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Mohammed VI : mosques marocaines sous surveillance

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Manqool Mohammed VI : mosques marocaines sous surveillance

Mohammed VI : mosques marocaines sous surveillance




En interdisant aux imams toute activit politique ou syndicale, le roi du Maroc Mohammed VI renforce son ascendant sur les lieux de culte. Un processus entam il y a plus de dix ans.
"Il est interdit aux prposs religieux d'exercer toute activit politique ou syndicale ou mme de prendre une position caractre politique ou syndical. Ils sont, en outre, tenus de respecter les principes de l'cole malkite, de la doctrine acharite, les constantes de la nation et tout ce qui est d'usage au Maroc." En dictant ce dahir ("dcret royal") le 26 juin, en plein ramadan, le roi Mohammed VI a verrouill le discours religieux dans les mosques.
Sa formulation, la fois tranchante et trs ouverte - ce qui n'est pas nouveau dans les lois marocaines -, donne la Commanderie des croyants un pouvoir discrtionnaire qui lui permet d'largir son contrle sur les lieux de culte, tout en gardant la latitude de svir chaque fois qu'elle le juge ncessaire.
Si l'interdiction d'affiliation un parti politique et un syndicat est claire, rien ne prcise ce que sont "une position caractre politique", les "constantes de la nation", et "ce qui est d'usage au Maroc", mme si tout le monde comprend implicitement qu'il s'agit de respecter la lecture officielle de la religion, c'est--dire un islam d'État et non celui de courants radicaux venus d'Orient.
Attnuer le poids lectoral du PJD, lutter contre le jihadisme ou contrer les fatwas extrmistes, les raisons du tour de vis sont multiples.
"À un an des lections communales, un tel dahir sert couper les ailes du Parti de la justice et du dveloppement [PJD, islamiste, au pouvoir], qui a des relais dans les mosques", analyse Youssef Belal, auteur du Cheikh et le Calife - Sociologie religieuse de l'islam politique au Maroc (ENS ditions, 2011). "Limiter l'influence du PJD est un enjeu minime face au gros souci du moment : le jihadisme", rtorque Hassan Tarek, membre du bureau politique de l'Union socialiste des forces populaires (opposition).
Prise de contrle du champ religieux depuis les attentats du 16 mai 2003
Attnuer le poids lectoral du PJD, lutter contre le jihadisme ou tout simplement contrer les fatwas extrmistes - comme celle appelant l'assassinat d'un journaliste mise en 2012 par l'imam Abdellah Nhari -, les raisons de ce tour de vis sont multiples. Et ce dcret royal n'est pas une surprise en soi : il fait partie d'un processus de prise de contrle du champ religieux entam depuis les attentats du 16 mai 2003 Casablanca.

Le souverain aprs les attaques de Casablanca, le 18 mai 2003.
Abdelhak Senna/AFP
Ce vendredi noir, le Maroc a ralis qu'il n'tait pas l'abri du terrorisme, mme s'il collaborait troitement avec les États-Unis depuis le 11 Septembre. Dirig l'poque par Abdelkbir Alaoui M'Daghri, le ministre des Habous et des Affaires islamiques ne possdait pas le pouvoir d'encadrement qu'il dtient actuellement. Le ministre tant souvent critiqu pour "sa tolrance" envers les courants salafistes, les services scuritaires taient chargs de suivre "l'islam politique" au Maroc, d'autant qu'ils dtenaient une expertise avre sur les membres de la Jama ("communaut") Al Adl wal Ihsane de Cheikh Abdessalam Yassine, fervent opposant au rgime.
C'est durant cette priode que des imams notoires comme Hassan El Kettani, Abou Hafs ou Mohamed Fizazi faisaient des prches incendiaires contre George W. Bush et appelaient dialoguer avec les frres islamistes. L'espace public tait envahi par des brochures et des cassettes au discours rtrograde et appelant au jihad, poussant la police faire des descentes pour les rcuprer.
Jusqu'en 2003 donc, la lutte contre le radicalisme tait purement scuritaire, sans grande participation du ministre du culte marocain. Lorsque le coeur de Casablanca est ensanglant, tout change. L'État, branl, dcrte des arrestations massives parmi les islamistes (ou prsums tels) : 7 000 personnes sont vises, dont les leaders de la Salafia Jihadia et mme des membres du PJD (alors dans l'opposition). Ce dernier, englouti dans ce magma islamiste-jihadiste-takfiriste, mme s'il a toujours prt allgeance au rgime, tombe en disgrce.
Contrle des mosques
Le roi dcide de rinvestir le champ religieux en jetant le discrdit sur toutes les doctrines wahhabites, mais aussi en reprenant le contrle des mosques. Le salut du Maroc ncessitait un "nettoyage" des cerveaux des prposs religieux (imams, prdicateurs, muezzins...) qui, parfois par ignorance et simple fraternit musulmane, flirtent avec les ides radicales.
En 2005, l'État cre une chane de tlvision et une radio coraniques pour contrer l'islam satellitaire (Al-Jazira, Iqraa, Al-Manar...). "C'est bien une tentative, car il est impossible de nos jours de prtendre un contrle mdiatique", prcise Mohamed Nabil Mouline, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (France) et auteur du Califat imaginaire d'Ahmad al-Mansr (PUF, 2009).
En 2004, Mohammed VI prononce un important discours Ttouan (Nord), l'un des bastions des salafistes, pour tracer les contours de sa nouvelle politique religieuse : restructur, le ministre des Habous sera officiellement charg d'encadrer les mosques. Paralllement, le roi enclenche un vaste programme de lutte contre la pauvret, l'Initiative nationale pour le dveloppement humain (INDH), destin en priorit rhabiliter les quartiers priphriques des villes marocaines o a clos l'islam radical. Il doit aussi renforcer les actions culturelles pour la jeunesse et les plans de logements sociaux grand renfort de crdits garantis par l'État.
Mais la premire action innovante en matire d'encadrement religieux est lance en 2006 : une "Imam Academy" dispense une formation oubliant l'opposition manichenne entre haram et halal pour s'ouvrir aux sciences humaines. Les femmes peuvent y devenir morchidate ("conseillres religieuses"). Une premire dans le monde arabe ! Dans le centre rgional des oulmas de Bab Chellah, Rabat, hommes et femmes coutent un certain Ahmed Abbadi, l'un des architectes de cette formation, parler de la musique underground, du harclement sexuel, du chmage des jeunes... incitant ses lves rpondre aux vrais soucis de la population.
Les morchidate sont multitches : assistantes sociales, aides de vie, confidentes... À travers elles, l'État vhicule son discours sur un islam tolrant, consign dans le Guide de l'imam, du sermonnaire et du prdicateur, labor par le ministre pour leur offrir des "lments de langage". En contrepartie, elles peroivent un salaire de 4 000 dirhams (335 euros) largement suprieur celui des imams (souvent quasi analphabtes), qui n'ont droit qu' 800 dirhams. Pour viter toute tension sociale, ces derniers seront augments en 2012. Une revalorisation que l'État a paye lui-mme, hauteur de 541 millions de dirhams pour 46 000 imams.
Cours d'alphabtisation dans les mosques

