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Zohra Drif El Watan : Les lettres qui maccusent sont des faux

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El Watan dans lil de la justice Emir Abdelkader 0 2013-12-16 02:04 PM
Des lettres secrtes dcouvertes par les services de scurit algriens... Emir Abdelkader 0 2013-06-05 04:20 PM
Qui sont les forces spciales qui sont intervenues Tiguentourine ? Emir Abdelkader 0 2013-01-20 03:14 PM
le dossier Beliardouh-El Watan-Garboussi Emir Abdelkader 0 2012-12-16 04:53 PM
Ce nest pas El Watan qui va me protger Emir Abdelkader 0 2012-12-16 04:50 PM

 
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2014-02-10
 
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Zohra Drif El Watan : Les lettres qui maccusent sont des faux

Zohra Drif El Watan : Les lettres qui maccusent sont des faux

La moudjahida Zohra Drif, 76 ans, tait hier linvite de la premire semaine culturelle de lAgence nationale de communication, ddition et de publicit (ANEP) au centre Mustapha Kateb dAlger. Elle revient, dans cet entretien accord El Watan, sur la polmique souleve par Yacef Sadi, ancien commandant de la Zone autonome dAlger, qui a affirm que Zohra Drif aurait envoy (en septembre 1957) deux lettres Hassiba Ben Bouali, qui tait dans une cache La Casbah dAlger, pour lui demander de se rendre aux franais.



- Pourquoi Yacef Sadi voque-t-il ces deux lettres aujourdhui ? Pourquoi insiste-t-il sur cette question ?

Honntement, celui qui peut rpondre, cest bien lui. Je ne peux faire que des suppositions. Par intgrit intellectuelle, il est toujours difficile dmettre des hypothses. Ce nest pas dans mon caractre. Ce que je peux dire, me concernant, et dire mon peuple : je nai jamais crit ces deux lettres. De surcrot, ces deux lettres portent en elles-mmes la preuve de leur fausset. Et l, je me rserve le droit dexposer ces ides dans la srnit et le calme, et de dmontrer que ces deux lettres sont fausses.

- Une dmonstration par crit ?

Je me rserve ce droit. Je veux insister pour dire que je nai jamais crit ces deux lettres. Jai t toujours responsable de ce que jai vu et vcu. Et je suis capable de reconnatre mes erreurs, mais pour ces lettres, je peux dclarer quelles ont t fabriques. Je vais bientt publier cette dmonstration.

- Nallez-vous pas dposer plainte contre Yacef Sadi ?

Pensez-vous que cela prsente de lintrt pour la Rvolution algrienne et pour notre pays ?

- Yacef Sadi vous a accus de trahison, cest tout de mme une grave accusation

Je ne me sens pas du tout concerne ou atteinte. Cest vrai que cest grave dans labsolu, mais cela ne matteint pas parce quil sagit dune contrevrit.

- Avant vous, Yacef Sadi stait attaqu Louisette Ighilahriz, en mai 2011. Sadi a-t-il un problme avec les moudjahidate ou avec lhistoire ?

Vous devriez lui poser la question. Il sest attaqu moi, Louisette, je ne sais pas sil la fait pour les combattants de la Zone autonome dAlger (ZAA). Dans mon livre (Mmoires dune combattante de lALN, paru aux ditions Chihab), jai voulu tre la plus honnte possible, la plus proche de la ralit. Jai fait un tmoignage de ce que jai vcu. Il ntait pas dans mon propos de dire que les uns tait meilleurs que les autres. Jai dit la vrit et jai senti une certaine obligation faire ce tmoignage. Je crois avoir tmoign sur lengagement total, absolu des femmes de La Casbah. Cet engagement tait au niveau de tout le territoire national. Les femmes avaient constitu la base arrire sur laquelle les combattants de lALN staient appuys. Elles avaient t aussi des actrices actives tous les niveaux. En 1954, il ntait pas imaginable dans notre socit, une socit patriarcale, quune femme se mle aux les hommes, quitte le foyer familial et aille se battre les armes la main. Les femmes avaient t toujours partie prenante de lhistoire de leur pays. LEmir Abdelkader se battait soutenu par la smala, les femmes, Lala Zohra. Elles apportaient laide quil fallait aux hommes qui allaient au combat, prparaient les armes, etc.

- Vous avez rendu un hommage particulier aux femmes de La Casbah dAlger dans votre livre

Jai rendu hommage Khalti Baya, Lalla Tassaadit et dautres femmes qui taient dans le cur de laction. Quand nous tions hbergs dans ces maisons, lesquelles taient devenues moins sres, les moudjahidine quittaient les lieux. Et quand les escouades de parachutistes venaient investir les lieux, les femmes leur faisaient face. Elles taient l, stoques, subissant les tortures. Vous navez pas ide de la brutalit et de la sauvagerie des paras. Les femmes taient supposes vivre loin de lespace public. Ctait el horma dans le vritable sens. El horma tait essentiel dans la mentalit de Khalti Baya, de Lalla Tassaadit Toutes ces dames staient retrouves face lennemi, souvent dans des situations difficiles. Elles continuaient apporter leur aide aux moudjahidine quand elles le pouvaient. Peut-tre que davoir tmoign avec force de ce que jai vcu et vu, cela drange-t-il ? Je ne sais pas.

- Fatiha Bouhired (Oukhiti) a t galement attaque par Yacef Sadi. Elle est morte et ne peut pas se dfendre. Qui dfendra la mmoire de cette dame ?

