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Ghardaa, cette paix qui tient un fil

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2014-11-11
 
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Ghardaa, cette paix qui tient un fil

Tension persistante, fuite des commerants et cloisonnement communautaire : Ghardaa, cette paix qui tient un fil




Les quartiers des Mozabites sont interdits de circulation aux chamba. La rciprocit est respecte scrupuleusement. Aucune cohabitation nest plus possible entre les deux communauts depuis quelques mois. La fraction sapprofondit jusqu compromettre la durabilit du calme, revenu dans la ville ces trois dernires semaines. Pourtant un maillage scuritaire serr quadrille les foyers de tension.
Ghardaa est une ville voluant au rythme dun quotidien ordinaire. Cest la premire impression qui frappe lesprit du voyageur de passage. Limpression est furtive. Elle est vite dissipe par la prsence de groupes de policiers ou de gendarmes chaque coin de rue, sans jeu de mots videmment. Le maillage scuritaire est serr. Il est install pour parer au drame, teindre la moindre tincelle qui risque de rallumer le brasier et enflammer nouveau la valle du Mzab, secoue, pisodiquement, par des violences communautaires depuis bientt une anne.
La tension est encore vive, parfaitement perceptible, y compris pour les trangers la ville. Des fourgons de police et de gendarmerie sont parqus aux abords des quartiers chauds. L o les traces des meutes sont encore visibles. Des deux cts des rues et venelles des quartiers mixtes, les faades conservent les stigmates des violences intermittentes. Les devantures des magasins sont ventres, les murs gardent les traces des flammes, des habitations sont dsertes par leurs occupants. À Berriane, au quartier Thnia-el-makhzen, Touzouz et aux alentours de la place centrale de Ghardaa, chef-lieu de wilaya, les vestiges des affrontements entretiennent les clivages, qui commencent se formaliser matriellement.
La ville se divise littralement en deux entits, celle rserve exclusivement aux Mozabites et celle occupe entirement par ce quon appelle communment dans la rgion les Arabes ou Chamba. Aucune cohabitation nest plus possible entre les deux communauts depuis quelques mois. Les quartiers des Mozabites sont interdits de circulation aux Chambas. La rciprocit est respecte scrupuleusement. Ce qui a induit de nouvelles habitudes quelque peu kafkaennes. Pour lexemple, Mozabites et Arabes rejoignent leurs rsidences, situes la priphrie du grand march de Ghardaa, en empruntant deux itinraires diffrents afin de ne pas se croiser dans la rue.
Les Arabes suivent le chemin An-le-Beau en rfrence Émile le Beau, un pre blanc qui a construit une fontaine cet endroit, et les Mozabites se faufilent dans le passage Hofra ou Souk Lahtab (march du bois). Dans les zones mixtes, la situation est plus dramatique. Des centaines de Mozabites ne peuvent pas retourner dans leurs maisons dans ces quartiers, tmoigne Kamel-Eddine Fakhar, prsident de la fondation Tifaout pour lidentit amazighe et mozabite.
Un constat similaire est tabli pour lautre communaut par Bouamar Bouhafs, prsident de la fondation des Chamba. Personnellement, je ne peux pas aller librement la place de Ghardaa, alors que je suis natif de la wilaya, soutient-t-il. Jai soixante ans, et de ma vie, je nai vu un Mozabite brler la maison dun Arabe ou vice-versa. Nous navons pas connu une violence aussi intense. La fraction sapprofondit entre les deux communauts. Cest dangereux, poursuit notre interlocuteur.
Lantagonisme entre les deux collectivits est ancien. Il est n des dissemblances sociales et culturelles. Dun ct, une socit mozabite hermtique pratiquant des codes socitaux et cultuels particuliers et de lautre, des arabes malkites venus, par grappes, sinstaller dans la valle jusqu gagner une hgmonie, notamment dans ladministration locale.
La cohabitation se fait dans lincomprhension, voire le refus daccepter lautre communaut avec ses diffrences. Un sectarisme exacerb, selon certains natifs de la rgion, par la propension du parti unique (dans les annes 70 et 80) favoriser outrageusement les arabophones sur les mozabites. Ds lors, le moindre incident sert de dtonateur de violentes confrontations. En 1985, un conflit autour dun primtre agricole provoque des heurts meurtriers.
Un Mozabite est tu. Au dbut de la dcennie 90, un Mozabite et son fils sont tus par des lments du FIS dissous, en reprsailles la communaut qui na pas donn ses voix au parti islamiste aux municipales de 1991. En 2004, puis en 2008, nouveaux affrontements entre les deux communauts qui veulent, chacune, sapproprier la zone Gar Ettine, riche en argile. Il y a eu mort dhomme.
