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Les ibadites du Mzab sont en proie de la stigmatisation

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Les ibadites du Mzab sont en proie de la stigmatisation

Les ibadites du Mzab sont en proie de la stigmatisation

Pour lminente sociologue Fatma Oussedik, le conflit soulve toute la difficult des institutions nationales se prsenter comme lincarnation dun bien collectif au-dessus des parties en prsence.


- La valle du Mzab est installe dans une spirale de la violence qui a fait des victimes. Pourquoi cette violence rcurrente ? Quelles sont ses racines, dautant que le conflit prend de plus en plus des formes ethnico-identitaires ?

Pour ma part, comme nombre dobservateurs, je nai que des hypothses. Aussi, il nous faut interroger les faits. Tout dabord, il est ncessaire de prendre au srieux les acteurs, dcouter leurs propos : tous les documents manant dacteurs ibadites, tous les reportages reprenant y compris des propos de lycens, sen tiennent la mme position : il ne sagit ni dun conflit ibadites/malkites ni dun conflit Mozabites/Chaamba. Des commentateurs analysent pourtant la situation en refusant denregistrer ce fait. Pourquoi ? Dautre part, si toutes les autres parties sentendent pour dfinir ces conflits comme communautaires, ils finiront par en convaincre les diffrents acteurs ; Il sagit du caractre pratique des idologies.
Second fait : les deux victimes de ces conflits sont ibadites. Il y a l les ingrdients pour que Chaamba et Mozabites, ibadites et malkites sidentifient aux postures qui leur sont alloues. Ce fut, par le pass, dj le cas des Kabyles. Dans les deux rgions, la gendarmerie et la police ont t dclares partisanes. La comparaison nest pas inutile car, dans les deux cas, nous sommes confronts ce quil faut bien nommer soit la faiblesse de lEtat soit des manipulations dacteurs divers, dont des appareils dEtat. Les deux hypothses nourrissent une premire conclusion : la difficult des institutions nationales se prsenter comme lincarnation dun bien collectif, au-dessus des parties en prsence.

- Le comportement des forces de lordre lors des affrontements a suscit linquitude chez les Mozabites qui les accusent dun parti pris flagrant. Existe-t-il, selon vous, un rejet, voire une stigmatisation du Mozabite ?

