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ABC de la Démocratie : théories et pratiques

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ÇÝÊÑÇÖí ABC de la Démocratie : théories et pratiques

ABC de la Démocratie : théories et pratiques
Contribution préliminaire aux débats actuels






Par Dr Mohamed Larbi Ould Khelifa

Préambule : pourquoi vous écrivez et à qui ?
D’aucuns pourraient s’interroger sur la nécessité de réfléchir aux affaires de son pays et de s’intéresser à ce qui se passe dans le monde, et quel est l’intérêt de noter ses réflexions et ses intérêts ou d’en faire un film cinématographique ou même un morceau de musique et de poésie, et que vaut un individu dans un dispositif administratif ou un parti ou une association locale, tous souvent structurés du sommet vers le bas… ? L’écart existe, dans de nombreux pays, entre celui qui a le savoir et celui qui gère.
Ceci est parfois dû au fait de préférer l’esprit pratique ou le pragmatisme et le refus de «perdre» son temps à l’étude et à la consultation. Quelqu’un avait d’ailleurs, dans ce sens, conseillé à un grand responsable d’Etat de supprimer l’appellation de conseiller et de se contenter de celle de «directeur».
Mais alors que restera-t-il des individus, quel que soit leur statut, à part leurs idées ou leurs positions qui pourraient traverser les lieux et survivre au temps ? Leurs idées pourraient aussi parvenir à d’autres générations qui les adopteraient ou les rejetteraient ou alors les modifieraient. En tout état de cause, ce type de travaux ne commence jamais de rien, ex nihilo nihil ; il y a toujours une initiative qui attend d’être complétée.
Partant d’Homère et tout ce qui est venu après, nous pouvons conclure que ce processus constitue une chaîne ininterrompue ; et de ce fait, rompre un maillon de cette chaîne mènerait inéluctablement à la régression et à la stagnation, surtout dans le monde d’aujourd’hui. Il serait donc erroné de croire qu’après nous c’est le déluge. Diagnostiquer la société et lever le voile sur les points forts et de cohésion ainsi que les signes de faiblesse et de dysfonctionnement est une étape cruciale, mais elle reste insuffisante si elle n’est pas accompagnée d’idées-clés qui précèdent tout acte, quel que soit le temps qui les sépare, bien que le temps qui passe soit un avertissement et une preuve tangible de l’engourdissement de la nation et de son entrée en phase d’inertie. L’écrivain américain Ezra Pound (1885-1972) a répondu à des questions essentielles : Qu’écrivons-nous ? Et pourquoi écrivons-nous ? Que lisons-nous ? Et pourquoi lisons-nous ? Il écrit dans l’un de ses livres les plus connus, Ripostes : «Que resterait-il de l’être humain s’il observait le silence, ignorait la souffrance et les espérances enfouies au fond des cœurs, cesserait de réfléchir et d’avoir des sentiments ? Il est alors mort avant d’être déclaré défunt.» Tous les hommes jouissent de dons et d’aptitudes qu’ils soient sains ou souffrant d’un handicap sensori-moteur et quelle que soit la classe sociale à laquelle ils appartiennent. Ce don, une fois découvert, propulsera l’individu qui pourra ainsi évoluer dans le monde de la création et de la perfection au sein de sa société selon les normes de son temps. La force de la volonté et de l’expérience est supérieure aux dons qu’on hérite ou qui sont innés en nous ; ceci ne saurait être nié que par les partisans de la suprématie raciale et de la ségrégation des classes.

1. Le changement et l’alternative
Au cours de ces dernières années, l'appel au changement n'a cessé d'être lancé à travers les discours politiques et les médias. Cet appel s'est intensifié pendant et après, ce que l'Occident euro-américain a qualifié de «Vague des Printemps arabes», à l'instar du Printemps de Prague en Tchécoslovaquie avant sa séparation.
Certaines sphères se sont empressées de les qualifier de révolutions avant même d'en connaître l'aboutissement.
En effet, certains pays dans la région sont sur le point de revenir à une situation pire que celle qui avait prévalu au cours des trois années précédentes. Le changement est un processus continu au sein d'une nation ; il peut ralentir comme il peut s'accélérer, de la même manière que s'opère le processus de catabolisme/métabolisme, à savoir la régénération des cellules du corps humain.
