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Pour la France, dfendre en priorit ses positions au Maghreb...

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Manqool Pour la France, dfendre en priorit ses positions au Maghreb...

Pour la France, dfendre en priorit ses positions au Maghreb... et enrler des musulmans dans larme

Quand la guerre clate, les dirigeants franais dcident en priorit de dfendre leurs positions au Maghreb. Leur stratgie soriente en priorit vers la protection navale de lAlgrie, du Maroc et de la Tunisie. Les projets dintervention au Proche-orient sont jugs prmaturs par ltat-major. La France sengagera plus tard au Proche-Orient, mais avec des moyens bien infrieurs ceux des Britanniques.






Le Maghreb et le Machrek constituent pour la France deux lments dintrt trs diffrents. Au Maghreb, la France exerce une autorit reconnue internationalement sur sa colonie dAlgrie et ses deux protectorats de Tunisie et du Maroc. En revanche, elle ne dispose pas dune autorit politique sur le Machrek, dpendant de lempire ottoman lexception de lÉgypte. Elle se satisfait de positions financires, conomiques et culturelles privilgies, que ses dirigeants tiennent conserver. Ces proccupations expliquent les contraintes et les choix des dcideurs franais partir de lt 1914.
Les notables font allgeance

Le souci prioritaire consiste dfendre le Maghreb, o vit dj une importante colonie europenne, et dont une partie est considre comme portion du territoire national. Lobjectif est triple : maintenir les positions au Maroc, dont loccupation se limite encore essentiellement aux provinces orientales et aux plaines atlantiques ; obtenir le calme des populations musulmanes dAlgrie et de Tunisie et permettre lenvoi en France de forces militaires rduites (environ 40 000 hommes), mais composes de troupes de qualit. Les relations maritimes avec la mtropole sont considres comme vitales. Grce des conventions conclues avec lAngleterre au dbut de 1913, la marine nationale peut concentrer la majorit de ses forces en Mditerrane, la marine anglaise surveillant la Manche et la mer du Nord. Ce programme est rempli au-del de toute esprance. La dclaration de guerre nest marque par aucune agitation des populations. Bien au contraire, les notabilits multiplient les dmonstrations de loyalisme. De nouvelles troupes peuvent tre prleves, notamment au Maroc, o le gnral Hubert Lyautey russit mme maintenir les positions acquises. La couverture des convois permet un passage sans encombre vers la mtropole.
Ds le dbut de la guerre, un fait purement militaire montre comment la priorit donne la dfense franaise a pu faciliter la stratgie allemande. Le passage des deux croiseurs allemands Goeben et Breslau vers le Bosphore, aprs un bref bombardement de Bne et de Philippeville, na t possible que parce que Lyautey, soucieux avant tout de protger ses lignes de transport, les a laisss chapper. Cette abstention, imite par la Royal Navy, va peser sur lengagement de lempire ottoman, en guerre aux cts des Puissances centrales, en dpit des ouvertures franco-britanniques. Le camp des bellicistes turcs se trouve en effet confort par la prsence de ces deux vaisseaux Constantinople. Leur chef, lamiral Wilhelm Souchon, aprs tre pass sous pavillon ottoman, engage les oprations contre la Russie.
Lentre des Ottomans dans le conflit et la proclamation de djihad par les oulmas de Constantinople (14 novembre 1914) font peser des risques sur lordre colonial au Maghreb. Dans une lettre de novembre 1915, le gnral Lyautey souligne lintention du ministre de la guerre alors son ancien patron , le gnral Joseph Gallieni le danger du plan allemand. Cohrent et rsolu selon lui, ce plan cherche unir les forces de lislam contre les Allis, en soulevant lInde, lÉgypte et lAfrique du Nord. Il oppose lunit daction des Allemands et leur jeu politique si merveilleusement combin lanarchie et lincohrence des efforts de leurs adversaires. Pour Lyautey, bien que les Marocains aient toujours refus de reconnatre toute primaut religieuse aux sultans de Constantinople, ils ne sauraient tre indiffrents ce qui se passe dans le monde musulman , ce qui rclame une srieuse attention .
Il nest pas seul redouter leffet de ces menes. À la mme poque, lambassadeur Londres Paul Cambon voit dj, en cas de dbcle Gallipoli, tout lislam en feu 1 et linsurrection de lAfrique du Nord.


Porter la guerre en Orient ?

