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La Libye en plein chaos : fallait-il vraiment renverser Kadhafi ?

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2014-08-05
 
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Manqool La Libye en plein chaos : fallait-il vraiment renverser Kadhafi ?

La Libye en plein chaos : fallait-il vraiment renverser Kadhafi ?


Bernard-Henri Lvy, Dominique Simonnet, Pascal Bruckner et bien d'autres avaient pris position il y a 3 ans en faveur de l'intervention militaire occidentale. Le regrettent-ils, maintenant que le pays est plong dans la guerre civile ? Leurs rponses.



Face au chaos qui rgne en Libye, devenu trois ans aprs la chute de Mouammar Kadhafi un vaste champ d'affrontements entre milices, certains commencent douter de l'opportunit de l'intervention occidentale de 2011.
Dans son ditorial du 30 juillet, "Le Monde" dresse le bilan "du naufrage de la rvolution" et s'interroge sur la "pertinence" d'une opration que le quotidien avait pourtant approuve : "Washington, Paris et Londres ont-il eu raison de mener cette campagne de bombardements ariens qui a permis aux rebelles de l'emporter sur Kadhafi ? [...] Questions auxquelles, au regard du chaos qui emporte la Libye, il est difficile d'chapper."
Le 16 mars 2011, le quotidien avait publi un texte d'intellectuels appelant un engagement urgent des Occidentaux en Libye. Parmi les signataires : Bernard-Henri Lvy, Pascal Bruckner, Nicole Bacharan, Dominique Simonnet ou encore Frdric Encel. Regrettent-ils d'avoir sign ? Avec le recul, doutent-ils finalement du bien-fond de l'opration militaire ? Voici leurs rponses.
Dominique Simonnet, crivain, l'initiative du texte

On ne peut pas prner l'indiffrence et la non-intervention au nom d'un futur hypothtique"

"'Le Monde' a raison, il est impossible de ne pas se poser la question. Que fallait-il faire ? Faut-il regarder des crimes abominables commis par un Etat ou un dictateur contre son propre peuple sans bouger ? Faut-il intervenir ? Ces questions n'ont pas de rponse simple, c'est toujours un pari sur l'avenir.
A l'poque, j'tais avec mon ami Andr Glucksmann, nous discutions de la Libye et nous tions absolument terrifis par ce qu'il se passait. Andr m'a pouss crire un texte. Nous l'avons rdig en 2 heures. Je l'ai propos au "Monde" qui a donn aussitt son accord. L'intervention ensuite a fait dbat, mais pour nous, l'ide tait de pousser un cri, d'essayer de mobiliser les politiques, de susciter chez eux, si ce n'est l'envie d'intervenir, mais au moins celle de rflchir, de prendre leur responsabilit. C'tait une prise de position morale.
Kadhafi tait en train de massacrer son peuple dans une abomination sans nom. Je pense qu'il tait impossible de ne pas dire : "Faisons quelque chose, nous qui avons les moyens d'intervenir".
S'il n'y avait pas eu d'intervention, la Libye ne serait-elle pas dj dans le chaos ? On ne peut pas se permettre de prner l'indiffrence et la non-intervention au nom d'un futur hypothtique. La Libye rsume trs bien toute la question des droits de l'homme aujourd'hui et des interventions au nom des principes dmocratiques et de la libert.
Que font les dmocraties face des peuples qui sont en souffrance ? Il ne peut pas y avoir une rponse gnrale. Parfois, on aide et on avance, parfois c'est un chec. Quelque soit l'option choisie, on est toujours perdant dans cette histoire... Ou je dirai plutt, on n'est perdant qu'aux yeux de ceux qui restent assis et ne bougent pas.
Peut-on faire mieux ? L, une autre question se pose, une question de dmocrate : jusqu'o intervenir ? Peut-on aller jusqu' construire une dmocratie malgr un peuple ? Non, il faut aussi que le peuple qui rclame de l'aide reprenne son destin en main. Mais malgr tout, c'est vrai qu'il faudrait une mobilisation plus importante, un poids politique plus important, notamment au niveau europen, pour que l'accompagnement du peuple en dtresse se fasse au mieux, mais on ne peut vivre sa place non plus."
Bernard-Henri Lvy, philosophe

