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Libye : ptro-polar en eaux troubles

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2014-05-28
 
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Manqool Libye : ptro-polar en eaux troubles

Libye : ptro-polar en eaux troubles

Un chef de milice ambitieux, des factions politiques rivales, des intermdiaires sulfureux, un pouvoir central libyen impuissant... Enqute sur les protagonistes du mauvais feuilleton qui s'est droul au large de Chypre au mois de mars.
C'est l'histoire d'un tanker la drive charg d'une cargaison illgale de 234 534 barils de light sweed crude, la meilleure qualit de ptrole, trs demand pour sa faible teneur en soufre. Dote de ressources gnreuses, la Libye n'en a pas toujours tir profit... La manne n'a pas sauv la fragile monarchie d'Idriss Senoussi, a maintenu sous perfusion le rgime de Kadhafi et financ tous ses abus. La "maldiction du ptrole" aura-t-elle raison des espoirs soulevs par la rvolution de 2011 ? Casting de ce mauvais feuilleton : un seigneur de guerre dont l'ambition le dispute l'incomptence, des factions politiques assoiffes de pouvoir, des intermdiaires mus par l'appt du gain et un gouvernement central aussi fragile qu'impuissant.
>> Lire aussi : les rebelles autonomistes de l'Est rejettent le nouveau gouvernement libyen
Tout a commenc aprs la mort de l'ex-"Guide", en octobre 2011. Le soin de scuriser les terminaux ptroliers de Cyrnaque est confi par la direction de la rbellion un obscur chef de milice, Ibrahim el-Jadhran, 32 ans. Mais ce rvolutionnaire au pass trouble en prend le contrle en juillet 2013 en s'appuyant sur une milice forte, selon ses dires, de 10 000 hommes. Prtendant agir au nom des chefs de tribu de la rgion, il bloque toute exportation, asschant littralement l'conomie - les revenus du brut contribuant hauteur de plus de 90 % aux recettes de l'État. Montant des pertes ce jour : plus de 18 milliards de dollars (13 milliards d'euros). En position de force, Jadhran manie une rhtorique tribalo-populiste anti-Frres musulmans et prne l'autonomie de la Cyrnaque. Qu'importe si la majorit de la population de l'Est lui est hostile, lui se rve en chef d'un micro-État ptrolier.

Ibrahim el-Jadhran continue de se rver en chef
d'un micro-État ptrolier. Joan Tilouine
Certains ne sont pas insensibles ce ptrole brad

À la tte d'un chapelet de coquilles vides - gouvernement autonome autoproclam de Cyrnaque, chane de tlvision, socit d'exportation ptrolire illgale, la Libyan Oil and Gas Company (LOGC) -, Jadhran caresse l'ide d'exporter une partie des 6 millions de barils stocks dans les terminaux sous son contrle. "Nous allons rpartir les revenus de nos exportations de ptrole entre les trois grandes rgions et contourner le gouvernement corrompu. Ensuite, nous nettoierons Benghazi des groupes islamistes", claironne-t-il dans un entretien J.A. en dcembre 2013. À cette date, la LOGC dmarche discrtement de potentiels acheteurs trangers, garantissant que la scurit des tankers serait assure par l'"arme" de Jadhran. Certaines socits ne sont pas insensibles ce ptrole brad, mais les mises en garde de Tripoli et de ses partenaires occidentaux les dissuadent de franchir le pas. Prt tout pour parvenir ses fins, Jadhran se rapproche alors des kadhafistes et s'entoure de sulfureux hommes d'affaires au bras long.
Faire de la LOGC la principale socit de ptrole en Libye

