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Mahamadou Issoufou : "L'État islamique est nos portes"

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Obama : "Nous chasserons l'Etat islamique o qu'il soit" Emir Abdelkader 0 2014-09-11 06:12 PM
l'arme rejette le "califat islamique" proclam par Boko Haram Emir Abdelkader 0 2014-08-25 01:21 PM
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IRAK. "Les Kurdes font face un Etat islamique organis militairement" Emir Abdelkader 0 2014-08-14 05:49 PM

 
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2015-01-07
 
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Mahamadou Issoufou : "L'État islamique est nos portes"

Mahamadou Issoufou : "L'État islamique est nos portes"






Il a sur la question un avis trs tranch : il faut, explique le chef de l'État, intervenir en Libye pour empcher le chaos de s'tendre. Entretien avec un homme auquel ni la situation internationale ni ses opposants n'ont ces derniers mois laiss beaucoup de rpit.
En ce mois de dcembre o la brume de saison sche teinte l'horizon de spia, Niamey se lve tt. Ds l'aube, des dizaines de chantiers destins transformer le visage de la capitale se remettent l'ouvrage, comme pour transcender les vicissitudes d'un destin qui a fig le Niger dans le peloton de queue des pays les plus pauvres du monde.
Une fatalit laquelle Mahamadou Issoufou, chef de l'État depuis avril 2011, ne se rsout pas : son programme dit de renaissance conomique et sociale - naissance serait sans doute un mot plus juste - est la fois ambitieux, volontariste et ax avant tout sur le dveloppement des infra*structures. Cet ingnieur des mines, mathmaticien de formation, social-dmocrate convaincu et politicien du genre rsilient (il a t lu la prsidence son quatrime essai), est un adepte de la gouvernance par objectifs : il avance avec mthode et n'hsite pas prner une vritable rvolution culturelle dont les Nigriens auraient, il est vrai, bien besoin pour entrer dans la modernit.
Dans sa ligne de mire : la prsidentielle de 2016, laquelle nul ne doute qu'il sera candidat pour un second (et dernier) mandat de cinq ans, face une opposition pugnace incarne par les ex-Premiers ministres Seyni Oumarou et Hama Amadou. En premire ligne sur le front de la lutte contre les groupes jihadistes au Sahel, Mahamadou Issoufou doit aussi chaque jour veiller la scurit du Niger et maintenir un quilibre dlicat entre le respect de la souverainet nationale et l'indispensable appui militaire franais et amricain, tout en gardant un oeil sur les cours en berne de l'uranium et du ptrole, les deux sources de revenus du pays.


Autant dire que Zaki ("le lion" en haoussa) n'a rien d'un fauve endormi. L'entretien qui suit a t recueilli le 18 dcembre Dosso, 150 km au sud-est de Niamey, le jour de la fte nationale nigrienne. Aprs avoir prsid un dfil de trois heures et avant de s'envoler pour un sommet rgional en Mauritanie, Mahamadou Issoufou s'est livr J.A. Sincre, mais aussi prudent.


Jeune Afrique : Quel a t votre rle exact dans la libration, le 9 dcembre, de l'otage franais Serge Lazarevic ?

Mahamadou Issoufou : En marge du sommet Afrique-France de l'Élyse, il y a un an, Franois Hollande m'a explicitement demand de l'aider. J'ai donc remis en place l'quipe qui avait agi avec succs pour les quatre otages d'Arlit, avec notamment Mohamed Akotey et le gnral Kor. Il a fallu douze mois de tractations extrmement complexes avec les ravisseurs, lesquels ont un moment exig une contrepartie prcise : la libration de quatre de leurs dtenus Bamako.
C'tait une demande trs difficile satisfaire. Mon frre, le prsident Ibrahim Boubacar Keta (IBK), et moi-mme en avons longuement confr, avant de dcider d'y rpondre positivement. Mais je dois ajouter, parce que je sais que cette affaire a mu juste titre une partie de l'opinion, qu' la minute mme o ces jihadistes ont t librs, toutes les dispositions ont t prises pour les rechercher et les arrter de nouveau.


Vous allez les traquer, comme l'a dit IBK ?


Je confirme. Ce sont des criminels. Nous les retrouverons. Leur libert est le rsultat d'une raison d'État, mais elle n'est que provisoire.


Lors du rcent forum de Dakar sur la scurit, le prsident mauritanien Ould Abdelaziz a demand qu'on cesse de verser des ranons aux preneurs d'otages. Vous tes d'accord ?

