> >

[] [ ]

Houari Boumedine, 36 ans aprs

(Tags)
 
Aprs la fatwa des relations sexuelles aprs la mort... Emir Abdelkader 0 2014-11-26 11:52 AM
Boumedine a-t-il t empoisonn ? Emir Abdelkader 0 2014-11-12 01:50 PM
Que cherche la chane Al-Jazeera avec son documentaire sur Houari Boumediene ? Emir Abdelkader 0 2014-10-31 11:13 PM
Houari Boumedine : du putschiste lhomme dEtat Emir Abdelkader 0 2013-07-14 01:09 PM
Boumedine vu par les Amricains Emir Abdelkader 0 2013-04-10 02:45 PM

 
LinkBack
  : ( 1 )  
2014-12-28
 
:: ::

  Emir Abdelkader    
: 11609
: Aug 2011
:
:
:  male
:
: 45,954 [+]
: 3119
: Emir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond repute
Manqool Houari Boumedine, 36 ans aprs

Houari Boumedine, 36 ans aprs






Nous noublions toujours pas !

Un froid glacial lacrait le ciel maussade et bas qui touffait Alger. Une trange tristesse stait installe sur le port. Vus des fentres de lAmiraut, restaurant hupp des annes 1970, le ciel et la mer se confondaient dans la mme brume paisse et inaccoutume qui avait pris possession des lieux. Alger venait de perdre sa joie de vivre. Depuis quelques jours, les rumeurs les plus affolantes couraient travers la ville : Boumedine serait mort et le communiqu du Conseil de la Rvolution annonant son coma ntait, pour beaucoup, quune manire de gagner du temps afin de mieux prparer les obsques.

Boumedine tait si prsent dans la vie des Algriens que son ventuelle disparition tait considre comme une vritable catastrophe nationale.
Le prsident du Conseil de la Rvolution et nouvellement prsident de la Rpublique navait pas ses portraits partout et les ditorialistes ne faisaient gure rfrence son programme, ni son gnie ou sa cervelle qui dpasserait en intelligence celles de tous les cadres runis.
Le Prsident tait un homme simple et naimait pas beaucoup le protocole. Il considrait que trop dapparat nuisait au caractre rvolutionnaire de son rgime et il se faisait un honneur de rester austre ; ce qui avait dj fait ladmiration de ses soldats.

Il navait jamais tremp dans les affaires et ne privilgiait aucun membre de sa famille. Sa mre vivait humblement et tous ses proches continuaient leurs activits habituelles Guelma, loin dAlger et de son faste. Et quand sa maman lui avait demand dintercder en faveur dun proche pour lui viter daccomplir son service national, il prit le risque de la contrarier. Boumedine na pas trich. Il na pas fait comme les rapaces qui envoient de largent mal acquis en Suisse et ailleurs dans les paradis fiscaux. Un scandale comme celui de Khelil tait inimaginable de son poque.
Cet homme vivait simplement chez lui. Les tmoignages de son ordonnance puis, plus tard, ceux de son pouse, montrent un tre qui dort peu, mange trs peu et na aucun vice en dehors des cigares

Havana que lui envoyait son ami Fidel Castro. Cest dailleurs Mme Boumedine Anissa qui nous raconta cette anecdote le jour o elle rendit visite notre journal naissant. Elle fut, avec MM. At Ahmed, Sad Sadi, Mouloud Hamrouche et Kasdi Merbah, lune des tout premiers htes clbres tre reus par la rdaction du Soir : Un jour, raconte-t-elle, ctait un vendredi et, alors que nous tions au salon du modeste F3 que nous occupions la prsidence, je voulais aborder la question de lamnagement de cet appartement avec lui. Nous recevions des prsidents amis chez nous comme Tito ou Fidel Castro et il fallait quand mme maintenir un certain standing. Or, la moquette du salon commenait prsenter des signes de fatigue. Il prenait son th et consultait un lourd dossier.
A peine la question de la rfection de la moquette pose, je vis les papiers senvoler dans le salon et il lana dans une grande colre : Je suis en train dtudier des solutions pour les pauvres et les dmunis, de voir comment rgler les problmes de ceux qui habitent encore dans les taudis et ne mangent pas leur faim et poser le problme de la moquette est une insulte ces pauvres gens !

