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A-t-on attendu tout ce temps pour avoir "a" ?

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2014-10-02
 
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A-t-on attendu tout ce temps pour avoir "a" ?

Ouverture de laudiovisuel : A-t-on attendu tout ce temps pour avoir "a" ?






-Quattendent les Algriens de leurs tlvisions ?

Cette question, vous le savez, est une sonde sur des ralits dune extrme complexit. Je prends le parti de rsumer ma rponse dans cet espace sans trop rduire, jespre, les enjeux de ces attentes de la socit algrienne en face du mdia tlvision qui trne dans la quasi-totalit des foyers du pays.Les tlvisions des Algriens de 2014, comme je lentrevois, ce sont celles dEtat (ENTV), les nouvelles chanes commerciales lances depuis le printemps 2012, et bien sr une foultitude de tls des autres, satellitaires, qui, force dtre pratiques en toutes langues, admises domicile des moments de toutes familiarit, voire intimit, meublent les temps de frquentation au gr de jeux de tlcommande sans doute dbrids.
Objectivement, comme disaient les marxistes, des auditoires diffrencis les pratiquent grande chelle de temps et de postes allums (et bien sr la dmultiplication astronomique des frquentations via internet) plus ou moins assidment. Par la force des choses, elles sont devenues leurs, car progressivement choisies et devenues familires de pratiques. Pour le meilleur et le pire ; lessentiel est den prendre acte : notre mtier nest pas de moraliser. La nouvelle donne des dcennies 2000 en matire de pratiques de la tlvision et des nouveaux mdias tend rduire les schmes nous et eux ; le processus de mondialisation a fait son lit, pour le meilleur et le pire l encore.
Mais je ne veux pas esquiver votre question sur leurs au sens de chanes les ciblant directement en premier lieu : les 5 canaux de loffice public ENTV, et les nouvelles tls commerciales.

Permettez-moi, juste avant dy rpondre, un prambule de cadrage. Dans lensemble des pays dvelopps (et lAlgrie a tous les atouts den tre) ds les annes cinquante du sicle dernier, le triptyque informer/divertir/cultiver a t fond en socle de conception et de production des programmes des mdias audiovisuels. On disait ces pays capitalistes ; ils sont sous lempire du nolibralisme dont ils nous imposent le carcan, pour autant ils ont fond et institu rsolument un atout et un levier de dmocratie : le service public de laudiovisuel. En accompagnement, des services commerciaux rguls ont permis le dveloppement des entreprises commerciales, devenues firmes transnationales redoutables et rentables pour le PIB des pays dorigine. Je note que les dirigeants autant des Etats-Unis, que de la France, du Royaume-Uni, du Canada, etc. ont eu une constante nationale des dcennies durant pour respecter le dveloppement dmocratique de leur pays : un service public de laudiovisuel, moteur de leurs cultures et du dveloppement de leur espace public politique.
Notre lancinante question, en Algrie est : comment les indus hritiers dominants de lindpendance nationale ont-ils pu si rsolument russir nous fabriquer les constantes nationales de lEtat-FLN en radiquant toute projection dun service public de laudiovisuel et comment peuvent-ils continuer de nous fourbir, via les tls et radios dEtat, des propagandes qui nont de semblables quen Core du Nord ? Ce nest bien sr pas le produit de la nature, mais des rapports de pouvoir ; cest le produit on va dire dattentes diffres. Ce que les dominants ont attendu de lindpendance nationale est totalement diffrent de ce que la socit en a attendu. Ce que les dominants nont cess de construire une tlvision sous monopole et divers clones de dclinaison, ces dernires dcennies nest toujours pas conu pour respecter les attentes lgitimes de la nation.
Un pouvoir dEtat qui, durant un demi-sicle, na pas respect la volont des urnes na rien cirer des attentes de la socit en matire de droit la communication audiovisuelle. Ses agents chargs de grer le domaine soccupent actuellement animer avec le moins de tension possible la transition en cours pour russir un objectif vital : comment dfendre le bunker dun pouvoir dEtat non issu durnes libres contre la socit objectivement branche sur une multitude dautres sources libres de propagande et dinformation (internet dfonant la muraille : les images dernirement de policiers algriens surpris par vido voler Ghardaa) ?


Lamulette trouve depuis le printemps 2012 est : des tls prfabriques limage dune centaine de quotidiens privs sur les quelque 130 actuellement imprims : donner lillusion dun dcor pluraliste de scne mdiatique. Des gourous trs proches des pouvoirs publics managent ces entreprises dun nouveau type. Au vu du droit, elles sont au moins allgales, sinon illgales ; mais elles ont un ssame : laccrditation. Elles sont invites aux crmonies les plus officielles, prise en charge logistique comprise, comme les repas de leurs reporters. Le test de leur qualification entrer dans le gotha des premires tls prives libres dAlgrie, admises nous sortir du monopole dEtat sur laudiovisuel, a t le scrutin davril dernier, celui du forcing adoubant le quatrime mandat de M. Bouteflika.

