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Souad Merah, "pilier de la famille"...

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Inspirs par Merah, deux djihadistes projetaient "des assauts" en France Emir Abdelkader 0 2014-10-31 09:47 PM
"" "" "" "" Emir Abdelkader 0 2014-03-14 12:24 AM
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Souad Merah, "pilier de la famille"...

Souad Merah, "pilier de la famille" et cauchemar de l'antiterrorisme






Deux ans et demi aprs les tueries commises par son frre Mohamed, Souad Merah s'est aujourd'hui rfugie en Algrie aprs un priple avort en Syrie. Portrait.

Elle imaginait, elle aussi, rejoindre l'organisation de l'Etat islamique (EI). Persuade que l-bas, en Syrie, se trouvait la Terre promise. Celle o coulent le lait et le miel. Le havre de srnit o elle ne serait plus Souad Merah, la parente maudite de Mohamed, le tueur au scooter de Toulouse, mais Souad, la fire soeur de "notre cher frre Mohamed Merah", clbr encore rcemment dans une vido de propagande de l'EI. Souad pensait que dans le prtendu califat elle allait enfin vivre sa religion comme elle l'avait toujours souhait, dans le respect des rgles de la charia, enveloppe de son niqab qui, Toulouse, lui valait insultes et quolibets perptuels. Et rejoindre aussi son mari, parti en claireur quelques semaines auparavant.
Le 9 mai dernier, la jeune femme a donc embarqu avec ses quatre enfants sur un vol Barcelone-Gaziantep, la frontire turco-syrienne, via Istanbul. Ce jour-l, Souad n'a rien dit ses amies. A une proche qu'elle voyait toutes les semaines au cours d'Aquagym, elle a lanc : "A la semaine prochaine !", comme si de rien n'tait. Elle n'a pas rsili le bail de son appartement, laissant la Caisse d'Allocations familiales continuer lui verser ses aides tous les mois. Dbut septembre, son djihadiste de mari, Abdelouahed el-Baghdadi, est rentr en France, se constituant piteusement prisonnier la gendarmerie du Caylar (Hrault). Il affirme depuis avoir fui les coupeurs de ttes de l'EI. Mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de prparer des attentats terroristes", il dort aujourd'hui en prison.
Un "double discours que Souad entretient toujours"

Souad, elle, n'a probablement jamais mis les pieds en Syrie. Elle affirme ses proches tre reste du ct turc de la frontire, en attendant que les portes du "paradis" s'ouvrent. Elle serait reste clotre dans son appartement de Gaziantep pendant tout le ramadan, puis, panique, a russi organiser son retour, via l'Algrie. Aujourd'hui auprs de sa famille, prs d'Alger, elle s'interroge. Ses deux fils ans issus d'un premier mariage sont rentrs dbut septembre Toulouse avec leur pre. Souad aimerait les rejoindre avec ses deux derniers. Mais elle craint d'tre incarcre.
Elle a peur qu'on place ses enfants et se demande si, en prison, elle pourrait garder son bb de 7 mois. Ça la travaille...", dit l'avocate la retraite Marie-Christine Etelin.