Évidemment. Et je prcise que dans les deux dossiers dont je me suis occup, celui d'Arlit et celui de Lazarevic, aucune ranon n'a, ma connaissance, t verse.


En tes-vous sr ?


J'ai dit : ma connaissance. Maintenant, si, dans mon dos, des choses ont t faites, comment voulez-vous que je le sache ?


Le Niger est devenu l'un des hubs des oprations antijihadistes dans le Sahel. Des forces spciales franaises et amricaines quipes de drones sont bases Niamey, mais aussi ailleurs sur le territoire. Cela ne risque-t-il pas d'entraver votre souverainet ?


Non. Car sans les renseignements que nous dlivrent Franais et Amricains, notre arme est sourde et aveugle face aux menaces. On peut certes regretter qu'un demi-sicle aprs les indpendances nous soyons toujours dpendants de pays amis pour assurer notre scurit. J'en suis conscient et j'ai fait, depuis le dbut de mon mandat, beaucoup d'efforts pour relever le niveau oprationnel de nos forces, mais cela ne suffit pas encore. N'oubliez pas que le Niger est grand comme deux fois la France, avec 5 700 km de frontires surveiller. Nous sommes ici sur un front de la bataille mondiale contre le terrorisme. Il est normal que nous mutualisions nos moyens.

Dfil d'une unit mhariste de l'arme nigrienne Dosso,


Les Franais vous prviennent-ils des oprations qu'ils mnent sur votre territoire ? Exemple : le raid qu'ils ont effectu le 10 octobre contre un convoi de vhicules d'Al-Qada au Maghreb islamique, dans le Nord...
Bien sr, puisqu'il s'agit d'oprations conjointes. Celle laquelle vous faites allusion participait du verrouillage de la passe de Salvador, par laquelle transitent des cargaisons d'armes en provenance de Libye et destination du Mali. Nous l'avons conue avec nos partenaires franais.


Les groupes jihadistes trouvent refuge et s'approvisionnent dans le sud-ouest de la Libye, vos portes. Faut-il y intervenir militairement ou souhaitez-vous privilgier une solution politique, c'est--dire une stabilisation interne de la Libye ? Quelle est votre position dans ce dbat ?


Vous parlez de dbat. Mais quand les Occidentaux sont intervenus pour renverser Kadhafi en 2011, y a-t-il eu dbat ? Nous a-t-on demand notre avis ? En aucun cas. Mon opinion est claire : nous ne pouvons pas laisser la situation dans le Sud libyen continuer de se dgrader indfiniment. La Libye n'a pas d'autorit centrale, elle est aux mains de milices rivales et son Sud est devenu un sanctuaire pour les terroristes. À trop hsiter, c'est tout le Sahel qui, dans quelques mois, risque de se transformer en chaudron. Il faut donc une intervention militaire pour rparer les dgts lis la chute de Kadhafi, sinon nous aurons Daesh nos portes.
Nous savons que des terroristes s'entranent dans cette partie de la Libye avant de repartir combattre en Irak et en Syrie. Il y a urgence. Et c'est ceux qui ont cr cette situation de faire le job, sous l'gide de l'ONU. Qu'on me comprenne bien : le but est de parvenir une rconciliation nationale entre tous les Libyens, mais tant qu'il y aura des terroristes sur le sol de ce pays, ce sera mission impossible. Quand ces derniers auront t neutraliss - et le plus tt sera le mieux -, un gouvernement d'union pourra enfin exister Tripoli avec la participation de tous, y compris des kadhafistes.
Dans l'immdiat, ce sont surtout les rfugis nigrians qui nous proccupent : ils sont plus de 100 000.
Les dirigeants libyens - ou ce qui en tient lieu - vous ont longtemps suspect de tolrer les activits d'anciens proches de Kadhafi rfugis au Niger. Était-ce exact ?


C'tait et cela reste faux. Ce n'est pas parce que mon pronostic sur l'avenir de la Libye, formul ds mai 2011 lors du sommet du G8 Deauville, s'est hlas vrifi que je me suis livr ce type de manoeuvre.
Pourtant, vous avez d, sous la pression, consentir l'extradition de l'un des fils Kadhafi, Saadi, rfugi Niamey...
Oui. Je l'ai accepte la mort dans l'me, et s'il est une dcision que je regrette d'avoir prise, c'est sans doute celle-l. Mon ministre des Affaires trangres s'est longuement expliqu sur les circonstances qui y ont prsid. Je n'y reviendrai pas.


