> >

[] [ ]

La traque continue dans les maquis de Kabylie

(Tags)
 
JS Kabylie : De lingrence dans les aspects techniques Emir Abdelkader 0 2014-09-28 12:53 PM
Quelque 80 personnes enleves dans les maquis de Tizi Ouzou ... Emir Abdelkader 0 2014-09-23 04:23 PM
lANP se joint la population dans la traque des auteurs dun enlvement Emir Abdelkader 0 2014-07-15 10:53 PM
Sans pre ni repres ,Ces enfants ns dans les maquis islamistes Emir Abdelkader 0 2013-02-22 07:05 PM
Mehenni Hollande : La France doit admettre la Kabylie dans la dfense de ses intrts Emir Abdelkader 0 2012-12-18 05:18 PM

 
LinkBack
  : ( 1 )  
2014-10-11
 
:: ::

  Emir Abdelkader    
: 11609
: Aug 2011
:
:
:  male
:
: 45,959 [+]
: 3119
: Emir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond repute
Manqool La traque continue dans les maquis de Kabylie

La traque continue dans les maquis de Kabylie






Le vent souffle fort sur le mont de Lalla Khedidja, en Kabylie, lun des plus hauts pics dAlgrie. Une file interminable de vhicules militaires longe la route sinueuse qui relie Tizi Ouzou cette montagne trs prise par les amoureux de la nature.


A 560 mtres daltitude, nous faisons notre premire halte. Nous sommes Tizi nKouilal. Une grande tente verte sert de QG au commandement de lopration militaire lance il y a trois semaines dans la fort de At Ouabane, la recherche du groupe terroriste Jund Al Khilafah, auteur de lenlvement et lassassinat du ressortissant franais Herv Gourdel. Le dispositif mis en place est impressionnant. De la peinture noire sur le visage, le dos et la tte couverts dherbes, les paras sont positionns dans les coins les reculs. Trs jeunes, ils sont les premiers tre sur les lieux.
Formant une chane humaine, ils nous assurent le passage jusquau campement des terroristes. Avec nous, le commandant du secteur oprationnel de Tizi Ouzou, un colonel parachutiste, un homme de terrain qui cumule au moins deux dcennies de lutte antiterroriste. Il connat les coins et recoins de cette rgion comme sa poche. Durant tout notre voyage, il nous parle de la coopration de la population, de son patriotisme et de sa patience. Cette rgion a dj t nettoye. Elle servait de refuge aux groupes de Hassan Hattab lpoque du GSPC. Cela fait quelques annes seulement que Droukdel a rinvesti le terrain. Regardez bien le relief accident, proximit des villages, cheval entre trois wilayas, il y a de leau et une dense fort pour les protger. Cest une zone stratgique qui leur permet de voir de loin tout mouvement de larme. Avant mme que nous arrivions, ils sont dj trs loin, explique le colonel.
Nous laissons nos vhicules devant la plaque indiquant laltitude de Tizi nKouilal, pour entamer lascension, pied, dune ancienne route datant de lpoque coloniale, devenue piste, quempruntent les amoureux de cette montagne pour faire du camping. Les jeunes paras sont aux aguets. A gauche puis droite, leurs kalachnikovs sont tout le temps en mouvement. Nous sommes dj plus de deux kilomtres. Des troncs darbre jonchent la route. Ici, seuls les bergers saventurent et, ds quils voient ces troncs darbre par terre, ils savent quil y a une chance sur deux pour tomber sur des terroristes. Gourdel et ses accompagnateurs ont emprunt ce chemin vers 21h, explique le colonel.
Les accompagnateurs dHerv Gourdel taient-ils au courant de ce risque ? Personne na pu rpondre cette question. La thse que nous dtenons est celle donne par les accompagnateurs. Ces derniers ont lou un chalet un priv. Beaucoup dtrangers viennent dans cette rgion. Mais ceux qui les accueillent nous informent et, de ce fait, nous assurons leur scurit. Lorsque lalerte sur lenlvement de Gourdel a t donne, nous tions en opration non loin de la rgion. Nous avions mme abattu un terroriste 48 heures avant. Dailleurs, quelques heures seulement aprs, nous tions sur les lieux.
Malheureusement, nous navions pas suffisamment dlments pour savoir par o le groupe stait enfui. Il avait la possibilit de rejoindre les montagnes de trois wilayas et les tmoignages des accompagnateurs ntaient pas prcis. Les terroristes avaient pris suffisamment davance et fait en sorte que les tmoins ne puissent pas savoir par o ils taient partis, rvle lofficier. Nous continuons marcher sous les rafales de vent. Le paysage est ferique. Des sources deau douce, de la verdure perte de vue, un panorama couper le souffle. Nous arrivons devant un grand bassin en bton, qui rcolte leau des entrailles du mont Lalla Khedidja, avant dtre dvie vers lusine dembouteillage situe au pied de la montagne.