C'est ainsi qu'en ce mois de dcembre 2013 il se rend secrtement en Afrique du Sud, via l'Égypte, pour s'entretenir avec le prsident Jacob Zuma. Une rencontre arrange par un homme d'affaires franco-isralien, Philippe Hababou Solomon, ancien consul de... Centrafrique en Isral et qui se prsente dsormais comme "conseiller spcial pour les pays francophones" de Zuma. C'est pourtant en Libye, pays arabophone, qu'il explique tre mandat par ce dernier pour favoriser la rconciliation nationale et apaiser les missaires libyens dpchs Pretoria pour rcuprer les avoirs de Kadhafi. Solomon s'est certes entretenu deux reprises avec le Premier ministre d'alors, Ali Zeidan, mais c'est sur Jadhran qu'il va "mettre son tapis", comme il le dit avec la faconde qui le caractrise. Depuis Benghazi, cet ancien joaillier de la place Vendme, Paris, un temps souponn par la justice franaise d'escroquerie ptrolire mais finalement blanchi, rallie plusieurs reprises Ajdabiya, ville natale et fief de Jadhran, au service duquel il oeuvre politiquement et financirement. "L'ide est alors de faire de la LOGC la principale socit de ptrole en Libye en lieu et place de la National Oil Company", s'enthousiasme celui qui retrouve les ingrdients de son cocktail favori : affaires, politique et oprations secrtes. Et d'ajouter : "Nous avons le soutien de Zuma, mais aussi celui des Saoudiens, qui veulent, travers Jadhran, combattre les Frres musulmans soutenus par le Qatar."
Le 17 mars, un commando de Marines prend le contrle du Morning Glory, sans faire de blesss. HO/US Navy/AFP

Flairant la bonne affaire, un autre protagoniste entre en scne : Ari Ben Menashe. Naviguant entre les conflits et le business, de Caracas Djouba en passant par Bujumbura, cet Isralo-Canadien natif de Thran - et qui prtend avoir travaill pour le Mossad - clbre son 62e anniversaire Benghazi en dcembre 2013. Puis se rend Ajdabiya, o il rencontre Jadhran, qui se montre d'abord mfiant. Ben Menashe et Solomon, qui sont rivaux en Libye, se connaissent bien pour avoir collabor au sein de la division africaine - aujourd'hui disparue - du cabinet d'avocats canadien Heenan Blaikie. Ben Menashe a notamment propos une offre de "coopration militaire russe" Laurent Gbagbo et Franois Boziz. Il multiplie les contacts avec Jadhran et ses soutiens politiques fdralistes de Benghazi. Puis les rendez-vous avec ces derniers se succdent, au Caire, Istanbul et Casablanca. Rsultat : deux contrats de lobbying, en date des 5 et 17 dcembre, facturs par sa socit, Dickens and Madson, 2,4 millions de dollars. Sa mission : dmarcher des acheteurs de ptrole et convaincre Washington et Moscou de reconnatre le gouvernement de Cyrnaque et de le renforcer militairement. Une fois ces contrats rendus publics, conformment la loi amricaine, Jadhran nie toute relation avec Ben Menashe. "Il tait alors dans une position dlicate..." soupire ce dernier, qui prtend avoir amorc des ngociations avec le bureau du Premier ministre libyen "pour parvenir un accord gagnant-gagnant".
Jadhran fait aussi appel l'un de ses sept frres, Khaled Awed, 40 ans. Install aux Émirats arabes unis avec sa famille, cet entrepreneur, considr comme le "cerveau" de l'opration, est souponn d'avoir dmarch des investisseurs prts miser sur l'exportation du ptrole illgal depuis Duba, et tromps sur l'usage de leurs fonds. L'ancien chef de l'État sngalais Abdoulaye Wade, alors entre Duba et Versailles, a t, selon son entourage, approch et "escroqu" d'une somme importante. Contact par J.A., Abdoulaye Wade n'a pas souhait s'exprimer.Mais les activits d'Awed sont surveilles et, sur demande insistante des autorits libyennes, une notice rouge est dlivre son encontre par Interpol. Il est d'ailleurs arrt le 7 janvier par la police miratie, puis relch, au grand dam de Tripoli, trs proccup par les informations qui lui parviennent alors sur le troisime fils de l'ex-"Guide", en rsidence surveille Niamey.
Des allis kadhafistes pour renverser le gouvernement