Avec des religieux bien forms, plus ou moins bien rmunrs, les mosques se refont une jeunesse. Rduites au simple rle de lieu de prire sous Driss Basri, l'ancien tout-puissant ministre de l'Intrieur de Hassan II, et fermes en dehors de celle-ci, elles redeviennent peu peu des lieux de sociabilisation. Aprs la prire d'El-Asr (au milieu de l'aprs-midi), les femmes suivent les cours d'alphabtisation dispenss par une morchida ou une lima ("thologienne"). Jamais un tel programme n'a eu autant de succs : il est parfaitement adapt la culture des Marocains, qui, pour beaucoup, prfrent apprendre dans la maison de Dieu que dans une cole publique.
Le roi pouvait donc facilement imposer sa vision de l'islam, mme dans le domaine des fatwas - un acte libre pour tout thologien. Il rnove le Conseil suprieur des oulmas, instance place sous sa tutelle directe, et le charge d'mettre des avis religieux chaque fois qu'il doit calmer une polmique ou contrecarrer un religieux indomptable. "On se rappelle encore d'Ahmed Rassouni, ancien leader du Mouvement Unicit et Rforme, oblig de quitter le Maroc cause de ses fatwas irrvrencieuses", prcise Youssef Belal.
Roi et religion
Depuis les attentats de Casablanca, le roi tend donc son emprise, ce qui entrane par moments une confusion avec la sphre politique. Ainsi, les imams avaient largement milit en faveur du "oui" au rfrendum constitutionnel de 2011. Et la surprise gnrale, on a vu les soufis de la Zaouiya Boutchichia, historiquement neutre, dfiler pour appeler voter dans le mme sens.
"Ces attitudes sont en contradiction avec le discours officiel de dpolitisation des mosques. En ralit, le pouvoir ne veut pas y interdire la politique, mais y imposer ses propres vues", lche un membre de l'organisation Al Adl wal Ihsane. Moins virulent, Abdelali Hamieddine, dput du PJD, ne remet pas en question le dahir royal mais souligne "qu'il est impossible de dissocier la mosque de la politique, vu son rle historique de mobilisation de la population". Les islamistes ont compris que cet tau qu'est la tutelle du roi sur la religion se referme lentement sur eux...
"Plutt que de s'engager dans le champ religieux - avec tous les risques de confusion dans son rle politique que cela comporte -, le roi pourrait crer une instance place sous son haut patronage et charge de dterminer toute la politique religieuse", propose le chercheur Mohamed Nabil Mouline. Cette ide, qui n'est certes pas neuve, revient demander une Commanderie des croyants non excutive, symbolique. Ce qui est en soi une avance dans la sparation du religieux et du politique. Mais c'est oublier que le concept d'Amir Al Mouminine est beaucoup plus large, historique, et permet au pouvoir de revendiquer une certaine lgitimit. Autre limite de cette ide : crer une institution intermdiaire pourrait clricaliser le religieux, ce qui est contraire l'esprit de l'islam, ou du moins la pratique sunnite.




 

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