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La farce tragique de lEtat islamique

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2015-01-05
 
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  Emir Abdelkader    
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La farce tragique de lEtat islamique

La farce tragique de lEtat islamique



Les vnements tragiques de lhistoire se rptent toujours, mais la seconde fois, disait Marx, cest une farce . Dans les annes 1980, les dirigeants des USA et leurs amis saoudiens inondrent de leurs largesses financires les combattants afghans et arabes du jihad antisovitique. Ennemi mortel de lempire moscovite, antidote au panarabisme lac, opportun concurrent de la subversion chiite : les fins stratges de la CIA ont prt demble toutes les vertus au jihadisme sunnite. Produit de la gurilla anticommuniste en Afghanistan, lavnement dAl-Qaida fut ainsi leffet combin de lobsession antisovitique des Etats-Unis et de la frayeur saoudienne devant la perce khomeyniste.
Mais cette inavouable coalition a fini par se dissoudre. Ben Laden a voulu rgler ses comptes avec un commanditaire tranger, les USA, dont le succs rgional tlescopait sa vision du monde. Fruit vnneux des amours entre la CIA et les jihadistes, lpope dvastatrice du jihad plantaire est ne de ce retournement du monstre contre ses bailleurs de fonds. Scnario de rupture peu glorieux : Al-Qaida na t raye de la liste des frquentations occidentales qu partir du moment o Ben Laden a lui-mme prononc la fin de lidylle. Le divorce na pas t consomm par un Occident moralement rvuls par le terrorisme, mais par les terroristes eux-mmes, en raison dune discordance entre leur agenda politique et celui de leurs associs.
Lopposition syrienne : un dcor en carton-pte
Nouveaux temps, nouveaux errements : depuis 2011, les USA et lArabie saoudite soutiennent une opposition syrienne sur laquelle la guerre a fait leffet dun rvlateur chimique. Une fois effondr le dcor en carton-pte dune coalition prtendument dmocratique, la ralit a jailli la face du monde : celle du jihadisme transnational de seconde gnration. Fin 2012, pour justifier lappui aux opposants Bachar Al-Assad, le secrtaire dEtat John Kerry avait encore loutrecuidance de nier devant le Congrs amricain la prsence dAl-Qaida en Syrie. Aujourdhui, cest Barack Obama, lu en 2008 pour son refus des aventures militaires de lre prcdente, qui mne son corps dfendant une troisime guerre dIrak .
La chevauche sanglante de Daech rpterait-elle, sur le mode parodique, la saga meurtrire dAl-Qaida ? Sans les milliards de dollars dverss par les ptromonarchies arabes, lorganisation dAbou Bakr Al-Baghdadi, en effet, net pas assur la succession tonitruante de celle dOussama Ben Laden, liquid par les forces spciales amricaines en 2011. Et de mme, sans lappui multiforme des Etats-Unis et de leurs satellites occidentaux, la gurilla antigouvernementale en Syrie, esprant en sa victoire prochaine, net pas livr un combat mort contre le rgime, dsastreuse fuite en avant qui ensemena le terrain sur lequel la violence tous azimuts des jihadistes allait prosprer.
Une croyance nave en son toile a conduit la rbellion syrienne refuser le moindre compromis avec le pouvoir baasiste, encourage dans son intransigeance par la vaste coalition internationale qui prophtisait encore, lautomne 2013, la chute imminente du boucher de Damas . Imitant les moudjahidines triomphant du rgime de Kaboul et des forces sovitiques trente ans plus tt, les insurgs islamistes ont vu dans leur cohsion idologique, combine lappui des principales puissances occidentales et rgionales, la garantie dun succs retentissant.
Et pourtant, excrs par la majorit du peuple syrien, ils ont chou renverser le rgime en place, dont les erreurs politiques et conomiques, depuis dix ans, avaient fait le lit dun mcontentement grandissant dans les couches populaires, notamment en priphrie des grandes villes. Cet chec, les forces en prsence au sein de la rbellion lont pay au prix fort en se rsignant, bon gr mal gr, lhgmonie des plus combatifs dentre eux. Ceux qui, ds le printemps 2011, ont jou la carte de laffrontement militaire avec Damas, tir sur les forces de lordre pour susciter la rpression gouvernementale, attis la haine interconfessionnelle et commis les pires exactions, ont pris le pouvoir au sein de la nbuleuse insurrectionnelle.
Daech : la radicalisation jihadiste
Continue depuis le dbut de la crise, cette radicalisation sest traduite par de sanglantes luttes intestines entre les diffrentes factions rebelles, entrecoupes dexhortations de la maison-mre, Al-Qaida, les invitant cesser ces affrontements fratricides. Mais si lEtat islamique en Irak et au Levant , branche rgionale de lorganisation dirige par Ayman Al-Zawahiri, est sorti vainqueur de cette guerre civile interne, cest parce quil a su tirer un trait dunion entre linsurrection syrienne et lexaspration des sunnites dIrak. Consquence lointaine de la dsastreuse dissolution de larme irakienne par loccupant amricain, cette internationalisation du jihad, double dune territorialisation indite, a confr lorganisation jihadiste un prestige ingal, source de recrutements internationaux de grande ampleur.
