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Arme tunisienne : la grande dsillusion

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Grande commission mixte Algro-Tunisienne... Emir Abdelkader 0 2014-02-09 11:13 AM
La leon tunisienne Emir Abdelkader 0 2014-01-28 02:44 PM
Larme tunisienne tire sur des cibles suspectes au Mont de Chambi Emir Abdelkader 0 2014-01-06 12:18 PM
larme tunisienne nettoie Dour Smal Emir Abdelkader 0 2013-10-20 02:32 PM
Printemps arabe : la dsillusion Emir Abdelkader 0 2012-12-03 05:45 PM

 
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Manqool Arme tunisienne : la grande dsillusion

Arme tunisienne : la grande dsillusion




Incapable de venir bout des maquis jihadistes, mine par des querelles au sommet, gangrene par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enqute exclusive sur une institution en dsordre de bataille.
La scne a fait le tour du monde : des passants, par dizaines, accrochant des bouquets de fleurs la tourelle des chars de l'arme stationns l'entre de l'avenue Bourguiba, au centre de Tunis, en tmoignage de reconnaissance pour son rle pendant la rvolution. C'tait le 15 janvier 2011. Il y a une ternit. Le gnral Rachid Ammar passait pour un hros, pour l'homme providentiel.
Il tait celui qui avait dit "non" Ben Ali et refus de tirer sur le peuple. On apprendra par la suite que la lgende avait t fabrique de toutes pices par un obscur blogueur. Mais qu'importe ! L'institution militaire tait adule, porte aux nues. Aujourd'hui, le mythe a laiss place une autre vision : celle des corps meurtris de soldats, gorgs ou dchiquets par des mines sur les chemins escarps du jebel Chaambi. Depuis dix-huit mois, le pays a bascul dans la guerre contre le terrorisme, et la rgion de Kasserine vit dsormais au rythme des bombardements d'artillerie et de la danse macabre des ambulances.
>> Lire aussi notre dossier : ce que vaut vraiment l'arme tunisienne
Les assauts rpts de la katiba Oqba Ibn Nafaa, affilie Al-Qada au Maghreb islamique (Aqmi), ont port un coup terrible au prestige de l'arme et mis nu sa vulnrabilit. L'attaque du 17 juillet, qui visait un camp militaire Henchir Talla, a provoqu la mort de 15 soldats et en a bless 23 autres. C'est le plus lourd bilan jamais enregistr depuis la guerre de Bizerte contre la France, en juillet 1961.
Sous-dimensionne et mal quipe
Le mont Chaambi, frontalier avec l'Algrie, culmine 1 500 mtres d'altitude. Aucune comparaison possible avec Tora Bora, les crtes enneiges de l'Afghanistan et des zones tribales pakistanaises. C'est un massif bois d'une centaine de kilomtres carrs, accident mais qui n'a rien d'inaccessible. Comment, dans ces conditions, expliquer les revers successifs infligs aux militaires tunisiens et leur apparente incapacit reprendre le contrle du sanctuaire terroriste ? Les adeptes de la thorie du complot ont une rponse toute faite : l'appareil scuritaire est gangren.
>> Lire aussi : Terrorisme, la Tunisie touche au coeur...
Ennahdha et ses allis de la troka ont eu le temps de placer leurs hommes, d'infiltrer l'État : les jihadistes sont renseigns sur les dplacements des militaires et peuvent exploiter les failles du dispositif. Mais la ralit est plus nuance. Les gouvernements islamistes ont tard agir et laiss l'hydre terroriste prosprer pendant des mois. Chacun se souvient encore des dclarations d'Ali Laarayedh, le ministre de l'Intrieur, assurant benotement, l'automne 2012, que le Chaambi tait sr et que ses seuls occupants taient "des sportifs s'exerant faire fondre leur cholestrol". Aveuglement politique ? Certainement. Complicits ponctuelles ? Localement, peut-tre. Mais impossible de parler de stratgie dlibre.
Les chefs jihadistes, librs aprs l'amnistie gnrale de fvrier 2011, ont pu, grce la contrebande, se constituer un arsenal et un trsor de guerre.
L'autre explication, "fonctionnelle", sans tre entirement satisfaisante, a le mrite de cadrer le dbat. Forte de 35 000 hommes seulement - dont 27 000, en comptant les personnels de sant, pour l'arme de terre -, l'arme tunisienne est sous-quipe et sous-dimensionne. Ses matriels sont vieillissants. Ses soldats ne disposaient pas de gilets pare-balles - 30 000 ont t commands et un peu moins de la moiti ont t livrs depuis mai 2014.
>> Lire aussi : quelles capacits militaires pour la Tunisie en 2014
Les moyens hliports, indispensables aux actions commandos, font cruellement dfaut. L'arme ne possde toujours pas d'hlicoptres de combat modernes, quips de systmes de vision nocturne, de camras thermiques. Et, de surcrot, en 2011 et en 2012, les militaires ont t amens assurer des missions auxquelles son format ne la destinait pas : maintenir l'ordre public en ville aprs la rvolution, grer l'afflux dsordonn de millions de rfugis fuyant la dsintgration de la Libye, prvenir l'extension du conflit aux frontires, garantir la scurit des lections... et la tenue des preuves du baccalaurat !
C'est ce moment que les chefs jihadistes, librs aprs l'amnistie gnrale de fvrier 2011, ont pu, grce la contrebande, se constituer un arsenal et un trsor de guerre. Enfin, la stratgie initialement retenue aprs les premires escarmouches, en 2013 - l'encerclement du Chaambi pour limiter les pertes humaines -, s'est rvle contre-productive : elle n'a pas empch les soldats en patrouille de sauter sur les mines et a permis aux terroristes de gagner un sanctuaire.

