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La bataille de la modernit du Monde arabe

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2015-01-06
 
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Manqool La bataille de la modernit du Monde arabe

La bataille de la modernit du Monde arabe






Par trois fois en un sicle, le Monde arabe a perdu la bataille de la modernit et du dcollage conomique, perptuant durablement sa sujtion :
  1. Au XIX me sicle, sous Mohamad Ali, lpoque de lessor de lindustrie manufacturire.
  2. Au moment de lindpendance des pays arabes, lpoque de la guerre froide sovito amricaine et des conflits inter-arabes subsquents linstrumentalisation de lIslam comme arme de combat contre le nationalisme arabe.
  3. Pendant le dernier quart du XX me sicle, la faveur du boom ptrolier qui transforma prcocement bon nombre de jeunes ptromonarchies en tat rentier dispendieux.
A limage du Monde arabe, la confrrie des Frres Musulmans, a, par trois fois, rat sa course vers le pouvoir, la premire fois, sous la Monarchie, la deuxime fois, sous Gamal Abdel Nasser, en 1953, la troisime fois, sous Abdel Fattah Sissi, son successeur militaire, en 2013, soixante ans plus tard, le ratage le plus douloureux en ce quil a t le fait de lArabie saoudite, son incubateur absolu pendant prs dun demi-sicle.
En 86 ans dexistence, malgr revers et dboires, souvent de son fait et du fait de ses allis, la plus importante et la plus ancienne formation trans-arabe, fonde en 1928, parat lamine en ce quelle na jamais conu un projet de socit autre que la propulsion de linterdit comme mode de gouvernement, corrlativement lenfouissement du corps et surtout de lesprit.
Plutt que de veiller au dpassement des clivages ethnico religieux, les avatars de lre Mohamad Morsi en Égypte ont dblay la voie la proclamation dun califat nouveau, sur les rives de lEuphrate et de la Msopotamie, faisant planer le risque danantissement de lunique mouvement de rsistance nationale sunnite du Monde arabe, qui plus est de sensibilit des Frres Musulmans, le Hamas, miraculeusement rescap de lenfer isralien par la bravoure des dfenseurs de Gaza et le soutien exclusif des rengats de lIslam lIran la Syrie et le Hezbollah le plus important camouflet inflig la sphre sunnite.
Principal vecteur daccompagnement de la stratgie amricaine en vue de la soumission du Monde arabe lordre atlantiste, la confrrie, aura t, de surcrot, la matrice de la totalit des dclinaisons dgnratives du djihadisme plantaire dAl Qaida Daech. Fonctionnant selon un mode opratoire unique fond sur larticulation de linternational sur le local, la source exclusive de son impulsion, -particulirement leur articulation sur le camp pro occidental au Liban, notamment les phalangistes, les milices chrtiennes libanaises-, ainsi que de leur propagande outrancirement fantaisiste, lorigine de leur discrdit durable, sa connivence souterraine sur le plan oprationnel avec les groupements takfiristes, lors de la bataille de Syrie (2011-2014), a frapp de caducit le discours novateur de son programme politique en ce que sa duplicit en le dvoilant, la dvoy, le fourvoyant face son ultime excroissance pathologique.
Par leurs errances et leurs dviances, sur fond de dmagogie inpuisable, les Frres Musulmans auront afflig le Monde arabe dun handicap aussi lourd que les adversaires dont ils se voulaient le substitut.
Lhistoire retiendra que les Frres Musulmans auront t poignards par un tat se rclamant de la mme religiosit rigoriste queux, et non par des nationalistes rpublicains quils ont perdument combattu. Lhistoire retiendra aussi que les Frres Musulmans auront t les plus parfaits idiots utiles de la stratgie atlantiste dans lespace arabe, au dtriment de leur propre cause et de la cause de lIslam quils sont supposs promouvoir.
Mohamad Morsi, premier prsident no-islamiste dmocratiquement lu du plus grand pays arabe, lÉgypte, auparavant accrdit scurit nationale amricaine pour le compte de la NASA, cest dire un homme qui prne lIslam comme rfrence absolue, son univers indpassable, qui consent nanmoins prter serment de loyaut et de fidlit aux États Unis, Bourhane Ghalioune, salari franais de ladministration franaise, premier prsident de lopposition off shore syrienne, de mme que sa porte-parole Basma Kodmani, Akila, la secrtaire particulire de Tareq Aziz, ancien ministre irakien des Affaires trangres pendant trente ans, qui convole avec le naufrageur de lIrak, Paul Bremer, sans la moindre requte en grce pour son ancien mentor en longue dtention et cancreux, une dame de la grande bourgeoisie libyenne en positionnement embedded avec Paul Wolfowitz, le naufrageur du Moyen orient pour le compte dIsral. la caste intellectuelle arabe de la diaspora occidentale ptit lourdement dun phnomne de dsorientation, la marque typique de lacculturation, sur fond dune dcompression psychologique et dune dperdition intellectuelle morale. Un naufrage humain.
