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Le beurre et l'argent du beurre ou le jeu occidental en Tunisie

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2014-01-27
 
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Manqool Le beurre et l'argent du beurre ou le jeu occidental en Tunisie

Le beurre et l'argent du beurre ou le jeu occidental en Tunisie



L'Occident joue aujourd'hui un jeu prilleux en Tunisie. Il croit aller dans le sens de la volont du peuple comme il l'a fait au moment de la chute de la dictature; mais il a le tort de se focaliser sur deux lments essentiels ses yeux,mais qui ne le sont pas ceux desmasses. Il s'agit de deux erreurs graves qui le font passer ct d'une vrit dont il ne veut pas prendre compte et qui fera fatalement chouer son entreprise actuelle en Tunisie.
Les erreurs de l'Occident

Abdelwaheb Meddeb a loquemment soulign ici (http://www.leaders.com.tn/article/ab...misme?id=13109) le tropisme occidental qui thorise d'une manire errone une ralitavre, tout en restant sa surface. Pour les dtails, on peut revenir la magistrale dmonstration de M. Meddeb dont je ne partage cependant pas les conclusions.

Je prciserai juste ici que l'Occident, les États-Unis en tte, font l'erreur de tabler dans leur nouvelle politique arabe musulmane sur un parti prsent comme modr et qui ne l'est pas. Certes, eu gard au grand alli saoudite, le parti de cheikh Ghannouchi a de quoi sduire les Amricains; nonobstant, il ne fait que caricaturer l'islam des Tunisiens avec une conception mi-figue mi-raisin qui sera tt ou tard rejete par un peuple plus lucide qu'on ne veut le reconnatre.

L'exprience actuelle du pouvoir auquel Ennahdha s'accrochequasi nvrotiquement ne font que mettre l'accent sur ses turpitudes. Or, si le peuple tunisien est attach ses traits identitaires que l'islam condense, ce n'est pas la lecture qu'en fait ce parti qui pratique merveille le double langage.

De plus en plus de voix se font entendre aujourd'hui pour appeler l'mergence d'un parti qui soit vritablement la voix du peuple, ayant une orientation humaniste et dmocratique, tout en tant reprsentatif de ce qui fait l'essence de l'islam, sa spiritualit.

Il est dj des signes qui ne trompent pas. Ainsi, le score ralis par des partis comme Aridha Chaabia ou le CPR, le premier du fait du soutien des soufis et le second pour cause de programme officiel allant dans le sens des exigences populaires.Malheureusement, ces deux partis n'ont pas transform l'essai, notamment le CPR qui,bien qu'arriv au pouvoir,s'est enchan tort Ennahdha. Aussi, on s'attend l'apparition future d'une autre formation tenant compte de l'islam tunisien qui est fondamentalement holographique, trois dimensions, o le soufisme ctoie une vision religieuse rationaliste et tolrante. L'islam d'Ennahdha est manifestement prim; c'est la premire erreur occidentale de tabler sur son avenir dans le pays malgr tout.

La seconde est que les Amricains, se conformant en cela leurs habitudes, ont moins en vue les valeurs qu'ils prtendent dfendre que les principes conomiques fondant leur idologie. Ils veulent faire de la Tunisie un march ouvert et pensent que l'islam n'est pas incompatible avec le libralisme.

Disons tout de suite qu'en cela, ils ont raison; et le programme d'Ennahdha est ultra libral. Nanmoins, ils ont le tort de mconnatre les ralits sociales du pays qui rejette le libralisme conomique tel qu'incarn par l'Occident dans les faits. Le Tunisien n'est pas oppos la logique du march dans l'absolu; il est en la matire lgaliste et logique;aussi, il dit l'Occident qu'il sait tre un partenaire invitable: si vous voulez qu'on fasse partie de votre systme, il faut que cela soit en tant que partie intgrante et non en sous-fifre. Ouvrez les frontires aux humains, comme vous commande votre doctrine librale pour les marchandises dont les humains sont les crateurs, et la Tunisie sera pour de bon le meilleur lve du capitalisme mondial, en tant dmocratique en prime.

