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Sngal : l'interdiction de "Charlie Hebdo"...

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Sngal : l'interdiction de "Charlie Hebdo"...

Sngal : l'interdiction de "Charlie Hebdo" est "le reflet de la course au religieusement correct"




Tiokk Baram, journaliste satirique sngalais s'exprimant sous pseudonyme, est un fervent partisan de l'mancipation du carcan religieux. Dans un entretien accord "Jeune Afrique", il explique comment l'attentat contre la rdaction de "Charlie Hebdo" a t peru au Sngal, o la religion pse encore de tout son poids dans la vie quotidienne.
On taira son vrai nom, tout comme on s'abstiendra de le reprsenter en photo. En devenant le rdacteur en chef du P'tit railleur sngalais, un journal satirique lanc au Sngal en novembre 2013, Tiokk Baram, la quarantaine, a opt pour un pseudonyme afin de ne pas exposer sa famille ni sa scurit. Tir entre 3 000 et 5 000 exemplaires, Le P'tit railleur sngalais, un mensuel priodicit alatoire, faute de moyens financiers suffisants, est aujourd'hui le seul reprsentant de la presse satirique dans le paysage ditorial sngalais.
Alors que le gouvernement vient d'interdire la diffusion des numros de Charlie Hebdo et de Libration dats du 14 janvier, Tiokk Baram, qui se revendique de gauche et prne une mancipation d'avec le carcan religieux (il est notamment l'auteur d'un texte sur "l'Allahicit" sngalaise), revient, sans prendre de gants, sur la manire dont l'assassinat des collaborateurs de Charlie Hebdo a t ressenti au Sngal.


>> Lire aussi : L'hommage des "caricaturisques" africains "Charlie Hebdo"


Au lendemain de la vague d'assassinats survenue la semaine dernire en France, comment le pays a-t-il ragi ?

J'ai le sentiment, au vu de ce que j'entends sur la bande FM et des prises de position de certains mandarins de la presse, intellectuels ou politiciens, que la position majoritaire au Sngal est de justifier, au moins implicitement, l'attentat contre Charlie Hebdo au motif qu' une violence des mots et de l'image aurait rpondu une autre violence.
Le Quotidien a t le seul, le 8 janvier, se montrer la hauteur de l'vnement, ainsi que Le Soleil, dans une moindre mesure. Au lendemain du drame, L'Obs [premier quotidien du pays en tirage, appartenant Youssou Ndour, NDLR] n'a consacr qu'un entrefilet l'attentat et par la suite, il n'en a quasiment plus parl. Et quand le philosophe Souleymane Bachir Diagne a dsign les morts de Charlie comme des martyrs, ajoutant qu'on ne pouvait prtendre tuer la pense, il s'est fait copieusement insulter par les Internautes sur le site Web d'information le plus lu du pays, Seneweb.
Pourtant, le prsident Macky Sall n'a pas hsit se joindre la manifestation parisienne du 11 janvier
C'tait un geste courageux car Macky Sall ramait clairement contre-courant de sa propre opinion publique. Un prdicateur qui intervient tous les jours sur Sen-TV tait hilare devant la camra en voquant la vengeance contre Charlie Hebdo. Un politique islamiste a estim de son ct que l'attentat tait justifi. Quant la presse, de rares exceptions prs, elle s'est montre lamentable. Cela tant, Macky Sall n'a pas os assumer ce soutien domicile; c'tait seulement un geste pour l'international.