À chaque crise, les autorits locales font intervenir les notables des deux entits pour apaiser les tensions. Jusquaux vnements rcents, lÉtat ne sest pas proccup outre mesure du dlitement de la valle du Mzab.
Un dfaut danticipation qui lui cotera une crise profonde qui dure depuis onze mois. Le feu qui a ravag la rgion est parti dune brindille allume, presque par inadvertance, par des jeunes rfutant une liste dattribution de logements, en dcembre 2013. La contestation sociale dgnre sur un conflit intercommunautaire. Des arabophones survolts attaquent des commerces mozabites.
Les Bni Mzab contre-attaquent et incendient leur tour des locaux et des habitations appartenant des Arabes. On vit en tat de guerre dclar par le pouvoir algrien contre la communaut mozabite. Ce nest pas un conflit ethnique, sinon comment expliquer quon soit attaqus sous le regard impassible des policiers et des gendarmes, raconte Kamel-Eddine Fakhar, puis de poursuivre : Il y a un croisement entre les intrts de lÉtat et ceux de certains Chamba racistes.
Malgr les dclarations dAbdelmalek Sellal et deTayeb Belaz (respectivement Premier ministre et ministre de lIntrieur, ndlr), nous ne sentons pas une volont de trouver une solution au conflit. Une autre version attribue des Mozabites radicaux la responsabilit des premiers coups donns. On ma coll, via certaines chanes de tlvision, ltiquette dtre linstigateur des troubles. Je suis devenu lennemi numro 1 des Chamba, se dfend lhomme.
Quelques dclarations plus tard, il confirme, nanmoins, tre effectivement lun des animateurs actifs du mouvement revendiquant lautonomie du Mzab. Il faut nous laisser vivre sur la terre de nos aeux. Il ny a pas dautres solutions. Ces vnements ont rveill la conscience de la communaut amazighe, surtout les jeunes qui taient jusqualors apolitiques, nous dit-il. Une approche que ne partage pas du tout Abdelaziz Bazemlal, un jeune industriel, membre du conseil des sages de Ksar Bni Isguen. Les extrmistes sont bannis de la communaut. Il faut que lÉtat assume ses responsabilits. Les Mozabites sont prts payer la facture pour viter la dstabilisation du pays, car Ghardaa a t utilise pour a, riposte-t-il fermement. De son point de vue, lenvironnement social et conomique tait favorable lmergence de la violence, alimente par des extrmismes dans les deux camps. Les affrontements ont dur presque une anne, il y a eu des morts. Lconomie locale est quasiment larrt. Consquences, les clivages sont encore l, analyse-t-il. Le snateur Benyouns estime aussi que le gouvernement na pas pris, au dpart, au srieux le conflit jusqu ce quil prenne une ampleur dmesure.
Les dernires meutes de Ghardaa ont clat quelques mois de llection prsidentielle, trouble par une franche opposition un quatrime mandat. Les pouvoirs publics, faisaient face de nombreux foyers de tension travers le pays.
Pour le cas Ghardaa, ils ont compt, encore une fois, sur les notables pour calmer le front. Sauf que cette fois-ci, les vieux sages ne sont pas parvenus influencer ni contrler les jeunes meutiers. Le calme ambiant de ces dernires semaines est prcaire. On sent un dbut de retour de la scurit, mais les actes isols persistent. La tension et linquitude sont encore l, reconnat amrement M. Bamezlal.
Pour lheure, il ny a aucune volont, de part et dautre, de transcender les clivages. Lon pense que la conjoncture nest pas propice la rconciliation. Il y a une coordination entre les sages des diffrents ksars mozabites. Mais il nest pas possible dentreprendre un dialogue avec les chamba tant que le climat demeure tendu. Attendons dassainir la situation, soutient M. Benyouns.
La difficult de la dmarche est corrobore par Bouamar Bouhafs. Le foss est profond. On ne peut pas aller vers lautre. Les deux communauts sont distance. Pour lui, les pralables ne sont pas runis. Il faut quil y ait une franchise entre les ibadites, les malkites et les pouvoirs publics pour arriver normaliser la situation. Pour le snateur de la circonscription de Ghardaa, il est impratif dentreprendre des actions concrtes pour la relance dans tous les domaines. Ainsi, les gens sentiront que la situation volue et que lon sort de la crise. Conflit, crise, deux mots gnriques qui reviennent dans toutes les conversations.
Ils font le quotidien tumultueux de cinq communes sur les treize que compte la wilaya. Berriane, Guerrara, Benoura, Ghardaa et Dhaa Ben Dahoua, soit les localits occupes par les deux communauts. Étrangement, le millnaire ksar dEl-Atteuf chappe la rgle et se met, par l mme, en marge de la spirale de violence intercommunautaire. Personne narrive expliquer cette exception, mme si lon saccorde dire quEl-Atteuf devrait tre le modle co

pier afin dinstaurer linsaisissable paix entre Mozabites et Chamba.


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