiques.


Par Abed Charef
Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source



 

()


: 1 ( 0 1)
 

11 Janvier 1992, le jour o lAlgrie a bascul




05:12 PM

Powered by vBulletin Version 3.8.7 .Copyright 2000 - 2015, Jelsoft Enterprises Ltd
Search Engine Optimization by vBSEO ©2011, Crawlability, Inc.
- - -
Designed & Developed by shababdz.com
2014,