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Le jour de la prise du poste d'El Horane

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Le jour de la prise du poste d'El Horane

CELA S'EST PASS LE 4 FVRIER 1958

Le jour de la prise du poste d'El Horane

Mohamed Zermouh aux cts du colonel Amirouche


Il a fallu 56 mulets pour transporter le fabuleux arsenal de guerre enlev dans ce poste.
Un fabuleux arsenal de guerre a t enlev dans ce poste. Il s'agit d'une des actions les plus audacieuses ralises, il y a 56 ans, dans une contre semi-dsertique rpute paisible et laquelle personne ne pouvait s'attendre. Elle le fut pourtant, grce aux djounoud de l'ALN qui avaient fait preuve de courage et d'abngation, elle s'tait solde par un succs retentissant qualifi de coup de tonnerre dans un ciel sans nuage. C'est pourquoi il est important aujourd'hui d'immortaliser cette prouesse, de rendre hommage ses acteurs en publiant ce tmoignage relatant sa conception et son droulement.
Le 3 fvrier, l'aspirant Hamid Meza, responsable sanitaire de la Zone 2, et moi-mme avons quitt l'hpital d'At Chilla, au douar Ouzellaguen, pour rejoindre la Rgion 2 (Tamelaht). Le lendemain, l'aube, nous franchissions le seuil du refuge de Tamezievth au moment mme o la 3e compagnie du bataillon de choc, commande par l'aspirant Mohand Arezki Ouakouak, gagne la fort. Sa prsence dans cette rgion, considre pourtant comme calme, me laisse perplexe. Ignorant le but de notre mission, je prjuge alors qu'un vnement important se prpare dans le secteur o notre prsence n'est certainement pas fortuite. Aprs avoir aval une tasse de caf brlant et un bout de galette, nous quittions le refuge pour aller dans la direction prise par la compagnie du bataillon de choc.
Aprs trois heures de marche travers la fort, nous accdons au plateau de Bni-Ouagag, situ en Rgion I, o nous retrouvions la 3e compagnie du bataillon, dissmine dans le sous-bois. Un peu plus loin, j'aperois la compagnie de la Rgion II, galement arrive sur les lieux. Je ne m'explique pas cette concentration de troupes. Une vritable nigme que Hamid Meza, par son air amus, refuse encore de rvler.
Nous sommes dans l'immense plaine des Madid, qui s'tend jusqu' M'sila, o la population des Ouled Djellel est encore traumatise aprs l'excution des messalistes de Beni Ilmen, ordonne par l'ALN, et le massacre, titre de reprsailles, des habitants pro-FLN, de Melouza par l'arme franaise et son alli messaliste lors d'un scnario grossier tendant mettre ce massacre l'actif du FLN en invitant les mdias (tlvisions, reporters etc.) pour mystifier l'opinion internationale sur les prtendus mfaits du FLN.

Deux compagnies mobilises
Dans l'aprs-midi, j'apprends enfin le but de notre mission. Il s'agit de l'enlvement, cette nuit du 4 fvrier, du poste militaire ennemi d'El-Horane, au village de Hammam Dala (M'sila), situ vingt-cinq kilomtres environ de notre position. Ce camp qui abrite le poste de commandement (PC) du 2me Escadron du 8me rgiment des spahis est command par le lieutenant Olivier Dubos, celui-l mme qui avait particip au massacre des habitants de Melouza, le 28 mai 1957. Il est dfendu par 33 hommes dont 2 gardes forestiers.
Pour russir, cette opration tenue secrte, a mobilis deux compagnies et ncessit une prparation minutieuse base sur une complicit l'intrieur mme du poste. Les djounoud, mis au courant juste avant de quitter Beni Ouagag, ont accueilli la nouvelle avec enthousiasme. Le plan d'attaque ayant obtenu l'aval du chef de la wilaya, la prsence de Hamid Meza, en sa qualit de responsable du service de sant de la zone, se clarifie prsent. En outre, la prsence du lieutenant Mustapha Nouri, charg de coordonner la mise en application du plan d'attaque, est une indication supplmentaire de l'importance accorde sa prparation. N'tant pas du voyage, je suis nanmoins charg de mettre en place, dans la fort de Beni-Ouagag o la compagnie de la Rgion 2 reste en couverture, l'quipement sanitaire en prparant le ncessaire mdical, de manire accueillir d'ventuels blesss, Hamid Meza se chargeant donc d'intervenir sur place en cas de ncessit.
La troisime compagnie du bataillon de choc se met en route en dbut d'aprs-midi pour se joindre la compagnie de la Rgion 1. Celle-ci, sous les ordres de l'adjudant Nami, attend aux abords du poste, accompagne par le comit de rgion en l'occurrence son chef, le sous-lieutenant Rabah Beldjerb et ses adjoints, les aspirants Sad Saoud dit l'Autchkiss, Aissa Hebid dit Aissa Blind et Boubekeur Messaoudi.
Pour mmoire, les responsables de la Rgion I, notamment le sergent-chef Abdelhafid Adouane et l'aspirant Boubekeur Messaoudi avaient labor ce plan avec la complicit du sergent-chef Mohamed Zermouh. Celui-ci, faisant partie du personnel du poste d'El Horane est un militaire de carrire. N en 1924 Zafrane (Djelfa) il tait, auparavant, entr en contact, avec le FLN(1). Voici le fil des vnements tel que rapport, son retour le lendemain matin, par Hamid Meza. Trois sections embusques sur chacune des routes menant au poste sont charges d'intercepter les renforts ventuels. Le lieutenant Mustapha Nouri, le sous-lieutenant Rabah Beldjerb et l'aspirant Assa Hebid commandent chacune d'elles. Les autres sections sont scindes en trois groupes avec mission, d'attaquer et d'occuper les objectifs fixs l'avance. A cet gard, Nami, Sad Saoud, Arezki Ouakouak et Hamid Meza sont chargs de les diriger.