La prolongation de la guerre impose de nouvelles contraintes. Les relations maritimes sont ralenties par le manque de navires et lactivit des sous-marins ennemis. Lconomie est atteinte par des pnuries dautant plus graves que lAfrique du Nord ne possde pratiquement pas dindustries. Lopinion musulmane est impressionne par la puissance allemande, et parfois touche par la propagande germano-turque. Les besoins du front incitent appeler un nombre croissant dindignes algriens sous les drapeaux, par des mthodes de contraintes souvent brutales qui sont lorigine de linsurrection des Aurs (novembre 1916 mars 1917). En mme temps, une rvolte des tribus animes par laction de la confrrie Senoussiya agite le Sahara depuis le Hoggar jusqu lAr. Djanet est vacue, Agads est assige. Le meurtre du pre de Foucauld (1er dcembre 1916) marque durablement les esprits.
Ne serait-il pas possible de dissiper la menace turque en portant la guerre en Orient ? Ds lentre en guerre de la Turquie, plusieurs projets dintervention qui combinent un soulvement des populations arabes avec des dbarquements Alexandrette ou Tripoli sont suggrs par diverses personnalits ; certains sont tudis par ltat-major. Mais ces projets sont jugs prmaturs au Quai dOrsay, o lon espre toujours ramener les Turcs dans le camp des Allis ; ils sont carts par le gnralissime Joseph Joffre, qui ne veut pas y consacrer deffectifs. Sa grande priorit est videmment le front franais, o il estime que se prendra la dcision. Ds lors, laction franaise est exclusivement navale. La marine nationale coopre efficacement la dfense du canal de Suez, menac par une offensive turque en fvrier 1915. Par la suite, la 3e escadre, base Port-Sad, est charge de rprimer la contrebande de guerre, puis doprer le blocus des ctes syriennes entre Beyrouth et Alexandrette. Cette mission est facilite par loccupation des lots dArouad prs de Tartous en Syrie, dbut septembre 1915, puis de Castelorizo, au large de Mersin, en Cilicie2, fin dcembre. Ces positions permettent aussi une opration humanitaire, qui consiste vacuer sur Port-Sad 4 000 Armniens retranchs dans les montagnes proches de lembouchure de lOronte aprs avoir chapp au gnocide de sinistre mmoire (septembre 1915).


Manuvres imprialistes pour le partage du Proche-Orient

À mesure que le conflit se prolonge, la survie de lempire ottoman devient de plus en plus improbable. En mars 1915, les Franco-britanniques admettent les revendications territoriales russes sur Constantinople et les dtroits (mars 1915). Peu aprs, lchec de lopration des Dardanelles (avril-octobre) ruine le dernier espoir de faire sortir les Turcs de la guerre. Ds lors, Franais et Anglais souhaitent tout la fois sappuyer sur les Arabes pour faciliter leur effort de guerre et prendre leur part dans une liquidation qui parat invitable. Ils encouragent le soulvement du chrif de la Mecque Hussein ibn Ali, qui dclenche la rvolte arabe en juin 1916. Ils tchent par ailleurs de dfinir des zones dinfluence au Proche-Orient. Depuis longtemps les dirigeants franais, au nom darguments historiques, culturels et conomiques, portent une attention particulire aux provinces arabes de Syrie, soit une vaste zone stendant entre le sud de lAnatolie, le haut Euphrate et le Sina. Leurs diplomates parviennent en mai 1916 obtenir, avec les accords dits de Sykes-Picot, un compromis favorable ces ambitions.
Par ailleurs, les liens avec Hussein sont utiliss pour souligner aux yeux des Maghrbins la sollicitude de la France. Ds lautomne 1916, les autorits franaises envoient auprs du chrif une dlgation religieuse, dont le chef, lAlgrien Si Kaddour Ben Ghabrit, chef du protocole chrifien, reoit les fonds ncessaires lacquisition dun btiment destin accueillir les plerins du Maghreb. Simultanment, le paquebot lOrnoque, affrt par lÉtat, assure laller et le retour de 600 Maghrbins. Lopration est renouvele en 1917 et 1918, mais avec moins de succs. En fvrier 1917 est cre la Socit des Habous des lieux saints de lislam, qui se propose dacheter deux btiments, respectivement La Mecque et Mdine, pour lhbergement des plerins. Cette action accompagne leffort accompli lgard des troupes musulmanes en France, qui se traduit par lobservance des ftes, le respect des obligations alimentaires, la construction de salles de prire, des tournes dimams sur le front. Mais cette association ntant pas habilite, sous sa forme primitive, sacquitter lgalement en France dune telle mission, une association loi 1901 est fonde sous le mme nom en dcembre 1921, pour offrir un centre intellectuel et moral, en toute indpendance, dans la capitale de la France ses enfants musulmans par ldification dun Institut musulman et dune mosque . La premire pierre de la mosque de Paris sera pose en 1922, et lInstitut musulman inaugur en 1926.


