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Souffrir en silence pour quelques dinars

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2014-08-17
 
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Manqool Souffrir en silence pour quelques dinars

Souffrir en silence pour quelques dinars








Censs avoir leur place sur les bancs de lcole, apprendre, jouer, rver et croquer la vie pleines dents comme le leur permettent linsouciance et linnocence de leur ge, des enfants, beaucoup denfants, sont plongs les pieds joints dans le monde du travail. Un monde qui nest nullement le leur. Un monde qui, souvent, les engloutit et fait deux des loques humaines, les dpouillant de leur enfance. Et pourtant !


Au milieu de la poussire, sous un soleil de plomb, tte nue, vtue dune robe crasseuse qui lui arrivait aux chevilles, et des sandales en caoutchouc, Nadia aurait pu, dans une autre poque, inspirer Hans Christian Andersen, quand il avait crit le conte de La Petite Marchande dAllumettes. Sauf que lhistoire de Nadia nest pas un conte, mais une ralit. Une bien amre ralit qui se poursuit dans le temps. A peine 12 ans, les paules frles supportant une tte dans laquelle sentrechoquent lourdement ses dsillusions et un soupon despoir malgr tout, elle ne va plus lcole depuis plus de deux ans.
Rencontre au bord du tronon autoroutier reliant Alger Blida, elle avait, suspendu son bras, un grand couffin rempli de galettes et de pains traditionnels. Aprs moult tentatives, elle a accept, non sans une certaine pudeur, de raconter sa petite histoire. Chaque jour, laube, ma mre prpare une grande quantit de galettes que je vends aux automobilistes qui empruntent ce tronon. Je nai pas choisi de faire a, mais la vie na pas t tendre avec nous, lance-t-elle, acceptant difficilement ce qui semble tre les injustices de la vie. En effet, Nadia a perdu son papa au moment o elle avait le plus besoin de lui ; il a t fauch par la mort dans un accident de la circulation.
Elle sest donc retrouve seule face un monde sans piti. Ane de trois surs et dun frre d peine trois ans, elle a dcid dendosser un rle qui nest pas le sien pour venir en aide, courageusement, sa famille. Ce quelle y gagne ? Quelques pices qui servent peine nous maintenir labri de la faim, rpond-elle, avouant quelle aurait tant aim poursuivre ses tudes comme tous les autres enfants. Sauf que voil, elle na personne pour subvenir ses besoins et ceux de sa famille. Et pour cela, elle doit travailler, travailler trs dur malgr ses 12 ans.
Khemmas, hammal, manuvre et enfant
Beaucoup sont ces enfants qui, comme Nadia, travaillent pour gagner de largent. Toutefois, certains dentre eux sont exploits par des individus sans scrupules. Un tour au niveau de certains marchs de lAlgrois a dmontr que le phnomne a atteint des proportions alarmantes et prend diffrentes formes. Youcef a 13 ans, mais en parat 10. Sa petite taille, sa pleur et sa maigreur lui donnent un air maladif. Et pourtant il est dun dynamisme qui laisse pantois. Rencontr au march de gros des fruits et lgumes de Bougara, lest de Blida, lui aussi a sa petite histoire. Je nai jamais t bon lcole.
Et puis, nous sommes nombreux la maison et il ny a que mon pre qui travaille. Je dois donc laider. Mais en faisant quoi ? En chargeant et en dchargeant des cageots de fruits et de lgumes. Je suis un hammal (porteur, ndlr). La rmunration nest pas fameuse, mais pour des gens qui meurent presque de faim, cest quelque chose. Ce que je regrette, par contre, cest quon vit dans un pays o le riche senrichit de plus en plus, alors que le pauvre, quil crve, personne ne sen soucie, dit-il, lair plutt lger alors que son regard, si lointain, dnote dune profonde amertume. Subitement, il met fin ce petit entretien qui a d le replonger dans sa triste ralit.
Livr lui-mme, Youcef nest-il donc pas protg par la loi algrienne ? Cette dernire autorise-t-elle le travail des enfants, voire leur exploitation ? Trop belle la loi, diront certains. Pas trop loin de Bougara, aux Eucalyptus, un autre march de gros des fruits et lgumes, dautres enfants chargent et dchargent de grosses caisses, trop lourdes pour leurs petits bras. Sid Ali est lun deux. Il a 15 ans et dj toute une vie remplie non de rves et dambitions, mais de misre et de dtresse. Ny allant pas par quatre chemins, il a expliqu que travailler cela le connat depuis lenfance. Nest-il donc plus un enfant ?
Il sourit cette question, alors que ses yeux sembuent de larmes. De toute faon, mme si je suis un enfant, a change quoi ma situation ? Aussi loin que je men souvienne, jai toujours travaill, si ce nest pas en tant que hammal, cest en tant que khemmas (initialement, ouvrier agricole exploit autrefois par les colons en Algrie, ndlr). Limportant, cest de gagner du fric et de me sortir de la mouise, a-t-il mentionn, dtournant vite son regard pour ne pas laisser voir son chagrin et peut-tre mme une larme quil na pas russi retenir.
Sid Ali et lenfance vole
Sid Ali et lesprance bafoue. Cest en effet un Sid Ali qui nous rappelle le petit Omar de La Grande Maison de Mohamed Dib, sauf que pour celui-l le climat dltre et la misre dans lesquels a souffert le peuple algrien pendant le colonialisme franais expliquent pourquoi il a travaill malgr son trs jeune ge. Ce qui, par contre, ne sexplique pas, cest pourquoi en 2014 et dans une Algrie libre et dmocratique, avec plus de 200 milliards de dollars de rserve, des enfants sont obligs de travailler, parfois plus dur que des adultes pour subsister ?