Herv Gourdel tait deux kilomtres du campement des terroristes
Les parachutistes se mettent genoux, en position de tir, les armes pointes pour certains vers le haut et pour dautres vers les falaises. Cest ici, devant ce bassin, que les terroristes ont enlev Gourdel. Vers quelle destination lont-ils emmen ? Aucun des accompagnateurs na pu nous le dire. Cependant, ce qui est certain, cest que lendroit est deux kilomtres seulement du campement du groupe, souligne lofficier.
Des appels radio brisent le silence. A quelques kilomtres, les paras viennent de trouver un obus Hawn, des jumelles et des engins suspects. Ne faites rien, nous ne sommes pas loin de la zone, ordonne lofficier. Notre entamons la rude escalade dun monticule. Bien camoufls, les paras sont partout. Sur les arbres, les rochers, dans les moindres coins exposs. Ils nous ouvrent le passage. Cela fait deux heures que nous marchons. Nous arrivons enfin un vaste terrain, au milieu duquel se trouve un immense cdre entour de grosses pierres.
Une bizarrerie attire notre attention. De nombreuses branches portant des glands sont attaches au cdre. Cest ici que les terroristes ont tenu leur runion dallgeance Daech (Etat islamique en Irak et en Syrie). Pour nous empcher de reconnatre le lieu, ils ont ajout des branches de chne et nettoy la terre pour faire croire lexistence dune piste. Une fort de cdres, cest facile trouver, mais celle o ce dernier ctoie des arbres portant des glands et ct dune piste, il faut vraiment chercher, rvle lofficier. Lendroit semble avoir t dsert la hte.
De vieilles baskets noires, des chaussettes, des sous-vtements sont accrochs aux branches des arbres. Non loin, une cuisinire improvise avec une cuve mtallique lintrieur de laquelle une lame de fer est tapisse de charbon. Des marmites noircies par la fume, des cuillres et des plats, mais aussi de grandes quantits de semoule, de ptes, dpices, de farine, de lait en poudre jonchent le sol. Des espaces o sont tals des cartons sont amnags en dortoir, alors que des sachets noirs couvrent les branches pour se protger de lhumidit et du vent.
Le lieu est un vritable campement avec des postes de garde bien positionns pour surveiller tout mouvement de vhicules et de personnes des kilomtres, permettant ainsi une retraite en cas de ppin. Une odeur nausabonde se confond celle que dgagent les branches calcines. Ils ont gorg une vache quils ont dcoupe et commenc faire cuire quand ils ont pris la fuite. Ils lont laisse moiti dpece et ses abats taient dans une marmite. Lorsque nous sommes arrivs, la dcomposition avait peine commenc. Peut-tre quils ont d nous voir arriver de loin, prcise lofficier. Il se retire pour rpondre un appel radio. Un de ses lments a trouv un tlphone portable dans lequel de nombreuses photos prises par des terroristes sur les lieux, avant quils ne dmnagent, cest--dire au moment de la fameuse runion.
Des notices de mdicaments, surtout des anti-inflammatoires, des anti-douleurs (notamment destomac) et des antidpresseurs sont parpilles un peu partout indiquant ainsi le genre de maladies dont souffrent les terroristes. Ils ont tous t identifis lexception de ceux qui filmaient et de ceux qui assuraient la garde et napparaissent pas sur la vido. La majorit sont des rescaps des annes 1990, seuls quelques-uns, les plus jeunes, sont de nouvelles recrues et donc inconnus des services de scurit. Ils sont venus de Boumerds, Bouira et Bordj Bou Arrridj pour la runion. Do la quantit de produits alimentaires. Nous avons dtruit 25 kg de sucre, 80 kg de semoule, autant de farine et des dizaines de litres dhuile sans compter les autres ingrdients. Ils ont d prparer cela pour recevoir les invits la runion. Ils ont film la sance dallgeance, qui na t diffuse quaprs la dcapitation dHerv Gourdel. Sur cette vido, trois des auteurs de cet assassinat taient prsents et leur chef, Gouri, napparat pas, mais ctait lui qui parlait. Sa voix a t identifie par nos spcialistes, explique le commandant du secteur oprationnel de Tizi Ouzou.
Pour lui, le groupe sest dispers dans la prcipitation. Ils peuvent aller nimporte o en quelques heures de marche. Ils ne sont pas loin dIghzer Amokar, de Bouira et de Bordj Bou Arrridj. Cette rgion est cheval sur trois wilayas (Bouira, Bordj Bou Arrridj et Tizi Ouzou). Nanmoins, je peux dire que leur fin approche, lance notre interlocuteur. Et dajouter : Ils sont pris entre deux feux. Les forces de scurit dun ct, le groupe de Droukdel auquel ils ont dclar la guerre de lautre. Des batailles ranges entre les deux belligrants ne sont pas exclure, dautant que parmi ceux quon voit sur la vido, il y en a qui nont pas vraiment coup les liens avec leurs anciens compagnons.

