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Entretien avec Sid Ahmed Ghozali

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Entretien avec Sad Sadi Emir Abdelkader 0 2014-03-27 05:17 PM
Sid Ahmed Ghozali au forum de Libert :... Emir Abdelkader 0 2014-03-18 01:31 AM
Sid ahmed ghozali au forum de liberte: Emir Abdelkader 0 2014-03-17 06:08 PM
Sid-Ahmed Ghozali la chane franaise LCP :... Emir Abdelkader 0 2014-03-08 11:53 PM
Entretien avec Amara Benyounes... Emir Abdelkader 0 2014-02-26 04:32 PM

 
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2014-04-10
 
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  Emir Abdelkader    
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Manqool Entretien avec Sid Ahmed Ghozali

Entretien avec Sid Ahmed Ghozali




La campagne lectorale touche sa fin. Quel bilan faites-vous ?
À parodie dlection, parodie de campagne. Le bilan ? Une mascarade o le grotesque le dispute lindigne, tout a au prix dune scandaleuse dissipation de ressources publiques. On a beau tre habitus depuis quinze ans voir jeter largent public par les fentres, on reste interdits devant ces fabuleux gaspillages. Tout a pour un rsultat dcid lavance. Ce nest pas nouveau.
Qui sera le moins mauvais du cru 2014 ? Je nen sais rien. On a incrust dans les esprits que lenjeu tait le quatrime mandat et cela est faux. Ce nest pas le vrai problme. Peu importe de savoir qui sera le prsident partir du moment o il na jamais t celui qui dcide ou celui qui exerce les missions qui lui sont fixes par la Constitution. Ceux qui dcident sont dans lombre. Ce nest pas une hypothse mais la ralit.
Le fait est que nous sommes dans une nasse et le responsable est le pouvoir politique.
De qui ce systme est-il constitu ?
Cest le systme du gouvernement occulte. À lpoque de Boumediene, le boss ctait lui. Ds quil est parti, on sest gard de lui donner un successeur. Et il ne faut surtout pas que quelquun prtende tre le chef du systme, ce serait un pch capital. Nessayez pas de mettre des visages, ce nest pas une question de personnes. Avec le temps, les visages changent, le systme et ses synergies restent. Cest une partie du DRS mais avec toutes ses ramifications civiles et militaires dans ladministration, les medias, les entreprisses, la socit civile et militaire. Une partie seulement du DRS ; car tre du DRS ne signifie nullement tre dcideur loin sen faut : les soldats qui continuent exposer leur vie pour assurer notre scurit ne sont pas forcment dans la dcision politique.
Vous pensez au gnral Toufik ?
Il est un membre minent, dites mme prominent du systme, il nen est pas le chef. Ni lui, ni le Prsident ne sont les successeurs de Boumediene en tant que chef du systme.
Encore une fois, la question centrale nest pas une question de personnes : cest la nature du systme qui est en cause, non pas les personnes qui sont aux manettes. Vous avez Madame Guenanfa tout le loisir et le droit, pas forcment les raisons objectives, de contester ou rfuter ma propre vision des choses, mon analyse, pas de la dnaturer. La persistance de cet exercice qui consiste vouloir me faire prononcer des noms aurait pour effet de dnaturer mes propos, je vous lai dit en pralable cet entretien et en facteur commun toutes mes rponses vos questions.
Les hommes changent, les responsables actuels, les plus levs de la hirarchie, partiront bien un jour ou lautre, cela ne veut pas dire que le systme changera pour autant. On la vu aprs les dparts successifs qui les ont prcds, soit vers la retraite soit vers la mort.
Le prsident Bouteflika a-t-il des pouvoirs rels ?
En droit, il a des pouvoirs considrables. En fait, absolument pas ! Il y a lieu de ne pas confondre prsident de la Rpublique et comparse, mme minent, jouant le rle de prsident de la Rpublique. Pourquoi, durant 1999 2001, avons-nous entendu le prsident clamer avec insistance Je ne suis pas un trois quarts de prsident ? Quest-ce que le pouvoir ? Ce sont les hommes quon nomme, largent, les moyens de violence lgitime et dinfluence.
En droit, cest le prsident qui nomme directement ou par dlgation ; en fait et avant que la personne ne soit nomme, le dossier de chaque candidat un poste doit tre examin par les services de scurit pour habilitation. Cela se fait dans tous les pays du monde mais pour 100 ou 200 personnes. Chez nous, cela se fait pour des centaines de milliers de personnes. Et a concerne tous les fonctionnaires de lÉtat, du plus haut de lchelle, du prsident de la Rpublique, jusquau chef de dara et mme en dessous. Personne ne peut tre nomm sans laccord des services.
Vous rfutez lexistence dune guerre des clans. Mais les derniers changements oprs au sein du DRS confirment un peu cette guerre