Pourquoi Youns, un autre enfants de 14 ans, qui, pour se nourrir, doit-il travailler comme manuvre sur un chantier de construction, sans aucun matriel de protection et bien sr sans tre dclar par son employeur la scurit sociale ? Combien de Youns la socit algrienne aura-t-elle sur la conscience ? Combien de Sid Ali et de Youcef sont exploits dans les 1597 marchs qui existent en Algrie ? LAlgrie exploite-t-elle donc les enfants ?
Les chiffres qui accusent
Et comme dhabitude, aucune statistique fiable. Ce qui a t estim ntant que la partie apparente de liceberg. Hadj Boulenouar, porte-parole de lUnion gnrale des commerants et artisans algriens (UGCAA), a estim que le commerce est le secteur dactivit par excellence o les enfants sont exploits. Parfois avec lapprobation de leurs parents, mais dautres fois leur insu. En principe, tout enfant est interdit daccs aux marchs. Que font donc les directions concernes ? Mais pas que cela. On voit des enfants vendre des journaux surtout au niveau des stations de bus.
Certains buralistes les exploitent honteusement. On les fait travailler galement dans le domaine de lagriculture. Des enfants souvent dans le besoin qui on fait peur et quon oblige mentir pour ne pas dnoncer leurs employeurs, a-t-il expliqu, ajoutant que quand ils tombent entre les mains de voyous, ces enfants apprennent vendre autre chose, dont la drogue et les objets vols. Effrayant, en effet, et inquitant. Hadj Boulenouar se demande o sont donc passs les contrleurs du commerce, les collectivits locales, le ministre de la Solidarit et celui du Travail, le ministre de la Sant, les services de scurit et aussi les associations des droits de lhomme ?
Selon lui et daprs les estimations de lUgcaa, le nombre des enfants travailleurs au niveau de tous les marchs dAlgrie a dpass les 2000 en 2013. Alors quen 2011, lOrganisation internationale du travail (OIT) a fait tat de deux millions de mineurs algriens exploits sur le march du travail. Quelques annes plus tt, soit en 2008, une ONG belge a avanc le chiffre de 1 800 000. Toutefois, ce sont l des statistiques quil faut prendre avec prcaution, vu linexistence dtudes fiables et de rfrences officielles. Et en matire de rfrences, lOffice national des statistiques (ONS) na pas jug utile de les communiquer, si toutefois elles existent.
Et pour ce qui est du ministre du Travail, de lEmploi et de la Scurit sociale, Akli Berkati, directeur des relations professionnelles et du contrle des conditions de travail lInspection gnrale du travail (IGT), explique que chaque anne une inspection gnralise est accomplie, sauf que cest souvent difficile davoir la preuve que des enfants sont exploits. On intervient sil y a une relation de travail, donc une relation employeur/employ, que ce soit dans le secteur priv ou public, formel ou informel.
Indiquant que pour la plupart des enfants exploits dans le secteur des services et du commerce, il a dit que le nombre des enfants travailleurs est trs minime, natteignant mme pas le 1%, et ce, selon les enqutes effectues par lIGT dans le cas prcis employ/employeur. Selon lui, le taux de ces enfants tait de 0,04% pour 14 201 organismes contrls en 2014, soit 32 enfants dans un effectif de 79 063, et de 0,02% pour 12 984 en 2013, soit 17 enfants dans un effectif de 84 738 personnes. M. Berkati appelle, toutefois, faire la part des choses, se demandant si la mre dun enfant ou ses deux parents sont considrs comme des employeurs. Ils ne le sont pas, en effet, aux yeux de lIGT.
De son ct, le prsident du rseau Nada, Abderrahmane Arrar, a qualifi le travail des enfants, que ce soit dans le formel ou linformel, de violation de ses droits. Alors que lAlgrie a ratifi la Convention du 3 avril 1984, relative lge minimum au travail, ainsi que celle du 20 novembre 1989, relative aux droits de lenfant et adopte par lAssemble gnrale des Nations unies. Le 28 novembre 2000, elle a ratifi la Convention internationale relative linterdiction des pires formes de travail des enfants et laction immdiate en vue de leur limination.
Pour ce qui est de la lgislation algrienne relative aux relations de travail, la loi 90/11 du 21 avril 1990 a t promulgue, dont larticle 15 stipule que lge minimum requis pour un recrutement ne peut en aucun cas tre infrieur 16 ans, sauf dans le cadre de contrats dapprentissage. Lordonnance n35-79 du 16 avril 1976, relative lenseignement et la formation stipule, elle, que lenseignement est obligatoire et gratuit pour tous les enfants gs de 6 16 ans.
M. Arrar a dnonc les parents dont la responsabilit est flagrante et appel lEtat aider ces familles pour sortir de leur situation vulnrable afin de ne plus pousser leurs enfants travailler. Concernant les commerants, il a indiqu que leur responsabilit est dabord sociale avant dtre commerciale. M. Arrar, qui espre une prochaine rvision des lois, a appel chaque partie, notamment la socit civile, assumer sa part de responsabilit afin de mettre fin ce flau.
Au niveau du rseau Nada, il a expliqu que toute une stratgie de plaidoyers a t dveloppe, cela est pass devant le Conseil du gouvernement et il passera bientt devant lAPN pour une protection plus efficace des enfants. En attendant, beaucoup denfants sont exploits et leurs droits viols en toute impunit. Beaucoup dassociations se targuant de protger les enfants observent un silence droutant et ne sortent de leur hibernation qu loccasion de la Journe mondiale de lenfance. Pauvres enfants !


Meriam Sadat




 

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