> >

[] [ ]

Pour une criture dsidologise de lhistoire

(Tags)
 
Iran et Russie aux USA: La Syrie est pour nous ce quIsral est pour vous Emir Abdelkader 0 2013-09-14 02:56 PM
Grce royale pour un espagnol, violeur de 11 enfants, mais pas pour Islam Khoualed Emir Abdelkader 0 2013-08-03 06:47 PM
Une histoire abou khaled | french Forum 6 2013-05-04 05:20 PM
Moncef Marzouki accus de travailler pour Al Jazeera pour un salaire de 50.000 euros Emir Abdelkader 0 2013-03-10 02:45 PM
Une belle histoire Emir Abdelkader | french Forum 0 2013-02-18 10:20 PM

 
LinkBack
  : ( 1 )  
2014-01-22
 
:: ::

  Emir Abdelkader    
: 11609
: Aug 2011
:
:
:  male
:
: 45,971 [+]
: 3119
: Emir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond repute
Pour une criture dsidologise de lhistoire

BenjaminStora au forum de Libert

Pour une criture dsidologise de lhistoire

Invit du forum de Libert, Benjamin Stora est revenu, hier, sur son long parcours dhistorien, fort de prs de 40 ans de pratique, en livrant, au passage, sa recette pour une criture honnte de lhistoire.



Cal entre Ahmed Lahri, notre confrre de Canal Algrie et modrateur du forum, et le sociologue Madjid Merdaci, lenfant de Constantine avait en face de lui une salle pleine comme un uf, o se mlaient des historiens, des universitaires, des anciens moudjahidine, des figures politiques et de nombreux journalistes.
Benjamin Stora embarquera, demble, son auditoire dans un voyage passionnant autour des grandes stations qui ont scand sa qute, en distillant les principes cardinaux qui lont guid dans sa dmarche historiographique. Quand jai commenc travailler dans les annes 1970, lhistoire du nationalisme algrien ntait pas trs la mode lpoque, dit-il. Le jeune chercheur quil tait (aujourdhui il a 63 ans) fait des dbuts fracassants avec une thse consacre Messali Hadj, un homme qui ntait pas en odeur de saintet dans lhistoire officielle, glisse-t-il.


Rompre avec lcriture anonyme de lhistoire

Benjamin Stora va, assez vite, forger sa propre voie avec, la cl, de nouveaux objets dtude. Il dcide de se lancer dans un ambitieux travail biographique ddi aux acteurs du Mouvement national. Cest ainsi quil publie, en 1985, chez lHarmattan, un copieux dictionnaire sur la vie et luvre de 600 militants nationalistes algriens. En ce temps-l, la grande particularit de lcriture de lhistoire est quelle tait hroque et anonyme, o les acteurs navaient pas droit de cit, souligne lorateur. Les travaux biographiques taient marginaux en France et considrs comme un genre mineur, ajoute-t-il. Et cest prcisment ce qui la dcid changer de perspective et sintresser spcialement ceux qui ont fait lhistoire. Ctait pour rompre avec le concept de lhistoire sans acteurs. Il fallait restituer laction de ces hommes qui ont fait cette histoire, explique-t-il. La tendance tait lhistoire lourde, structurelle, pas hauteur dhomme. Donc, pour lui, ctait une manire dhumaniser la rvolution algrienne. Dun autre ct, il voulait dsidologiser lhistoire, estimant que lcriture de lhistoire tait fortement marque par lidologie au dtriment des hommes et des femmes qui lont fabrique.

Apartir des annes 1980-1990, il note un changement de cap lchelle mondiale : cest le recul des idologies, avec la chute du Mur de Berlin et leffondrement de lURSS. Les grands rcits samenuisent. Lindividu est remis au cur des processus historiques. En Algrie, la fin du parti unique aprs Octobre 1988 autorise le retour de nos historiques, observe le confrencier : At Ahmed, Ben Bella Puis Boudiaf en 1992. Cest une priode caractrise galement par une effervescence ditoriale sur le plan de la production mmorielle. Durant les annes 1990-2000, il y a eu 150 200 ouvrages publis. Les acteurs ressentaient la ncessit de livrer leur version de lhistoire et cest quelque chose de tout fait nouveau, indique lauteur de Algrie : formation dune nation. En France, des protagonistes parlent. Stora voque ce propos les mmoires du gnral Aussaresses parus en 2000, et o lancien bourreau admettait lusage de la torture et les liquidations physiques. Ce livre a eu leffet dune bombe, dit-il. Stora constate ainsi une tendance lindividualisation de lhistoire avec un risque de privatisation de cette histoire.