Kadhafi serait un autre Bachar al-Assad"

"Que se serait-il pass si l'Occident n'tait pas intervenu ? La guerre se serait sans doute installe. La Libye serait peut-tre devenue une sorte de Syrie. Kadhafi serait, aujourd'hui, un autre Bachar al-Assad. Et le nombre des morts libyens se chiffrerait en dizaine de milliers, pour ne pas dire davantage.
J'ajoute quil y a l une vraie question de principe. Un vnement ne se juge pas ses consquences. Ni ces consquences leurs possibles et propres consquences. On ne juge pas le prsent en fonction de son ventuel futur dont, par dfinition, nous ne savons rien. Ou bien soit : mais alors, personne ne bouge, et cette ventualit d'un prsent rinterprt par avenir lourd de pripties, de drames, de tragdies imprvisibles paralyse toute espce d'action et d'initiative.
Bref, je n'ai, pour ma part, aucunement chang davis. Il fallait sauver Benghazi. Il fallait lever le sige de Misrata bombarde. Il fallait montrer que l'Occident n'tait pas l'alli, par principe, des tyrans contre les peuples. Il fallait, pour notre part au moins, casser le mauvais ressort de la guerre des civilisations et montrer que les dmocraties ne pariaient pas, a priori, sur je ne sais quelle impossibilit ontologique de la dmocratie dans le monde arabe. Et ceux qui ont donn sa chance la libert et au droit, Sarkozy, Cameron et, dans une moindre mesure, Obama, vous verrez que l'Histoire rendra justice."
Nicole Bacharan, historienne et politologue

On ne peut pas faire de brouillon de l'Histoire"

"Fallait-il intervenir ? C'est une question laquelle on ne peut rpondre ni par oui ni par non. En 2011, Kadhafi et ses fils promettaient que le sang allait couler dans les rues et il y avaient toutes les raisons de les croire sur parole. Un carnage tait annonc. L'Otan a tent de l'arrter. Si l'intervention n'avait pas eu lieu, le carnage aurait eu lieu, et peut-tre qu'aujourd'hui, au vu ce qu'on voit en Syrie ou ailleurs, la Libye aurait tout de mme plong dans la guerre civile. On ne peut pas faire de brouillon de l'Histoire.
J'ai sign cet appel, je n'ai pas de regret de l'avoir fait. Nous ne sommes ni des militaires, ni des politiques, nous n'avons pas pris la dcision. Nous avons donn notre point de vue qui a t une petite contribution dans une prise de dcision. Je pense que mme les politiques ne savent pas plus que nous ce qu'il faut faire avec le monde musulman qui est en train d'exploser. J'ai l'impression qu'on est dans des situations o il n'y a que des mauvaises options.
Aurait-on pu faire autrement ? Faire autrement, cela aurait voulu dire envoyer des troupes au sol et rester prsent. Est-ce qu'il faut considrer la possibilit que les troupes de l'Otan occupent l'ensemble des pays qui sont en train d'exploser ? Peut-tre que ce serait bien, mais c'est juste impossible matriellement et, surtout, les chances de succs ne sont pas runies. Encore une fois, nous avons ragi un carnage imminent. Nous n'avons pas de solution long-terme. Personne n'en a."
Frdric Encel, matre de confrences Sciences-Po Paris, auteur de"Gopolitique du printemps arabe" ( paratre)

La France a tenu son rang"

