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Nez crochus, rois des cons, O exactement sarrte la libert dexpression ?

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La farce de la libert dexpression Emir Abdelkader 0 2015-01-13 06:26 PM
Le discours hypocrite de la libert dexpression Emir Abdelkader 0 2015-01-11 06:19 PM
Entre libert d'expression et respect de la religion... Emir Abdelkader 0 2015-01-10 11:46 PM
La triste ralit de la libert dexpression en France Emir Abdelkader 0 2014-01-06 12:35 PM
libert d'expression serait-elle en danger? Emir Abdelkader 0 2013-10-27 05:16 PM

 
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2015-01-17
 
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Nez crochus, rois des cons, O exactement sarrte la libert dexpression ?

Nez crochus, rois des cons, O exactement sarrte la libert dexpression ?




Nous avons pris le parti de publier dautres points de vue que le ntre. Douvrir le dbat avec des gens avec qui nous ne sommes pas daccord. Nous pensons quaussi longtemps que Charlie Hebdo va continuer de provoquer et humilier de manire obsessionnelle les musulmans, il ne fera quallumer cyniquement et dlibrment des feux partout. Et vous, quen pensez-vous?[SC]
Est-il encore possible dexprimer des nuances en ces temps de slogans, de malentendus, de crispations communautaires, o la violence verbale se nourrit de la violence physique des autres ? Cest ce que je voudrais faire dans ce billet, qui nest videmment pas un plaidoyer contre la libert dexpression. Je voudrais seulement partager une rflexion sur les faons dexercer ce droit fondamental.
Les vnements quels quils soient, et la faon quont les mdias de les raconter, nous placent souvent dans une position ractive. Jai eu loccasion dobserver ce phnomne de trs nombreuses reprises au cours des dix dernires annes passes dans une agence de presse. Un fait notable se produit (catastrophe, attentat, crise alimentaire, faillite dentreprise, etc), et toute la machinerie de la raction se met en branle. On sollicite des experts, les politiques envoient des communiqus de presse dautant plus nombreux que lmotion suscite est grande. Quelques jours plus tard, une tlvision organise un dbat toujours teint par lmotion, et les hebdomadaires tentent de prendre un peu de recul. Depuis quelques annes, les rseaux sociaux font caisse de rrsonance Tout ce petit mange enfle, puis dgonfle, avant dtre chass par la crise suivante. A aucun moment ou presque, nous navons rflchi. Nous avons ragi chaud, nous nous sommes mu, nous avons partag des slogans. Mais rflchir, envisager la question sur un temps plus long que le temps mdiatique, trs peu.
Sur lchelle de Richter de lmotion collective, lattentat commis Charlie Hebdo est videmment dune ampleur rarement atteinte. Le slogan dominant ici, Je suis Charlie , tait dabord une raction spontane de tristesse, de solidarit avec les victimes. Plus il tait partag, plus il devenait autre chose, le symbole de la libert dexpression, port haut dans les manifestations du weekend dernier. La raction dominante aux attentats dans le monde occidental aura donc t celle-l : brandir un panneau Je suis Charlie , synonyme de libert dexpression.
Nous brandissons notre libert dexpression, que nous voulons dautant plus absolue quelle a t attaque frocement. Nous brandissons notre libert dexpression, et avec elle notre hritage des Lumires, une certaine vision de la lacit, et peut-tre aussi le lointain souvenir des luttes qui ont permis de sparer lEglise de lEtat, de relguer la religion la sphre prive. Ce sont tous ces acquis des derniers sicles en Occident que nous dfendons. Et draps dans loutrage, nous condamnons avec le mme dgot les attentats et tous ceux qui pourraient avoir une raction dviant de lmotion collective. La libert dexpression est absolue, point. On est pour ou contre, point. Houellebecq est particulirement convaincant dans ce court billet.
Mais plus on sloigne des vnements tragiques, plus il devrait tre permis, me semble-t-il, dexprimer des nuances. Il est mme essentiel que ces nuances soient entendues si on veut viter que la socit senfonce davantage encore dans un communautarisme dltre qui nous conduira la violence. Pas ces nuances vaines, teintes de complotisme quon veut fleurir sur les rseaux sociaux. Je parle plutt dessayer de comprendre le contexte dans lequel peut spanouir la libert dexpression.
A mon sens, cette libert ne se comprend que dans un biotope social fragile, en relation organique avec dautres droits et devoirs. Brandir une libert absolue, a me semble tre lquivalent agricole de la monoculture : cest peut-tre efficace court-terme, mais long terme, cest juste un appauvrissement de la biodiversit dont tout le systme dpend. Je sais bien quavec cette comparaison je vais me faire traiter de bobo-colo, voire accuser de complicit islamo-fasciste. Mais aprs cette introduction un peu longue, je vous invite regarder ce biotope dun peu plus prs.
Un droit absolu ?
La libert dexpression est-elle absolue dans nos pays ? La rponse juridique est non. La jurisprudence de la Cour europenne des droits de lHomme, malgr une jurisprudence trs librale, admet que cette libert peut tre limite dans certains cas, notamment le ngationnisme.
Les Etats se montrent plus restrictifs, y compris la Belgique, pourtant connue historiquement pour tre un sanctuaire de la libert dexpression. Notre royaume nadmet pas les attaques vigoureuses contre la personne du Souverain. Ainsi, en 1993, aprs la mort du Roi Baudouin, Charlie Hebdo (dj lui) choquait en titrant Le Roi des Cons est mort , avec un dessin de Chirac affirmant quil lui a lgu sa couronne . Le numro a t censur en Belgique. La situation a-t-elle fondamentalement chang, 20 ans plus tard ? On peut en douter.