La qute du savoir technologique et laccession la modernisation conomique ne sauraient tre compatibles avec un autoritarisme bureaucratique, monarchique ou rpublicain, quil soit. De mme que la personnalisation du pouvoir ne saurait, elle seule, servir de panaces tous les maux de la socit arabe, ni la dclamation tenir lieu de substitut limprieuse ncessit dune matrise de la complexit de la modernit.
Ce qui implique une ncessaire mais salutaire remise en cause de la culture de gouvernement dans les pays arabes. Ce qui prsuppose pour le pouvoir une refonte de ses pratiques, une rvolution dans la sphre culturelle, au sens o lentend Jacques Berque, cest dire laction dune socit quand elle se cherche un sens et une expression. Pour lintellectuel, un rinvestissement du champ du dbat par sa contribution la production des valeurs et au dveloppement de lesprit critique. Pour le citoyen, la conqute de nouveaux espaces de libert. Pour le Monde arabe, la prise en compte de ses diverses composantes, notamment ses minorits culturelles et religieuses, et, surtout, dernire et non la moindre des conditions, le dpassement de ses divisions.
En un mot, une rupture avec la fatalit du dclin, tant il est vrai quun rconciliation inter arabe demeure le pralable indispensable toute re-mobilisation psychologique du Monde arabe, en vue de son redressement politique. Le pralable absolu son repositionnement international.
Sauf se rsoudre un dclin irrmdiable, les pays arabes ne sauraient faire lconomie dune rflexion approfondie de leur approche stratgique des dfis du monde contemporain, car le plus grand danger qui guette le Monde arabe au XXI me sicle sera, non la modernit, mais lartifice de la modernit, lamalgame entre modernit et archasme, et, sous couvert de synthse, de mettre la modernit au service de larchasme, mettre une technologie du XXI me sicle au service dune idologie passiste pour le plus grand bnfice des quipes dirigeantes, avec en prime le risque probable dune plus grande rgression arabe.
Strategic Foresight Group (SFG), chiffrait, quant lui, douze mille milliards de dollars la somme perdue du fait des guerres qui ensanglantent lensemble du Proche-Orient depuis 1991. Ce cot englobant aussi bien les pertes humaines que les dgts infligs lcologie, aux rpercussions sur leau, le climat, lagriculture, en passant par la croissance dmographique, le chmage, lmigration, la hausse des loyers, le prix du ptrole, voire mme lducation. Ce chiffre ne tient pas compte des dbours ptro monarchiques en vue de la dstabilisation du monde arabe la faveur du mal nomm printemps arabe, et du cot de la reconstruction tant de la Syrie, que de la Libye, que de lÉgypte que de lIrak, de lordre de 500 milliards de dollars.
Plus de cinquante experts dIsral, des territoires palestiniens, dIrak, du Liban, de Jordanie, dÉgypte, du Qatar, du Kowet et de la Ligue arabe ont particip cette tude mene par ce groupe de rflexion bas en Inde et soutenu par la Suisse, la Norvge, le Qatar et la Turquie. Le rapport de 170 pages, publi en 2010, pointe par exemple les centaines de milliers dheures de travail perdues par les Palestiniens aux check points (barrages israliens). Il rvle aussi que 91% des Israliens vivent dans un perptuel sentiment de peur et dinscurit.
Sauf entraner le Monde arabe dans un dclin irrmdiable, une claire rupture avec la logique de la vassalit simpose, alors que la scne internationale sachemine vers un choc entre le leader en devenir (la Chine) et la puissance dclinante (les États-Unis), impliquant une vaste redistribution des cartes gopolitiques lchelle plantaire.
Sauf vouloir provoquer lexode final des chrtiens arabes, le leadership chrtien libanais, en particulier maronite, serait avis de se vivre non comme la pointe avance de lOccident en terre arabe, mais plutt comme exerant son pouvoir symboliquement par dlgation des autres communauts chrtiennes du monde arabe, et de prendre la mesure du fait que ses options se rpercutent dune manire ou dune autre sur ses coreligionnaires.