Une mobilisation sans prcdent en Afrique du Nord

En Afrique du Nord, les Franais consolident leurs positions. La conqute du Maroc progresse, en dpit de lchec que constitue lvacuation du Tafilalet, un moment occup. Le gnral Henri Laperrine, rappel au Sahara, y restaure lordre colonial antrieur. Lnergie de Georges Clemenceau, qui place aux commandes de lAlgrie une grande notabilit rpublicaine, le gouverneur Clestin Jonnart rput favorable la politique dite dassociation , permet un effort de mobilisation accru en 1918. Les rgiments dAfrique du Nord engags en France, zouaves et tirailleurs, mritent tous les loges et figurent au nombre des plus dcors. Au total, la mobilisation aurait fourni 360 000 hommes, dont 270 000 musulmans (170 000 Algriens), et 90 000 citoyens franais (70 000 venus dAlgrie). Il ne faut pas non plus sous-estimer larrive en France de travailleurs maghrbins, libres ou sous contrats, attirs dans les usines franaises et dont la prsence largit un mouvement tout juste amorc en 1914, pour un total valu une centaine de milliers dhommes.
Mais en Orient la dissociation est grande entre ces proccupations diplomatiques et les choix militaires. Aprs le sanglant chec des Dardanelles, ltat-major alli a choisi de faire porter leffort sur la Macdoine. Il envoie les troupes rembarques vers Salonique, do il est possible dagir sur les arrires austro-hongrois, bulgares et turcs. Ce thtre reoit peu prs toutes les forces quil parat possible de distraire du front occidental. Les contingents franais de l arme dOrient passent de 56 000 hommes la fin de 1916 224 000 en mai 1918. Les Britanniques, tout en restant prsents sur ce front, ne renforcent pas moins leurs forces en Égypte, o ils redoutent toujours une offensive turque.
Les consquences sont invitables. En prvision de la campagne de Palestine de 1917, le commandement franais doit se contenter dorganiser, aux cts de lEastern Expeditionary Corps britannique qui sapprte entrer en ligne, un faible Dtachement franais de Palestine (DFP) denviron 3 000 hommes. De valeur mdiocre, cette unit nest pas destine combattre, mais plutt servir descorte au haut-commissaire franais Georges Picot. Par ailleurs, il est vrai, des officiers franais (mission Brmond) participent aux combats mens par les colonnes arabes commandes par les fils du chrif Hussein, Ali, Abdallah et Fayal, et qui sattaquent essentiellement au chemin de fer de Mdine Damas. Le rle des capitaines Mohammed Ould Ali Raho ou Rosario Pisani est loin dtre ngligeable, notamment parce quils disposent de mitrailleuses et de quelques canons de 65 tir rapide dont les Arabes sont dpourvus.
Mais leur action est efface par la prsence des conseillers britanniques et presque confisque par lactivit de Thomas Edward Lawrence, futur Lawrence dArabie . Rsultat, lors de larmistice de Moudros, les soldats franais du DFP, devenu DFPS (Dtachement franais de Palestine-Syrie) ne reprsentent que 5 000 hommes, ce qui est trs peu par rapport aux 100 000 Britanniques du marchal Edmund Allenby (en grande partie des contingents indiens, australiens et no-zlandais). Le retour en force des militaires franais nintervient quaprs la signature par lAllemagne du trait de Versailles qui limine tout risque en Europe (juin 1919).
Toujours est-il que les Franais ont pu faire du Maghreb un rservoir de troupes pour la dfense nationale et un moyen daction en direction du Machrek. Leur politique en restera fortement marque. Mais ces succs donnent sans doute leurs dirigeants une assurance que lavenir rvlera bien excessive.


Jacques Frmeaux
Pour la France, dfendre en priorit ses positions au Maghreb...

1NDLR. Cf. J. Aulneau, La Turquie et la guerre, Paris, Alcan, 1915. Édition lectronique en accs libre sur le site de luniversit Martin Luther (Halle-Wittenberg).
2NDLR. Rgion dAnatolie mridionale situe aujourdhui en Turquie. Elle tait borde au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, louest par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la mer Mditerrane et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourdhui la province turque dAdana, une rgion comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Mditerrane.





 

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