Marie-Christine et Christian Etelin connaissent bien Souad. La famille Merah, ils l'ont ctoye bien avant la tuerie de Toulouse. Les deux avocats, dfenseurs des sans-papiers et des petits dlinquants du Mirail ou des Izards, n'ont toujours pas digr le traumatisme de "l'affaire", s'interrogeant sans relche sur ce qui a transform le petit voyou " visage d'ange" en terroriste. Le changement de Souad les interpelle galement. "Quand nous l'avons connue, elle n'tait pas voile. C'tait une fille ravissante, moderne, libre. Dans cette famille dstructure, elle remplaait sa mre, compltement dpasse par les vnements. C'est toujours Souad qui accompagnait Mohamed au tribunal, toujours elle que je voyais", se souvient Christian, qui exerce toujours. Les Etelin ont donc galement - bnvolement dfendu Souad aprs les tueries. Et c'est eux qu'elle a contacts, en juillet, alors que, bloque en Turquie, elle tentait d'organiser son retour. Depuis, Marie-Christine a t en contact rgulier avec elle sur Skype ou par SMS. Mais, pour l'instant, pas question de la reprsenter : son mari, qui elle obit au doigt et l'oeil, a exig qu'elle change d'avocat pour avoir le mme que lui. Elle a obtempr... Tout en continuant d'envoyer des SMS Marie-Christine.
Les Etelin l'ont sortie d'un mauvais pas en 2012. Filme son insu par son frre an, Abdelghani, dans un reportage de M6, Souad avait cr le scandale en se dclarant "fire de [son] frre". Manuel Valls, alors place Beauvau, s'en tait mu. Souad avait t attaque pour "apologie du terrorisme". Une procdure classe sans suite : "Les propos taient tenus dans un cadre priv, et, de toute faon, elle voulait dire qu'elle tait fire de son attitude pendant l'assaut du Raid, mais pas des assassinats", dit Christian Etelin. "Un pisode typique du double discours que Souad entretient toujours", rtorque Me Batrice Dubreuil, avocate d'une des familles de victimes de la tuerie de Toulouse. Peu aprs, pour tenter d'amliorer son image, Souad avait dcid de donner sa version des faits.
Seule certitude : elle voulait fuir

Dans le documentaire "Merah, itinraire d'un tueur" (Tony Comiti Productions, 2012), elle tait mme prte apparatre sans son voile intgral. Son mari s'y tait oppos. "Quand nous l'avons filme, il tait toujours l, raconte Jean- Charles Doria, le ralisateur. Et quand je suis revenu le lendemain pour reparler Souad, il m'a interdit de la voir. Je devais poser les questions au mari, qui ensuite allait dans la cuisine les transmettre Souad et revenait avec les rponses." Dans la transcription intgrale de l'interview que "l'Obs" a pu consulter, Souad s'panche longuement, condamne explicitement les meurtres commis par son frre... Mais reste trs ambigu sur le djihad. Interroge sur ce qu'elle voulait dire quand elle dclarait de Mohamed : "Il pense comme nous", Souad s'enferre : "Ça veut dire qu'il est pour le djihad. Nous aussi nous sommes pour le djihad, mais nous sommes inertes, nous ne faisons rien comme dans le Coran." Ses avocats, prsents et inquiets d'un drapage, mettront le hol.
Quand elle a quitt la France au printemps dernier, Souad avait-elle dcid d'"agir" pour faire "comme dans le Coran" ? Ou, ainsi que le pense Marie-Christine Etelin, est-elle simplement partie sur un coup de tte rejoindre son mari, affole par une rumeur circulant dans le quartier selon laquelle il avait pris une seconde pouse ? Seule certitude : la soeur de Mohamed Merah voulait fuir. "Depuis 2012, sa vie est un enfer. Le logement social qui lui avait t attribu Toulouse lui a t refus in extremis", dit Christian Etelin. Un appartement dans le quartier Basso-Cambo lui a finalement t accord il y a quelques mois. Mais elle n'y a pas non plus trouv la tranquillit. Ne quittant jamais son niqab noir, elle se fait insulter dans la rue, sa voiture est vandalise... Le 15 avril, elle est mise en garde vue, toujours dans le cadre de l'affaire Merah. "Elle a t interroge pendant trois jours et on ne l'a pas autorise allaiter son petit dernier, dit Marie-Christine Etelin. Ca a t la goutte d'eau qui a fait dborder le vase." Et qui l'a convaincue d'aller rejoindre la Syrie alors qu'en mai les exactions des djihadistes sont dj bien connues. "Pour elle, c'tait une sorte de retour la nature, plaide Marie-Christine Etelin.
"C'est le pilier de cette famille"