Cest la raison pour laquelle je suis rvolte, indigne, je ne trouve pas les termes pour exprimer ce que je ressens. Oser sattaquer une personne morte ! Fatiha tait jeune, elle avait notre ge, avait cinq enfants en bas ge, lan tait g de dix ans (vers 1955). Son dernier tait encore au sein. Elle avait vu son mari Mustapha se faire assassiner devant la maison o elle habitait : la tte clat dun tir de mitraillette, sa cervelle et son sang avaient gicl sur le mur. Cette femme, malgr ce quelle avait vcu et ltat dans lequel elle tait, nous soutenait. Nous tions dans une situation extrmement difficile. Le passage des troupes de Massu (le gnral Jacques Massu tait le chef de la 10e division de parachutistes durant la guerre de Libration nationale, ndlr) dans La Casbah tait quelque chose que vous ne pouvez pas imaginer. Ils ont tu, tortur, jet des gens dans les puitsVous nimaginez pas le nombre de maisons o les cadavres nont pas encore t dcouverts. Ils ont tu et jet des Algriens dans la baie dAlger. A ce jour, plus de 3000 familles nont pas fait le deuil de leurs enfants. Durant cette priode, il tait difficile de trouver un hbergement. Les refuges ntaient pas srs. Dans cette terreur gnralise, Oukhiti avait accept de donner sa maison pour en faire un refuge connu de nous seulement (5, impasse de la Grenade, puis 3, rue Caton La Casbah dAlger). Quand nous navions pas o aller, nous allions chez Oukhiti. Plus que cela, elle a t arrte et torture alors que nous tions chez elle. Elle avait pass une nuit sous la torture des paras. Plus que la douleur, il y avait lhumiliation. Face eux, vous tes nus et ils se permettaient tout (Massu avait t, entre autres, accus par Louisette Ighilahriz davoir couvert les tortures pratiques par ses hommes). Le capitaine Chabane lui avait propos de collaborer avec larme franaise et lui avait demand dindiquer dans quel quartier se trouvaient Zohra Drif et Hassiba Ben Bouali. Oukhiti, qui tait dune intelligence exceptionnelle, lui avait dit oui car elle avait peur de craquer. Ds son retour, elle nous a tout rpt. Yacef a saut sur loccasion en disant : Fantastique, nous allons avoir une cache protge par larme franaise ! Yacef avait demand alors Oukhiti de retourner chez le capitaine Chabane pour lui demander un papier attestant de sa prtendue collaboration car, lpoque, la maison des Bouhired tait cible. A chaque fois, les militaires venaient tout casser. Oukhiti avait dit Chabane que les brets rouges taient venus visiter sa maison aprs avoir t relche, alors il lui avait fourni le papier qui, pour nous, tait de lor en barre. Nous tions dsormais dans une maison que larme franaise protgeait ! Il fallait tout le gnie de Oukhiti pour le faire et lassumer. Alors, venir aujourdhui dire que cette dame a trahi, cest inacceptable, indigne.

- Pourquoi Yacef Sadi sattaque-t-il Fatiha Bouhired justement ?

Jai t aussi surprise comme tout le monde par ces propos. Cela ne me touche pas plus parce que je sais et il sait. Et tout le monde sait !

- Laction psychologique du colonialisme peut-elle se poursuivre cinquante ans aprs lindpendance de lAlgrie ?

Cette action du colonialisme na jamais cess et vous le savez. Les jeunes daujourdhui sont plus vulnrables que nous ltions. Trs jeunes, on nous avait appris nous mfier et nous dire que la France utilisait toutes les mthodes pour arriver ses fins. Nous tions mieux forms. Je peux citer lexemple de ce qui sest pass Marseille (rencontres organises par lhebdomadaire Marianne en avril 2012, ndlr). Jy suis alle de bonne foi discuter, cinquante annes aprs lindpendance, jai eu le sentiment dtre tombe dans un pige. On me disait de dclarer partir de la France que notre Rvolution tait une cause juste mais que les moyens que nous avions employs taient condamnables. Cela voulait dire que je devais publiquement, partir de la France, condamner la Rvolution algrienne. Cela veut dire quoi ? Il faut que les jeunes le comprennent : la guerre continue. Et vous savez quels en sont les enjeux. Notre devoir, votre devoir, vous qui tes la gnration de lindpendance, qui avez eu la chance davoir une formation et une connaissance des ralits, vous devez faire prendre conscience nos jeunes que lindpendance du pays doit tre protge. Protge par le travail, par le respect de son Etat, par lengagement de tous les jours pour consolider cet Etat, par le fait de donner chaque chose son vritable poids et de comprendre les enjeux. Lindpendance nest pas acquise si on ne la dfend pas. Il est vrai quil existe des problmes dans la construction de chaque Etat. Il faut quensemble, nous nous organisions pour affronter et rgler ces problmes. Cest de notre responsabilit tous. Il sagit de combats politiques. Aux Algriens de connatre leur histoire. Que les Algriens se mettent lire leur histoire. Cest le meilleur bouclier quon puisse avoir pour rpliquer aux attaques contre lAlgrie.

- Comment expliquez-vous le silence de lOrganisation nationale des moudjahidine (ONM) qui ne fait rien pour dfendre la mmoire des anciens combattants de la guerre de Libration nationale ?

Il faut leur poser la question. LONM a bien un secrtaire gnral, je ne peux rpondre pour elle.



Fayal Mtaoui








El Watan
 

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