A Ghardaa, une partie affirme que des lments des forces de lordre ont eu une attitude partisane alors quune autre partie manifeste contre lapplication dune sanction ces mmes lments des forces de lordre, confirmant ainsi une forme didentification. Lide mme que certains se reconnaissent dans laction dune institution charge de la rpression montre quils ne possdent pas dautres canaux de reprsentation ou que ceux-ci ne sont pas entendus. Le danger est dans le constat.
Par ailleurs, oui les ibadites du Mzab sont en proie de la stigmatisation, mais pas plus que les Kabyles, les Touareg, les Chaouias Comment comprendre que lon produise du rgionalisme stigmatisant alors que lidologie nationaliste semble si forte en Algrie ? Cela est-il un des effets pervers des processus de scolarisation : lducation nationale naurait pas servi unir, mais sparer. Selon moi, les agents ducatifs ou idologiques de lEtat transmettent des valeurs qui ne permettent pas de consolider lunit nationale car ils ignorent ce qui nourrit cette nation, ou plutt sont dans le ddain de sa population, son histoire, ses langues et ses modes dorganisation sur la longue dure. La question dmocratique laquelle je fais rfrence nous concerne toutes et tous. Dune certaine faon, nous sommes tous sujets stigmatisation sur cette base rgionale. Une diffrence de taille toutefois en ce qui concerne les ibadites : ils sont devenus minoritaires dmographiquement dans la Chebka quils ont mise en valeur durant des sicles. Aghlan pour chacun dentre eux, cette terre des anctres qui nourrit chez chacun dentre nous notre appartenance cette terre algrienne. Et, alors que les autres groupes possdent encore des espaces de ressourcement, les tendues sahariennes pour les uns, les montagnes pour dautres, on entend prsent certaines voix hurler que les ibadites doivent partir de la valle du Mzab !
Cette mise en minorit dans lespace de leur dploiement durant des sicles, comme je le rpte, pour des personnes qui se distingueraient en se dfinissant comme de de Tlemcen ou de de Constantine, a-t-il t voulu ou envisag lorsque Ghardaa a t dsigne comme chef-lieu de wilaya ? Affrontons cette question car jentends dans vos propos que vous vous interrogez sur le rle des forces de lordre et sur la stigmatisation du Mozabite afin de comprendre de quoi les vnements de Ghardaa sont le nom ? Pourquoi voudrait-on nous conduire sur cette piste daffrontements communautaires dans la gestion scuritaire de ces meutes quand celles-ci sont nombreuses travers lensemble du pays ? Dans une interview prcdente, javais mis laccent sur la particularit des territoires du Sud durant la priode coloniale : nayant pas connu une colonisation de peuplement mais une occupation militaire, les institutions locales se sont maintenues davantage quau Nord. Les Khizanate (bibliothques prives) ont accompagn ce maintien. Il faut prsent en rfrer une autre singularit qui fait rfrence la priode coloniale : celle des modes dadministration. Une autre de leurs singularits historiques est la convoitise dont elles ont fait lobjet de la part dautres pays.
Dun point de vue interne, car cest celui qui nous intresse puisquil dterminera notre capacit dfinir un entre soi susceptible de nous permettre daffronter les stratgies des autres acteurs dans la rgion, la question du droit coutumier, des droits, comme participant du systme normatif ncessaire toute socit, mais aussi des institutions coutumires constituent un enjeu important dans les dbats mens actuellement en Algrie. Il existe une vritable demande de droits lchelle de la socit algrienne. Elle rencontre celle dune aspiration une meilleure reprsentation politique des populations locales, un amnagement du territoire tenant compte des dotations de chacune des rgions. Car on ne saurait penser un pouvoir politique effectif qui ignorerait les modes de fonctionnement et de gestion interne dun groupe social, sauf penser une ralit vide de sens.
Paradoxalement, les travaux sur la socit algrienne montrent un plus grand intrt de lEtat colonial que de celui de lAlgrie indpendante pour les institutions locales. Un pouvoir colonial est un mode dexercice du pouvoir, celui dun Etat colonial, en vue dassurer la subjugation, la domination dun peuple. Mais cela ne saurait se faire dans lignorance des modes de fonctionnement de ce peuple. Comme toute construction dun Etat souverain ne saurait faire lconomie de la ralit des sujets.
La culture est aussi un systme de classifications partages mme dentretenir une solidarit par les cadres cognitifs quelle tablit. Il sagit, ici, de prendre en compte lapport des croyances la vie sociale dans leur dimension fonctionnelle. La formule mme dentretenir vient dire quil existe des solidarits luvre dans les groupes sociaux dont la source ressource est la culture (en particulier religieuse et ici libadisme) du groupe. Mais ne parler que dibadisme permet certains de penser que lAlgrie, hormis ces petites cits de la valle, nest peuple que de malkites. Le souci des institutions tant alors de ne trouver de signification (au sens de faire signe) quaux yeux de cette population malkite. Or ceci, comme chacun sait, est faux. Que faire des autres ? Quels sont les facteurs qui permettent la distinction de groupes sociaux en Algrie ? Lconomie certes, mais lapproche des institutions par leur dimension symbolique, dans ce quelles rvlent de la construction du social, explique quil existe parmi les ibadites du Mzab, mais aussi ailleurs, les conditions dun maintien de ces solidarits. Or, le contexte actuel montre que, dans la pratique, il ne sagit pas dignorer seulement la diversit des populations mais il sagit aussi de briser les institutions locales par lexercice dune violence fonde sur la stigmatisation dun groupe afin de provoquer sa dispersion matrielle et symbolique.

- Le Premier ministre, lors de son dplacement Ghardaa, a rencontr seulement les notabilits locales. Pensez-vous que les notables gardent toujours un pouvoir et une emprise sur la population, notamment sur les jeunes ?