Un fabuleux butin
L'assaut est donn la tombe de la nuit, lorsque le portail fut ouvert et aprs que Mohamed Zermouh eut neutralis la sentinelle et laiss entrer les groupes. C'est le moment o les spahis, se trouvant dans le dortoir, s'apprtent rejoindre leurs collgues, en train de diner au rfectoire, ne se doutant nullement de ce qui se trame autour d'eux. Puis, se rendant compte, soudain, de l'envahissement du cantonnement, les spahis, barricads l'intrieur du rfectoire, ouvrent le feu travers la porte, blessant l'paule l'aspirant Sad Saoud, dans sa tentative hroque de forcer l'entre de la cuisine, et tuant Belkacem N'Charfa. En attendant la reddition des assigs, toutes les armes entreposes dans l'arsenal, les mitrailleuses de calibre 12-7 et 30, montes sur les vhicules blinds, des caisses d'armes et minutions, deux mortiers avec leurs obus, sont chargs sur des mulets mobiliss pour la circonstance et conduits par leurs propritaires (des civils sympathisants de la rgion de Hammam Dala). Le butin est fabuleux. Il comprend aussi des fusils amricains Garant, des mitraillettes Mat 49, des pistolets Mac 50, des obus de mortier et des caisses remplies de munitions, de grenades et de mines anti-personnel.
A l'issue de laborieux pourparlers mens adroitement et aprs les menaces de les brler vifs en aspergeant de mazout le rfectoire, les 17 assigs survivants, leur tte le chef de poste, le lieutenant Olivier Dubos, finirent par se rendre. Le convoi compos de 63 mulets a alors pris le dpart vers minuit en direction de Beni-Ouagag, o nous les attendions, aprs une marche force de six heures.
Avant de quitter le poste et disparatre dans la nuit, ne laissant aucun survivant, l'ordre est donn de brler tout ce qui ne peut tre emport. La lueur des flammes tant visible depuis la ville de M'sila, un avion de reconnaissance est venu, peu aprs leur dpart, survoler les lieux. Il est revenu, tt le matin, survoler tout le secteur jusqu' la lisire de la fort de Bni-Ouagag la recherche des traces du convoi. L'un des gardes forestiers, a russi s'chapper en se dissimulant dans le conduit de la chemine.
L'arrive du convoi Bni-Ouagag est clbre avec joie. Les prisonniers puiss se reposent, sous bonne garde. La journe est voue au repos tandis que les responsables, sous l'autorit du lieutenant Mustapha Nouri, dressent l'inventaire du butin. Nos pertes sont heureusement rduites un tu: Belkacem N'Cherfa et un bless: l'aspirant Sad Saoud. Pendant ce temps, l'ennemi dsempar, se mobilise pour retrouver nos traces. Les organisateurs ayant choisi Bni-Ouagag comme lieu de repli esprent que l'ennemi, ignorant le recours aux mulets pour transporter du butin, jugera irralisable de l'atteindre en si peu de temps. Le temps de se rendre compte de son erreur, nous serons dj bien loin.
Ds la tombe de la nuit, notre convoi poursuit sa route, laissant derrire lui les compagnies de Rgion 1 et 2 Bni-Ouagag, en direction du versant sud du Djurdjura, aprs avoir travers l'oued Sahel et fait passer derrire nous un troupeau de chvres pour effacer les traces de pas laisses par notre passage. L'itinraire emprunt a drout les forces ennemies mobilises en grand nombre. Notre convoi se dirige ensuite, successivement, vers le flant sud du Djurdjura avec un premier arrt au douar Bni-M'likhech (Tazmalt), o nous avons rcupr le reste du bataillon et son chef, le lieutenant Mohand Ourabah Chab, puis au douar Ighram (Akbou), o il est rest deux jours, le temps d'exhiber les prisonniers la population, puis Chellata et Ouzellaguen, pour enfin arriver, au sixime jour, dans la fort d'Akfadou o nous sommes accueillis par le colonel Amirouche, exultant de ce coup terrible port l'ennemi. A chacune de nos tapes, les mulets, soulags de leurs lourdes charges confies au chef du village pour les dissimuler dans des caches, s'en retournent alors chez eux enfourchs firement par leurs propritaires heureux d'avoir accompli leur mission. L'enlvement du poste militaire d'El-Horane est, sans conteste, l'une des actions les plus spectaculaires russies par l'ALN. Aujourd'hui, nous sommes persuads que ce haut fait d'armes ralis par les combattants de la Zone II de la Wilaya III historique marquera les mmoires pour la postrit. Mais qui s'en souvient aujourd'hui en dehors des gens de la rgion qui ont vu ce qui s'tait pass? Qui le commmore? Qui parle de cet acte hroque qui a marqu nos esprits?...

(1). Il sera nomm plus tard lieutenant, chef du bataillon de choc de la Zone II, et tombera au champ d'honneur 46 ans, en avril 1960, au milieu de ses djounoud dans une bataille prs d'El-Kseur (Bjaa).





 

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