Mmoire vs histoire

Le confrencier soulve uneopposition entre mmoire et histoire qui est un vieux conflit. Il diagnostique un effet pervers dans cette profusion mmorielle : le risque que les acteurs dnient aux historiens le droit de tout travail critique sur ce matriel et que ce soient les acteurs qui donnent la vrit钒 de lhistoire indpendamment de la lecture critique des historiens.
Benjamin Stora attire lattention du public sur une autre contrainte qui vient compliquer davantage le travail des historiens : le dluge de sources vhicules par internet, et qui brouille le travail historiographique. Cest un dfi supplmentaire pour lhistorien qui se doit de prendre en compte cette mmoire. Toutefois, Benjamin Stora considre que la mmoire des acteurs a une place indniable dans lcriture de lhistoire. Tout comme il insiste sur un autre matriau prcieux : les images. Archives audiovisuelles, photographies, films, documentaires, reportages Cette dimension iconographique est pertinente en ce quelle tmoigne des reprsentations de la guerre dans limaginaire collectif. Au terme de son expos liminaire, lhistorien dira quil faut, en dfinitive, coupler ou confronter trois sources pour construire un rcit cohrent proche de la vrit : les mmoires des acteurs, les archives de lEtat et les fonds images.
A une question dAhmed Lahri sur ce qui a chang dans la mthodologie de lhistorien daujourdhui, Stora rplique en pointant le rle grandissant des acteurs qui ont envie de parler, ce qui ntait pas le cas il y a 20 ou 30 ans. Linvit du forum de Libert rebondit, dans la foule, sur la mmoire numrique induite par les rseaux sociaux.


Quant le net sen mle

Les acteurs se filment, postent des vidos, dans une volont de laisser une trace, a-t-il remarqu. Aujourdhui, facebook est devenu un annuaire mondial. Nimporte qui peut vous contacter et vous livrer des documents, des archives. Il y a dix ans, il tait difficile davoir accs un historien, un journaliste. Le nombre de documents que je reois par facebook est considrable, tmoigne-t-il. Il y a un trop-plein darchives, de sources. Cest un flot continu. Il y a un travail de tri faire, poursuit-il. Daprs lui, le Net est devenu un lieu de combat mmoriel. Et dajouter : Il y a une grande diffrence avec la situation qui prvalait il y a dix ans. Aujourdhui, les Etats ne peuvent plus contrler de la mme manire les processus dcriture de lhistoire. Lhistorien estime quinternet est un outil la fois facile et dangereux. La difficult, dit-il, est de vrifier ce matriau et de le soumettre lpreuve des faits. Ce genre de documents donne parfois lieu la fabrication de fausses sources, avertit le chercheur. Et de mettre en garde contre les tentations rvisionnistes et ngationnistes de certains internautes. Sur ce dernier point, Madjid Merdaci a tenu apporter son soutien Benjamin Stora en voquant le geste nausabond dun intellectuel dextrme droite, Alain Soral, qui a diffus une vido qui remet en cause le massacre du 17 Octobre 1961 en disant que cest de la manipulation de la part du FLN et de Benjamin Stora, a-t-il dnonc en apportant sa solidarit son illustre confrre.
Par ailleurs, lhte de Libert appelle les politiques, la socit et lEtat prendre le relais des historiens. Ces derniers ne peuvent pas la fois crire lhistoire et faire en sorte que la socit sen empare, dit-il. Stora salue la rhabilitation de Messali et le fait que son nom ait t attribu laroport de Tlemcen en soulignant que le travail quil lui a consacr serait rest marginal sil ny avait pas eu ce geste politique.
Benjamin Stora pense quil y a plusieurs formes par lesquelles la socit peut relayer les historiens et tmoigner sa reconnaissance celles et ceux dont luvre aura t claire par lcriture de lhistoire. Cela passe par les muses, les manuels scolaires, les noms de rue, les films, les places publiques, numre-t-il.