Il ne sagit pas de rfuter lexistence de clans, de contradictions dintrts ou de rivalits politiques personnelles. Mais il y a des fondamentaux sur lesquels loligarchie ne peut tre divise. Avec les scandales lis la corruption dans le secteur de lnergie, on a parl dune guerre entre un prtendu clan du prsident et un prsum clan des services de scurit. Eh bien, je ny crois pas. Je sais que, chez nous, le prsident na jamais t lu mais quil a t dsign par les services. Sil y avait une guerre, ils ne lauraient pas laiss en place pendant quinze ans.
Quelle signification donner aux changements au sein du DRS ?
Je nen sais rien, mais ce nest pas la premire fois quil y a des changements dorganigrammes et dans ce qui nous proccupe, cela na aucune espce dimportance. Est-ce quun changement de gouvernement est un vnement politique dans les pays du monde ? Oui. Mais pas en Algrie. En quinze ans, il y a eu treize remaniements ministriels, plus ou moins partiels. On vous donne Madame des os ronger pour vous occuper. La question pralable que vous refusez de vous poser, pour la plupart, la seule et la vraie, est la suivante : est-ce que le systme est bon pour le pays ou non ? Moi je dis quil est mauvais pour plusieurs raisons notamment le bilan, les erreurs commises et lirresponsabilit. Pour raison derreurs conceptuelles totalement errones en matire de fonctionnement.
Mais ces changements ont t, officiellement, dcids par le prsident de la Rpublique
Oui mais dapparence seulement ! Peut-tre lui dans la ralit mais pas ncessairement lui. Depuis dj 35 ans on vous rpte priodiquement que les militaires sont rentrs dans les casernes. Cela fait 15 ans que le Prsident nous dit quil nest pas un trois quarts dun prsident et quil est le chef. Eh bien, (les dcideurs) contribuent faire propager cette ide parce quelle est favorable leur image. Limage dune arme rpublicaine qui obit aux ordres. Vous ne me ferez jamais croire, ni accepter, parce que cest contraire la ralit, quun serviteur du rgime la tte dun parti du rgime puisse culpabiliser la justice algrienne, innocenter un ministre en examen, et attaquer le haut responsable des services de scurit.
Vous parlez de Amar Saadani ?
Citer des noms est contraire mon thique, ma culture et surtout ma conviction : il ne sagit pas dun problme de personnes mais dun systme qui est mauvais indpendamment des personnes. Un prsident doit commencer dabord par renforcer la justice. Il ne peut pas y avoir de vie politique ou sociale normale sans justice performante et indpendante. Le premier venu accuse ouvertement la justice dtre partiale dans les affaires de corruption et il se substitue la justice.
Depuis quelques jours, les appels se multiplient en faveur dune priode de transition aprs le 17 avril. Comment voyez-vous cette priode ?
On parle de transition depuis 1989. Peut-tre depuis 1980 : feu le prsident Chadli interpellait volontiers ses interlocuteurs trangers : Vous ne parlez toujours que de Gorbatchev en matire de rformes, mais moi jai commenc les rformes en 1980 !
Quelle drle de transition que celle qui a dur 25 32 ans et qui va durer je ne sais combien de temps encore. Le mot nest pas utilis avec le mme sens partout. Cest un peu comme dans une auberge espagnole, on y trouve ce quon y apporte. Est-ce que ce rgime doit disparatre immdiatement ? Je dis que ce nest pas possible, on ne peut pas passer du jour au lendemain dune situation dautoritarisme absolu une situation dÉtat de droit et de dmocratie. Dans ce contexte, tout le monde ne peut tre que daccord sur la ncessit dune transition. Reste la question quon peut se poser par rapport ces initiatives : sont-elles personnelles ou sagit-il dinitiatives pour le compte de ? Car ce sont des initiatives proposes au rgime en place. Or, celui-l refuse le changement.
Dans sa lettre, Liamine Zeroual tait presque alarmiste
Interrogez-moi sur ma propre conception des choses. Ceci tant, je ne trouve pas alarmiste comme vous dites que dexprimer une inquitude fonde. Encore que lon est en droit de penser qutant donn sa notorit et lautorit morale de lancien prsident, cet t mieux pour lAlgrie, que de mettre en garde le systme envers lerreur du troisime mandat avant la modification de la Constitution en 2008. En ralit, toutes ces initiatives que vous citez sinscrivent dans des logiques qui sont trs diffrentes de la mienne.
Personnellement, je ne fais pas un appel X, Y ou Z pour quils nous rglent le problme. En Algrie, la ngociation est impossible entre le pouvoir et la socit, on ne peut ngocier avec lautre sa propre disparition. Qui dit priode de transition, dit lexistence dun consensus pour changer le systme donc de partir dune situation une autre. Est-ce que nous en sommes l ? Non. Cela fait 25 ans quon parle de transition, ce nest quun subterfuge pour rgnrer le systme. Souvenez-vous que lAssemble nationale sappelait dj Conseil national de transition de 1992 1997.