Le Niger est-il menac par Boko Haram ?


Jusqu'ici, il n'y a pas eu d'incursion de ces gens chez nous. Mais Boko Haram svit quelques kilomtres de notre frontire avec le Nigeria, non loin de Diffa. Nous avons donc pris toutes les dispositions pour les repousser. Dans l'immdiat, ce sont surtout les rfugis nigrians qui nous proccupent : ils sont plus de 100 000.


Les Franais vous aideront-ils si Boko Haram vous attaque ?


Nous sommes en relation avec eux et je crois que, dans cette hypothse, l'opration Barkhane et l'arme nigrienne travailleront ensemble.


La chute de Blaise Compaor vous a-t-elle surpris ?


Oui et non. La rapidit du processus m'a surpris, c'est vrai. Mais s'il y a une leon tirer de ces vnements, c'est que mme si l'on est une grande figure rgionale et que l'on a rendu de vrais services son peuple, comme Blaise Compaor, tout cela passe au second plan si l'on ne sait pas partir temps.


Lui aviez-vous dit que s'il s'obstinait dans son projet il allait dans le mur ?


Les situations ne sont pas transposables d'un pays un autre. On vite donc gnralement, entre chefs d'État, de s'ingrer dans les affaires des voisins. Ce que je souhaite aujourd'hui pour le Burkina, c'est une bonne transition, suivie de bonnes lections, avec en toile de fond une vraie rconciliation. Je ne ferai aucun autre commentaire, pas plus aujourd'hui qu'hier.


L'Algrie vient d'expulser plusieurs milliers de Nigriens, dont beaucoup de femmes et d'enfants. Un coup de balai qui a mu l'opinion ici. Aviez-vous t prvenu de cette opration ?


Tout fait. Mon ministre de l'Intrieur s'est rendu pour cela en Algrie, et c'est mme notre demande que ces jeunes et ces femmes, partis pour se livrer la mendicit, ont t rapatris au Niger. C'tait pour nous une question de dignit. Il n'y a aucun problme entre Alger et nous.


L'anne 2014 a t quelque peu tendue en politique intrieure : manifestations, interpellations dans les rangs de l'opposition en juin et juillet, fuite de l'ancien prsident de l'Assemble Hama Amadou... Pourquoi cette crispation ?

Ne dramatisons pas. Il y a eu des frictions, sans doute. Mais rien qui remette en question le dynamisme et la vitalit de notre dmocratie. Le Niger est un pays libre, avec une opposition qui s'oppose sans entraves et des mdias qui s'expriment. Les interpellations auxquelles vous faites allusion ont sanctionn certains dbordements violents, dans le strict respect de la loi. Quand cela se passe en France ou aux États-Unis, tout le monde trouve cela normal. Quand c'est en Afrique, on s'en tonne. Pourtant, il n'y a pas deux conceptions de l'État de droit.

Le slogan de la manifestation du 15 juin Niamey, avec Hama Amadou et Seyni Oumarou en tte, tait pour le moins direct : "Non la dictature !"

Soyons srieux. Interrogez donc les Nigriens : 90 % d'entre eux tomberont des nues si vous leur parlez de dictature. Le Niger est l'un des pays les plus libres du continent. Un pays o la presse prive a remis en 2013 un prix au chef de l'État pour son respect de la libert d'expression. J'ai 63 ans, dont vingt passs dans les rangs de l'opposition dmocratique. Ce n'est pas maintenant que je vais commencer une carrire de dictateur !


L'une des principales organisations de la socit civile a pour nom Sauvons le Niger. Cela vous interpelle-t-il ?


Cela ne me drange pas. Sauver le Niger : c'est exactement ce que je suis en train de faire.

Hama Amadou (au centre), en juin dernier, aux cts de deux autres figures de l'opposition, Mahamane Ousmane ( g.)
et Seyni Oumarou. Recherch pour son implication suppose dans l'affaire dite des "bbs vols",
l'ex-prsident de l'Assemble s'est depuis rfugi en France.


Hama Amadou, qui est devenu votre principal opposant, a fui le Niger pour se rfugier en France. Il rpte que l'affaire dite des bbs vols, pour laquelle il est poursuivi, relve du complot politique. Qu'en dites-vous ?

