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Quand les gros poissons mangent les petits

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2014-05-15
 
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Quand les gros poissons mangent les petits

Quand les gros poissons mangent les petits




Les peuples somnolaient, mais le destin prit soin quils ne sendormissent pas.
Hölderlin



Dans un mouvant tmoignage autobiographique consign dans le livre Entre lexil et la cure, paru en 1990, Omar nous livre une analyse serre travers la vie quotidienne en Algrie. Omar raconte comment il a t inexorablement amen prendre le chemin de lexil presque son corps dfendant. De son rcit se dgagent systmatiquement et par pans successifs les diffrentes tapes franchies par les pouvoirs algriens. Au bout du compte, un lamentable gchis qui a dstructur la socit. Omar est un professeur en management, amoureux de son mtier.
A ses tudiants, il parle avec la flamme de sa spcialit. Sil tait boxeur, Omar appartiendrait la catgorie des puncheurs, voire des esquiveurs, mais pas celle des encaisseurs. Au cours de ces dernires annes, il tait devenu une rfrence qui nhsite pas aller la rencontre des mdias pour toujours expliquer, argumenter ses thses la fois de vulgarisation et de rflexion.
Au cur de ses apprhensions, lAlgrie : car Omar sest toujours montr trs soucieux des risques encourus par lAlgrie, son pays, du fait de la mauvaise gouvernance entache dune corruption jamais gale, de la restriction drastique des liberts en raison aussi de lpuisement des ressources naturelles, de lemballement de la dmographie et de la comptition outrance impose lchelle plantaire. Face aux innombrables dfis parfois inextricables, une conomie de rente ne pouvait naturellement faire face.
Enfance difficile
Omar parle avec motion mais avec une extrme pudeur de ses annes denfance. de simple berger, il est devenu par la force de ses convictions un professeur duniversit respect. Il trace ici son itinraire sans excs ni fioritures. Exil en Amrique du Nord, des milliers de kilomtres de mon pays, jenseigne dans une universit o je trouve enfin une vie et des conditions de travail qui ne ncessitent pas de rsoudre tous les jours des dilemmes insurmontables. Jai fui mon pays la quarantaine bien sonne, avec femme et quatre enfants, la mort dans lme, pour reprendre zro une vie, une carrire, une socit... Nous vivons tous une dchirure qui saigne encore. Pourquoi ?Aussi loin que je me souvienne, je gardais les vaches, et parfois les moutons un bien maigre troupeau que possdaient mes parents avec une petite ferme quelque part entre Safi et Marrakech, au Maroc.
Une vague histoire de participation des activits politiques rprhensibles lpoque, a, semble-t-il, conduit mon pre enfance misrable en petite Kabylie, scolarit moyenne et vie laborieuse une sorte dexil sous forme dauxiliaire de la gendarmerie franaise au Maroc. De son mariage avec ma mre, il eut exploiter la petite ferme en question, qui nous servit de toit et de gagne-pain, aprs quil et quitt le corps des gendarmes. Javais, avec mon frre an et mon pre, la charge de tous les travaux et plus particulirement pour moi les animaux, ltable, lcurie et la basse-cour.
Entre ma sixime et ma onzime anne, lev la nuit encore noire, vtu de la tenue semestrielle de grosse toile que nous confectionnait ma mre, les pieds nus dans mes bottes de caoutchouc qui devaient tenir jusqu lt, je sortais quotidiennement mes btes patre la rose du petit matin. Quand certains riches arrivaient dans la ville pour faire des pique-niques dans les environs, je les observais de loin, ces gens qui ne peuvent sasseoir directement sur la terre, qui sencombrent dune incroyable quantit dobjets et qui prennent un temps interminable ne rien faire dautre que manger !
Les bergers mappelaient le fils de celui du milieu, (ould el ouasti). Plus tard, jai su que ctait une allusion populaire, passe dans le langage, au fait que lAlgrie occupe la position du milieu dans le Maghreb, entre la Tunisie et le Maroc. Mais, mes premiers malheurs lcole taient tout autres. Dbarqu de ma campagne, javais de bien gros problmes rsoudre : comment me tenir ? Comment parler ? Comment me comporter ? Jamais je navais me poser des questions avec mes btes.
A quinze ans, jessayais dimiter mon frre parti au maquis dix-sept ans. On me refusa. Mes nuits taient peuples dpopes o il tait le hros et moi sur ses traces. Je rvais de batailles o nous nous sauvions la vie tour de rle. LAlgrie devenait un grand mythe. Toutes mes chimres de justice, de vengeance, de grandeur et de communaut libre et heureuse sy dveloppaient. Mon adolescence, nourrie aux rcits des combats hroques et de lenthousiasme militant, construisit une Algrie faite de preux chevaliers, toute dquit et dgalit. Une Algrie o les rapports entre les hommes ne seraient quentraide et solidarit, amiti et soutien.
Lutteur acharn
Ce beau rve devint pour moi ralit le jour o, en uniforme scout, jaccueillis Ben Bella, avec tout ce que la communaut algrienne comptait comme reprsentants Rabat. Puis, ce fut lexode en plein milieu de ce torride t 1962. Nous voyagemes en wagons bestiaux. Ctait le train des rfugis dAlgrie. Trois jours pour arriver Tlemcen ! Puis les centres de regroupement Alger, puis la famille, puis la petite villa abandonne du Golfe, sur les hauteurs dAlger. Je respirais pleins poumons lAlgrie. Lespoir et la foi revinrent lorsque Ben Bella et Ferhat Abbas firent leur entre Alger. Mais les magouilles pour le pouvoir ne faisaient que commencer. De l se mit en marche la machine compromissions qui allait conduire au tragique dtournement de ce magnifique fleuve de la vie et de lavenir qui avait men lindpendance.