En fait, la socit algrienne a attendu tout ce temps de dni de droit la libert de communication pour avoir a ?...

-Les Algriens peuvent-ils se reconnatre dans les nouvelles chanes tlvises ? Celles-ci refltent-elles vritablement les dsirs et les incertitudes de la socit ?

Un programme de tl, de radio, un article de journal, une entre dans un blog, un livre, un film vu au cinma, etc., sont des moments dapprentissage et dexprimentation de la nouveaut, celle directement lie lactualit culturelle, spirituelle, politique et qui donne des cls pour comprendre mieux la vie de sa socit et du monde. Les entreprises en activit dans ce domaine, y compris commerciales, sont mises en demeure de respecter un aspect essentiel de leurs produits : ils tiennent de valeurs symboliques et ne sont pas simples marchandises.
Les pays rgis par lEtat de droit prsentent cette distinction que les populations qui y vivent disposent, on va dire, dun arsenal qui permet une majorit davoir accs des sources plurielles dinformations gnrales, politiques, culturelles, etc. Le service public de laudiovisuel, partout dans ces pays, a en charge de concevoir et fabriquer des programmes attendus par les auditoires. Ces programmes nourrissent le lien social, en parallle avec le systme ducatif. Les responsables des chanes sont tenus de rendre compte en matire de respect des cahiers des charges affrents. Les tls de droit priv ont leurs propres obligations, spcifiques, moins coercitives. Mais elles ont des obligations quand mme.

Quest-ce qui arrive dans ce systme dbrid marquant lAlgrie : un tout-venant de chanes dversant un tout-venant de programmes (essentiellement de flux achets en catgorie Z des marchs internationaux, ou de tl-crochets populistes exprimant des ras le bol des gens). Les acteurs qui tirent les ficelles de fabrique ne sont pas visibles. Aucune ligne ditoriale nest dclare. Peut-elle exister dailleurs dans cette situation de march informel ? Franchement, je nai pas le sentiment que la machine mise en branle ces dernires annes dans lactivation des tls prives aille dans le sens du respect des principes universels du droit la communication. Dans lentendement de nos gouvernants, le pluralisme de lexpression est le danger combattre ; le mdia tl tant tellement prsum de toute-puissance dans son influence sur les masses depuis lindpendance. La tentation totalitaire de son contrle a encore de beaux jours, sinistres pour les citoyens.

-Lex-Yatima, lENTV, a-t-elle forg les gots des spectateurs algriens ?

Cest la faute capitale que commettent lensemble des idologues et conseillers des gouvernants autoritaires ou totalitaires : dans le sicle prsent, aucun mdia ne peut fonctionner en piqre hypodermique sur la socit. Durant les dcennies 60, 70 et 80, les sons de cloche mdiatique de la voix de son matre taient chargs duautorit et defficacit, cimentes implacablement par lancienne scurit militaire et le DRS. Ce ntait pas la teneur des discours, et encore moins un impact sui generis de loutil technique radio ou tl qui ont, eux seuls, t lorigine effectivement dun certain conditionnement, ou tout le moins dans de larges franges de la population, dun rel dficit de participation critique la vie politique et qui se manifeste par une dmission caractrise multiforme.
Prenons lexemple de situations comme la Tunisie de Ben Ali, la Lybie dEl Gueddafi et lEgypte de Moubarak. Les propagandes totalitaires dont ont bnfici, mthodiquement, ces dirigeants nont plus eu dimpact ds lors que la main de fer des services sest relche. Dans ces situations dextrme contrle, les trois socits ont retrouv leurs repres de rsistance et dexpression libre.
Des travaux de recherche rcents tendent valider lhypothse que cest la politique de censure forcene des rgimes Ben Ali et Moubarak contre laccs internet qui a fait se cristalliser le recours au mga-mdia, chez les jeunes citadins en particulier. On sait comment lexpression mondialise vers internet dabord a fait braquer les tls satellitaires sur ces pays et prcipit la chute des rgimes.
Effectivement donc, il y a des forces de formatage qui peuvent oprer quelque temps sur des auditoires ; mais comme le dit la sagesse universelle, on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps.

