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A Marseille : "L'amalgame, on y a droit quoi qu'il arrive"

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"Pour les matres, violer les esclaves est un droit" Emir Abdelkader 0 2015-01-05 02:59 PM
"La reconnaissance de la Palestine arrive vingt ans trop tard" Emir Abdelkader 0 2014-12-02 06:08 PM
"LAlgrie est une terre du juste milieu et du respect du droit la diffrence" Emir Abdelkader 0 2014-07-13 02:37 PM
La confrence nationale aura lieu quoi quil arrive ! Emir Abdelkader 0 2014-06-04 02:20 PM
" " " " "" "" Emir Abdelkader 0 2013-09-12 10:13 PM

 
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A Marseille : "L'amalgame, on y a droit quoi qu'il arrive"

A Marseille : "L'amalgame, on y a droit quoi qu'il arrive"

Partags entre peur, honte et dtermination, les habitants du nord de Marseille ont une certitude aprs les attentats : celle d'tre confronts, plus encore qu'avant, aux amalgames.

A Marseille, depuis mercredi dernier, les rassemblements de milliers de personnes se sont enchans sur le Vieux Port, partis, syndicats et associations ntant pas parvenus un accord sur des appels communs manifester. "Ici cest Marseille, on narrive mme pas dfiler tous ensemble quand il y a le feu partout dans le pays, faut toujours quon sembrouille", dit Boris avec sa pancarte "Je suis Charlie, con !" Juste ct, un autre jeune brandit un drapeau algrien : "Lessentiel cest quon soit tous dehors, peu importe quand, non ?"
Plus loin du centre, en montant vers les quartiers nord de la ville, la Maison des associations de lEstaque, le caricaturiste Fathi Bourayou a ressorti des sries de dessins originaux de Tignous, afin de les exposer en hommage au dessinateur assassin de "Charlie Hebdo". Beaucoup de ces planches ont t ralises ici mme lEstaque il y a trois mois peine par le caricaturiste parisien, pendant le Festival international de la caricature. Ironie de lhistoire, cest Tignous qui remport le premier prix de cette grande fte du dessin de presse.
Aujourd'hui, Fathi est sidr par la violence et le tlscopage des vnements. "En 1994, jai t condamn mort par le GIA cause de mes dessins, cest pour a que jai quitt lAlgrie et que je suis arriv en France", explique-t-il. Il raconte :
Jai choisi ce pays comme terre dasile et de scurit, et maintenant le pass me rattrape, cest dsesprant. Mais je continue. Le dessin et la caricature sont des armes puissantes, et je me fous que certains visiteurs qui viennent ici et dchirent les dessins reprsentants Mahomet. Je ne veux pas avoir peur."



Les organisateurs du Festival de la caricature travaillent au rassemblement pour "Charlie Hebdo" (Yohanne Lamoulre / Picturetank / LObs)
Appels la solidarit

La peur justement. Cest ce qui a runi vendredi soir les habitants du 14e arrondissement de Marseille, dans une runion publique organise par le Centre social Saint-Gabriel, avec un prtre, un imam, des lus et des militants associatifs. Ici, en plein cur des quartiers Nord, dans ce 7e secteur populaire remport par le Front national aux lections municipales de 2014, les parents ont eu besoin de se rassembler et de parler des consquences des attentats de Paris. De calmer le jeu aussi, et dappeler la solidarit entre tous. Pour eux et pour leurs enfants.
Vronique voudrait que "tout le monde dnonce cette violence terroriste commise au nom d'Allah". Elle explique :
Jhabite ici depuis longtemps et je ne suis pas croyante. Ma meilleure amie Fatiha, elle est croyante, elle est musulmane. Aprs ce qui sest pass, je voudrais que tous les musulmans des quartiers descendent dans la rue, parce que nous avons tous une responsabilit sur ce qui va se passer aprs a."

La salle frmit, une ancienne du quartier ragit. "Je ne suis pas daccord avec a, je nai pas besoin de dire que je suis musulmane pour aller manifester, je sais ce que jai faire en tant que Franaise."
Jeudi soir, Fatiha a senti quelle et ses voisins taient gagns par linquitude. "Que va-t-il se passer pour nous, demande-t-elle, qui va nous dfendre, qui va protger nos enfants ?" Avec dautres mres du quartier, elles se sont runies sur la place en face du centre social, et elles ont allum des bougies. En hommage aux morts des deux derniers jours, et en signe de paix.
"Le problme, raconte Chrystelle, qui tait l avec sa fille, cest que des jeunes sont venus nous voir pour nous dire que tout a, a ne servait rien et que de toutes les manires on tait maintenant dans un monde de violence et quil fallait faire avec."
Des musulmans "plus suspects qu'avant"

Mohammed, militant associatif, "musulman et communiste" monte le ton. Lui en a "marre" d'entendre parler de honte et de peur :
Le policier Ahmed Merabet tait musulman lui aussi, et il est mort, abattu comme un chien. Alors on redresse la tte parce quon sait ce quon a faire tous ensemble."

Iman, mre dune petite fille de 8 ans, ajoute que depuis le 11-Septembre, tout a chang. Elle a l'impression de passer son temps devoir se justifier. "Je suis plus suspecte quavant, comme sil y avait une terroriste qui se cachait en moi. Et en mme temps, je suis comme tout le monde, ces dernires annes jai bien vu apparatre un Islam que je ne connaissais pas."


Rassemblement Saint-Gabriel (Yohanne Lamoulre / Picturetank / LObs)
Limam Abderrahmane Ghoul (1) qui tait venu au centre social Saint-Gabriel "pour rassurer les habitants du quartier" a appel "tous les imams et tous les fidles se mobiliser contre la violence et descendre dans la rue pour le dire". Mais il ne cache pas son inquitude devant ces "jeunes livrs eux mmes, face des anciens qui ne contrlent plus rien" :
Cela fait longtemps quon a tir la sonnette, quon dit que la moiti des imams sont des prcheurs autoproclams qui ne parlent pas le franais, et quils nont aucune capacit encadrer tous ces jeunes en dshrence."

L'amalgame, quoi qu'il arrive



Hanifa sur le Vieux Port, point de dpart de toutes les manifestations. (Yohanne Lamoulre / Picturetank / LObs)
Pour Hanifa Taguelmint, une des grandes figures marseillaises de la Marche des beurs de 1983, lhorreur de ces derniers jours est le rsultat de 30 ans de non-vnement dans les quartiers. "On paye une absence de volont politique, un chec absolu des parents, notre chec, face des jeunes qui nont pas dhistoire et pas de fiert, dnonce-t-elle. Mais on paye aussi la victoire des prdicateurs qui ont pris la main et qui proposent comme seul horizon aux gamins de mourir en martyr".
Les jeunes des quartiers de Marseille niront pas manifester ce week-end. D'abord parce quils nont aucune culture dmocratique, et surtout parce quils ne veulent pas se faire reprer par les flics et les renseignements gnraux."

Jeudi dernier, lorsque la fille d'Hanifa, ge de vingt ans, est arrive au travail, son chef de service ne lui a pas dit bonjour mais lui a lanc "Ca va tre chaud pour vous l !" Sa fille a eu peur. "Nous avons la certitude que nous allons payer, confie Hanifa. Cest pour a que les gens sont inquiets. Parce que lamalgame, on y a droit quoi qu'il arrive. Mme si nous disons et rptons que nous ne sommes pas responsables de ces connards qui tuent, et encore moins coupables."


Nathalie Bensahel

(1) Vice-prsident du CRCM et Prsident du projet Grande mosque de Marseille







 

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