Ce fleuve dont Mimouni nous retrace avec tant de sourde rage le lamentable destin. Le lyce Bugeaud mapprit beaucoup : les autres, la vie, la musique, la dbrouille... Jtais toujours excellent lve, ce qui me faisait pardonner bien des frasques de potache plus invraisemblables les unes que les autres. Javais la direction de lorchestre du lyce... Une exprience qui me permettra de mieux survivre durant mes tudes luniversit.
Entr la facult vingt et un ans, en psychologie, jen sortis moins de vingt-quatre, licence en poche, passant deux ts successifs prparer des certificats supplmentaires. Jen sortis aussi mari avec celle qui maura aid passer bien des caps difficiles et qui continue encore. Jy fus galement nourri de militantisme et de gnreux projets chafauds longueur dassembles gnrales de lUnion nationale des tudiants algriens. Mon premier poste, en novembre 1968, fut Sonatrach, comme psychologue de recrutement.
Un de ses amis qui le connat mieux que quiconque saccorde dire que Omar est en rebellion contre le systme. Il se bat contre lemprise mafieuse sur lAlgrie danciens apparatchiks civils ou militaires reconvertis, sans tat dme, du magistre unanimiste et rentier laffairisme le plus dvoy, la dictature et la chasse aux voix (es) discordantes quand le pouvoir est rattrap par les scandales et les soupons daccointances douteuses. Omar traque, car il sait de quoi il retourne, lui qui a bien explor ce systme de lintrieur en mettant nu la marginalisation des comptences, la bureaucratie rampante et insidieuse. La haine et le mpris vous aux intellectuels.
Observateur social
Ces gens-l, agripps au systme et leurs privilges changent peut-tre de discours, de costumes, de femmes, de voitures, mais pas de mthode, martle-t-il la rage au cur. Auteur de plusieurs ouvrages, confrencier, Omar va l o le devoir lappelle. Le credo de Omar est quil veut nous dire que les hommes, quoi quon fasse, sont matres de leur trajectoire et quenterrer trop vite les peuples artisans de lhistoire serait un grand tort. Il veut nous dire aussi quest fini le temps o un seul homme ou un groupe faisaient lhistoire. Enfin, il veut nous dire nous tous que lavenir nous incombe.
Sans illusion sur les vises hgmoniques des puissants, Omar alerte sur les consquences dsastreuses qui en dcoulent. Lorsque 67 personnes possdent la moiti de la richesse de la plante entire, que 400 individus plus de la moiti de la richesse des USA, que 51 socits figurent parmi les 100 premires conomies du monde, que lconomie mondiale est 100% spculation, ceux den bas ne peuvent que rver. Partant du constat dchec cuisant des trois rvolutions de la modernit, rvolution industrielle, automatisation et informatisation- information, dans leurs promesses de procurer lhumanit confort, bonheur, Omar propose de modifier radicalement nos visions des choses.
Pourtant, prvient-il, conomistes et gourous du management, ternels complices, continuent garder la tte dans le sable, tout en nous expliquant pourquoi il est rationnellement justifi de faire lautruche, do son remarquable ouvrage La stratgie de lautruche, laurat 2003 du livre daffaires, paru aux ditions Arak en 2014.
La reconduction de Bouteflika, lui qui sy est fermement oppos a t ressentie par Omar comme un autreb affront. Je vis laprs-17 avril comme une chronique de tractations annonces. Tristes faades lectorales. Cest une douleur mon algrianit et une honte renouvele de voir les sarcasmes qui se disent et se publient ce sujet au Canada, en Amrique du Nord, Europe... Enfin, comme une (nime) trahison de nos chouhada et du peuple algrien pour maintenir intacts certains intrts intrieurs et extrieurs, se dsole-t-il, sans perdre son sang-froid ni sa dtermination.
Alors lespoir est-il permis de voir les choses voluer dans le bon sens travers les triturations de la Constitution. Omar nen est pas du tout convaincu. Ladite rvision de la Constitution va soprer dans le cadre dinstitutions depuis longtemps infodes et doppositions au mieux divises et au pire prtes des compromissions. De fait, il va sagir dune sorte dajustement sur mesure pour bien quilibrer les poids et contrepoids de clans traditionnels du pouvoir algrien. On est trs loin du processus dlaboration de la Constitution (jai eu lhonneur dy tre invit comme observateur), par exemple de l Equateur ou plus rcemment de la Bolivie o un large dbat transparent a abouti des articles sur le droit de la nature le droit des gnrations, le droit des animaux...
Le pessimisme excessif de Omar fait peur. Ne voit-il pas des perspectives moins sombres soffrir lAlgrie, la lueur de la nouvelle donne ?
Les perspectives pour lconomie algrienne ne seront certainement pas les mirobolantes promesses semes aux quatre vents ! Ce qui se pointe fortement lhorizon, cest une chute aussi certaine que consquente des prix mondiaux des hydrocarbures, donc (en plus du tarissement des gisements) une baisse de nos revenus en devises, mais aussi une forte hausse des produits imports (surtout de base, comme les crales...), cause des changements climatiques. Nous brlerons encore plus vite la chandelle par les deux bouts si nous maintenons cette mortifre subordination de notre conomie de linterventionnisme politique purement rentier.