Accs aux archives

Enfin, Benjamin Stora a plaid pour un accs toute une srie darchives de lEtat algrien, pour donner dautres versions et tre dans une relation galitaire vis--vis de la France dans lcriture de lhistoire, au lieu de tout attendre de la France, est-ce quelle va ouvrir ses archives ou pas ? Lauteur de La Gangrne et loubli assure que la commission mixte algro-franaise sur les archives existe toujours en prcisant quil a assist une seule runion de cette commission. Il ajoute que celle-ci travaille non pas la restitution des archives mais pour la libre consultation des archives.
Stora insiste sur la responsabilit de lEtat, de luniversit, dans la formation des chercheurs et sur la libert dinvestigation des historiens. Il ne faut pas se contenter dun seul point de vue. Cest comme a quon devient historien, conseille-t-il. 


Reconnaissance des crimes coloniaux : Il faut se baser sur des faits concrets

Benjamin Stora estime que la reconnaissance des crimes coloniaux a plus de chances daboutir lorsquelle est adosse des faits concrets. Il ne faut pas que cela soit fait dune manire abstraite, dit-il. Citant lexemple du massacre du 17 Octobre 1961 remis en cause par certains ngationnistes dextrme droite, Stora prconise de mener un travail dinvestigation rigoureux pour barrer la route aux rvisionnistes : Il faut diffuser les archives de la morgue, les photos des victimes, des personnes assassines, les tmoignages des acteurs, dtaille-t-il.
Et de poursuivre : Quand vous avez une premire reconnaissance, vous pouvez vous appuyer dessus pour obtenir dautres reconnaissances, toujours en partant de faits prcis et concrets.
Lhistorien cite galement lexemple de lutilisation du napalm par larme coloniale ou les expriences nuclaires dans le Sahara algrien en conseillant, l aussi, de procder de la mme manire : listes des victimes, tmoignages des acteurs, archives... Dans le cas contraire, on reste au stade de lidologisation de lhistoire, dit-il. M. B


Sur laffaire Maurice Audin : Stora exige une rponse politique

Linvit du forum de Libert na pas manqu de revenir sur les derniers dveloppements qua connus laffaire Audin, notamment suite la parution du livre La Vrit sur la mort de Maurice Audin (ditions Equateurs, 2014). Le livre, sign Jean-Charles Deniau, apporte de nouvelles rvlations en affirmant, par la bouche de Paul Aussaresses notamment ainsi que dautres protagonistes, que Maurice Audin a t tu en juin 1957 sur ordre dAussaresses qui rpercutait lui-mme un ordre du gnral Massu.
Pour Benjamin Stora, ces faits ne souffrent aucune contestation : Dans ce livre, des faits graves sont rvls. Aussaresses dit avoir reu lordre de Massu de tuer Audin. Le livre donne mme le nom des assassins (qui ont excut lordre, ndlr) qui sont au nombre de deux et sont encore vivants. Ils expliquent comment ils ont tu Audin, ils disent mme o ils lont enterr. Cela fait plusieurs choses nouvelles.
Stora attend, prsent, une rponse politique de la part de lEtat franais. Les autorits franaises ne peuvent plus se contenter de dire on ne sait pas, il faut tablir la vrit. On sait ce qui sest pass. Maintenant, il faut situer les responsabilits de chacun, martle-t-il. .

Mustapha Benfodil



'El Watan
 

()


: 1 ( 0 1)
 

Pour une criture dsidologise de lhistoire




01:18 PM

Powered by vBulletin Version 3.8.7 .Copyright 2000 - 2015, Jelsoft Enterprises Ltd
Search Engine Optimization by vBSEO ©2011, Crawlability, Inc.
- - -
Designed & Developed by shababdz.com
2014,