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Entretien avec Mohamed Assa,

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2014-07-16
 
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  Emir Abdelkader    
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Entretien avec Mohamed Assa,

Entretien avec Mohamed Assa, ministre des Affaires religieuses




Vous avez annonc la rouverture des synagogues. Avez-vous un calendrier ?

Non, il ny a pas de calendrier. Je me suis exprim et jai ouvert le dbat sur les principes et les rgles fondamentales grant le culte des non-musulmans. Jai dit que les lois de la Rpublique garantissaient la libert de conscience et la pratique de cultes autres que musulman. Cependant, jai conditionn la rouverture de ces lieux par leur scurisation. Et la scurit ne peut pas exister via des cordons de police ou gendarmerie. Elle doit exister travers lacceptation de la socit. Mais avec le bombardement (isralien) de Gaza, les Algriens ressentent une frustration. Parce qu lheure o lAlgrie est prdispose prendre en charge une communaut autre que musulmane, ils constatent quune entit qui se dit État juif est en train de bombarder et de tuer des enfants, des femmes et des vieillards qui ne sont pas dfendus par la communaut internationale. Cette situation explique un peu le retard en matire de rouverture des synagogues et des autres lieux de cultes ferms dans les annes 1990 en Algrie.


La rouverture des synagogues nest donc pas lordre du jour ?

Nous navons pas un projet ou un calendrier prcis. Mais nous examinerons des demandes si elles sont faites. En fait, jai mme remarqu une rticence chez la communaut juive quant la rouverture (des synagogues). Et cette rticence est due la question de lacceptation par la socit algrienne au regard de la situation actuelle, avec notamment les bombardements Gaza.
Cette communaut a-t-elle demand la rouverture de ces lieux de culte vu que la loi empche de pratiquer une religion en dehors des lieux de culte reconnus ?

Administrativement parlant, non. Le ministre na reu aucune requte. Cest lors dun entretien accord au reprsentant de la communaut juive que nous avons ressenti ce besoin et nous avons exprim la prdisposition de lÉtat algrien rouvrir ces lieux de culte. Je lai dit publiquement, car il ny a pas de tabou. Mais lÉtat ne va pas tricher avec la socit et rouvrir ces lieux en cachette. La rouverture dune synagogue exige une dmarche administrative. La restauration de ce lieu de culte, son entretien, sa scurisation. Et encore une fois, jentends par scurisation lacceptation par la socit et non le cordon de police, de la gendarmerie ou de larme. Jai dj qualifi mon interlocuteur (le reprsentant de la communaut juive, NDLR) de patriote et de nationaliste. Cest quelquun qui est en mesure de sentir la prdisposition de la socit algrienne et ses rticences qui sont dues, en premier lieu, au comportement dIsral concernant les Palestiniens.


Est-ce que lagression isralienne contre Gaza puis les manifestations de salafistes ont eu des consquences sur votre projet de rouverture des synagogues ?

Pas du tout ! Cest la communaut juive de juger, dapprcier et de voir si elle se sent en scurit. Une scurit, je le rpte, qui dpend de lacceptation de la socit. Si jai un appel lancer, ce sera cette communaut pour quelle se dmarque de ce qui se passe en Palestine. Je sais quelle est consciente de limpact de cette colonisation (isralienne, NDLR) sur le comportement de la socit algrienne. Un appel arrter le massacre lanc par cette communaut serait trs bien accueilli par la socit algrienne. Un geste qui va dmontrer que les Juifs se dmarquent du sionisme serait trs souhait par la socit algrienne. Je veux parler de signes, dappels et de comportements qui apaisent les tensions dans une socit qui est trs solidaire vis--vis de la Palestine. Cette solidarit est ancestrale et elle est motive par le patriotisme et la religion.


À combien estimez-vous la communaut juive en Algrie ?

Nous navons aucun recensement. Et il ne sagit pas domission ou de ngligence. LÉtat algrien est une Rpublique qui ne juge pas les gens sur la base de leur confession. Nous navons jamais pos une question un Algrien pour savoir sil tait de confession musulmane ou non. La communaut juive a un reprsentant. Il rencontre les services de mon ministre pour des consultations dordre protocolaire, changer des ides.