Voil le discours raisonnable d'un peuple sage. Ce faisant, ce n'est pas seulement la logique librale qu'il exprime, mais aussi et surtout une vision thique de la politique que lui procure son identit islamique.

La vrit mconnue

C'est ce niveau que se situe le talon d'Achille de la stratgie occidentale en Tunisie : la violation par les tnors du libralisme de leur propre logique au nom d'autres intrts tenant la politique intrieure des États et un dogmatisme pass de saison.

Pourtant, ils doivent savoir qu'on ne peut plus continuer vouloir avoir le beurre et l'argent du beurre, que la Tunisie ne sera jamais un march ouvert leurs marchandises sans contrepartie. Et celle-ci doit profiter tout le monde, comme de commencer par ouvrir les frontires occidentales la libre circulation des Tunisiens. D'autant plus qu'il existe une technique de nature respecter scrupuleusement les exigences scuritaires incontournables aujourd'hui qui est le visa biomtrique de circulation. Et cela ne doit tre que la premire tape dans un processus d'intgration de la Tunisie au systme dmocratique europen.

Les temps ayant chang, on ne peut plus continuer vouloir relever d'un paradigme ancien satur. Le sens de l'histoire est la construction d'un espace de dmocratie qui consolide l'aire de civilisation occidentale; et pareil espace peut tre mis en place en Mditerrane sans plus tarder, la faveur de l'exprience dmocratique tunisienne qui ne manquera pas alors d'irradier sur tout le monde arabe et ailleurs. Mais est-ce bien l ce que souhaite vraiment l'Occident?

Si l'Europe, du fait de la forte prsence de Tunisiens sur ses terres, veut rellement s'orienter dans le sens de ses intrts ainsi que celui de l'histoire, elle doit s'empresser d'intgrer formellement la Tunisie son systme conomique et politique, l'un n'allant pas sans l'autre. J'ai dj appel l'adhsion de la Tunisie l'Union europenne et j'ai aussi suggr la France, eu gard la cte d'amour qu'elle a encore dans le cur des Tunisiens, bien que rduite dsormais une peau de chagrin, d'agir dans le mme sens en s'employant crer un espace francophone de dmocratie.

Il s'agit l d'autant de recettes qui mettent cruellement l'accent sur l'impritie occidentale aujourd'hui en Tunisie, une impritie coupable. Et ce n'est pas parce que l'Occident s'est assur un alli qu'il estime de choix en Tunisie pour concrtiser ses vues errones qu'il russira dans sa stratgie qui n'est pas seulement unilatrale et arrogante,mais terme suicidaire pour ses propres intrts sans parler de la paix dans le bassin mditerranen et dans le monde.

L'Occident doit comprendre que la Tunisie ne saurait passer de l'État d'un march livr la loi d'une maffia au pouvoir celui d'un march abandonn au pilotage d'un capital international n'ayant en vue que ses intrts matriels.

C'est le sens de la Rvolution tunisienne, ce coup du peuple qui n'a pas t qu'une manuvre occulte de services trangers agissant pour leurs propres intrts, mais bel et bien une ralit de terrain propice un changement qu'on n'a fait que prcipiter pour en tirer profit. Or, l're des foules qu'est la postmodernit manifeste merveille par l'effervescence tunisienne, il n'est nul intrt durable s'il ne tient compte des revendications des plus larges masses; Et les masses en Tunisie exigent d'avoir l'argent de leur beurre.
C'est d'autant plus vrai que les deux mamelles du mouvement de libration nationale tunisien furent, sur le plan civil, l'activisme syndical populaire et, sur le plan spirituel, l'action soufie. En Tunisie, on ne peut dissocier ces deux phnomnes qui est d'abord et avant tout une terre de spiritualit, mais une spiritualit ouverte au monde et aux valeurs humaines sans restriction; elle est donc soufie ni salafie ni nahdhaouie.