Pour le peuple, celui-ci s'apparente à une volonté communautaire prônée par une majorité qui en accepte les frais, en tant qu'individus ou collectivités, où l'accession au pouvoir ou son recouvrement ne constituent pas une fin en soi. Le meilleur exemple de volonté communautaire du changement révolutionnaire est celui de la Révolution de Novembre 1954. Nous n'avons pas la prétention d'affirmer qu'elle est un modèle unique de la liste des différentes révolutions menées par les peuples du monde, mais elle est la plus proche de nous, par rapport aux événements postérieurs au cours des dernières décennies (1960-2000). Il s'agit d'une révolution au-delà de tout soupçon pour laquelle les Algériens ont payé un lourd tribut.
Etait-elle en mesure de se poursuivre avec un projet culturel instituant une modernité qui affranchit l'individu et la société de centaines d'années de décadence et de l'héritage colonial vicié et restructurant la personnalité nationale dans toutes ses composantes depuis la Numidie jusqu'aux réalités contemporaines ? Nous avons répondu à cette question en partie dans une approche intitulée «La culture algérienne, du déracinement à la polarisation», publiée en 2005 et dans une étude parue dans le quotidien El Massa, intitulée : «Modernité, comment ?
Stagnation, pourquoi ?» Il est indéniable que certains de ces bouleversements qualifiés de révolutions intervenus de 1950 à 2000 ont permis de réaliser certains acquis pour leur peuple et d'apporter des changements dans leur société, mais portant des relents de guerre froide et ses prolongements idéologiques, de rivalité sur les zones d'influence et de cartes de configuration en permanence de «la région du MENA», et d'un nouveau paysage de l'après- «Sykes-Picot», autrement dit le retour du colonialisme et de l'interventionnisme militaire direct, l'enthousiasme exprimé à l'égard de l'occupation étrangère après un retrait provisoire laissant dans son sillage des élites dirigeantes au pouvoir ou dans l'opposition, servant ses intérêts secrètement ou ouvertement, sous le masque de la démocratie, des droits de l'homme et de la liberté d'expression, considérés dans l'ensemble comme de justes causes, mais dans de nombreux cas, comme de simples scénarios pour l'instauration de régimes et de pouvoirs prêtant plus d'allégeance, de bienveillance et d'inclination volontariste à servir les forces hégémoniques.
Outre les questions évoquées précédemment, un préjugé circule selon lequel le peuple algérien est dépolitisé et les affaires politiques sont du ressort des spécialistes et des «activistes» de la classe politique. Or, si le large public est dépolitisé, d'où proviennent les sympathisants et les militants, de quelques motivations et compétences que ce soit ? Les gens en général sont concernés par les questions intéressant leur pays, qu'ils soient à l'intérieur de celui-ci ou de l’émigration. Ce constat se reflète à travers toutes sortes de discussions, de commentaires et de manifestations houleuses ou calmes, ou encore des évaluations de situations en Algérie et des événements qui se déroulent dans le monde, le tout empreint d'un bon sens, compte tenu de l'expérience du peuple algérien depuis l'occupation, en particulier au cours des XIXe et XXe siècles.
Dans son livre la Politique, Aristote a souligné que la politique est naturelle à l'homme. Le terme (bolitique) qui dénote un mépris, voire une abjection pour les controverses stériles entre les partis au cours des années 1950 du siècle dernier signifie que les précédents dirigeants ne disposaient d'aucune solution pour libérer le pays et que la clé se trouvait entre les mains de l'œrganisation secrète (OS) ; en d'autres termes, il fallait mener une lutte de libération avec un esprit de dévouement et de sacrifice.
La seconde question se rapporte à l'unanimisme, héritage de la guerre de libération, à la suite de l'échec des partis et des associations locales quant à l'obtention d'un quelconque acquis pour le peuple algérien opprimé. Sans l'union des Algériens regroupés sous la bannière et la direction du Front et de l’Armée de libération nationale, la plus grande victoire n'aurait jamais été remportée en 1962. Le but était le même. C'est pourquoi les divergences partielles entre les dirigeants n'avaient guère influé sur le cours de la révolution dans l'ensemble. D'autre part, l'obligation de secret hérité également de l'époque de la lutte armée était observée par les différentes organisations. La divulgation du secret sur les mouvements de l'Armée de libération nationale et les procès-verbaux des cellules secrètes du Front de libération était considérée comme un crime impardonnable.