Les Chrtiens se plaignent galement souvent des difficults quils rencontrent pour exercer leur culte en Algrie. Allez-vous dlivrer des autorisations pour louverture de nouvelles glises ?

Sur le principe, oui. Mais dans la pratique, je veux faire une distinction entre les diffrentes entits. Nous avons des glises limage de lglise catholique qui est trs engage, trs srieuse et qui a assez de lieux de culte pour pratiquer sa religion. Ce nest pas le cas dune nouvelle entit de Chrtiens venus en Algrie. Je citerai le cas des Coptes et des Anglicans venus pour travailler dans le pays dans le cadre de contrats avec des socits trangres. Ces deux catgories ont bnfici de la coopration de lglise catholique qui leur a cd certains lieux de culte. Le problme se pose au niveau des glises protestantes parce quelles sont diverses. Lglise protestante est disloque actuellement. Il y a eu des problmes internes qui ne concernent pas notre ministre. Donc, certaines
communauts protestantes nont pas dglises. Elles ont recours la location de villas et de locaux usage commercial pour exercer leur culte. Ce qui nest pas compatible avec les lois de la Rpublique. Celles-ci exigent ce que lglise ait lapparence dun lieu de culte, quelle soit scurise et quelle soit soumise une autorisation pralable.



Peuvent-ils obtenir des autorisations sils dposent des demandes ?

Lautorisation (pour louverture dun lieu de culte) est accorde par la commission nationale de la gestion du culte autre que musulman. Bien quelle soit prside par le ministre des Affaires religieuses, cette instance est compose de plusieurs secteurs et dpartements ministriels. Une concertation souvre chaque fois quune demande est dpose. Certaines demandes examines au niveau de cette commission ont t rejetes en labsence des conditions requises. Un tage dun immeuble ou une cave ne peuvent tre convertis en lieu de culte par exemple. Mais actuellement, le problme est que la loi sur les associations caractre religieux, quelles soient dobdience musulmane ou autre, tarde tre promulgue. Chose qui fait que ni les mosques, ni les coles coraniques, ni les zaouas, ni les glises, ni les synagogues ou autre association caractre religieux ne sont conformes la loi. Nous avons soumis le texte et nous attendons depuis 2013.


Les mouvements chiites et les vanglistes activent en Algrie. Sont-ils considrs comme un danger ?

À mon sens, oui ! Soumettre des Algriens au proslytisme, quil soit vanglique, chiite ou wahabite par exemple, est une mauvaise apprciation de leur intelligence. On ne peut pas rpondre certaines proccupations dordre socital en poussant les concerns se convertir une autre religion. Je crois que lAlgrie a besoin dune autre loi complmentaire, sinon dun amendement, pour que la loi contre le proslytisme (non-musulman) prenne en charge aussi le proslytisme sectaire tel que le chiisme, le bahasme ainsi que le takfirisme. Ces sectes activent en Algrie. Elles exploitent les besoins des classes les plus sensibles et les plus ncessiteuses pour les amener changer leur religion ou leur rite. Et cela est



dangereux
Avez-vous une ide sur le nombre des Algriens qui se dplacent lextrieur du pays et qui sont endoctrins par des mouvements sectaires ?

Nous avons mme leurs noms. Ils sont des dizaines. Nous avons 40 50 Algriens qui sont Qom en Iran pour tudier le chiisme. Une trentaine dAlgriens se sont dplacs au Ymen o une branche radicale du salafisme qui tend vers le takfirime existe. Les autres sont parpills dans le monde musulman.


Quelles sont les mesures que lÉtat va prendre concernant ce problme ?

Les lois de la Rpublique ninterdisent pas aux Algriens dapprendre ou de voyager en allant en Arabie Saoudite ou Los Angles. Mme la France narrive pas interdire ses ressortissants de se dplacer vers la Syrie. Ce qui nous intresse au niveau du ministre, cest de ne pas permettre ces gens davoir des activits au sein des mosques et des coles coraniques. Cest pour cela que nous avons mis la retraite et cart de nos mosques certaines personnes.


Y-a-t-il un suivi de ces mouvements et de leurs leaders ?