Militaires en opration, non loin du mont Chaambi, le 2 aot. Reuters
Tiraillements politiques et thorie du complot
Mais il y a plus inquitant. L'union sacre, entre responsables politiques et chefs militaires, qui avait prvalu aprs la rvolution a cd la place la mfiance. Le prsident provisoire, Moncef Marzouki, s'est-il rellement laiss convaincre par ses conseillers que l'arme, incarnation de "l'État profond", tramait un complot ? Toujours est-il que, ds juillet 2012, ses relations avec le ministre de la Dfense, Abdelkrim Zebidi, seul "survivant" du gouvernement de transition form autour de Bji Cad Essebsi (mars-dcembre 2011), se dgradent.
Un vieux contentieux oppose les deux hommes. Zebidi tait ministre de la Sant publique en 2001 lorsque le dissident Marzouki a t relev de ses fonctions de chef de service de mdecine communautaire sous un prtexte fallacieux ("abandon de poste"). Cette fois le diffrend porte sur la prolongation de l'tat d'urgence. Zebidi et Rachid Ammar plaident en vain pour sa leve, car il puise les militaires et les empche de se concentrer sur leurs missions essentielles : la surveillance des frontires et la lutte contre le terrorisme. Marzouki passe outre.
En mars 2013, reint par cette guerre d'usure, Zebidi jette l'ponge et annonce qu'il ne souhaite pas tre reconduit dans ses fonctions. Il est remplac par Rachid Sabbagh, un magistrat honnte mais transparent. Ammar, isol, fait son tour l'objet de critiques pour son incurie et l'absence de rsultats militaires tangibles face aux terroristes. Les flches les plus acres manent de Mohamed Abbou, l'ancien secrtaire gnral du Congrs pour la Rpublique (CPR), la formation du prsident Marzouki, qui est constitutionnellement chef des armes.
C'en est trop pour le sourcilleux gnral, qui s'invite, le 24 juin, sur un plateau de tlvision pour faire valoir ses droits la retraite. Il est remplac, le 9 juillet, la tte de l'arme de terre par un colonel-major, Mohamed Salah Hamdi, ex-attach militaire Tripoli. Fin du premier round.
Tension et paranoa
Le second commence dans un climat de tension et de paranoa exacerb par le meurtre, le 25 juillet, du dput Mohamed Brahmi et par les vnements du Caire. Et si, avec la bndiction d'Alger, les militaires tunisiens, traumatiss par l'assassinat effroyable de huit soldats, gorgs et mutils au Chaambi, s'avisaient d'imiter le marchal gyptien Abdel Fattah al-Sissi ?
Convaincu de l'imminence d'un coup d'État, Marzouki dcide de faire le mnage et renouvelle le reste de l'tat-major dbut aot. Le colonel Nouri Ben Taous, un visiteur rgulier du palais de Carthage, est nomm au poste stratgique de directeur gnral de la sret militaire (la DGSM). L'institution est maintenant "sous contrle". Mais, dans les casernes, le moral est au plus bas et la colre gronde.
Le malaise clate au grand jour le 18 octobre, lorsque les trois prsidents (Moncef Marzouki, Mustapha Ben Jaafar, prsident de la Constituante, et Ali Laarayedh, le Premier ministre) sont accueillis aux cris de "dgage" par les membres des forces de l'ordre en uniforme alors qu'ils veulent assister aux obsques de deux membres de la Garde nationale, tus la veille Goubellat. Ils sont chasss de la caserne d'El-Aouina. L'humiliation est sans prcdent.
Henchir Talla, un fiasco vitable ?
Le dernier chapitre, qui n'est pas referm, dbute fin dcembre 2013, aprs la dsignation de Mehdi Joma au poste de Premier ministre. Joma, un technocrate indpendant, engage un bras de fer feutr avec Marzouki. Le prsident exigeait de pouvoir choisir "son" ministre de la Dfense (il avait avanc le nom d'Ahmed Adhoum, un magistrat). Joma refuse et impose Ghazi Jeribi, un juriste qui a prsid le tribunal administratif.
Aprs quelques mois de rpit, les tiraillements reprennent de plus belle, mais ils opposent cette fois le ministre de la Dfense la prsidence. Jeribi veut procder aux rajustements ncessaires et reprendre le contrle de la DGSM. Fin mai, il remercie le gnral Nouri Ben Taous et six de ses subordonns, au grand dam du locataire du palais de Carthage.
Ces changements brutaux ont-ils dstabilis le renseignement militaire ? Sont-ils indirectement l'origine de la tragdie de Henchir Talla ? C'est ce que suggrent nombre de pages Facebook proches du CPR. Elles s'appuient sur les graves rvlations faites la tlvision, le 18 juillet, par un syndicaliste policier, Sahbi Jouini. Une note date du 10 juillet - soit une semaine avant l'attaque jihadiste - aurait fait tat de l'imminence d'une opration d'envergure.