Ces deux tendances sont restées ancrées, à des degrés divers, dans les esprits plutôt que dans la réalité, particulièrement chez l'héritier du mouvement national, à savoir le parti du Front de libération nationale.
Tous ceux qui ont participé à ses congrès et ses commissions à tous les niveaux savent que l'unanimisme apparaît beaucoup plus dans le discours global que dans les délibérations et les dialogues qui se tiennent parfois derrière les portes fermées, à l'instar des autres partis d'Orient et d'Occident, laissant les débats, la presse et les sondages d'opinion donner libre cours à la polémique, à l'explication et à l'interprétation.
Le problème réel de la plupart des partis dans notre pays réside dans la pratique démocratique à l'intérieur même de ces derniers, en ce sens qu'il existe un accord sur la théorie politique générale et un assentiment accordé aux forums au sein de l'organisation qui s'attachent à approfondir la question, ce qui conduit à empreindre cette théorie d'un dynamisme et d'un renouveau, loin du dogmatisme et de la radicalisation. La divergence d'opinions n'est pas un sujet tabou. Toutefois le désaccord peut déboucher sur un consensus que la majorité est en mesure de faire pencher au sein de chaque parti et dans les autres institutions élues. Il est évident que le refus d'une entente sur les questions fondamentales peut dépasser le simple cadre de la divergence d'opinions et aboutir à d'autres formes de conflits et d'accusations d'intolérance et d'extrémisme. L'issue ne peut mener qu'à l'échec ou au retour à la voie d'un consensus salutaire pour tous. Par conséquent, le désaccord au sein même de l'organisation politique unique est un bon signe dès lors qu'il empêche l'exclusivisme dans la prise de décisions et l'opposition en dehors de l'organisation, et le clivage entre les partis, et ce n’est pas le pouvoir qui est toujours pointé du doigt. En outre, les partis et autres organisations font partie de l'Etat — alors que d'autres sont désignés pour le suivi et la supervision au sein des institutions constitutionnelles — et sont tenus, à leur sens, de favoriser une meilleure alternative et ne doivent pas être employés par aucune force extérieure à des fins de pression et d'affaiblissement. Il est d'autant plus important que l'opposition s'organise à l'intérieur du pays et non à l'étranger. L'hospitalité à l’étranger n'est jamais offerte gracieusement. La troisième question porte sur le référentiel des partis rivaux ou alliés, les alternatives qu'ils offrent et les programmes qu'ils proposent pour défendre leurs bilans ou améliorer la situation, selon leur vision du présent et des attentes futures. Le parti ou l'organisation sociale ne jouit d'aucune crédibilité en l'absence d'un référentiel politico-intellectuel et d'un programme qui puisse répondre aux exigences des strates populaires, mais pas de toute la société, de toute évidence. Quels que soient les motivations et les objectifs de ceux qui revendiquent le changement en Algérie, la triple exigence, à savoir la liberté, la justice et le progrès constitue le plus grand enjeu de l'Algérie d'aujourd'hui et de celle de demain. A tout cela s'ajoute une autre exigence qui est en réalité une condition sine qua non, celle de la sauvegarde de la sécurité de l'Algérie, de sa stabilité et de l'unité de son peuple, condition qui ne saurait être un sujet de désaccord entre la majorité et l'opposition car l'affaiblissement de l'Etat-nation constituerait une perte pour tous — il ne s'agit pas d'un prétexte pour tergiverser —, l'édification d'une économie qui favorise l'accroissement des richesses et qui inclut un partage équitable de sa valeur ajoutée, telles que les valeurs de la société nous l'exigent, le souci d'une cohésion d'une société pluraliste, tant politiquement que culturellement, dans le cadre d'une loyauté envers la partie qui transcende toutes autres formes de singularités et d'allégeances locales. Il s'agit à notre sens d'une question d'une extrême importance, car la déstabilisation débute par un affaiblissement de l'intérieur et une scission de la société en factions rivales au nom de l'idéologie, de l'ethnie ou de toute autre forme d'extrémisme religieux.
