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Histoire : À Oman, le roi se meurt

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Histoire : À Oman, le roi se meurt

Histoire : À Oman, le roi se meurt






La maladie dont souffre l'atypique sultan Qabous pose la question de la succession, qui s'annonce d'autant plus dlicate que le souverain s'est faonn un État sur mesure et n'a pas d'hritier.
Des dunes d'or mourant dans une mer de saphir, des oasis enchsses comme des meraudes dans la roche brute, des palais de marbre et des forts antiques, des cits cosmopolites o la tradition embrasse la modernit : loin du bling-bling dubaote, des mirages btonns du Qatar ou du rigorisme saoudien, l'image du sultanat d'Oman contraste avec celle de ses voisins du Golfe.
Il serait "le secret le mieux gard d'Orient", selon le site de son office du tourisme en France, un dcor des mille et une nuits o trne depuis quarante-quatre ans Qabous Ibn Sad Al Bou Sad, le roi au turban fleuri sacr "sultan la rose" ou "gentleman du Golfe", rput pour son got de la grande musique classique europenne et son raffinement trs british. Mais Oman n'est pas la contre des anges et des djinns. Et son roi se meurt.
Des examens mdicaux en Allemagne
Le 18 novembre, jour de la fte nationale et de ses 74 ans, le sultan s'est adress ses sujets, la voix assure mais le visage trs amaigri et le regard, jadis imprial, voil par la fatigue. "La volont divine a voulu que cette heureuse occasion concide cette anne avec mon absence de la chre patrie pour les raisons que vous connaissez", a-t-il expliqu laconiquement. Pour la premire fois de son long rgne, Qabous a pass ce jour symbolique l'tranger, en Allemagne, o il subit, depuis le 9 juillet, des "examens mdicaux", avait annonc son cabinet en aot. Des examens qui durent maintenant depuis plus de cinq mois et accrditent la rumeur presque officielle d'un traitement lourd pour un cancer du colon ou, plus proccupant, du pancras.
Si l'apparition royale sur les crans tlviss a soulag les Omanais - le bruit d'une mort passe sous silence avait commenc se rpandre -, le contenu du discours ne les a pas rassurs quant l'avenir de la monarchie. Car le sultan, sans enfant ni frre, n'a toujours pas dsign de successeur au trne qu'il a ravi par un coup d'État son pre, Sad Ibn Taymur, en 1970.