Chez Souad, le djihad est un drle de mlange de guerre sainte mtine d'cologie : comme son frre, elle a ctoy l'"mir blanc", Olivier Corel, un "gourou" la tte d'une communaut salafiste tablie dans l'Arige prnant le retour la terre. "C'est une personne trs gentille. Il m'a permis moi et mes enfants de faire du cheval", a-t-elle racont un jour. Souad s'est ainsi lance dans la fabrication de... crmes de beaut bio. Les avocats des victimes de l'affaire Merah se sont trangls la nouvelle du dpart de Souad vers la Syrie. Si Kader, l'autre frre radicalis, que tout le quartier appelait "Ben Laden", a t crou pour complicit dans les meurtres de Toulouse et Montauban, Souad n'a jamais t inquite. "Elle sait pourtant des choses ! C'est le pilier de cette famille", s'agace Samia Makftouf, une des avocates des familles des victimes.
Les services de renseignements avaient en tout cas repr la jeune femme bien avant son petit frre. Une note de la DCRI du 19 mars 2010, que nous avons pu consulter, l'atteste. Souad y est prsente comme "adepte d'un islam radical". Elle est galement fiche comme personne recherche : ses dplacements sont alors dj tous scruts la loupe. Souad, elle, n'a jamais cach avoir t "la premire s'tre investie dans la religion", comme elle l'affirmait aux policiers juste aprs les tueries. "Elle est le ciment du clan, renchrit Patrick Klugman, l'avocat d'une famille dcime dans le massacre de l'cole juive de Toulouse. C'est elle qui a men Mohamed vers la religion". Quand le futur tueur purgeait ses peines de prison pour vol, Souad lui transmettait des livres religieux et se flicitait que son petit frre dlinquant entre enfin dans le chemin d'Allah...
Le pre bat ses fils : coups de poing, de cble...

Ce rle cl dans la fratrie remonte loin. Souad est ne en Algrie. Elle a 3 ans quand la famille immigre en France, Toulouse, en 1981. Naissent ensuite Kader, Acha, puis Mohamed, en 1988. Le pre Merah travaille dans une entreprise de mobilier urbain. L'atmosphre familiale est pesante. Le pre bat ses fils : coups de poing, de cble... Sa femme, Zoulikha, efface, est elle aussi victime de ses violences. Il n'y a que Souad, la fille chrie, qui trouve grce ses yeux. "Souad tait la prfre de notre pre. Seule Souad fut gte", rpte Abdelghani dans son livre "Mon frre, ce terroriste" (1). Lorsque la famille Merah se promne en ville fusent parfois des "sales Arabes". Le pre, alors, baisse la tte. Ordonne aux enfants de ne pas rpliquer. Eux, le coeur brlant de rage, touffent leur colre. Un poison qui a ferment, lentement, nourrissant un mal-tre identitaire, que chacun d'entre eux a rgl diffremment avec pour certains cette envie de vengeance, ce "rejet de l'Amrique, puis de la France", comme l'a constat une proche de Souad.
On n'a pas grandi dans la religion. Mes parents ont toujours voulu s'intgrer en France. Mais, aujourd'hui, la religion, c'est tout pour moi", a expliqu Souad Merah aux enquteurs.

La famille va mal. Le couple divorce alors que le petit dernier, Mohamed, n'a que 5 ans. Souad en a 15. C'est la seule qui garde un lien avec son pre, va lui rendre visite et russit lui extorquer quelques billets. Zoulikha, seule avec les cinq enfants, est dpasse. Surtout par Mohamed, capricieux, violent lui aussi. Il est plac en foyer pendant la semaine. Un expert psychologue parle de "mre abandonnique et impuissante". Souad prend alors souvent en charge Mohamed. Elle habite dsormais avec un Mounir B., petit trafiquant de drogue, une activit laquelle s'adonne alors le pre Merah. Arrt par la police, ce dernier demande un jour Souad de fournir un faux tmoignage, ce qui vaut sa fille une garde vue, alors qu'elle est enceinte de sept mois. Le pre est finalement incarcr en 1999, comme le mari de Souad l'anne d'aprs. Souad erre de parloir en parloir entre les deux hommes de sa vie. Dpressive, elle se rfugie dans la religion. Et la jeune femme qui portait des minijupes, des bikinis se met subitement arborer le voile, puis le voile intgral et les gants, faire la prire, refuser de serrer la main aux hommes.
Un faux emploi du temps pingl sur le frigo