Il ne faut pas perdre de vue que le colonialisme français avait tenté de semer ses graines idéologiques pendant plus d'un siècle. En effet, le chercheur CH. A. Ageron a consacré de nombreux chapitres dans sa thèse remarquable intitulée : «Les Algériens musulmans et la France. T. 1967» dont nous avons présenté certains extraits accompagnés de commentaires tirés de la réalité de la société algérienne, comme à titre d'exemple la famille qui s'étend à la tribu, l'émergence dans les villes des familles dont le patrimoine culturel rural se reflète à travers leurs comportements et leurs relations avec le milieu, comme évoqué par l'observateur, par exemple, dans la région des Zouaouas ou de la Kabylie, sous le titre de «La société algérienne dans le laboratoire du colonialisme français» T. 2 - 2013.
Les Algériens ont lutté pendant des dizaines d'années pour le droit à la citoyenneté, l'instauration d'un Etat de droit et la garantie des libertés.
Au lendemain de la libération, les besoins d'une reconstruction de l'Etat-nation ont conduit à la mise en place d'une échelle de priorités cumulatives et antagonistes qui commence par le processus qui consiste à panser les blessures et l'institution de diverses infrastructures après le retrait rédhibitoire de près d'un million de colons qui avaient monopolisé le pouvoir et les richesses et dont une majorité écrasante avait refusé de consacrer les droits fondamentaux aux dix millions d'autochtones et indigènes. Il ne fait aucun doute qu'une certaine élite politique et culturelle a estimé que la démocratie est une priorité en soi, d'autres se sont demandé comment cette démocratie pourrait-elle fonctionner dans une société dont la population est en majorité illettrée vivant sous le seuil de la pauvreté ?
La réponse fut que la démocratie devait rester un objectif à atteindre impérativement, comme souligné dans la Déclaration du 1er Novembre 1954, et ce, en dépit de l'approche par essai/erreur (trial and error) généralement admise dans les sciences de la nature et sciences humaines, qui a caractérisé les différentes étapes du processus de construction pendant près de 40 années après l'indépendance. Or, l'erreur dans le domaine de l'expérimentation amène à soulever une autre hypothèse qui avance graduellement vers l'analyse et la conclusion. Il n'est nullement question dans ce qui est rapporté plus haut d'une justification, d'une accusation portée à l'encontre de personnes ou d'époques auxquelles nous avons assisté en partie, que ce soit de loin ou de près, car chaque époque à son propre contexte local ou international, et ses contraintes réelles ou virtuelles.
Ce qui importe ici, c'est l'étape cruciale de la batterie de réformes graduelles et du projet de révision de la Constitution dont certains chapitres ont fait l'objet de remarques de notre part, à la lumière des mutations sociétales dans notre pays au cours de la première décennie de ce siècle et des changements intervenus dans le monde d'hier et d’aujourd’hui, en majorité des Etats-noyaux vers les Etats-parties.
Partant de la conviction selon laquelle la Constitution ainsi que toutes les lois qui ne valent que par l'application qui en est faite à tous et sans distinction, quels que soient le degré de parenté, la catégorie, la richesse et le rang, quand bien même cette conviction serait empreinte d'une certaine utopie dans tous les pays du monde. Or, n'importe-t-il pas que l'individu jouisse d'idéaux et de principes que l'on appelle généralement «la conscience» ? Sinon toute notre existence se transformerait en une vie animale, dénuée de tout sens, à condition que cette conscience ne s'amplifie jusqu'à devenir une tumeur incurable, donnant lieu à des aberrations, à savoir l'inefficacité de ces idéaux dans son environnement proche et lointain. Entre le super ego et l'alter ego, se situe ce «petit cheveu de Mouaouiya», expression désignée sous le terme contemporain de «réseau relationnel» avec l'environnement sociétaire à tous ses niveaux. Il est bien connu que toute Constitution et les lois qui en découlent sont dotées d'une plateforme politique ; sinon comment expliquer que chaque pays dispose de sa propre Constitution et de ses lois qui expriment sa souveraineté nationale plus ou moins relative, qui s'affermit ou s'affaiblit en fonction de la puissance de l'Etat, de sa capacité à élargir son influence et de la façon d'agir à l'égard des normes internationales en matière de démocratie, des droits de l'homme, des tribunaux installés dans les capitales de la démocratie et des droits de l'homme qui sont surveillés par les associations locales et les organisations internationales. Elles disposent de tribunaux qui ne reconnaissent pas toutes les frontières et leurs lois internes imposent des sanctions en cas de violations et de dépassements à l'encontre d'un quelconque pays, et parfois de manière sélective. En tout état de cause, la présente approche préliminaire se rapporte à des principes élémentaires dans les domaines de la recherche sur la démocratie qui embrasse un vaste domaine et dont l'éthique s'est accumulée au cours des siècles, depuis la nuit des temps et dont le référentiel normatif est la Constitution proclamée depuis les tablettes du temps de Hammurabi et du royaume de Babylone en Irak à ce jour.