Le ngationnisme est galement sanctionn pnalement dans plusieurs pays. En Belgique, une loi de 1995 pnalise la minimisation de lHolocauste.
Ce genre de loi a t dvelopp une poque de plus grande cohsion dans la socit, dans un contexte pr-11 septembre et pr-rseaux sociaux. Le consensus social sur ce quil tait convenable de dire ou de ne pas dire tait plus solide. On ne plaisantait pas avec la Shoah comme lont montr la condamnation de Jean-Marie Le Pen pour sa blague sur Durafour Crmatoire . Le racisme tait relgu aux franges marginales de la socit ; il ne stalait pas encore courageusement dans ces commentaires anonymes sur les rseaux sociaux. Lislamisme ntait pas encore prsent sur le territoire europen. Dans le monde musulman, il tait plac sous un couvercle par une gnration de dictateurs que le printemps arabe a balays.
Bien sr, il tait possible de dconner, et cest ce que faisait Charlie Hebdo, avec dautant plus de facilit que ses dessins se partageaient en papier, lus par un public intelligent sachant dcoder tous les degrs, du deuxime au trente-sixime, et sachant jouir de cette irrvrence. Ctait avant que tout circule sur internet, et bien avant que Charlie Hebdo soit tir cinq millions dexemplaires.
Mais aujourdhui, dans nos socits multiculturelles, cette libert dexpression (comme larsenal juridique qui lencadre et le consensus social sur lequel elle sappuie) est mise sous pression.
Une catgorie de la socit questionne le droit au blasphme. Certains musulmans ne veulent pas quon caricature le prophte. Dautres questionnent le tabou de la Shoah. Jean-Marie Le Pen, Ahmadinedjad et Dieudonn franchissent allgrement le point Godwin.
Comme beaucoup de monde, je le regrette. Mais si on napporte pas des rponses ces questions, si on les carte demble comme tant illgitimes, je crois quon se condamne senfoncer toujours plus dans le repli communautaire, dans la libanisation de la socit. Il faut retrouver un peu de consensus sur ces questions, un peu de colle sociale. Sinon Eric Zemmour aura eu raison de prdire une guerre civile. Il faut se parler. Il faut rediscuter de ce qui est admis, et pourquoi. Pas forcment pour arriver des conclusions diffrentes. Mais parce que lexercice de nos liberts doit tre mieux compris et expliqu.
Nez crochus et enturbanns ridicules
Quel est le consensus social aujourdhui sur la libert dexpression ? Et o sont les points critiques ? Pour faire court, on pourrait dire que les pays dEurope admettent quon critique une religion (droit au blasphme), mais pas quon dnigre ses pratiquants (racisme). On peut critiquer un concept, mais pas une personne sur base de son origine ethnique ou de sa confession.
Ce nest pas blanc ou noir. On peut par exemple caricaturer les banquiers sous forme de requins, mais cest sans doute parce quon dnonce une forme gnrale de cupidit. Cela nen offense pas moins les professionnels de la finance, qui ne sont pas tous des rapaces. Il est galement admis, mme si cette forme dhumour est un peu tombe en dsutude, de faire de blagues bases sur la nationalit, par exemple se moquer des Belges pour les Franais. Ici, il y a une atteinte sur base de la nationalit, qui est sans doute accepte parce quelle est inoffensive.
Par contre on ne peut pas caricaturer un juif avec un nez crochu, ni un juif en banquier, car il sagit dun strotype racial. Ceci est bien sr renforc par notre conscience historique trs forte de la deuxime guerre mondiale et des vnements qui lont prcde. Ce genre de caricatures a nourri lantismitisme dans les annes 1930. Notre conscience historique et un certain sens de la responsabilit collective face la dportation des juifs nous interdisent de blaguer avec ce sujet. Six millions de morts, cest le totem absolu de lEurope, la seule chose qui sapproche un peu du sacr dans nos socits laques.
Lhumour sur ce sujet est dautant plus tabou quil est souvent pratiqu par ceux qui flirtent avec le rvisionnisme. Le Pen et Dieudonn minimisent lexistence et/ou limportance historique des chambres gaz.
Ici, la libert dexpression se heurte donc une sorte de concept : le nombre de victimes et le caractre systmatique de leur mise mort a lev la Shoah un niveau conceptuel, ce qui rend impossible de faire des blagues. Il nest pas permis de relativiser cette tragdie.
Cest juste titre que nous prenons soin de la transmission de notre histoire, car seule cette connaissance collective permettra quon ne fasse plus jamais a . Accepter lamnsie serait ouvrir la porte la barbarie. Mais ceci ne doit pas nous empcher de rflchir cette sacralisation.
