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Sylvie Arkoun : Mon pre se sentait rejet par son pays

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2014-02-01
 
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Sylvie Arkoun : Mon pre se sentait rejet par son pays

Sylvie Arkoun : Mon pre se sentait rejet par son pays






Outre lobscurantisme islamiste, Arkoun avait aussi trs vite condamn ce quil appelait les Etats voyous dAfrique du Nord.


Quand limpens sattaque la pense, le jour cde la nuit et lintelligence la btise. Mohammed Arkoun, cet immense penseur reconnu, adul ailleurs et banni dans son propre pays, est un des exemples les plus marquants de ce que le systme politique algrien a pu faire lintelligence ; il lcrase ici ou la pousse fleurir ailleurs. Toutes les confusions quil y avait en Algrie faisaient quil ne pouvait pas rester. Il avait fait un court sjour en Algrie en 1958, mais il na pas pu rester longtemps, notamment suite son arrestation par la police et sa dtention pendant dix jours. Il pensait revenir en Algrie aprs son agrgation dans les annes 1960, mais il a dcid de rester en France parce quil avait entrepris dcrire sa thse et puis de lancer une carrire. Ce nest quen 1974 quil a pu revenir dans son pays et ce pour assister au sminaire sur la pense islamique. Cest l le tmoignage indit de Sylvie Arkoun, la fille de Mohammed Arkoun.
Notre interlocutrice, parlant avec beaucoup de tendresse de son regrett pre, nous confie quil tait trs heureux de participer ces sminaires. Il avait assist trois ou quatre rencontres sur la pense islamique et il tait heureux de revenir et de revoir sa famille. Elle affirme que, pendant ces annes-l, son pre vivait le bonheur de retrouver sa terre natale, il souffrait du dchirement caus par lexil ; le fait de fouler de nouveau son sol tait pour lui un pur moment de joie. Jai lu cela dans ses correspondances avec son frre. Il disait que le fait de revenir lui permettait de se sentir utile pour son pays. Il disait que dans ces sminaires, il trouvait une opportunit de communiquer sur sa pense qui commenait dailleurs stablir dans ces annes-l. Il trouvait que ctaient des annes porteuses despoir pour lui, ajoute Sylvie, avant darriver ce fcheux incident qui a marqu jamais la mmoire de limmense penseur.

LAlgrie, une blessure

Il y a eu le sminaire dramatique de 1985 Bjaa. Il sy tait rendu comme pour les prcdents sminaires sur la pense islamique, mais ce fut une terrible exprience. Cheikh El Ghazali le traita dapostat et le chassa publiquement du sminaire. Mon pre a t extrmement affect par la violence de cette altercation publique, mais aussi et surtout par le fait de ne pas avoir eu le soutien des autorits qui lavaient pourtant elles-mmes invit. Il stait senti rejet par son propre pays, alors quil tait l pour parler dun islam des lumires, un islam plus dans la libert que dans la contrainte politique. Cet incident, je crois, la dcid ne plus revenir en Algrie, nous dit Sylvie Arkoun, contacte par tlphone.

Mohammed Arkoun tenait tellement ses racines quil est revenu sur sa dcision. Il dcide de rentrer au pays en 1992, pour un court sjour cette fois, mais qui fut le dernier. Les annes de terreur qui ont suivi ont achev le peu de brche laiss par le systme. Jai trouv beaucoup de ses lettres sur cette priode l Il tait extrmement inquiet pour les membres de sa famille, mais aussi de voir lAlgrie plonge dans le terrorisme, il en t meurtri car a allait dans une volution linverse de ce quil voyait pour son pays, nous rvle Sylvie Arkoun, qui est en phase de prparation dun livre-tmoignage sur son pre.
Dcd le 14 septembre 2010 Paris, Mohammed Arkoun navait plus foul le sol algrien depuis 1992, mme pas pour lenterrement de sa mre en 2003 ; le dchirement fut grand et la plaie la fois ouverte par le systme en place qui ne la jamais considr sa juste valeur et par cet islam obscurantiste qui a pris place dans une terre capable denfanter pourtant un porteur de lumire comme Arkoun, demeura bante. Pour lui, ctait extrmement dur de vivre cela la fois titre personnel, et pour ce quil voyait advenir de la destine de son pays, dit-elle, en notant que son pre savait quil drangeait par sa parole, il tait transgressif. Et sa faon de lire le Coran laune de lhistoire ntait pas du tout ce que prconisaient les islamistes. Il tait donc loppos de ce qui tait en train de grandir en Algrie cette poque-l, cest--dire sur sa vision de lislam et de la faon dont il fallait le sortir dune lecture basique mais renforce par lintroduction des sciences humaines. Il tait loppos de la tendance et il savait quil drangeait par cette parole subversive et intellectuelle, prcise notre interlocutrice. Et dajouter quoutre lobscurantisme islamiste, Arkoun avait aussi trs vite condamn ce quil appelait les Etats voyous dAfrique du Nord dans lesquels le parti unique confisquait les richesses... Quand il avait compris que les choses se refermaient plus au lieu de souvrir, il a renonc, la mort dans lme, revenir au pays.
Arkoun, nous dit sa fille, ressentait au fond de lui-mme une blessure, celle du rejet de sa patrie. Il a t de plus en plus violemment duIl le vivait comme quelque chose de personnel parce quil sagissait de sa terre et quil avait pour lAlgrie beaucoup despoir. Les invitations quil recevait les dernires annes avant sa mort, pour participer des sminaires, arrivaient comme un peu tard, il avait trs envie dy aller mais il ne pouvait plus, ctait fini. Et Sylvie Arkoun de noter que le choix de son enterrement au Maroc ntait pas le sien mais celui de sa dernire femme, qui est Marocaine. Je pense que sil avait t mari toute autre femme dune autre nationalit, il aurait t enterr dans le pays de sa femme, tient-elle prciser.
Dans le livre quelle ditera en septembre prochain aux ditions Presse universitaire de France, une sorte denqute dune fille sur lhomme public qua t son pre auprs de gens qui lont connu et partir de documents familiaux et universitaires, Sylvie Arkoun voque aussi le souvenir dun pre trs secret : Il ne nous parlait pas ouvertement de sa blessure algrienne Ctait quelque chose dimplicite quon ressentait au plus profond de nous. Sans quil nous le dise, on le ressentait. 


N. B.



'El Watan
 

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