Saadi Kadhafi, 39 ans, se rvle en effet particulirement actif sur le plan militaire Sebha, dans le sud-ouest de la Libye, en proie des affrontements entre Toubous et tribus arabes. Plus l'est, depuis sa villa fastueuse du Caire, le cousin de Mouammar Kadhafi, Ahmed Kadhaf ed-Dam, sorti de prison le 10 dcembre, ne cache pas, en priv, sa sympathie pour Jadhran, au point de mettre sa disposition ses influents relais tribaux de part et d'autre de la frontire. Saadi ignore que ses communications par Skype et Viber sont enregistres. Il est enthousiaste l'ide de dstabiliser sur le flanc est la nouvelle Libye et de financer ses ambitions belliqueuses avec le ptrole. Ainsi prtend-il avoir tabli un contact rgulier avec le chef de guerre par l'intermdiaire d'un dignitaire Kadhadfa de Syrte et d'un frre de Jadhran, Salem. Ce que dment le clan Jadhran, tout en admettant avoir t sollicit. Dans l'entourage de Jadhran, une source admet : "L'ennemi de mon ennemi est mon ami. Les kadhafistes et Jadhran sont unis pour renverser ce qu'ils considrent comme un gouvernement islamiste." Mais Tripoli souponne Jadhran de duplicit et fait tat de contacts entre ce dernier et les jihadistes d'Ansar el-Charia, Syrte. Toujours est-il que l'homme fort d'Ajdabiya a besoin d'argent. L'coulement de ptrole sur le march illgal n'en est que plus urgent. "Jadhran nous a informs de l'intervention d'intermdiaires israliens et africains. Il nous a galement fait des propositions quant la vente du ptrole, a confi Saadi aux autorits libyennes aprs son extradition par Niamey, le 5 mars. Il nous a aussi indiqu qu'il ngociait avec des Nord-Corens la vente de ptrole contre l'achat d'armes."
Un tanker protg par des circuits financiers opaques

De son ct, Saadi tait en contact avec un marchand d'armes bas Paris et prnomm Steve. Une liste de l'arsenal, que s'est procure J.A., comporte, entre autres, des fusils-mitrailleurs, des RPG, des gilets pare-balles et une grande quantit de munitions. Le tout pour une valeur estime par un expert militaire quelque 20 millions de dollars. Un montant qui correspond au prix de vente des 234 534 barils de ptrole que Jadhran fait charger dans les cuves du Morning Glory, le 11 mars, au port d'Es-Sider. Selon un contrat en date du 22 fvrier 2014, ce tanker battant pavillon nord-coren, venu des eaux chaudes d'Arabie, a t achet "5 millions de dollars cash" une socit-cran domicilie sur la petite le caribenne de Nevis. Le nouveau propritaire est l'un des miliciens de Jadhran, Salah Mohamed Ali Ahmi. Un prte-nom. Pour se ddouaner, Pyongyang finira par retirer le tanker de son registre, tandis que FAL Oil, premier trader ptrolier du Golfe, qui jusque fin fvrier avait pris en charge l'assurance du navire, dment toute implication. Puis un entrelacs de circuits financiers opaques s'est constitu autour du tanker.

Six ports stratgiques. Jeune Afrique
Jadhran prpare cette premire exportation de longue date. D'anciens employs de la compagnie de scurit prive Blackwater (aujourd'hui Academi) auraient t sollicits. Sans succs. À quai, ses hommes sont sur le qui-vive, prts affronter les redoutables milices de Misrata, lesquelles tenteront, sans succs, d'empcher le Morning Glory de quitter le port. Dans l'aprs-midi, le Congrs gnral national (CGN, Parlement), domin par les islamistes, en profite pour limoger Ali Zeidan par un vote de dfiance entach d'irrgularits. À travers le hublot du jet qui le conduit d'urgence en Europe, Zeidan peut apercevoir le Morning Glory, qui croise dsormais dans les eaux internationales, tandis que de violents combats se droulent dans les environs de Syrte.
Aux termes d'un document dat du 9 mars et sign par la Waha Oil Company (oprateur du port d'Es-Sider et coentreprise incluant trois socits amricaines), le Morning Glory doit livrer sa cargaison 17272 Suez, en Égypte. Une tromperie de plus. Des sources concordantes font tat d'une livraison Hafa, en Isral. C'est pourtant 18 miles de Chypre que le Morning Glory, endommag par les tirs des Misratis, jette l'ancre le 13 mars. Carrefour gostratgique, l'le est prise des touristes comme des services de renseignements. Ses eaux d'un bleu azur ont servi, par le pass, des transactions illgales de ptrole destination de pays sous embargo. Dsormais, le Morning Glory est suivi la trace par les autorits occidentales, qui souponnent un transbordement de la cargaison vers un autre bateau.