LÉtat les suit de trs prs ! Nous avons les rapports, les noms, les lieux de rassemblements, les mosques. Mais ce ne sont pas des informations que nous utilisons pour contrecarrer ce mouvement. Pour le faire, nous avons une autre approche qui consiste riger et promouvoir le rfrent religieux national. Et cette approche nous a t bnfique. Beaucoup de gens qui sautoproclamaient salafistes par exemple ont rejoint le rfrent religieux national. Ce rfrent, bien quil soit frapp du sceau malikite, ne rejette pas lautre. Nous acceptons ces gens dans nos conseils scientifiques et comme imams, condition quils se soumettent au rfrent religieux national avec lhabit traditionnel et en partageant les convictions du conseil scientifique national.


Est-ce que votre ministre contrle les mosques et les imams sachant que des prches radicaux sont dnoncs dans certaines mosques ?

Je peux dfier quiconque de me donner le nom dune mosque o il y a un prche radical qui na pas t pris en charge. Nous ne contrlons pas limam en amont, mais en aval. Cest une dmarche de responsabilisation. Limam est accept tant quil est engag respecter le rfrent religieux national. Lorsquun imam rdige son prche et quil sgard, il est interpell par le conseil scientifique. Si linstance dcouvre que la cause est sectaire, limam est orient vers la commission paritaire qui excute les lois de la Rpublique. La sanction peut aller jusquau licenciement. Cest notre faon de faire et elle est efficace. Les garements sont trs minimes. Nous avons, par exemple, appel les imams observer la prire de labsent aprs le crash de lavion militaire. Nous avons rencontr des rticences chez certains qui ont refus de le faire en se rfrant au rite malikite qui considre que la prire de labsent nest pas autorise. Nous les avons sanctionns. Dans cette affaire, il y a eu une minorit de salafiste qui a t radie.


Y-a-t-il une coordination entre votre ministre et les services de scurit pour le contrle des mosques ?



Nous avons une troite coopration. Nous sommes destinataires de tous les rapports des services de scurit concernant la vie cultuelle, musulmane ou autre. Nous les lisons, nous les analysons et nous les prenons en compte dans la gestion du culte dans le pays. Pour la mosque, sachez quelle nest pas contrle seulement par les services de scurit qui rdigent des rapports chaque prche sinon au quotidien. Le deuxime contrle est celui de lassociation de la mosque qui reprsente la socit civile. Le troisime est celui de la presse qui rapporte chaque drapage. Nous avons galement les lettres anonymes des citoyens auxquelles nous ragissons. Et nous avons enfin le contrle de linspection gnrale qui est prsente dans toutes les wilayas et qui fait des rapports sur les drapages.
Mais certaines mosques sont contrles par des salafistes Nous navons pas dimams salafistes au sens sectaire du terme. Nous sommes trs strictes avec eux. Ceux qui ont une interdpendance un cheikh ou autre gourou qui les gre partir dun pays ou dun laboratoire sont rejets et ne sont pas accepts en tant que imams. La gestion administrative et officielle du culte a fait quil y a un islam officiel, un islam de la socit. Jai dit au tout dbut de ma nomination que je ferai en sorte ce quil y ait un seul islam. Je veux rconcilier la socit avec son islam.


Vous avez dclar que le jene tait un droit priv. Est-ce que les non-jeneurs peuvent manger en public ?

En mappuyant sur une tradition authentique du prophte Mohamed (QSSL), javais dit que le jene est dordre priv. Il nest pas apparent. Vous ne pouvez pas savoir si je jene ou non, si je ne le dclare pas. Labstinence recommande cette discrtion. Cette relation trs prive entre le Crateur et sa crature. Ensuite, jai dit que le jeneur na pas sexhiber en public. Tout comme le non-jeneur qui doit faire preuve de discrtion aussi. Djener en groupe sur la place publique durant la journe, pendant le ramadan, est une sorte datteinte la horma dans une socit conservatrice. Des sociologues soulignent cette spcificit algrienne dune socit qui a pous le jene comme le rite le plus pointu de lislam. Des gens ne font pas la prire, mais jenent. Alors que ce pilier vient avant celui du jene. Une socit qui considre quelle est protectrice de ce rite et cest pour cela quil y a une grande sensibilit. Cela tant dit, on ne va pas faire des fatwas contre ces agissements parce quils ne relvent pas de la religion. On ne va pas, non plus, demander aux forces de scurit de les interdire parce que cest dordre priv. Mais la socit a le droit de simmuniser.