Tout un scnario pour filmer la runion
Lofficier donne lordre de tout brler, de ne rien laisser sur les lieux. Plus haut, les paras continuent de traiter le site. Lordre de quitter lendroit est donn. Lartillerie doit dtruire des engins suspects trouvs cachs sous les buissons. Les jeunes paras scrutent les alentours. Ils nous ouvrent le passage et nous suivent pas pas. Nous reprenons le mme chemin, mais avec une autre quipe, toujours camoufle avec des branchages sur la tte et le dos. La prudence est de mise. Cest grce la population que nous sommes arrivs ce lieu. Elle a t trs cooprative.
Notre prsence sur les lieux la rconforte et cela nous encourage beaucoup. Tous ces jeunes parachutistes qui prennent part lopration sont dtermins ne quitter la rgion quune fois nettoye. Ils ne reculent devant rien. Ils sont trs courageux. Ils avancent sans peur sur un terrain quils savent min. Il faut leur reconnatre une abngation et un engagement sans faille, lche lofficier, en tapant sur lpaule dun de ses lments, dont lge ne dpasse pas les 25 ans. Poursuivant notre marche, il nous montre du doigt, deux villages, en contrebas de cette montagne : At Ouabane et At Allaoua.Cest vrai que les terroristes ne sattaquent pas la population de ces villages. Cependant, leur activit a priv la rgion des revenus du tourisme. Avant, les visiteurs taient trs nombreux et faisaient travailler de nombreuses familles. Ce nest plus le cas aujourdhui. Les gens ont peur de sy aventurer, note le colonel.

De la guerre la lutte contre le terrorisme
Nous arrivons au QG. Assis face la montagne o se trouvait le campement des terroristes, une paire de jumelles entre les mains, le chef dtat-major de la 1re Rgion militaire scrute les lieux. Des pices dartillerie lourde sont l, elles nont pas encore t utilises. Elles le seront dans le cas o les terroristes font usage de larmement de guerre (12/7 ou Doutchka) quils possdent.
Vous savez, nous ne sommes plus dans une logique de guerre, mais plutt de lutte contre le terrorisme. Ce qui ncessite une stratgie assez particulire, qui demande du temps, du professionnalisme et de la patience. Nous travaillons par tape, zone par zone. Les trois commandements des secteurs oprationnels militaires de Tizi Ouzou, Bouira et Boumerds prennent part cette opration. Ils sont aids par les forces spciales de ltat-major, dont le commandement a mis notre disposition les moyens dappui ncessaires et des quipements modernes, comme les jumelles infra-rouge et thermiques, pour tre prcis dans la neutralisation des dernires poches de terrorisme. Nous avons pour ordre de ne lever le dispositif quune fois toute la rgion nettoye, dclare le gnral, qui semble trs serein.