L'un des membres de l'quipage du Mornign Glory sa descente du tanker, le 23 mars, Tripoli. Hani Amara/Reuters
Une rsolution sanctionne toute exportation illgale de ptrole en Cyrnaque

Le 15 mars, Solomon et deux autres Israliens, arrivs la veille par jet priv Larnaca en provenance de Tel-Aviv, partent de nuit la rencontre du Morning Glory sur lequel avaient embarqu, Es-Sider, trois miliciens de Jadhran, dont le prsum propritaire du tanker. À leur retour sur terre Larnaca, ils sont arrts par les forces spciales chypriotes, qui vont longuement les interroger, rejoints par des fonctionnaires amricains soucieux de connatre l'armement dont disposent les trois combattants de Jadhran bord. Dans le secret, la demande de Tripoli, des commandos de la marine amricaine peaufinent une intervention, approuve par le prsident Barack Obama. C'est Tel-Aviv que Solomon et ses mystrieux associs, relchs car tous munis d'un passeport diplomatique, apprendront l'assaut des forces spciales amricaines, qui prennent le contrle du tanker le 17 mars sans faire de blesss. Deux jours plus tard, le Conseil de scurit de l'ONU, la demande de Washington, adopte une rsolution sanctionnant toute exportation illgale de ptrole de Cyrnaque.
"Jadhran a gr seul cette opration, et j'ai essay de le sortir du ptrin", prtend Solomon. Quid de Ben Menashe ? "Je n'ai rien voir dans cette histoire. J'ai toujours dit qu'il tait impensable d'exporter ce ptrole avant de parvenir un accord avec Tripoli. Et nous tions sur le point de trouver un terrain d'entente", se dfend le lobbyiste, qui maintient que les ngociations se poursuivent. Depuis cette opration, les principaux acteurs trangers font profil bas, et le mystre persiste quant l'identit du destinataire de la cargaison. Le 6 avril, la chef de la diplomatie europenne, Catherine Ashton, salue l'accord scell entre Jadhran et le pouvoir central sous la pression de Washington. Le chef de guerre a demand et obtenu la libration par Tripoli des trois miliciens qui taient bord du Morning Glory. Il a aussi exig le rglement des salaires de ses hommes et la mise en place d'une commission d'enqute sur les exportations de ptrole et la redistribution de la rente. En change, il accepte de lever le blocage de deux des cinq ports qu'il contrle, dont celui de Hariga, Tobrouk, o deux tankers ont pu charger, sans encombre, 1,75 million de barils de brut. Et exige un dlai de quatre semaines avant de rouvrir les terminaux de Ras Lanouf et Es-Sider. Un dlai expir sans qu'il ait honor sa promesse. Dans leur fief d'Ajdabiya, les frres Jadhran continuent de se rver la tte d'un micro-État ptrolier de Cyrnaque. En attendant, Salem el-Jadhran s'est fait lire au conseil municipal d'Ajdabiya, le 4 mai. Le mme jour, Ibrahim dclare ne pas reconnatre l'lection du Premier ministre, Ahmed Maitig, originaire de Misrata, dont les milices veulent en dcoudre avec lui. La guerre du ptrole, qui a acclr la chute de Zeidan, est loin d'tre termine...



 

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