> >

[] [ ]

Ces constantes nationales qui divisent les Algriens

(Tags)
 
Les chrtiens dIrak divisent le deal EIIL-sunnites nostalgiques de Saddam Emir Abdelkader 0 2014-07-23 06:07 PM
Des personnalits nationales lancent un appel pour la paix au Mzab Emir Abdelkader 0 2014-02-13 10:46 PM
L'cole, les constantes nationales et la modernit Emir Abdelkader 0 2013-05-16 01:39 PM
Les Algriens du Canada Emir Abdelkader | french Forum 0 2012-08-13 03:20 PM
les Algeriens 1 2010-06-20 10:21 PM

 
LinkBack
  : ( 1 )  
2014-09-07
 
:: ::

  Emir Abdelkader    
: 11609
: Aug 2011
:
:
:  male
:
: 45,944 [+]
: 3119
: Emir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond repute
Manqool Ces constantes nationales qui divisent les Algriens

Ces constantes nationales qui divisent les Algriens






Et revoil les fameuses constantes nationales ! Remises au got du jour la faveur des dernires consultations sur la rvision constitutionnelle.


En guise dintro, Ahmed Ouyahia, voulant rassurer la classe politique, dclarait quelques jours avant le coup denvoi de ces mouchawarate, que le prsident Bouteflika na pos aucune limite pralable au projet de rvision constitutionnelle hormis celles relatives aux constantes nationales et aux valeurs et principes fondateurs de la socit algrienne.
Comme quoi, des lignes rouges, il y en a tout de mme. Mais quelles sont ces thawabit el wataniya auxquelles se rfre continuellement la littrature officielle ? Qui mieux que le FLN pour nous clairer sur le sujet ? Sad Bouhadja, charg de communication du parti joint par nos soins, citera, en loccurrence, le caractre rpublicain de lEtat, lislam comme religion de lEtat, les trois lments constitutifs de lidentit nationale, savoir lislam, larabit et lamazighit. Il y a galement lunit nationale, dtaille-t-il. Le drapeau national tel quil est aujourdhui est un symbole intangible, ajoute notre interlocuteur en soulignant que ces thawabit renvoient aux spcificits de la socit algrienne.
Les lments voqus par Sad Bouhadja recoupent dans une large mesure larticle 178 de la Constitution qui, sans citer explicitement le mot constantes, numre un certain nombre de principes immuables. Que dit cet article ? Toute rvision constitutionnelle ne peut porter atteinte : 1 - au caractre rpublicain de lEtat ; 2 - lordre dmocratique, bas sur le multipartisme ; 3 - lislam, en tant que religion de lEtat ; 4 - larabe, comme langue nationale et officielle ; 5 - aux liberts fondamentales, aux droits de lhomme et du citoyen ; 6 - lintgrit et lunit du territoire national ; 7 - lemblme national et lhymne national en tant que symboles de la Rvolution et de la Rpublique.
Beaucoup de sang a coul pour ces valeurs
Question lgitime : qui a dcid du contenu de ces constantes ? Celles-ci semblent, lorigine, constituer un repre pour une nation en pleine construction et engage dans un processus de diffrenciation vis--vis du rcit colonial. Au sortir de la Guerre de libration, les pres de lindpendance entendaient ainsi doter le pays, frachement affranchi du joug colonial, dun socle identitaire. Comme lexplique Sad Bouhadja, le concept de thawabit el oumma a t forg dans le creuset du mouvement national. Elles trouvent leur fondement dans la Rvolution assure le porte-parole du FLN. Sad Bouhadja sempresse toutefois de prciser que ce socle de valeurs renvoie aux premires rsistances populaires ( loccupation franaise, ndlr) depuis lEmir Abdelkader.
Pour lui, ce sont des valeurs indiscutables. Ce nest pas laffaire de Bouhadja, comme le pensent certaines formations politiques microscopiques. Cest une question cruciale pour laquelle beaucoup de sang a coul pour affirmer les spcificits fondamentales de la socit et de lEtat-nation algriens. Comme en cho cette assertion, dans le prambule de la Constitution, on lit : Aboutissement dune longue rsistance aux agressions menes contre sa culture, ses valeurs et les composantes fondamentales de son identit que sont lislam, larabit et lamazighit, le 1er Novembre aura solidement ancr les luttes prsentes dans le pass glorieux de la nation.
Ben Bella : Nous sommes Arabes !
En creusant un petit peu, il apparat que nos chres constantes censes cimenter la nation sont, en ralit, un objet hautement idologique et fortement clivant. Ces valeurs consensuelles trahissent, bien y regarder, les reprsentations des tenants du pouvoir et traduisent un contenu identitaire impos par le haut. Cest un secret de Polichinelle : le clan qui sempara du pouvoir en 1962 tait chaperonn par Nasser et son chef du renseignement, Fethi Dib. A peine libr, Ben Bella se rend au Caire, sa ville de cur, avant daller Tunis scander : Nous sommes arabes ! Nous sommes Arabes ! Nous sommes Arabes ! Dans la Constitution quil fera concocter la salle Majestic de Bab El Oued, il est clairement dit : LAlgrie se doit daffirmer que la langue arabe est la langue nationale et officielle et quelle tient sa force spirituelle essentielle de lislam.
La dimension amazighe de notre identit est compltement occulte. Dans la Constitution de 1976, un alina de larticle 19, consacr la rvolution culturelle, stipule que celle-ci a pour objectifs, entre autres, de veiller adopter un style de vie en harmonie avec la morale islamique et les principes de la rvolution socialiste, tels que dfinis par la Charte nationale.
Cette vieille antienne, qui passe pour tre la chasse garde de la famille rvolutionnaire, est en ralit revendique par un segment plus large de la socit que certains dsignent sous ltiquette : Les islamo-conservateurs.