Quelque chose dimportant sest droul depuis lindpendance : la disparition des terroirs, des savoir-faire, des objets de mmoire, le mpris mme des lieux de mmoire mais aussi leffacement de nombre de formes dorganisation sociale. Rappelons que Tachirt et Thadjmat du Mzab font partie de lhistoire institutionnelle de lensemble de notre pays. Nous venons de la mme histoire profonde de ce pays qui na pas vu le jour au XVIIIe sicle. Tous ces lments inscrivaient les individus dans le temps, dans lespace, nourrissaient leur histoire. Ils ont aussi contribu la rsistance contre loccupation coloniale. Aujourdhui, la nature ayant horreur du vide, cet espace dappartenance devenu vide est nourri par des lments pars, faits de Mac Kiki et de pratiques religieuses nouvelles, empruntes aux autres socits. Cest aussi, me semble-t-il, une des conditions qui ont permis au wahhabisme dtre audible dans notre pays. Il nest pas anodin que lAtelier du Mzab, lieu de mmoire, que le cimetire Ammi Sad, lieu de mmoire, aient t vandaliss. Les lments de transmissions ne sont plus l mais aussi, lorsquils existent, ne doivent plus tre l, aussi sy substituent des emprunts pars. Mais sy substituent dans le mme temps une attente de rponse cette absence de rfrences, de gnalogie, par un recours un Etat fort. Je pense alors que les manipulateurs signent ainsi leur acte
Les formes coutumires dorganisation sont donc mises en crise et pourtant, dans le mme temps, la reprsentation politique de populations jeunes demande un effort de production institutionnel en vue de dpasser les seules rfrences descriptives, de comprendre comment et sous quelles conditions les individus accordent du sens ce qui constitue leur organisation sociale. De ce point de vue, llaboration dinstitutions constitue un moment fondateur de toute organisation sociale. Les jeunes, les femmes doivent prsent trouver des formes dinclusion aux institutions politiques locales comme nationales. Et le Mzab a toujours fait montre dune grande ingnierie en la matire. Il faut permettre aux institutions locales de maintenir leur lgitimit en se rinterrogeant sur leur fonctionnement, mais il faut aussi que les institutions nationales cessent de considrer quelles fonctionnent dans une Algrie sans histoire, sans inscription sur la longue dure. Cest ce prix dune remise en cause des fondements institutionnels de lEtat que lEtat national sera lEtat de toutes et de tous, garant dun Etat de droit.

- Ny-t-il pas dans cette violence lexpression dune opposition entre deux modes de vie et de fonctionnement social ?

Les mobilits spatiales supposent des ramnagements pour les populations concernes. Notre migration a longtemps montr combien il tait la fois possible de se dplacer et de continuer appartenir un groupe, une communaut. Aujourdhui, sous le poids du nombre mais aussi sous les coups de boutoir de reprsentants des diffrents pouvoirs, les institutions coutumires locales sont mises mal. Elles ne parviennent pas se reproduire et reproduire linscription des populations loccasion de leur dplacement. Les conditions daccueil ne permettent pas davantage aux migrants de sinscrire socialement dans les nouveaux territoires. Longtemps, la socit ibadite a fait, dans la valle du Mzab, ce travail dinclusion et de maintien des liens avec les migrs. Aujourdhui, partout sur le territoire national, les nouveaux venus peinent trouver leur place. Cest le rle des politiques de population, dans un Etat national, de grer les mouvements de population. Cela nest pas vrai en Algrie et la nature, encore une fois, a horreur du vide On observe que la nature des distributions de terrains et de logements par les reprsentants de lEtat contribuent cette mise en minorit des ibadites du Mzab. Des conflits naissent et prennent des formes brutales dans un contexte o ni les syndicats ni les partis politiques ne jouent leur rle de reprsentation, ils sont vides de sens pour un grand nombre. Selon moi, cest ce qui explique que la rfrence communautaire Kabyles/Arabes/ibadites/Touareg/Chaamba devienne le seul mode de reprsentation politique de soi En tuant les mdiateurs sociaux, les politiques ouvrent grand la porte aux conflits physiques.

Hacen Ouali



El Watan
 

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