Par ailleurs, la philosophie et l’élaboration des Constitutions en sont les principales branches qui exigent une connaissance approfondie et une expertise en la matière aussi bien dans leurs dispositifs que dans leurs contenus, puisqu'ils se rapportent à leur degré de rapprochement ou d'éloignement des règles générales de la démocratie et de l'organisation des relations entre les trois pouvoirs : exécutif, judiciaire et législatif. C'est pourquoi, dans les situations d'urgence et pour faire face à tout danger qui menace l'Etat, que ce soit de l'intérieur ou de l'extérieur, il importe que la première mesure à prendre consiste soit en l'annulation soit en l'ajournement de la Constitution et la centralisation du pouvoir de décision entre les mains de l'autorité chargée de faire face à la menace imminente qui pèse sur l'Etat et la société.
A la lumière de ces considérations, la présente approche sera axée sur de la notion de démocratie dans certaines expériences modernes et contemporaines et de l'écart entre les principes déclarés et le degré d'application de ces derniers dans les sociétés, et ce, à titre d'échantillons seulement et non comme une approche globale qui requiert une étude encyclopédique déjà faite dans certaines encyclopédies depuis le XVIIIe siècle, notamment parmi les juristes en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France, après la période dite de «l'ancien régime», c'est-à-dire après la chute de la monarchie et le triomphe de la bourgeoisie sur l'aristocratie alliée avec elle.

2. Les révisions constitutionnelles : exemples
De nombreux spécialistes chez nous considèrent que les organisations juridiques en majorité, de l'échelon le plus élevé à l'échelon le plus bas, sont une adaptation, après transformation du préambule, du système juridique français, notamment après le coup d'Etat commis par l'un des officiers supérieurs français, le général de Gaulle, en 1958 qui a institué le régime présidentiel pour l'élection au suffrage universel du chef de l'Etat de la Ve République demeurée pendant plus d'un demi-siècle (1958-2014), avec toutes les améliorations qui se sont opérées successivement, suite aux changements intervenus après l'institution de l'Union européenne de 1992 à 2014. A des fins de simplification et de culture générale, on note que dans certains dictionnaires, le terme «constitution» est dérivé du mot «dast» d'origine persane qui désigne la main, par allusion à la puissance et au pouvoir. L'origine de ce mot est la plus probable dès lors que les dictionnaires anciens de langue arabe ne contiennent pas le mot constitution. Dans les langues d'origine latine, le mot «constitution», du point de vue linguistique, est dérivé de «la constitution physique de l'individu». Par la suite, il a été utilisé pour désigner un ensemble de textes œcuméniques. Dans son acception politique, ce mot renvoie relativement à la philosophie politique d'Aristote dans son célèbre ouvrage intitulé Politica au IIIe siècle avant J.-C. Plus tard, la signification de ce terme a évolué, après avoir été emprunté au système du droit romain, et désignait à cette époque un ensemble de décrets promulgués par l'empereur. S'agissant des amendements à la Constitution, nous citons entre autres ceux apportés à la Constitution américaine, à l'issue de l'indépendance des Etats-Unis et son indépendance de la Couronne britannique en 1776, parmi lesquelles la Déclaration des droits (Bill of Rights) qui renferme des aspects d'ordre technique et organisationnel, tels que le pourcentage de représentation à la Chambre des représentants, la révision de la rémunération des sénateurs, etc.
Parmi ces amendements, nous citons le droit de l'individu de porter des armes, les pouvoirs conférés aux Etats, l'abolition de l'esclavage, le droit de vote des Noirs, le droit des femmes de participer aux élections en 1920, le droit de vote pour les citoyens âgés de 18 ans en 1971. Les révisions apportées à la Constitution des Etats-Unis de 1791 sont au nombre de 27 à ce jour.
En France, 24 révisions constitutionnelles ont été opérées depuis 1958 à ce jour, dont la plus importante est celle qui a transformé la France en un régime présidentiel, après avoir été sous le régime parlementaire jusqu'à la IVe République. Depuis 1962, le président est élu au suffrage universel direct. Cette révision est toujours en vigueur à ce jour. La révision opérée en 1974 a renforcé les prérogatives du Conseil constitutionnel et accru le droit de regard sur les lois votées par les deux chambres avant leur adoption par le président de la République.