Disparatre sans hritier : un grand danger
"Cette anxit existe depuis trs longtemps, parce que tout le monde, les jeunes duqus en particulier, se rend compte que le pays est construit autour de lui. Sa disparition sans hritier dsign pourrait entraner de srieuses tensions internes qui ne vont certes pas ncessairement aboutir l'explosion du pays", explique Marc Valeri, rare spcialiste francophone du sultanat.
La lente agonie du souverain concentre aussi l'attention des grandes puissances : contrairement ses voisins, Oman n'est pas un important producteur d'hydrocarbures, mais Mascate contrle, avec Thran, le dtroit d'Ormuz, porte du golfe Persique par lequel transitent 30 % du ptrole mondial : un enjeu stratgique crucial. Redoutant peut-tre davantage les vises hgmoniques du frre saoudien que la menace iranienne, Mascate a toujours entretenu de bonnes relations avec Thran et s'est rcemment rvl un acteur diplomatique important en abritant les ngociations entre Washington et Thran sur le nuclaire iranien.
En aot, trois semaines aprs le dpart du souverain en Allemagne, l'ancienne puissance coloniale britannique, toujours trs influente la cour de Qabous, dpchait un envoy spcial Oman, un homme d'affaires proche du Premier ministre David Cameron, "trs clairement pour des questions de succession et pour grer ce qui pourrait arriver par la suite", explique Marc Valeri.
Une coutume archaque toujours en vigueur
À l'heure o les souverains du Golfe cherchent clarifier les rgles successorales dont les imprcisions avaient pu tre source d'instabilit, voire mener des coups d'État, Qabous a choisi de s'en tenir la coutume archaque. Dans les trois jours suivant la mort du sultan, le conseil de la famille Al Bou Sad, qui rgne Mascate depuis 1750, doit dsigner un successeur parmi les descendants de Turki Ibn Sad Ibn Sultan (1832-1888) et, pour le cas o aucun accord n'est trouv, le souverain actuel a laiss dans ses coffres une enveloppe renfermant le nom de celui qu'il a choisi pour prendre sa place. Celui d'un de ses trois neveux, Assad, Haitham ou Chihab y serait scell.
Dans les souks de Mascate, il se murmure que le sultan aurait ourdi une ultime factie : l'enveloppe serait vide... Mais quand bien mme la transition s'effectuerait sans heurts, le successeur de Qabous aura-t-il les paules pour grer un État que le roi mourant s'est faonn sur mesure ? Lorsque, avec l'appui des Britanniques, Qabous chasse son pre du pouvoir, en 1970, il rebaptise l'État de Mascate et d'Oman "sultanat d'Oman", unifiant symboliquement la cte marchande et les reliques de l'imamat ibadite, secte de l'islam distincte du sunnisme et du chiisme, majoritaire dans le pays, qui gouvernait l'intrieur.
Rformant son arme et faisant appel des contingents du shah d'Iran, il parvient, en 1975, rduire une rbellion scessionniste qui fait rage dans le Dhofar depuis 1965, non sans coopter ses leaders de hautes fonctions. D'autres lignes de fractures, ethniques, linguistiques ou sociales, divisent la socit omanaise, que Qabous va chercher rduire par une intense politique d'unification nationale et la promotion d'une identit omanaise parfois artificielle.
Une conomie plusieurs vitesses
Rompant avec la politique de non-dveloppement de son pre, il utilise la rente ptrolire pour btir des routes, rnover les cits, lancer le pays dans l'aventure touristique et dvelopper des ples industriels et commerciaux comme la zone franche de Salalah, l'ancienne capitale. Las, cette diversification a essentiellement profit l'aristocratie et aux grandes familles commerantes et le npotisme et la corruption ont frein le dveloppement de l'conomie.
Bien plus lev que dans la plupart des États du Golfe, le taux de chmage atteint 15 % Oman, dont 40 % de la population a moins de 15 ans. Une fragilit structurelle qui explique en partie les vnements de 2011-2012, quand le pays a connu son Printemps arabe. L'emploi et la lutte contre la corruption sont au coeur des revendications de la jeunesse, qui manifeste Sohar, Salalah et Mascate partir du 18 fvrier 2011.
Mais, contrairement aux foules de Tunis, du Caire et de Tripoli, le peuple ne demande pas "la chute du rgime" mais sa rforme et "la fin de la corruption". Qabous semble entendre les contestataires, limogeant trois ministres conspus, mais il fait galement tournoyer les matraques de la rpression. Des dizaines de jeunes et d'activistes sont arrts, parfois torturs, et l'on dnombre plusieurs morts. "Il y a eu de nouvelles vagues de protestations en 2012, mais les slogans ont chang, et beaucoup ont t arrts pour insulte Sa Majest, raconte Marc Valeri.
La survie de la petite socit civile
En limogeant les ministres considrs comme corrompus et en nommant un nouveau cabinet de technocrates, le sultan s'est priv de tous ceux qui auraient pu lui servir de fusibles. Pour la premire fois, en 2012, les blogueurs ont dit qu'ils avaient t dus par la rponse du rgime et que la faute en incombait au sultan, qui n'avait pas su couter les revendications." Depuis 2013, la rpression semble avoir eu raison du Printemps de Mascate et, dans ce pays o les partis politiques sont interdits et o les associations ne sont permises que dans les domaines sportifs et culturels, l'mergence d'une petite socit civile a t tue dans l'oeuf.
Mais, l'instar des Tunisiens et des Égyptiens, les Omanais savent qu'ils peuvent prendre la rue. Les incertitudes provoques par l'ventuelle disparition de Qabous pourraient rveiller les ardeurs des contestataires et laisser croire certains puissants, avides de prendre leur part du gteau omanais, qu'ils pourraient instrumentaliser ces mouvements. "Son successeur n'aura pas la majest et l'aura de "Baba" ["Papa Qabous", le surnom que lui donnent les Omanais], et ne sera pas respect comme il l'est : beaucoup de gens seront prts le critiquer ds son arrive au pouvoir, ce qui ne veut pas dire qu'il y aura des manifestations tout de suite", explique Valeri, pour qui le sultan aurait d profiter des vnements de 2011 pour engager de vritables rformes et ordonner sa succession.
Cette apparente incurie trahit en ralit la hantise de Qabous, qui redoute de se voir renverser par un hritier, comme lui-mme avait renvers son pre. Suspicieux vis--vis de tout potentiel concurrent, il cumule les fonctions de Premier ministre et de ministre de la Dfense, et la sagesse du grand ge n'a pas attnu cette trs mfiante prudence. "Le problme, c'est que l'identit nationale omanaise trs forte que Qabous a russi crer renvoie non pas au sultanat en tant qu'institution mais sa propre personne, poursuit Valeri. Toutes les rfrences nationales renvoient lui, et le systme politique est compltement centralis autour de lui. Cela sera trs difficile pour son successeur..." Depuis sa lointaine clinique allemande, Sa Majest mdite-t-elle l'expression prte Louis XV : "Aprs moi, le dluge" ?






 

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