Concevez-vous les arrestations et les poursuites judiciaires comme une solution ?

Ce nest pas la solution et larrestation doit avoir une rfrence juridique. À ce sujet, nous avons constat dautres signes de djener autour de mosques. Des salafistes radicaux observant le coucher de soleil lil nu. Ils interrompent le jene sept huit minutes avant lappel du muezzin. Cest aussi une autre manire de sriger contre la socit. Je voudrais dire que sexhiber ainsi en faux devant la socit pour manifester son refus vers lÉtat ou le gouvernement est dangereux. Car ces actes appellent dautres agissements et pourraient susciter une chane de ractions. Ce qui est radical et interpelle le radicalisme. Cest pour cela que jai essay dapaiser la situation travers mes propos.


À Ghardaa, des Mozabites revendiquent la reconnaissance officielle du rite ibadite ?

Nous refusons de considrer le rite malikite comme tant une doctrine officielle de lÉtat algrien, car cet État nest pas sectaire. Dailleurs, aucun texte de la Rpublique ne considre le rite malkite comme tant le rite officiel du pays. Cest pourquoi il ny aura aucun texte qui officialisera le rite ibadite. Cela tant dit, je considre quil sagit dun faux dbat, un garement. Nous avons un rfrent religieux national dont les sources sont le Coran et la tradition du prophte et qui se dcline en Algrie travers le rite malikite, ibadite, hanafite. Jai lu tous les manuels de sciences religieuses, du primaire au lyce, je retrouve le cach sunnite. Il est vrai quon retrouve des dtails malikites parfois. Des garements dans la rdaction des manuels scolaires ont t enregistrs dans les annes 1990 o on a considr le rite ibadite comme tant un rite kharidjit. Ce qui est faux ! Cest une faute commise par la commission de rdaction. Je crois quelle a t corrige mme si elle a laiss des squelles.


Considrez-vous ce qui se passe Ghardaa comme un conflit confessionnel ?

Non, mais il y a une instrumentalisation de ces rites pour faire perdurer les perturbations. Ni les coles, ni les zaouas, ni les moques nont utilis leur appartenance malikite contre les Ibadites. Au contraire ! Je me suis dplac Ghardaa. Nous avons organis une prire du vendredi dans laquelle il y avait des Ibadites et des Malikites. Je voudrais vous signaler aussi que le conseil scientifique national est compos de Malikite, Ibadites, Chaftes et Hanbalites. À Ghardaa, linstrumentalisation se passe au niveau de la Toile, travers des ouvrages, des dpliants distribus aux jeunes et en se rfrant dautres mouvements comme le salafisme. La chane MBC, par exemple, a diffus un discours haineux contre les Ibadites. Ce genre de choses a un impact. Au niveau doctrinal, les Malikites au mme titre que les Ibadites, font la prire presque de la mme faon. Ils font la lecture du saint Coran de la mme faon et lisent la mme version. Ce qui les unit est plus consistant que ce quil les dsunit,
Quelle est votre position sur le Hadj sachant que le coronavirus a dj fait des dizaines de morts en Arabie Saoudite et que des pays ont recommand le report du plerinage ?

Cest une dcision qui nest pas religieuse. Toutefois, jai interpell le conseil scientifique national pour me donner un avis parce que le plerinage est conditionn par la capacit (physique). Ce conseil a interrog des mdecins qui ont dit : il ny a pas de danger imminent et il ny a pas de pandmie. Cest pour cela que nous nallons pas ajourner le plerinage. La maladie touche surtout les personnes ges, les femmes enceintes et les malades chroniques. Nous avons lanc un appel en direction de ces catgories et leurs familles pour les inviter ajourner leur plerinage.
Le projet de la grande mosque dAlger enregistre un retard. Pourquoi ?
Il est d plusieurs paramtres. Jai t nomm ministre en mai 2014. Jai fait une visite sur le terrain et jai dcouvert que le taux de ralisation est hauteur de 25% alors que nous aurions d tre 60%, selon les prvisions. Jai prfr le dire en public pour que toute la socit le sache et jai fait un rapport. Je suis actuellement assist par un bureau dtudes algrien. Nous allons prendre une dcision avant le 20 juillet. Nous nallons pas renouveler les contrats avec certains partenaires que je ne vais pas citer.


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