"Je me posais cette question avant mme de signer. Les consquences gopolitiques d'un acte de guerre, on ne les connait jamais compltement. On peut les subodorer, on peut imaginer ce qui va se passer, et bien videmment cela va peser dans la balance. Il y a des variables de prises de dcision. Moi, ma variable en soutenant l'intervention l'poque, c'tait de sauver Benghazi. Parce que a c'tait du sr, de l'immdiat. Pourquoi ? Parce que Kadhafi tait l'un des dictateurs les plus violents et des plus dstabilisateurs du monde arabe. Aussi, on tait en plein dans les rvolutions arabes. D'autre part, Kadhafi avait menac de faire couler des rivires de sang et d'anantir la rbellion.
Pour toutes ces raisons, je pensais, et je pense toujours, qu'il fallait tout faire pour l'en empcher. Il y avait ce qu'on peut appeler une fentre d'opportunit. Je considre que rares sont les moments dans l'Histoire o l'on peut intervenir, o la faisabilit est l et o l'immdiatet du crime venir s'impose, et donc il faut y aller. D'autant que nous avons obtenu une rsolution au Conseil de scurit de manire parfaitement loyale.
Au regard de la porosit des frontires, du caractre trs tribal et trs clanique de l'opposition, du nombre d'armes individuelles et de missiles dont disposait l'arme libyenne, on risquait d'aboutir une dstabilisation de la rgion. C'est en partie ce qui s'est produit, certes. C'tait un risque. Il a fallu se battre au Mali, mais c'est la France qui y a t. J'assume d'autant plus postriori que nous avons, nous Franais, la fois sauv Benghazi et d'autres endroits de Cyrnaque d'un massacre, et que nous avons ensuite "contribu" rparer les consquences induites par cette intervention en sauvant Bamako, avec l'aval du Conseil de scurit, de toute la rgion et mme de l'Algrie, une fois n'est pas coutume. La France a tenu son rang.
En ce qui concerne les consquences gopolitiques, je pense qu'il faut assumer ses choix et ventuellement tre prt sacrifier des moyens et peut-tre des hommes pour contribuer colmater les brches qui auront t ouvertes du fait de notre action.
Mais la France n'a pas de marge de manuvre pour aider davantage. Les puissances occidentales sont aujourd'hui capables d'courter la longvit du pouvoir d'un dictateur -pas partout-, de temps en temps nous avons les moyens d'imposer des sanctions conomiques, des sanctions logistiques comme avec l'Iran, mais nous ne pouvons pas construire un Etat. Ce qui est triste, c'est que nous ne pouvons mme pas proposer une espce de plan Marshall parce que les Occidentaux sont dsargents. Et qui donnerait-on les fonds ? A quel Etat ?"
Pascal Bruckner, crivain

Nous ne sommes pas comptable de ce que les Libyens font de leur libert"

"L'intervention tait parfaitement lgitime l'poque, nous n'avons pas rougir. Nous ne sommes pas comptable de ce que les Libyens font de leur libert une fois qu'ils ont t affranchis de Mouammar Kadhafi. Par consquent, je pense que nous avons sauv les Libyens d'un massacre et ce qui se passe aujourd'hui est de la seule responsabilit des Libyens eux-mmes. On n'aurait pas pu faire autrement dans le cas de la Libye.
L'intervention a t trs bien mene et a t exemplaire. Il n'y a pas eu d'intervention terrestre, on a permis aux Libyen de se dbarrasser de leur dictateur. Qu'ils s'entretuent aujourd'hui, c'est malheureux mais ce n'est plus de notre ressort.
Quand on accompagne, on est accus d'ingrence, d'imprialisme, c'est toute la difficult de ce genre de dmarche. C'est aux Libyens de se dbrouiller avec ce qu'ils ont. La France peut intervenir de manire diplomatique ou politique, elle peut soutenir un des deux camps. En Libye, c'est le chaos tribal, c'est le chaos des rgions, mais tout cela tait dj en germe au moment de la guerre contre Kadhafi. On connaissait le contexte, mais il faut rappeler que c'est une intervention qui a t dcide presque en une nuit, dans l'urgence.
Il n'y a pas que la Libye, le monde arabo-musulman est dans un chaos absolu. Donc cela dpasse le cas libyen. La question aujourd'hui est de savoir si nous prfrons un dictateur aux islamistes. Et beaucoup de gens prfrent la dictature."
Propos recueillis par Sarah Diffalah Le Nouvel Observateur
















































 

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