Rien. Cette affaire est entre les mains de la justice. Je n'interfre pas.
Mais il vous accuse, vous, de vous acharner contre lui. Voire de chercher l'empoisonner. C'est trs grave !


Je ne rpondrai pas. Je ne polmiquerai pas. Il y a un dossier qui est pendant devant les tribunaux, et le Niger est une dmocratie o la sparation des pouvoirs est une ralit. Ce monsieur a des problmes avec la justice de son pays, pas avec le prsident de la Rpublique ni avec le gouvernement.


Hama Amadou estime qu' travers cette affaire vous voulez empcher votre principal adversaire de se prsenter la prsidentielle de 2016. Est-ce exact ?


Cela n'a aucun sens. Il est arriv troisime en 2011 et ce n'est pas lui que j'ai battu au second tour. Il n'est donc pas mon adversaire principal.


Interrog dans J.A. en juillet 2011, quelques mois aprs votre investiture, vous nous disiez propos de votre cohabitation avec Amadou : "Cela se passe trs bien, on travaille main dans la main." Que s'est-il donc pass ?

Posez-lui la question. Ce n'est pas moi qui l'ai fait partir, c'est lui qui a dcid de rompre l'alliance.


Pour remplacer Hama Amadou la prsidence de l'Assemble, votre formation a fait lire l'ancien opposant Amadou Salifou. Était-ce le prix de son ralliement ?


Non, c'est la consquence logique de la dcision du bureau politique de son parti, prise en 2013, de rpondre favorablement ma proposition de gouvernement d'union nationale. Je suis convaincu que dans nos pays en transition dmocratique le prsident lu a pour obligation de rassembler au-del de son camp. Amadou Salifou n'est donc pas un dissident, contrairement ce que l'on a prtendu : il est fidle l'orientation fixe par son parti, mme si certains ont voulu par la suite la remettre en question.


Lors de la mme interview, en 2011, vous aviez qualifi d'"excellentes" vos relations avec le chef de l'opposition Seyni Oumarou, qui fut votre adversaire la prsidentielle. Le rediriez-vous aujourd'hui ?

Tout fait. Je n'ai de problme ni avec lui ni, d'ailleurs, avec Hama Amadou. Je suis au-dessus de la mle.
Mon objectif, c'est la corruption zro.
L'achat d'un nouvel avion prsidentiel 20 milliards de F CFA (30,5 millions d'euros) tait-il indispensable ?


Pourquoi chaque fois qu'un chef d'État africain achte un avion faut-il qu'il y ait polmique ? Quand Franois Hollande ou Barack Obama le font, qui parle ? L'avion est un outil de travail indispensable pour un prsident. Le prcdent datait des annes 1970 et n'tait plus en tat de voler. Il y a eu inscription de dpense au budget, dbat au Parlement, le FMI n'a pas protest car il n'y avait pas lieu, bref, tout a t fait dans la transparence. Encore une fois : que l'on cesse ce genre de faux procs, ou alors qu'on le fasse tout le monde !
C'est d'ailleurs cet avion qui a rcemment transport l'un de vos prdcesseurs, Mamadou Tandja, au Maroc pour y recevoir des soins...

Absolument. Tandja jouit de tous ses droits et prrogatives d'ancien chef de l'État. Mes rapports avec lui sont excellents.
Malgr le fait que la justice ait lev son immunit dans l'affaire dite des 400 milliards disparus ?


Vous avez dit la justice. Pas moi. Ne revenons pas sur ce type de dtails. La page est tourne.
L'opposition accuse votre gouvernance d'tre entache par le npotisme, la corruption, les contrats de gr gr...
C'est l'inverse de ce que prconisait votre programme de 2011 ! Et c'est l'inverse de la ralit ! Lorsque je suis arriv aux affaires, le Niger tait 134e au classement de Transparency International. Nous avons gagn 31 places depuis. Et nous allons continuer. Mon objectif, c'est la corruption zro.

Lors de l'entretien, le 18 dcembre. "Je ne suis pas un accro du pouvoir.
Je ne me suis jamais pris pour un homme providentiel."

O en est-on de l'accord sign fin mai avec Areva ?


Cet accord est appliqu. Areva et le Niger sont dsormais dans une relation gagnant-gagnant. La socit franaise est soumise aux dispositions fiscales du code minier de 2006, ce qui permet l'État de percevoir des recettes accrues du secteur de l'uranium. Le directeur gnral nigrien de la Somar a t nomm et celui de la Cominak le sera dans deux ans. C'est un accord quilibr.