Mettre sur la dfensive les forces modernistes
Dans un texte intitul : Les intellectuels algriens et la crise de lEtat indpendant et o il dresse un comparatif entre lites arabophones et francophones, Lahouari Addi crit : Llite arabophone, linverse des francophones, ne se limite pas sa fraction servant dans les appareils centraux de lEtat. Elle est aussi fortement prsente dans la socit o elle se pare du discours religieux dans lequel se reconnat le petit peuple. Intervenant trs souvent la tlvision, les intellectuels arabophones y dfendent les valeurs sociales partir de la morale religieuse et y dfendent ce que le discours politique appelle en Algrie les constantes nationales (ettawabite el watania) qui sont principalement au nombre de deux : la langue arabe et lislam.
Pour Hamid Ferhi, coordinateur national du MDS, ce discours sur les constantes est destin faire chec au projet moderniste. Il ny a aucun doute que ce concept renvoie un discours idologique invent par le systme pour mettre sur la dfensive les forces modernistes et de progrs. Exactement comme le vocable de famille rvolutionnaire qui est venu voler lensemble de la socit la rvolution de Novembre. Une sorte de mot dordre loppos de un seul hro le peuple analyse-t-il. Et de poursuivre : Cette faon de dfinir lidentit soppose lidentit moderne, lalgrianit. Cest dire une synthse de toute notre histoire avec ses autres dimensions, africanit, mditerranit, etc. Elle soppose surtout son intgration dans luniversalit. Nous partageons avec nos voisins ce triptyque. Accepterions-nous dtre confondus avec les Marocains ou les Tunisiens ? interroge-t-il.
La meilleure faon de protger et de promouvoir ces constantes, cest de les mettre labri de tous les enjeux et manipulations politiciens en sparant clairement le politique du religieux, en garantissant de manire effective la pratique religieuse, en donnant le statut officiel tamazight prconise Hamid Ferhi.
Benghebrit et Mohamed Assa dans le collimateur des salaf
Force est de le constater : loin de constituer ce cadre rassembleur, les constantes divisent les Algriens. Traditionalistes et modernistes scharpent la moindre confrontation. Et il en est ainsi de tous les sujets sensibles caractre socital. Quil sagisse du statut de la femme, du code de la famille, de la rforme de lcole, des programmes des chanes de tlvision, de lofficialisation de tamazight, de la place de la langue franaise dans la socit (cette langue trangement algrienne, comme dit Khaoula Taleb Ibrahimi), la question des valeurs de la nation rejaillit avec fracas. On la constat encore loccasion de ce Ramadhan. Pour la deuxime anne conscutive, des djeuners rpublicains sont organiss en Kabylie en revendiquant la libert de culte et de conscience.
Ali Benhadj rplique en allant prier Tizi Ouzou. Abdallah Djaballah sen meut avec vhmence en qualifiant ces citoyens dhrtiques (interview accorde au site : ɡ - - poste le 9 juillet 2014). Chargeant les partisans de la lacit, il martle : La lacit est la plus grande hrsie de lhistoire de notre nation, et la rclamer vous exclut de la religion. Dans une caricature mmorable, Dilem, brocardant le mme Djaballah propos de sa position sur lofficialisation de tamazight, se fend de cette bulle : Pour que le tamazight soit conforme nos valeurs arabo-musulmanes, il faut quil soit crit et parl en arabe.
Dans le mme registre, on a vu le flot de critiques qui se sont abattues sur le nouveau ministre des Affaires religieuses, Mohamed Assa, de la part des salafistes, trop libral leur got. Son seul tort est davoir fait preuve de tolrance en clamant son respect des non-jeneurs et pour stre dit favorable la rouverture des synagogues. Quon se souvienne aussi de la campagne souleve par la nomination de Mme Benghebrit la tte de lEducation nationale. Au-del du procs qui lui a t intent sur ses prtendues origines juives, cest son projet pour lcole qui drange. Autre pomme de la discorde : la rconciliation nationale. Dans le brouillon de la nouvelle Constitution, la moussalaha est nommment rige au rang de constante.
Ce qui a provoqu lire des familles des victimes du terrorisme et des familles des disparus. Cela revient consacrer limpunit et couvrir les crimes venir, dnonce un chef de parti. Et si la vraie constante, finalement, tait le changement ? Un mot dont le rgime ne veut surtout pas entendre parler