Digne reprsentant dune diaspora algrienne disperse, cette dernire peut-elle un jour rellement jouer un rle dans le dveloppement du pays la mesure des ses immenses et indniables potentialits ?, a-t-on os cette question lmrite universitaire. Lintelligentsia algrienne ltranger est nombreuse et compte beaucoup de grandes comptences... Mais hlas, je ne vois pas en quoi ce rgime, (qui nest que la continuit de lui-mme : lternel recommencement de rien de nouveau sous notre soleil), entamerait une collaboration nouvelle, fructueuse et srieuse avec notre diaspora, il continuera comme de coutume collaborer avec ceux qui vont dans le sens des ses intrts, point !
Mais Omar sait que la politique ce nest pas de rsoudre les problmes mais de faire taire ceux qui les posent. En semant ses messages ici et l, il veut faire admettre que la politique peut tre autre chose quun chapitre de la mtorologie. Qui est, comme chacun le sait, la science par excellence des courants dair...

Parcours :

Omar Aktouf est professeur titulaire de management lEcole des hautes tudes commerciales de Montral, o il vit depuis plus de 30 ans. Ancien cadre suprieur dans lindustrie, diplm dans plusieurs disciplines des sciences sociales, il est membre fondateur du groupe humanisme et gestion de lEcole de HEC. Ses travaux ont t traduits en plusieurs langues. Omar est lauteur de nombreux ouvrages sur les sciences sociales, les ressources humaines, dont notamment Le travail industriel contre lhomme, OPU 1986, Algrie entre lexil et la cure, Paris lHarmattan 1990, et rcemment aux ditions Arak 2014 La stratgie de lAutruche, Post-mondialisation management et rationalit conomique. Il est mari, pre de quatre enfants.

Hamid Tahri




 

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