Esprit de contradiction et dmocratie

Pour revenir l'article de Meddeb, ce qu'il rsume loquemment, comme son habitude, ce n'est qu'une illustration contemporaine de la pense amricaine depuis ses origines, qui ne fait que reflter les aspirations d'une classe sociale, la bourgeoisie, consistant dans le devoir d'incarner un idal fond sur le mrite, la science et l'harmonie sociale. Et cette dernire est suppose obtenue par des lois justes, le peuple pour assurer son bonheur devant servir un monde de marchands clairs auxquels le pays doit sa prosprit. Justement, cette classe qui est reprsente de nos jourspar les capitalistes multinationauxen un monde globalisn'est plus compose de marchands clairs, mais de courtiers obtus, aveugls par leurs intrts gostes devant tre maximiss l'extrme par tous les moyens. S'ils taient clairs, ils veilleraient choyer les crateurs vritables des richesses que sont les humains en alignant pour le moins leur statut sur celui rserv aux marchandises.
Bien videmment, on crie rapidement l'utopie mme sice quoi on appelle est invitable. On oublie, dans le mme temps, que la pense utopique s'est souvent confondue, au moment de lanaissance de l'Occident, avec la pense politique. Et l'utopie occidentale a toujours reflt une vision dogmatique de la loi, aux racines judo-chrtiennes. D'ailleurs, toutes les utopies qui ont t l'origine de l'esprit rationaliste occidental, qui prtend aujourd'hui donner des leons une civilisation arabe islamique lui ayanttransmis la lumire, sont bases sur le dogme suivant : les lois justes le sont du fait qu'elles sont justes, et donc elles ne peuvent jamais tre remises en question. En plus, comme le prcise Jean Servier dans son Histoire de l'utopie par son ducation; l'individu y est soigneusement priv de tout moyen d'apprciation. On encourage la recherche dans les sciences physiques ou mathmatiques; mais la mditation philosophique est interdite si ce n'est sur le Code la nature devenu philosophie d'État; Aucune utopie, mme parmi celles qui se rclament le plus de la fantaisie, n'imagine un "Temple de la libre contradiction", une cole ouverte tous o toutes les philosophies pourraient tre exposes librement .

Or, justement, l'esprit arabe est foncirement un esprit de la contradiction qui est, bien videmment, l'essence de la dmocratie. C'est pour cela que j'en arrive soutenir que les Arabes, qu'ils soient d'origine berbre ou bdouine, musulmans ou non, sont des dmocrates dans l'me du fait de cet esprit, qui est un atavisme,les portant la contradiction et qui, s'ajoutant leur attachement ontologique la libert forment les traits caractristiques d'une dmocratie vritable.

Quelle image plus belles pourrait-on donner de la dmocratie? Ce qui manque aux Arabes, ce sont les structures, les mcanisme; or, ils relvent d'un ordre plus vaste, mondial, que domine et gre un Occident dominateur usant de tous les moyens, dont notamment l'imaginaire des peuples domins,pour asseoir sa domination sur unecommode autodprciation. Ainsi perdure l'image subliminalede la suprmatie de l'esprit occidental et de ses institutions, mme si elles ne sont plus parfaites. C'est ce niveau mental que se joue aujourd'hui la bataille idologique. Et la Tunisie en est le terrain d'lection aujourd'hui.

Comme la dcouverte du Nouveau Monde a t pour l'Occident le signe qu'il tait possible de dpasser le prsent et d'assurer sa domination, le Coup du peuple tunisien est un autre signe qui vient, au moment o cet Occident jadis conqurant achve son dclin, lui donner une chance inoue de se refonder pour retrouver une seconde jeunesse. Car sa survie passe par ce Sud si souvent malmen et ddaign bien qu'il fut l'origine de sa puissance.

C'est un ami que s'adresse lui, mais un ami libre d'esprit et de conviction,s'efforantde parler la langue du peuple dont l'exigence premire et dernire restera sa dignit. Cela impose ici et maintenant le passage de l'ancien paradigme des relations politiques, l'intrieur comme l'extrieur du pays, celui qui est en gestation. La libre circulation n'en est que l'lment symbolique, un verrou qu'il faut faire sauter pour ouvrir la voie une ncessaire rvolution mentale.

FarhatOthman



 

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