>> Lire aussi : Terrorisme : aux cts des leaders europens, les Africains aussi manifestent Paris


Le ministre de l'Intrieur vient en effet de faire savoir que les numros-hommages de Charlie Hebdo et de Libration seraient interdits de diffusion au Sngal. Schizophrnie ?
C'est le reflet de la biensance hypocrite et de la course au religieusement correct qui nous caractrisent. Cette annonce est avant tout dmagogique puisque Charlie Hebdo est interdit de facto de diffusion au Sngal depuis juillet 2013. Les grands lecteurs de la dmocratie la sngalaise sont les clergs de toutes sortes, commencer par les grands marabouts. Être persona non grata auprs d'eux, c'est abdiquer tout destin politique.
Jeune Afrique : En tant que journaliste satirique, avez-vous t influenc par Charlie Hebdo ?
Tiokk Baram : J'ai longtemps t un lecteur assidu de Charlie lorsque le journal a redmarr, au dbut des annes 1990. À Dakar, je me procurais le journal dans les rares librairies qui le distribuent. Certains amis, lorsqu'ils en feuilletaient un exemplaire chez moi, taient horrifis en raison de leurs convictions religieuses. Or je suis moi-mme de confession et de culture musulmane, mais en tant que musulman je dfends le droit au blasphme, mme si son exercice n'est pas possible au Sngal actuellement.
En tant que musulman je dfends le droit au blasphme.
Quelles avaient t les ractions la suite de la publication par Charlie Hebdo, en 2006, des caricatures de Mahomet ?
Le souvenir que j'en ai, c'est qu'il y a eu une condamnation par les milieux intellectuels comme par la classe maraboutique. Mais c'tait une bombe dflagration lente car c'est vritablement un an plus tard, au moment du procs contre Charlie qui s'est tenu Paris en 2007, que le dbat est descendu au niveau de l'opinion publique et qu'une marche s'est tenue Dakar pour dnoncer ces caricatures. Je me souviens encore d'un Baye Fall, un talib mouride reconnaissable sa tenue et ses dreadlocks, qui, devant une tl, pleurait toutes les larmes de son corps en apprenant qu'on avait blasphm le prophte. Selon moi, cette marche cristallisait une opinion majoritaire au Sngal, dont la locomotive est la classe maraboutique et dont les intellectuels et les politiques constituent les premiers wagons. Le Sngalais moyen ne comprend pas, et condamne, l'ide mme du droit au blasphme.
Avec le P'tit railleur sngalais, quelles limites vous imposez-vous sur les questions qui touchent la religion ?
Nous nous permettons de faire preuve de drision concernant les marabouts et les confrries mais nous le faisons en tentant de dmontrer qu'ils sont eux-mmes en contradiction avec les valeurs qu'ils sont censs incarner. Mais s'attaquer frontalement aux confrries, c'est un bton de dynamite. Si on touche la plus influente d'entre elles, que je n'ai pas besoin de citer [la confrrie mouride, NDLR], on peut s'attendre des ractions violentes.
Que se passerait-il, selon vous, si vous franchissiez les limites ?
Je pense qu'il y aurait une raction des pouvoirs publics, qui considreraient que c'est un trouble l'ordre public et intenteraient probablement une action sur le plan lgal. Et qu'il y aurait galement une forte raction du corps social, avec la possibilit de violences.
Au Sngal, tre trait de mcrant ou d'hrtique a des implications trs srieuses.
Pourquoi travaillez-vous sous pseudonyme ?
Je sais d'exprience ce qui est susceptible d'arriver un journaliste qui se montre un peu trop iconoclaste. Je travaille bnvolement au P'tit railleur, c'est un engagement personnel et philosophique.
Mais il y a un potentiel de menaces qui pse sur mon intgrit, pas seulement physique mais morale : au Sngal, tre trait de mcrant ou d'hrtique a des implications trs srieuses. Être mis au ban, subir l'opprobre, ce n'est pas facile assumer, notamment pour la famille. Et bien sr, une minorit serait prte, je le pense, passer la violence physique.
Votre prochain numro sortira en janvier. Y publierez-vous un hommage Charlie Hebdo ?
Certainement. Ceux qui ont t excuts sont des icnes de la libert de conscience, de la libert d'opinion et de la libert de pense, mme si une majorit de mes compatriotes y voient seulement des blasphmateurs. Dans les limites qu'imposent notre scurit personnelle et notre capacit de rsistance l'opprobre, nous le ferons. Mais nous sommes trs seuls.
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Propos recueillis Dakar par Mehdi Ba








 

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