Quand Mounir, son mari, sort de prison, Souad exige de lui qu'il change de mode de vie pour devenir "un bon musulman". Il refuse. La jeune femme va alors voir un imam qui lui conseille de divorcer. Elle le fait en 2005. A cette poque, Souad se rapproche de son frre Kader, qui, aprs un sjour en prison, en est ressorti radicalis. Tous deux deviennent des figures du milieu djihadiste toulousain. Souad se remarie religieusement avec un salafiste trs strict, Abdelouahed el-Baghdadi. Dsormais, la musique est bannie de la maison. Quand les enfants rendent visite leurs oncles et tante, ils se bouchent les oreilles pour ne pas "entendre les sonorits de Satan". Si les garons pleurent, Baghdadi gronde : "Un moudjahid ne pleure pas !" Souad va mme les retirer de l'cole pendant quelques mois. "Ils tranaient en pyjama toute la journe, en jouant des jeux vido", raconte une proche aux juges de l'affaire Merah. La petite soeur de Souad, Acha, inquite pour ses neveux, fait un signalement aux services sociaux. Mais le jour de l'enqute, Souad donne le change. Elle a crit un faux emploi du temps pingl sur le frigo o il y a mme une case rserve aux cours de musique, pourtant interdite sous ce toit !
Souad est proslyte. Kader et elle tentent d'embrigader leur neveu Tho, le fils d'Abdelghani, qu'ils emmnent tous les vendredis la mosque et des cours coraniques, en cachette de ses parents. "Ils me donnaient aussi des livres sur la mort", raconte le jeune garon aux juges. Dans ces fascicules, il est expliqu que le croyant ne dcouvre sa "sincrit" qu'en "s'exposant la mort". Il est galement conseill de passer du temps devant les tombes, voire, comme le conseille Kader, la morgue. Tho se rebiffe mais Mohamed, lui, suit le conseil. Il se rend des enterrements, tente de prendre en photo les cadavres, trane dans les pompes funbres. Souad, elle, profre des horreurs. Assure qu'elle serait capable de se faire exploser dans le mtro pour Allah, condition qu'elle soit avec ses propres enfants. Le sang de ceux qui meurent en martyrs "sent le musc", comme le rptent les "ayatollahs"de l'EI. En 2006, Kader voyage au Caire qui, cette poque, est the place to be pour les djihadistes. Souad, elle aussi, veut en tre. "En Egypte, on n'y va pas pour se former, se faire endoctriner, on n'est pas dans des coles coraniques", assurait Souad Merah face Jean- Charles Doriaqui l'interviewait pour son documentaire.
Une maldiction familiale

Elle voquait alors sa visite des pyramides et du Citystars, un centre commercial gant, "royal, beau, si grand". En ralit, selon plusieurs notes des services de renseignements que "l'Obs" a pu consulter, Souad Merah a effectu deux sjours au Caire entre 2009 et 2011 et a suivi des cours l'Institut Al Ibaanah, une "cole" domicilie dans un quartier bourgeois de l'est du Caire, connue pour son enseignement salafiste dispens un public de convertis occidentaux. L'institut venait de rouvrir aprs une priode de fermeture administrative conscutive un coup de filet antiterroriste concernant une dizaine de fidles franais.
C'est d'ailleurs l, en Egypte, que son petit frre Mohamed la rejoint, courant 2011, dans son mini "djihad tour" qui l'a men du Pakistan en Afghanistan en passant par la Syrie. La suite, on la connat. L'horreur, les crimes barbares, Mohamed abattu par la police, et Kader, l'autre islamiste de la famille, derrire les barreaux. En tutoyant les frontires du djihad, Souad perptue la maldiction de la ligne Merah.

Doan Bui et Olivier Toscer









 

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