Les thawabit et les cheveux de lquipe nationale

Il nest pas jusquaux coupes de cheveux des joueurs de lquipe nationale qui naient fait jaser, surtout avant leur belle prestation brsilienne. Plusieurs voix sont montes au crneau peu avant le Mondial, portes sur le pavois par la presse conservatrice, pour leur faire la morale en pointant leurs coiffures juges trop occidentales et remettant en cause leur algrianit.
Elles ne refltent pas notre culture arabo-musulmane, dplorait un ancien international invit sur Ennahar TV. Dautres mdias versant dans le populisme, relays par les rseaux sociaux (ou linverse ?), nont eu de cesse daccabler la cool attitude des Saphir Tader, Nabil Ghilas ou encore Carl Medjani et ses tatouages exhubrants, tout comme ce fut le cas avec Abdelkader Ghezzal en son temps et sa crte de coq en pte.
Sur sa page facebook, le chercheur Sad Djabelkhir, spcialiste du soufisme, rpondra ironiquement aux auteurs de ce procs capillaire en se fendant de cette rplique cinglante : Je demande ce quon impose le hidjab, le jilbab et le niqab aux joueurs de lquipe nationale Cest la tenue qui reflte au mieux les constantes nationales et les composantes de lidentit algrienne.


(M. B.)

Mustapha Benfodil






 

()


: 1 ( 0 1)
 

Ces constantes nationales qui divisent les Algriens




12:14 AM

Powered by vBulletin Version 3.8.7 .Copyright 2000 - 2015, Jelsoft Enterprises Ltd
Search Engine Optimization by vBSEO ©2011, Crawlability, Inc.
- - -
Designed & Developed by shababdz.com
2014,