Lhomme quun opposant a clairement rendu responsable dun dtournement dargent, citant mme la banque o il aurait envoy largent (la Manhattan Chase Bank de New York), est lun des plus intgres que lAlgrie aura connus. Quand Boudiaf occupa la prsidence, et bien que beaucoup trouveront la comparaison tmraire, il se comporta exactement de la mme manire, en refusant tous les avantages lis sa fonction. On dit mme quil renvoya le clbre couturier venu prendre les mesures pour ses futurs costumes. Ceux qui ont bonne mmoire se souviennent certainement de ses complets ordinaires, ramens du Maroc, quil continuait de porter jusqu son lche assassinat. Il est vrai que Boumedine stait mis la mode du crois et aux bottillons italiens mais faits en Algrie. Privilge insignifiant pour ce poste prestigieux !

Les deux, au-del de la trajectoire particulire de lun et de lautre, avaient gard cet esprit rvolutionnaire qui ne saccommode gure avec les prtentions bourgeoises et leurs gots malsains pour le luxe et la forfanterie. Ils avaient, lun et lautre, la mme passion pour leur peuple, leur terre et si lun a eu le temps de mettre en pratique sa stratgie qui sest solde par un dveloppement prodigieux et une sensible amlioration du niveau de vie des populations jadis sous le seuil de la pauvret, pauprises, sous-alimentes, mal loges, illettres et rgulirement dcimes par des pidmies de toutes sortes, lautre, en loccurrence Boudiaf, est venu dabord pour sauver le pays. Il le sauva. Il mit un terme lexistence du FIS en mars 1992 et engagea la guerre contre le terrorisme islamiste. Paralllement, il indiqua clairement ses objectifs et montra que sa guerre sera galement contre le systme, ses intrts, ses fraudes, ses faveurs, etc. Il fut tu Annaba le 29 janvier 1992.

Boumedine mourut lhpital Mustapha au coeur du quartier populaire du 1er-Mai. Il fut certes entour de sommits mdicales mondiales et les quipements les plus sophistiqus lpoque furent rapidement imports, mais il fut soign dans un hpital algrien comme des millions dautres Algriens. Et quand, au dbut de son affection, on lui conseilla de partir ltranger, il choisit, aprs beaucoup dhsitation, Moscou. Mais ds quil comprit que la maladie allait durer et que, peut-tre, elle allait lemporter, il rentra Alger. Quelques dcennies plus tard, son ami Fidel Castroen fit de mme. Il fut trait La Havane et y subit avec succs une lourde opration. Il vit toujours et doit tre aujourdhui particulirement heureux dapprendre que logre yankee a cd

Boumedine fait couler beaucoup dencre. On lui reproche beaucoup de choses. Entre autres, davoir form et consolid larme des frontires. Je crois quil aurait t un tratre et un rengat sil navait pas donn lAlgrie sa premire grande arme professionnelle, celle-l mme qui ira se battre en 1963 contre lagresseur marocain, du ct de Tindouf. Celle-l qui a sauv le pays de la guerre civile et du despotisme en 1965, ouvrant la voie la construction de lEtat, au dveloppement conomique tous azimuts et au progrs social. Celle-l mme qui a encore sauv le pays en 1992, menant une autre guerre de sept annes contre les hordes terroristes.

Celle-l qui veille aujourdhui sur notre pays et abat les plans imprialistes, sionistes et arabes des rgimes ractionnaires du Golfe. Et si quelques brebis galeuses ont transform par la suite certains hauts grades en passeports pour la fortune et les passe-droits, ce nest pas la faute Boumedine !
Quant qualifier Boumedine de dictateur, et malgr les dpassements enregistrs au niveau des droits de lHomme avec ces assassinats horribles dont il reste clarifier les conditions et identifier les vritables auteurs et commanditaires, je ne peux pas dire quil sagit dun terme appropri. On se souvient que les seuls dirigeants quon pouvait qualifier de dictateurs taient ces hommes de paille de limprialisme, la tte de rgimes fantoches corrompus. Ctaient les dictatures militaires ou civiles de droite, celles qui tiraient sur la foule, sopposaient toute rforme, toute ide progressiste.