Pourquoi la mise en exploitation par Areva de la mine d'Imouraren, qui devait faire du Niger le deuxime producteur mondial d'uranium, a-t-elle t reporte sine die ?

Parce que cela aurait t brader nos ressources. Depuis la catastrophe de Fukushima, le march de l'uranium est entr en dpression. Ouvrir Imouraren n'aurait fait que contribuer la baisse des cours.


Votre message la nation du 18 dcembre est pour le moins surprenant : vous y dnoncez la "situation d'arriration prononce" du Niger sur le plan culturel, vous stigmatisez "le recul de l'thique du travail", "le dveloppement d'une mentalit d'assists", "la nonchalance" de vos compatriotes, etc. Pourquoi prenez-vous ainsi les Nigriens rebrousse-poil ?

Les rvolutions industrielles du monde occidental ont t portes par une superstructure culturelle sans laquelle elles n'auraient jamais vu le jour. Ici, au Niger, l'volution indispensable de notre rapport la modernit se rsume en trois ou quatre questions : Comment mettre les gens au travail ? Comment les rendre ponctuels et responsables ? Comment leur apprendre respecter les biens publics ? Comment leur faire prendre conscience que la richesse vient de ce qu'ils sont susceptibles de produire par eux-mmes et non de l'assistanat ou de la charit ?


Depuis trois ans, mes efforts buttent sur ces dfis-l. Plus qu' une rvolution, c'est une renaissance culturelle que j'appelle les Nigriens : c'tait l le sens de mon discours.


La population nigrienne crot de 3,9 % par an, avec le taux de natalit le plus lev au monde : 7,6 enfants par femme. C'est un frein terrible au dveloppement. Et l aussi, le problme est culturel...
Absolument. Plus grave encore : une enqute rcente a rvl que le nombre d'enfants dsirs, tant par les femmes que par les hommes, est suprieur au taux de fcondit. Il est de neuf enfants chez les femmes et de onze chez les hommes ! Vous voyez donc l'ampleur de la tche. Notre population double tous les dix-huit ans. Il faut imprativement crer les conditions d'une transition dmographique : cela passe par la scolarisation des filles jusqu' 16 ans et l'acceptation par chacun de ne faire que les enfants que l'on peut nourrir, duquer et soigner.
je ne suis pas un accro du pouvoir et que je ne comprendrai jamais ceux qui veulent s'y terniser.
Vous avez promis aux Nigriens de crer 50 000 emplois par an. Promesse tenue ?

Tenue et au-del. Nous en sommes plus de 400 000 emplois crs, permanents et saisonniers reconductibles. Et votre programme 3N, "les Nigriens nourrissent les Nigriens" ? Il fonctionne. Trois ans et demi depuis la mise en oeuvre du 3N et trois ans et demi sans poche de famine malgr la scheresse. Une vraie russite dont nous sommes fiers.


L'alternance au pouvoir est-elle, selon vous, une des conditions de la dmocratie ?

À la fois une condition et une consquence. Ma position sur la limitation des mandats est claire : deux, cela suffit. Ce que l'on n'a pas fait en dix ans, on ne le fera plus.


Vous serez donc candidat en 2016 pour un nouveau mandat de cinq ans ?

Encore faut-il que mon parti en dcide ainsi. Si tel est le cas et si je suis rlu, ma mission s'arrtera en 2021. Nous sommes 17 millions de Nigriens et l'un d'entre eux me succdera. Je ne me suis jamais pris pour un homme providentiel et indispensable, encore moins pour un prsident vie.


Quitterez-vous le pouvoir plus riche qu'en y ayant accd ?


Je pourrais vous rpondre non, je pourrais vous rpondre oui : quelle preuve auriez-vous de ce que j'avance ? L'important, c'est que j'ai dclar l'tat de mes biens mon investiture et que depuis, chaque anne, je dclare mes revenus. Cela dit, si vous tenez une rponse : je ne pense pas que je serai plus riche en partant qu'en arrivant.


Plus fatigu, sans doute...
Certainement. Le pouvoir exige, le pouvoir oblige, le pouvoir use. C'est pour cela que je ne suis pas un accro du pouvoir et que je ne comprendrai jamais ceux qui veulent s'y terniser.






 

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