Essayons de sortir de notre perception judo-chrtienne et de notre vision europenne de lHistoire. Juste pour un instant, plaons dans une vision plus arabo-musulmane.
La plupart des Arabes ne nient pas lexistence de lHolocauste. Mais de leur point de vue, il est de plus en plus injustifiable de sacraliser la souffrance des juifs sous le nazisme, au regard de celle subie par les Palestiniens, qui ne peut prtendre ce caractre sacr, en dpit du fait quelle dure depuis si longtemps, et qui par une ironie cruelle trouve indirectement son origine dans lHolocauste.
Pour les musulmans, il est dautant plus difficile dadmettre le caractre sacr de lHolocauste, si les occidentaux ne reconnaissent pas ce qui est sacr leurs yeux, comme la reprsentation du prophte.
Chez les occidentaux, on aurait presque tendance penser que les musulmans sont retards. Leur histoire a dbut six sicles aprs notre re, disent certains, de faon mi-ironique, mi-srieuse. Ils ne parviendraient pas comprendre la distinction que nous faisons entre le blasphme et linsulte. Ils se sentent injuris sans raison, puisque nous ne visons quun concept abstrait.
Je crois pourtant quavec davantage dempathie, nous pouvons comprendre pourquoi ils se sentent offenss.
Un examen plus approfondi de nos propres tabous nous permet aussi de comprendre que nous aussi avons nos zones sacres, o le blasphme ne peut pntrer.
Devoir dempathie
Mais encore, me direz-vous ? Comment sortir de ce grand malentendu culturel ? Tous les lments voqus plus haut (hritage des Lumires, droit au blasphme, socit multiculturelle, Holocauste, conflit-isralo-palestinien, etc.) se mlangent pour donner un cocktail explosif qui menace de nous pter dans les mains.
Comment dmler ces fils ? Comment trouver un apaisement ? Peut-tre on ny arrivera pas, peut-tre la socit deviendra-t-elle de plus en plus violente. Mais on peut aussi esprer autre chose.
Pour y parvenir, je crois quil faudrait faire merger un devoir dempathie. Au lieu de nous cabrer sur nos droits (ce que la socit nous doit, par exemple le droit de dire ce que lon pense), on ferait bien de penser aussi nos devoirs (ce que lon rend la collectivit), et lun dentre eux est mon sens ce devoir dempathie.
Chaque communaut devrait uvrer prendre conscience des perceptions diffrentes des autres communauts. Ecouter lautre, prendre conscience de sa vision de lhistoire avant de faire valoir la sienne, me semble tre une saine dmarche. Pour que la socit multiculturelle fonctionne, les communauts ne doivent pas juste cohabiter sur un territoire, elles doivent se parler.
Les initiatives en ce sens devraient tre encourages par les pouvoirs publics. Conditionner les allocations sociales un parcours dintgration, comme on essaie de le faire depuis des annes, est-ce suffisant ? Est-ce mme efficace ? On peut vraiment douter que cette intgration la dure favorise le vivre-ensemble.
Je crois que des lieux dchange devraient tre favoriss. Dabord lcole, o il faut continuer dencourager la mixit malgr toutes les difficults que cela provoque.
A lcole aussi, il faudrait que des journalistes, des dessinateurs viennent parler de la libert dexpression. Jai particip, il y a quelques annes, un programme appel journalistes en classe et jai pu mesurer quel point cette parole extrieure pouvait provoquer des dbats passionnants pour les enfants et les jeunes. Les professeurs ne doivent pas tre les seuls exercer cette pdagogie difficile.
Les associations de diffrentes communauts pourraient tre invites se rencontrer. Pourquoi ne pas crer une plate-forme, finance par les pouvoirs publics, qui encouragerait ce genre de rencontres ? Elle permettrait de dpasser la logique dfensive de droits qui est au cur des organismes de lutte contre le racisme.
Tous ces lieux de rencontre pourraient encadrer la libert dexpression. Pas la modrer. Contrairement un Olivier Berruyer, qui appelle les caricaturistes se censurer au nom de lapaisement, je crois que nous ne devons rien cder sur la libert dexpression en tant que telle. Ce serait un terrible renoncement. Charlie Hebdo doit pouvoir continuer de caricaturer le prophte, mme avec une tte de bite, comme le montre Olivier Berruyer. Ce nest pas aux caricaturistes de se modrer. Cest nous tous qui devons mieux expliquer.


Houellebecq a raison de revendiquer une libert dexpression totale. Cest ce qui lentoure que nous devons faire voluer.
Retrouver du consensus, de lempathie, de la pdagogie. Sans cela, nos socits multiculturelles ne pourront pas fonctionner, et



nos droits seront remis en question


PAR ERICW
 

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