Lui aussi estime que la fin du groupe nest quune question de temps. Nous navons pas attendu cet incident tragique de lenlvement du ressortissant franais. Nos troupes taient dj en opration et les rsultats sont l pour le prouver. La rgion est trs difficile daccs en raison de son relief, qui permet aux terroristes de voir tout mouvement de nos forces. Nous utilisons des moyens de reconnaissance aroports, mais aussi les troupes terrestres constitues de paras et de commandos expriments. Cela va prendre beaucoup de temps, mais les rsultats sont invitables. Toute la zone est aujourdhui boucle par un dispositif dun millier dhommes. Ils avancent doucement mais srement, explique lofficier suprieur qui chapeaute lopration. Il est en contact direct avec le commandant de la 1re Rgion militaire, qui il rend compte rgulirement de la mission. Le vent continue souffler fort sur les montagnes de Lalla Khedidja.
Pour le commandement, il nest pas question de laisser les bandes de criminels derrire nous. Avant que la premire neige ne tombe, le groupe doit tre totalement ananti. Cest lobjectif assign. Les jeunes parachutistes font le va-et-vient. Certains viennent dajouter des couvertures dans leurs sac dos. Ils doivent assurer la relve et passer la nuit dans ces montages humides et froides. Cela fait trois semaines quils nont pas quitt les lieux.
Un kilomtre plus bas, sur la route presque dserte qui mne vers Tizi Ouzou, un barrage de la gendarmerie. Les rares automobilistes qui passent sont systmatiquement arrts pour un contrle didentit. Le brouillard commence tomber alors que la temprature baisse. Pour des raisons de scurit, il est temps de quitter les lieux.
A quelques kilomtres de l, nous arrivons au virage o sont tombs en martyrs dans une embuscade 17 militaires, au mois davril dernier. Bien embusqus, ces derniers navaient eu aucune difficult mitrailler le bus qui les transportait, ne leur laissant aucune chance de riposte. Lerreur davoir pris un bus, de surcrot la nuit, leur a t fatale. Un triste souvenir que personne na oubli et qui, esprons-le, a servi de leon.

Nos jeunes accompagnateurs rebroussent chemin en nous promettant de venir bout de ces groupes de tueurs sans foi ni loi. Ils nous demandent de faire confiance ces jeunes parachutistes qui sont lavant-garde de la lutte antiterroriste et auxquels il faut rendre un vibrant hommage.





Lexcuteur dans la vido natif de Bab El Oued (Alger)

Tous les membres du groupe ayant enlev le ressortissant franais Herv Gourdel ont t identifis grce des moyens scientifiques irrfutables. Lgorgeur que lon voit dans la vido, diffuse sur un site islamiste juste aprs la dcapitation, nest autre que Kherza Bachir, un terroriste notoire qui fait office de mufti (exgte) du groupe. Ag dune cinquantaine dannes, il est natif de Bab El Oued, Alger, et a son actif de nombreux assassinats et attentats terroristes. Il est entour de Athmane El Acimi, lui aussi natif de Bab El Oued et de Abou Souleimane de Boumerds.
Les services de scurit ont galement identifi la majorit des 32 terroristes qui apparaissent sur la vido, diffuse aprs la dcapitation et qui concerne la runion du groupe Jund Al Khilafah annonant son allgeance lorganisation terroriste Daech (Etat islamique en Irak et en Syrie). Il sagit dlments natifs surtout de Boumerds, de Bouira et de quelques Algrois, notamment ceux recruts par Kherza Bachir. Lmir du groupe, le nomm Gouri, nest pas visible sur la vido en question, mais sa voix a t identifie par les services de scurit.
Le plus gros de la troupe sont des lments natifs de Si Mustapha, le quartier de Gouri. Ce dernier avait t condamn une peine de 5 ans de prison pour activit terroriste, quil a purge en 2006. Ds sa sortie de prison, il a repris le chemin du maquis en emmenant avec lui quelques-uns de ses voisins, tous des jeunes de moins de 20 ans et qui apparaissent dans la vido. Certains sont enturbanns, mais cela na pas empch leur identification.
Trs ambitieux, Gouri est entr en dissidence avec Droukdel pour une histoire de leadership qui lui a valu sa condamnation mort proclame par son chef. Il na pas trouv mieux que lorganisation terroriste Daech pour se faire de la publicit et bnficier dune large mdiatisation, avec lenlvement de Herv Gourdel et sa dcapitation par le mufti de son groupe. Il est certain, affirment nos sources, quil ny a aucun lien structurel entre son groupe et Daech. Son seul objectif tait davoir un tremplin pour apparatre sur la scne mdiatique. Son effectif ne dpasse pas la quarantaine de terroristes qui agissent en groupes restreints de 6 7 lments, tout le temps en dplacement de crainte daffronter les forces de scurit ou danciens acolytes.



(S. T.)

Salima Tlemani






 

()


: 1 ( 0 1)
 

La traque continue dans les maquis de Kabylie




08:03 PM

Powered by vBulletin Version 3.8.7 .Copyright 2000 - 2015, Jelsoft Enterprises Ltd
Search Engine Optimization by vBSEO ©2011, Crawlability, Inc.
- - -
Designed & Developed by shababdz.com
2014,