Boumedine tait considr comme un leader tiers-mondiste, un homme de gauche qui avait la confiance de son peuple et de ses lites rvolutionnaires. Sur les treize annes de son rgne, les manquements aux rgles de la libert dexpression et les cas de censure de films, livres ou pices de thtre sont rares. Ils existent, mais restent limits, compars limmense chantier culturel qui donna un florilge de crations artistiques qui fut certainement le plus riche et le plus authentique de lAlgrie indpendante. Nos meilleures productions cinmatographiques datent de cette poque, nos crations dramatiques marquantes, les toiles prestigieuses, les grands rythmes populaires, les succs ternels du chabi, les grands noms de la chanson algrienne, le printemps de la danse algrienne, tout ce qui fait notre fiert vient de cette poque.

El Anka, Guerrouabi, Dahmane El Harrachi, Lamari, Wahbi, Fergani, Idir, Noura, Saloua, Khelifi Ahmed, Driassa, Hamina, Laskri, Bendedouche, Allouache, Kaki, Kateb, Alloula, Benguettaf, Rouiched, Hassan El Hassani, Sid Ali Kouiret, Agoumi, Keltoum, Saboundji, Berbre, Issiyakhem, Martinez, Racim et jen oublie, ont brill sous Boumedine et grce sa politique culturelle ouverte aux masses et non confine dans les festivals et les annes bidon !

Boumedine fut une parenthse de fiert et de patriotisme, une grande fentre ouverte sur un monde meilleur pour tous. Vite refermes malheureusement. Donnant sur le vide sidral, labsurde conomique et lobscurantisme sous sa forme la plus vile. Le retour aussi des pratiques coloniales sous un contour plus hideux. Jadis, les colons et les anciens bourgeois suaient pour senrichir, mme sils ne savaient pas partager.
Maintenant, soutenir, applaudir, agrandir les portraits, critiquer lopposition, touffer les voix libres, masquer la ralit, mentir, diffamer, tricher, ne pas payer les impts, ne pas dclarer les travailleurs, faire travailler les enfants, sont les moyens les plus efficaces pour amasser de largent, bnficier dimmenses faveurs et recevoir en cadeaux des usines, des terrains et des htels ! Aprs Boumedine, la restructuration des entreprises allait casser les joyaux de lindustrie et du btiment algriens. Ces mastodontes de lge dor taient pourtant prts partir la conqute du monde.

Nous aurions pu tre les Chinois de lpoque. Hlas, cette restructuration cachait des desseins inavous. Paralllement, le dsinvestissement cdait le pas aux PAP (plans anti-pnuries) et aux gaspillages de toutes sortes. On tait sorti de la rigueur rvolutionnaire et de la planification. Ce chemin mena tout droit la catastrophe des annes 1990. Pendant que les Patriotes dfendaient chaque parcelle au prix de leurs vies, les successeurs de la restructuration prparaient lavenir. Privatisations sauvages, chapardage en rgle des biens publics. Puis, mergence dune nouvelle forme dconomie btarde, btie sur limportation et linformel.
Cest lre des magasins, hanout serait plus appropri , par millions, des crdits effacs loccasion des chances lectorales et des patrons milliardaires sortis du nant.

Boumedine avait une stratgie pour lAlgrie. Elle tait ambitieuse, prtentieuse, diraient certains. Le leader rvolutionnaire et charismatique avait simplement compris que ce pays tait grand. Par son histoire, sa gographie, ses espaces infinis et ses richesses multiples. Mais aussi par ses hommes et la diversit de ses cultures. Pour le diriger, il fallait tre grand comme lui. Il ltait. Il avait certainement des dfauts comme tout le monde mais on ne peut pas dire quil ntait pas grand !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source



 

()


: 1 ( 0 1)
 

Houari Boumedine, 36 ans aprs




11:59 AM

Powered by vBulletin Version 3.8.7 .Copyright 2000 - 2015, Jelsoft Enterprises Ltd
Search Engine Optimization by vBSEO ©2011, Crawlability, Inc.
- - -
Designed & Developed by shababdz.com
2014,