>> Lire aussi : Mehdi Joma et les leons de Henchir Talla
Le document, manant des services de renseignements tunisiens, aurait dcrit trs prcisment le scnario et le lieu de l'attaque, sa date prsume (le 17 de ramadan), le nombre des assaillants et les armes utilises. Par complicit ou par ngligence, cette note n'aurait pas t rpercute par la DGSM l'tat-major et aux units sur le terrain.
Qu'en est-il rellement ? D'aprs nos informations, c'est faux. La note, qui existe mais que Sahbi Jouini n'a pas eue entre les mains, voquait la forte probabilit d'une attaque, mais ne mentionnait pas l'arme comme une cible potentielle. Transmise fortuitement la DGSM, elle a bel et bien t rpercute. Il n'y a donc pas eu dysfonctionnement.
Fautes de commandement et mentalit archaque
Le 30 juillet, nouveau rebondissement : le ministre de la Dfense annonce la dmission du chef d'tat-major de l'arme de terre, le gnral Mohamed Salah Hamdi. A-t-on voulu lui faire porter le chapeau ? Fallait-il, encore une fois, changer de chef dans la tourmente et sous la pression des vnements ? Hamdi est-il la victime collatrale du conflit larv entre la prsidence de la Rpublique et le gouvernement ?
Comme nous l'ont confirm plusieurs interlocuteurs, le chef de l'arme de terre a bien t "dmissionn" par Jeribi. Une source trs au fait de ces questions confie : "Le courant ne passait pas entre le gnral Hamdi et le ministre de la Dfense, mais ce n'est pas la raison principale de son limogeage. Hamdi n'tait pas l'homme de la situation. Il tait de la vieille cole et ses mthodes taient archaques.
Il manquait de clairvoyance, d'audace et de poigne. Il y a eu du laisser-aller sous son commandement. Les circonstances de l'attaque de Henchir Talla sont accablantes. Le bivouac tait trs mal protg, alors que les units taient thoriquement en alerte rouge. Les secours ont mis presque une demi-journe vacuer les victimes, ce qui est aberrant."
Les fautes reproches au gnral dmissionnaire ne se limitent pas au fiasco du 17 juillet. L'arme de terre a reu livraison, en avril, de vhicules de transport amricains et turcs (des blinds de type Kirpi, qui ont fait leurs preuves contre les rebelles kurdes du PKK).
Des matriels disposant d'un blindage renforc, capable de rsister l'onde de choc provoque par l'explosion leur passage des Improvised Explosives Devices (IED), les mines artisanales utilises par les jihadistes du Chaambi, responsables de la mort de plusieurs dizaines de soldats au cours des deux dernires annes. Mais au lieu d'tre immdiatement dploys sur le thtre des oprations, Kasserine, ces vhicules dernier cri ont t aperus en parade, fin juin, au cours d'une crmonie l'acadmie de Fondouk Jedid...
Conue et formate pour rsister quelques jours une agression trangre, un combat de type conventionnel, l'arme doit dsormais s'adapter une guerre asymtrique, un ennemi invisible et imprvisible.
Elle le peut, condition de revoir sa doctrine, de varier les tactiques, de doter les units combattantes d'une vritable autonomie. En un mot : encourager la prise d'initiatives sur le terrain au lieu de la brider. C'est le dfi qui incombe maintenant au nouveau chef d'tat-major des forces terrestres, Ismal Fathalli, nomm le 12 aot en remplacement du gnral Hamdi.
Nouveau souffle
La situation est grave mais n'est pas dsespre, et la guerre n'est pas perdue. L'adversaire a t affaibli et sa logistique, dsorganise. La nouvelle stratgie oprationnelle de reconqute du Chaambi, mise en place le 11 avril, a permis de dloger les jihadistes de leur sanctuaire montagneux et les a forcs s'parpiller en plusieurs groupes, qui ont migr vers le jebel Sammama et le jebel Salloum.
Le Chaambi reste un point de passage mais n'abrite plus de camp permanent. En ville, les cellules dormantes d'Ansar el-Charia, harceles en permanence par la police, ne parviennent plus mettre excution leurs projets d'attentat. Les flux financiers s'asschent, obligeant les terroristes improviser des hold-up, comme rcemment dans une agence bancaire Mgrine. Enfin, les nouveaux quipements commencent arriver. La vente de 12 hlicoptres de combat polyvalents Black Hawk l'arme de l'air vient d'tre officiellement confirme, le 15 aot, par Jacob Walles, l'ambassadeur des États-Unis

 

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