Comment peut-on mettre en place une vritable transition ?
Seul un vrai prsident de la Rpublique jouissant de la lgitimit populaire, avec une volont et une ambition collective peut diriger et conduire bon port une vritable transition.
Est-ce que linstitution militaire aura un rle jouer ?
Si cest le systme lui-mme qui cre les structures de transition et dsigne les hommes qui les composeraient, il ny aura pas de transition ou il y aura une transition comme celle de 1989 cest--dire un leurre. Dans une transition dirige par un prsident lgitime, sil y a un rle prvoir (pour cette institution), cest ce qui sest pass en Turquie par exemple. Larme a dirig la vie politique mais institutionnellement et dans la transparence, pas en disant je suis sortie de la vie politique . Combien de fois on a entendu les chefs militaires chez nous dire quils ne font plus de politique ?
Le statut de larme ne peut tre celui dune institution ou dun ministre ordinaires, cest une institution qui assure la scurit du pays. Quel que soit son rle, il sera inscrit dans le marbre. Elle naura plus grer la vie politique. La gestion de lÉtat incombe au pouvoir civil issu de la volont populaire. Ce nest pas le rle de larme de conduire la socit comme on conduit un troupeau de bestiaux.
Lordre institutionnel dont nous avons besoin doit reposer sur le prcepte fondamental de la bonne gouvernance comme il dfinira clairement la place qui y choit chaque corps social, civil ou militaire.
Ce nest pas aux forces armes mais au pouvoir civil manant de la volont populaire dassumer la gestion de lÉtat ou le gouvernement de la socit.
Le changement ne peut se faire sans larme encore moins contre larme. En mme temps, il faut bien se dire que le refus du changement dans lordre expose au changement dans le dsordre.
À force de verrouiller la vie politique, de brider toute initiative citoyenne qui ne plait pas au prince, cest la pire des ventualits que lon favorise : celle o des forces et intrts extrieurs interviendraient pour imposer le changement malgr larme, voire contre larme.
Le pouvoir fait de la rsistance. Est-ce que le changement par la rue est invitable ?
Je le crains parce que cest le plus mauvais des changements. Cest le changement impos par lextrieur car dans une rue non organise, ce sont les forces et les intrts extrieurs qui prennent le dessus. Le problme est quon na pas laiss sinstaller un intermdiaire entre le pouvoir et la population. Donc il y aura srement des problmes de rue quand le pouvoir naura plus dargent pour acheter la paix sociale. Cela peut arriver dans deux ou trois ans. Peut-tre avant.
Que pensez-vous du retour de lex-FIS revendiqu par ses leaders ?
Il ne reviendra pas. La plupart des cadres du FIS ont quitt le parti partir du moment o il sest impliqu dans le terrorisme.
Abassi Madani a sign rcemment un communiqu o il appelait une priode transition
De lui-mme ou sur inspiration souffle dailleurs ?
Quel regard portez-vous sur larrt du processus lectoral plus de vingt ans aprs ?
Un coup dpe dans leau. Nous avons arrt le processus mais nous navons pas tir finalement les leons pour le bien du pays. Cest cela que je regrette. Mais si javais eu en 1991 une boule de cristal me dvoilant ce que le rgime allait faire aprs larrt du processus lectoral, jaurais peut-tre agi autrement. Mais cela naurait de toute faon rien chang pour lAlgrie, sauf que personnellement je serais tomb sur le champ dhonneur de la dmocratie et non avec limage dun acteur de putsch.
Ça reste de la politique fiction.
Vous rencontrez rgulirement des responsables trangers dont John Kerry, rcemment. Quel regard porte rellement les trangers sur lAlgrie au-del du discours officiel sur la stabilit ?
Les trangers ne connaissent pas lAlgrie ; ils ont donc le regard des gens qui ne connaissent pas lAlgrie. Vous-mme, vous avez du mal comprendre comment fonctionne le systme. En 2004, par exemple, toutes les chancelleries taient convaincues que Bouteflika ctait termin .
Mme celle des États-Unis ?
Non, ce qui laisse croire que les choses ont t pr-arranges avec eux ! Vous pensez que le moins mauvais dentre nous est tomb du ciel en 1999 ? Moi pas.
Sont-ils inquiets ?
Cest tout le problme de la relation entre le monde occidental et notre pays, comme avec tous les pays arabes. Nous sommes tributaires des erreurs de la vision quils ont eux-mmes de leurs propres intrts vis--vis de nous. Nos voisins occidentaux par exemple cherchent faire des affaires. Ils sont donc conduits tre complaisants vis--vis du pouvoir en place, notamment en ce qui concerne le problme dÉtat de droit.



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