Puis, une autre révision est adoptée, celle relative à la parité entre hommes et femmes, et l'accès aux fonctions et aux mandats électoraux. Mais cette révision était restée en grande partie lettre morte ou une simple déclaration d'intention. En 2000, une nouvelle révision est introduite limitant à cinq ans la durée du mandat présidentiel au lieu de sept ans, comme ce fut le cas par le passé.
Quant aux autres révisions, elles ont été soit revêtues d'un caractère technique soit dictées par les changements géopolitiques à l'issue de l'institution de l'Union européenne. Certaines d'entre elles ont fait l'objet d'un rejet par référendum, à l'issue des traités de Rome, de Maastricht et d'Amsterdam.
D'une manière générale, la Constitution française est fondée sur l'idéologie démocratique libérale, conférant les prérogatives au Premier ministre, en sa qualité de vice-président de la République.
Elle n'est donc ni parlementaire, comme elle le fut avant 1958 ni présidentielle comme celle des Etats-Unis. Elle est l'amalgame entre ces deux régimes.
En Egypte, premier pays indépendant dans la région à la fin du règne du protectorat britannique au cours des années 20 du siècle dernier, la Constitution a été promulguée pour la première fois par le roi Fouad 1er en 1923. Elle est restée en vigueur jusqu'en 1952, jusqu'à la suspension de ses dispositions en 1930. Elle sera annulée après la destitution du roi Fouad II et la proclamation de la République en 1953 sous le nouveau pouvoir du général Naguib au début, et par la suite celui du président Djamel Abdel Nasser qui institua un régime présidentiel qui est demeuré en vigueur jusqu'à la création d'une Fédération éphémère (1958-1961) entre l'Egypte et la Syrie et l'élaboration d'une nouvelle Constitution adaptée à la nouvelle situation. Mais cette dernière sera annulée suite à l'échec du projet de fédération et le retour à la précédente Constitution qui fut amendée en 1964.
En 1971, une nouvelle Constitution a été adoptée puis a fait l'objet de nombreuses révisions jusqu'en 1980 à l'initiative du président Anouar El-Sadate. L'ancien président égyptien Hosni Moubarak a introduit trois autres amendements, le dernier étant intervenu avant sa destitution en 2011.
Au cours des troubles qui ont secoué l'Egypte, la Constitution a été suspendue par l'armée. La Constitution actuelle a été adoptée au début de l’année 2014.
Le Maroc a connu entre 1962 et 2011 six révisions du projet préliminaire officieux initié avant le protectorat français, soit en 1908. Ce projet n'a jamais vu le jour.
Nous citons entre autres la première Constitution officielle de 1962, révisée en 1970, 1972, 1992 et 1996 puis la dernière révision en 2011. En Algérie, à l'issue de l'avortement du Conseil consultatif de l'Emir Abdelkader au cours des années 1930 du XIXe siècle et l'anéantissement de la capitale provisoire de la résistance, le projet de l'Etat-nation de l'Emir a été mis en échec jusqu'au triomphe de la Révolution en 1962. Par la suite, plusieurs révisions ont été introduites à la première Constitution de l'après-indépendance en 1963, puis en 1976, 1979, 1980, et à la fin de l'année 1988, en 1996, 2002 et 2008. Ces révisions constitutionnelles, dans leur majorité, se rapportent soit à l'organe exécutif soit à la mise en place des institutions (Cour des comptes en 1980) ou encore à la promulgation de certains droits, l'annulation de l'option socialiste, la création d'une deuxième Chambre parlementaire en 1996, l'introduction de la langue amazighe scomme langue nationale, la limitation ou l'ouverture des mandats présidentiels, l'accès d'un tiers des femmes dans les assemblées élues successivement (révision de 1996) et l'avant-dernière de 2008, qui est aujourd'hui soumise à la concertation et au dialogue.


L. O.-K.
(A suivre)


Le Soir d’Algérie

ÇáÊÚÏíá ÇáÃÎíÑ Êã ÈæÇÓØÉ Emir Abdelkader ; 2014-11-19 ÇáÓÇÚÉ 11:14 AM
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