Sauf considrer la chrtient comme relevant du patrimoine exclusif de lOccident, la vocation premire des chrtiens arabes est dtre partie pleinement prenante au combat national arabe pour la restauration de la dignit et de la souverainet nationale de lespace arabe, et non comme le fer de lance du combat pour leur soumission lordre amricain, une fonction dvolue traditionnellement Isral dont ils seraient nouveau les suppltifs dconsidrs. La dmocratisation de la vie arabe sera luvre des Arabes ou ne sera pas. En aucun cas elle ne devra se faire lombre des baonnettes amricaines. En tout cas certainement pas avec les chrtiens arabes dans le rle de contrematres.
Lhistoire du Monde arabe abonde de ces exemples de fusibles magnifis dans le martyr , victimes sacrificielles dune politique de puissance dont ils auront t, les partenaires jamais, les excutants fidles, toujours. Dans les priodes de bouleversement gostratgique, les dpassements de seuil ne sauraient se franchir dans le monde arabe sans dclencher des rpliques punitives.
Le Roi Abdallah 1er de Jordanie, assassin en 1948, le premier ministre irakien Noury Sad, lynch par la population 10 ans aprs Bagdad, en 1958, ainsi que son compre jordanien Wasfi Tall, tu en 1971, le prsident gyptien Anouar Al-Sadate en 1981, le prsident libanais Bachir Gemayel, dynamit la veille de sa prise du pouvoir en 1982, de mme que lancien premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, lancien premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto en 2007, enfin, constituent cet gard les plus illustres tmoins posthumes de cette rgle non crite des lois de la polmologie si particulire du Moyen-Orient. Tel pourrait tre lenseignement majeur de cette squence dont la victime principale aura t lesprance.
La plus grande erreur de lOccident est davoir toujours voulu coexister avec des Arabes domestiqus dans la plus grande tradition coloniale.
De Nasser, comme auparavant Mohamad Mossadegh en Iran, en 1953, lOccident a ragi lmergence de dirigeants nationalistes arabes ou musulmans par leur diabolisation, dbouchant sur une radicalisation du combat. Nasser comme Arafat ont t compars Hitler, et, par mouvement symtrique, le nationalisme a cd la place lislamisme, Nasser Oussama Ben Laden, Mossadegh lImam Khomeiny, guide suprme de la rvolution islamique iranienne, Arafat au Hamas et au Jihad islamique et les fdayine, ces combattants palestiniens politiss, aux volontaires de la mort, ces dsesprs dune vie sublime par le sacrifice dans la croyance en une foi idologise.
Pour avoir men dans toute sa rigueur une Carbon democracy, bafouant les plus hautes valeurs dmocratiques au profit des lois implacables du march, en alliance avec les pays les plus rpressifs et les plus rtrogrades du Monde arabe, les pays occidentaux ont t conduits rechercher des interlocuteurs non plus de la stature de Gamal Abel Nasser ou de Yasser Arafat, mais au del, dans les franges les plus extrmes du radicalisme islamique et au fur et mesure que les occasions se ratent, Cheikh Ahmad Yassine et Abdel Aziz Rantissi, les deux chefs historiques du mouvement islamique palestinien Hamas, -tus au printemps 2004 par les assassinats extra judiciaires du gouvernement dAriel Sharon-, paraitront, rtrospectivement, de bien raisonnables et respectable partenaires.
Il est des blessures qui sulcrent avec le temps au lieu de se cicatriser. Lhistoire est comptable des comportements dsinvoltes lourds toutefois de servitudes futures.
Une civilisation qui savre incapable de rsoudre les problmes que suscite son fonctionnement est une civilisation dcadente. Une civilisation qui ruse avec ces principes est une civilisation moribonde (Aim Csaire).
Cent ans aprs le dbut de la premire guerre mondiale et des bouleversements stratgiques qui se sont ensuivis au Moyen orient, de laccord Sykes Picot portant partage de la zone en sphre dinfluence Franco-britannique, la promesse Balfour crant un foyer national juif en Palestine, aux massacres des Armniens par la Turquie, premier gnocide du XX me sicle, il est temps que les Arabes prennent conscience des dfis qui se posent eux et d se donner les moyens de les relever.



 

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