Lhgmonie de lEIIL a mme contraint son principal rival, bnficiaire son tour du label officiel dAl-Qaida, le Front Al-Nosra , lui faire allgeance. Fer de lance de la rbellion islamiste en Syrie, le Front avait ensanglant les rues de Damas et dAlep avec des attentats la voiture pige contre des civils prsums fidles au rgime. Son ralliement Daech fut une singulire leon de choses, en tout cas, pour la diplomatie franaise : avant de se rtracter en mai 2013, Laurent Fabius, sopposant ladministration Obama, avait refus dinscrire le Front Al-Nosra sur la liste des organisations terroristes. Pour quel motif ? Ils font du bon boulot en Syrie , affirmait alors sans sourciller le porte-parole de la France sur la scne internationale.
Fort de sa suprmatie sur le terrain et de lalignement de lopposition arme sur son agenda idologique, Abou Bakr Al-Baghdadi, dabord obscur chef de lEIIL, fonda alors lEtat islamique aprs avoir, en juin 2014, proclam le califat . En revtant le politique des oripeaux du religieux, il prtendait graver dans le marbre des commandements divins lobissance son pouvoir profane. Comme Ben Laden, il sattribuait une lgitimit doctrinale dont toute contestation ouverte serait dsormais punie de mort. Cette supercherie eut beau tre dnonce par toutes les autorits religieuses, y compris celles de ses parrains inavous, elle exera une attraction certaine sur tous les desperados du jihad global, ravis den dcoudre, dans leur qute perdue du frisson apocalyptique, avec les mcrants de tout poil.
Reste lessentiel : lessor spectaculaire dune organisation tenue pour quantit ngligeable il y a encore trois ans nen finit pas de soulever des questions redoutables. Comment les financements en provenance des ptromonarchies ont-ils transit jusque dans les coffres de lEtat islamique ? Jusqu quel point les services secrets occidentaux ont-ils particip, au nom de la lutte contre le rgime de Damas, larmement de ses combattants ? Quel a t le rle exact de la Turquie, aussi dsireuse dabattre Bachar Al-Assad que de rduire la rsistance kurde ? Une partie des armes dont Franois Hollande a reconnu la livraison au profit de la rbellion syrienne a-t-elle fini entre les mains des commanditaires de lassassinat dHerv Gourdel ?
Le monstre et les apprentis-sorciers
Si nous sommes et resterons longtemps ignorants des dtails, il est vident aujourdhui que la monte en puissance de Daech doit autant aux facteurs exognes du conflit syrien qu ses donnes internes. Menant aussi loin que possible lingrence trangre, les ennemis du rgime de Damas sur la scne internationale nont pas mnag leur peine pour lgitimer, financer, armer et unifier la rbellion. Rditant les errements de ceux qui financrent le jihad antisovitique, ces nouveaux apprentis-sorciers ont accouch du monstre quils vouent dsormais aux gmonies, comme sils navaient aucune responsabilit dans son irruption et pouvaient se laver les mains de ses turpitudes.
Concentr de violence extrme contre les minorits, les femmes et les apostats de toute nature, Daech est le fruit empoisonn des amours entre des puissances occidentales sous leadership amricain et des ptromonarchies corrompues qui distillent le venin de la haine interconfessionnelle. Son essor fulgurant nest pas le fruit du hasard, mais le rsultat dune cynique rpartition des tches au sein dune coalition internationale que cimente son hostilit commune lgard de Damas et de ses allis : Thran, Moscou, Hezbollah.
Les dirigeants occidentaux ont fourni largent, les armes et lorchestration mdiatique dune compassion sens unique o les seules victimes sont celles de larme syrienne, alors mme que le dernier bilan de lOSDH, proche de lopposition, fait tat de 80 000 morts dans les rangs des forces du rgime contre 60 000 combattants rebelles et 60 000 civils victimes des deux camps. Les ptromonarchies, elles, ont fourni et fournissent encore (plus discrtement) beaucoup dargent, des combattants et une orchestration idologique dont la teneur se rsume la haine recuite des chiites, des alaouites et des baasistes.
Contrairement ce qucrit Peter Harling dans Le Monde diplomatique , lEtat islamique nest pas le monstre providentiel qui permettrait tous les acteurs de ce drame, sans exception, de se ddouaner de leurs responsabilits. Il est leffet conjugu de leffondrement de lEtat irakien, lamin par les USA en 2003, et de la guerre civile syrienne, alimente par les USA et leurs satellites depuis 2011. Il nest pas plus la crature dAssad quune manuvre de Thran : les milliers de soldats de larme arabe syrienne et du Hezbollah tombs en luttant contre des jihadistes de 80 nationalits suffisent laver le prsident syrien de cette accusation grotesque.
Cancer qui rpand ses mtastases depuis trente ans, le jihad global a dsormais trouv un nouvel abcs de fixation, propice des exprimentations obscurantistes dont des populations apeures fournissent les cobayes. Cramponn ce nouveau terrain de lutte, il contrle pour la premire fois un vaste territoire et rsiste militairement sur plusieurs fronts. Ce succs provisoire, il le doit pour lessentiel ce trou noir de la gopolitique mondiale quest devenu le Moyen-Orient, sous leffet des coups de boutoir et des manipulations ritres dune coalition, mene par Washington et Riyad, qui a prfr, une fois de plus, faire un pacte avec le diable.


par Bruno GUIGUE


 

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