Jai le sentiment et la conviction que la socit algrienne a russi puiser de nouveau au trfonds delle-mme pour ragir avec plus dintelligence et dalternative contre la pesanteur de la dmission face aux indus programmes des mdias audiovisuels dEtat et des tls commerciales. Il nest que de faire rfrence aux clats originaux dexpression via internet du mouvement Barakat la prsidentielle magouille davril dernier ; ou des post de vidos, photos et commentaires sur la vie pastichant et dcortiquant lactualit politique nationale avec humour. Je crois beaucoup en la valeur thrapeutique de lhumour (mais pas de la maligne drision), en ses capacits forger des dclics salvateurs, autant pour la sant de la personne que de la socit.

-Dans quelle mesure la nomination dune personnalit issue dune formation politique la tte de lAutorit de rgulation de laudiovisuel peut-elle influer sur lorganisation du secteur ? Miloud Chorfi serait aussi fondateur dune chane prive (El Ajwaa). Est-il possible, votre avis, dtre juge et partie ?

Nous sommes l, je crois, au nud gordien du questionnement. Juge et partie, dites-vous. Les valeurs et les ressorts de fonctionnement de lEtat de droit interdisent ce type de micmacs auxquels ont recours naturellement les pouvoirs publics dans notre pays.
Dans lesprit du concept mme dinstance autonome de rgulation de laudiovisuel (la mise en place en a t plus largement effectue dans les pays dvelopps la jonction des dcennies 70 et 80 du sicle dernier), le lgislateur a saisi le danger de la tentation toujours plus dbride de lExcutif de cumuler les responsabilits de juge et partie dans la vie des mdias audiovisuels. Lide essentielle, pour rsumer, a t dimaginer et inventer un nouvel instrument dexercice de la dmocratie dans ce domaine fructueux de valeurs symboliques, en particulier de formation et dexpression de lopinion publique. Via la loi, la libert de communication audiovisuelle a t alors renforce.

A son pivot, une instance de rgulation est cense retirer le trop-plein de pouvoir (non contrl, forcment) de lExcutif pour le confier des sages, non partie prenante justement. Bien entendu, des couacs se produisent dans les dispositifs : comme en France le prsident Sarkozy qui a russi juste un temps, avant dtre remis sa place triturer la loi pour en abuser et nommer des responsables de chanes publiques.
Que nous arrive-t-il dans lAlgrie de lautomne 2014 ? La premire instance dcrte autonome et de rgulation de laudiovisuel, ne au forceps du montage lgislatif (rappelons-nous les tribulations smantiques entre chanes gnralistes et thmatiques du ministre dalors), est dj mise sous la prsidence dune individualit comme M. Chorfi. Il cumule, de mon point de vue, au moins deux dfauts rdhibitoires interdisant lexercice de la hauteur morale en charge de cette responsabilit : celui li ses activits passes de prsident du groupe parlementaire RND qui a rafl indment des lections et des pratiques douteuses de passation de marchs de pub dEtat pour la tl prive a-lgale et le quotidien El Adjwaa, avec lesquels il serait en connexion dintrt, comme en ont inform des journaux nationaux indpendants srieux. Le tour de passe-passe de lannonce de la dmission rcente de ses activits politiques ne change rien au fond du problme. Le dsastre sur le plan de la mise en scne de cette farce est encore plus grave quand on entend le ministre de la Communication assner mordicus : Je nai vu aucun autre candidat qui aurait pu assurer cette mission
-Mais alors de quel autre tonneau pourraient tre les huit autres sages dsigner encore partir du srail ? Dans le fond,


linstance autonome de rgulation des pouvoirs publics est-elle ce quattend la socit algrienne ?

Dans quelle mesure lanarchie dans laquelle sest faite louverture de laudiovisuel peut-elle tre nuisible au secteur ?
Nuisible est effectivement cette anarchie, non seulement pour le potentiel national de rappropriation de notre patrimoine dalgrianit face au rouleau compresseur de la mondialisation qui classe lAlgrie en pays de grosse rente, forcment temporaire, et donc dindividus consommateurs boulimiques de tous produits, mais aussi, et cest beaucoup plus grave, parce quelle hypothque lavnement de tlvisions rellement difies. DEtat ou commerciales, il est craindre que sur leurs crans les Algriens ne puissent trouver de plus en plus que des ersatz de leurs attentes.

Permettez-moi de citer pour terminer lun de nos plus talentueux et corchs romanciers, trop vite ravi au pays, Rachid Mimouni (Chroniques de Tanger, 1995) : Les chanes nationales de tlvision du Maghreb dprissent progressivement par dsaffection des publics. Les films dont les acteurs nous ressemblent ne pourront plus tre tourns faute de financement. Pour prendre conscience de nos conditions dexistence, de nos valeurs, il faudra attendre que de lointaines camras viennent filmer notre quotidien. Nous vivrons ainsi par procuration tlvisuelle trangre, laissant aux autres le soin de nous expliquer ce que nous sommes. Nous finirons par nous conformer limage quils veulent avoir de nous.

Amel Blidi


 

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