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Un jour, tous patrons !

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2014-08-23
 
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Manqool Un jour, tous patrons !

Un jour, tous patrons !






A se fier ce que disent de nombreux jeunes, on y court, peste Samir. Aujourdhui, tout le monde veut tre maalem (patron), sans pour autant passer par la case employ, dcrte cet entrepreneur dans le BTPH. Il est vrai que la main-duvre dserte les chantiers et que mme les bureaux de recrutement peinent combler le vide des quipes, renchrit quant lui Mahmoud, chef de chantier.


Quelle est la raison de cette dsaffection ? La rponse est vidente : cause de lAnsej et autre, les jeunes ont pris got largent facile, au travail ponctuel et sans fournir defforts. Cest la gnration chemise (pour la chemise en carton qui contient leur dossier dposer pour lAnsej), assne Samir. Dailleurs, affirment-ils, il est de plus en plus difficile pour certains entrepreneurs de trouver des ouvriers et des manuvres. Quand jen discute avec certains dentre eux, ils me rpondent quils ne voient pas pourquoi schiner sur un chantier pour 1500 DA la journe, alors que dautres voies sont possibles pour gagner plus dargent et moindre effort ! , explique lentrepreneur.
Et lune de ces voies de plus en plus privilgie est la cration dentreprise. Mais quelle entreprise ! Lon donne de largent un jeune, il achte une petite camionnette ou un minibus les fameuses Spouka, et il fait du transport. Alors mme que les lignes sont dj satures. Et l, il travaille quand et comme il veut, sans soucier des rels besoins publics en la matire, critique Mahmoud. Et si le constat semble flagrant dans le domaine de la construction, il lest aussi dans dautres domaines.
Dailleurs, il devient tout autant compliqu de trouver un ouvrier, au-del de sa qualification, dans des branches o il faut se salir les mains : maon, peintre, plombier, etc. Cette mentalit Ansej a-t-elle modifi le rapport des Algriens au travail et tout particulirement chez les jeunes adultes ? Cela commence beaucoup plus tt, car il y a un systme de rente gnralise qui sest install, estime le professeur Abderrezzak Benhabib, directeur de recherche en conomie luniversit de Tlemcen.
Lon a coutume de dire que les Algriens - ou tout du moins certains - ne veulent pas travailler, quils rechignent leffort. Mais les racines sont beaucoup plus profondes et commencent ds le jeune ge. Lcole est gratuite, les tudes sont gratuites, les soins et services sont gratuits, numre le professeur. Et ce systme dassistanat perdure, ancrant dans lesprit collectif que lEtat doit tout, fait tout. Ce qui se rpercute sur ltat desprit avec lequel les jeunes se lancent dans laventure de cration dentreprises via financement. Et cest dailleurs cette conclusion que le professeur Benhabib est arriv, au terme dune tude quant lentrepreneuriat fminin.
Assistanat pour une prise de risque nulle
Cette tude, qui a dur plus de deux annes, porte sur les dterminants environnementaux et individuels de lentrepreneuriat. Il nous est apparu que le premier handicap pour, par exemple, lentrepreneuriat fminin, est la famille, entame-t-il. Mais, et linverse de ce qui peut gnralement freiner la cration dune entreprise, la variable prise de risques est quasiment nulle, dit-il, avant dtayer : En Algrie, ce qui peut entraver un individu dans lentrepreneuriat se rvle tre environnemental - famille et autres- et non pas les risques pris ou la peur de lchec.
Le professeur Benhabib explique cette contradiction des facteurs par le fonctionnement mme de lAnsej et de la perception quen ont les citoyens. Lon vous donne de largent mais sans obligation de rsultat. Cest cette image qui, tort ou raison, fausse les diffrentes variables en la matire, estime-t-il.
Cette absence de prise de risque motive dailleurs le choix mme du projet : transport ou services, explique pour sa part Sad Ziane, professeur en psychologie luniversit Alger II, qui a pris part une tude du Cread autour de ce type de dispositifs. La scurit du projet dicte ce refuge vers des projets faciles. Les jeunes et mme les banques et financiers ne veulent pas prendre de risques, en termes de crativit et dinnovation, car lon considre laspect physique dune entreprise avant toute chose, analyse-t-il. Ce qui laisse une trace certaine sur la psychologie du travail de ces personnes.
Limpact que peuvent avoir les crdits type Ansej, Cnac, Angem, ANDI et autres, est li la perception de lindividu quant , non pas la cration, mais la viabilit, la rentabilit et la gestion, ajoute-t-il. Il sagit donc de savoir si derrire le dossier se trouve un rel projet de vie, dintelligence conomique, prcise M. Ziane, ou sil ne sagit que de gagner de largent, sans cration de richesse, sans valeur ajoute pour la communaut et sans productivit. Et donc sans retour sur investissement pour les bailleurs de fonds.
Dautant plus que depuis lanne 2000, il est calcul que lEtat a financ une entreprise sur deux, rappelle Abderrahmane Abedou, directeur gnral adjoint du Cread. Et si le modle algrien est particulier justement de par son caractre public, il a eu le mrite, pour M. Abedou, de parvenir une mutation radicale dans le comportement des jeunes et dans leur rapport la vie active.
La comptitivit pour rpondre avant tout aux besoins publics
Aussi imparfait que soit ce dispositif, il nen demeure pas moins quil a inculqu les notions de travail libre, indpendant et entrepreneurial dans une socit o, il y a encore quelques annes, les seules entreprises, PME et autres, taient lhritage de quelques privilgis, senthousiasme-t-il.
Le couloir indpendant se dveloppe et il nest plus lapanage de fils de et denfants des hautes sphres, insiste-t-il.
Et lavantage des petites entreprises, cest que le patron lui-mme peut faire le travail, surtout sil est manuel. Car notre conomie a besoin de personnes qui rpondent aux besoins dutilit publique, via les petits mtiers et services. Mais une condition : laisser le march de lentrepreuneriat faire sa mue et dcider des crneaux porteurs et des besoins de la socit, conclut M. Abedou. M. Ziani abonde dans le mme sens.

Pour viter de se retrouver avec plus de patrons que de travailleurs, il est indispensable dadopter une stratgie globale de cration dentreprises, et une gestion selon les besoins de la socit, afin de crer un quilibre dans les offres. Et ce en sus de dvelopper les mtiers qui nexistent pas, considre-t-il. Une comptitivit salutaire, au vu des sommes engages par lEtat, qui garantirait un rel retour sur investissement. Ce que certains balaient dun revers de main.
Car au-del de lapproche conomique, mme teinte de psychologie, de tels dispositifs daide, cest laspect politique qui semble primer avant tout. Et pour cette paix sociale, lon fait fi de ltat de marche de lconomie nationale, ou encore du devenir des entreprises dont on a aid la cration. Cest simple, les gens ne jouent pas le jeu. La majorit des entrepreneurs versent dans limportation tous azimuts. Ou, au mieux, une petite unit de montage est installe.
Dans ce contexte de traficotage et de bricolage gnralis, que peut faire lEtat ?, note M. Benhabib, perplexe. Le dilemme est donc l, selon lui. Si lon va vers plus de svrit, lengouement diminuera, et par la mme, cela largira les brches que lon tente de colmater grce ces financements, prdit-il. 

Ghania Lassal






 

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11:23 PM

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