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Comment la CIA créa Google

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Manqool Comment la CIA créa Google

Comment la CIA créa Google



Une remarquable étude réalisée par le politologue britannique Nafeez Ahmed.


« INSURGE INTELLIGENCE », un nouveau projet de journalisme d’investigation financé par le public, vous livre le récit exclusif de la façon dont la communauté US du renseignement a financé, nourri et mis en incubation Google comme élément d’un effort visant à dominer le monde par le contrôle de l’information. Financé indirectement par la NSA et la CIA, Google n’a été que la première d’une pléthore de start-ups du secteur privé cooptée par le renseignement US pour conserver la « supériorité du renseignement ».Les origines de cette ingénieuse stratégie remontent à un groupe secret sponsorisé par le Pentagone, qui au cours des deux dernières décennies a fonctionné comme un pont entre le gouvernement US et les élites des secteurs des affaires et de la finance, corporatistes et médiatiques. Le groupe a permis à certains des intérêts particuliers des USA corporatistes de passer systématiquement outre la responsabilité démocratique et la règle du droit pour influencer les politiques gouvernementales, ainsi que l’opinion publique aux USA comme autour du monde. Les résultats ont été catastrophiques: surveillance de masse par la NSA, un état de guerre globale permanent, et une initiative novatrice pour transformer le corps militaire US en « Skynet ».Dans le sillage des attaques contre Charlie Hebdo à Paris, les gouvernements occidentaux se pressent de légitimer des pouvoirs accrus de surveillance de masse et de contrôle de l’Internet, le tout au nom de la lutte contre le terrorisme.
Des politiciens US et européens ont appelé à protéger le genre d’espionnage que pratique la NSA, et à faire avancer la capacité à enfreindre la vie privée sur Internet en rendant le cryptage illégal. Une idée est d’établir un partenariat en télécommunications à même d’effacer unilatéralement tout contenu estimé « alimenter la haine et la violence » dans des situations considérées comme « appropriées ». Des débats houleux ont cours au niveau gouvernemental et parlementaire pour explorer la suppression de la confidentialité avocat-client.
Ce que tout ceci eut pu accomplir pour empêcher les attaques de Charlie Hebdo demeure un mystère, surtout quand nous savons que les terroristes figuraient déjà sur le radar des renseignements français depuis une dizaine d’années.
Il y a peu d’éléments nouveaux dans cette histoire. L’atrocité du 11 septembre 2001 fut la première de beaucoup d’attaques terroristes, chacune suivie par l’extension dramatique de pouvoirs étatiques draconiens aux dépens des libertés civiques, appuyée par la projection de forces militaires dans des régions identifiées comme des points chauds abritant des terroristes. Pourtant il y a peu d’éléments indiquant que cette formule testée et rodée ait fait quoi que ce soit pour réduire le danger. Pour ce qu’il en est, nous semblons verrouillés dans un cycle de violence qui s’approfondit sans issue visible.
Alors que nos gouvernements font pression pour accroître leurs pouvoirs, INSURGE INTELLIGENCE peut dorénavant révéler à quel point la communauté du renseignement US est impliquée dans l’incubation des plateformes web que nous connaissons aujourd’hui, dans l’objectif précis d’utiliser cette technologie comme mécanisme pour mener la « guerre globale de l’information » – une guerre pour légitimer le pouvoir d’un petit nombre sur le reste d’entre nous. La cheville ouvrière de cette histoire est la multinationale qui, d’une certaine façon, définit le XXIè siècle avec son omniprésence discrète: Google.
Google se fait passer pour une entreprise de technologie amicale, branchée, facile d’utilisation qui s’est élevée vers la pré-éminence à travers une combinaison de talent, de chance, et de véritable innovation. Cela est vrai. Mais ce n’est qu’une infime partie de l’histoire. En réalité, Google est un écran de fumée derrière lequel se tapit le complexe militaro-industriel des USA.
Le récit interne de l’essor de Google, révélé ici pour la première fois, ouvre une boîte de Pandore qui va beaucoup plus loin que Google, éclairant sans que l’on s’y attende l’existence d’un réseau parasite poussant l’évolution de l’appareil national sécuritaire US, et profitant obscènement de son opération.
Le réseau fantôme
Au cours de des deux dernières décennies, les stratégies de politique étrangère et de renseignement US ont abouti en une « guerre contre le terrorisme » qui consiste en des invasions militaires prolongées du monde musulman et la surveillance intensive de populations civiles. Ces stratégies ont été mises en incubation, sinon dictées, par un réseau secret à l’intérieur et à l’extérieur du Pentagone.
Établi sous l’administration Clinton, consolidé sous Bush et fermement installé sous Obama, ce réseau aussi bien Républicain que Démocrate, composé surtout d’idéologues néoconservateurs a scellé sa domination au cœur du Ministère de la Défense US (DoD, Department of Defense, ndlr) à l’aube de 2015, par le biais de l’activité d’une entité corporatiste à l’extérieur du Pentagone, mais gérée par celui-ci.
En 1999, la CIA créa sa propre firme d’investissements à capital-risque, In-Q-Tel, pour financer des start-ups prometteuses à même de créer des technologies utiles aux agences de renseignement. Mais l’inspiration pour In-Q-Tel est venue plus tôt, lorsque le Pentagone mit sur pieds sa propre unité du secteur privé.
Connu sous le nom de « Highlands Forum » (forum des « hautes terres », ndlr), ce réseau privé a dressé un pont entre le Pentagone et les puissantes élites US hors du corps militaire depuis le milieu des années 1990. Malgré des changements d’administrations civiles, le réseau autour du Highlands Forum a réussi avec de plus en plus de succès à dominer la politique de défense aux USA.
Il est parfois fait référence à des entreprises géantes de la défense comme Booz Allen Hamilton et Science Applications International Corporation comme étant la « communauté de l’ombre du renseignement » du fait des vases communicants entre eux et le gouvernement, ainsi que de leur capacité à influencer et profiter en même temps de la politique de défense. Mais tandis que ces entreprises font la compétition pour le pouvoir et l’argent, elles collaborent aussi quand c’est important. Le Highlands Forum a pendant 20 ans fourni un espace officieux pour que certains des membres les plus éminents de la communauté du renseignement se réunissent avec des hauts fonctionnaires du gouvernement US, en parallèle d’autres dirigeants des industries concernées.
Je suis initialement tombé sur l’existence de ce réseau en novembre 2014, alors je rapportai pour le Motherboard de VICE que le ministre de la défense US Chuck Hagel venait d’annoncer que « l’initiative d’innovation de la défense » concernait réellement la construction de Skynet – ou de quelque chose y ressemblant, principalement pour dominer un ère émergente de guerre automatisée et robotisée.
Ce récit était basé sur un « papier blanc » peu connu et financé par le Pentagone deux mois plus tôt par la National Defense University (NDU) à Washington, DC, une institution de pointe gérée par les militaires US qui, entre autres choses, génère de la recherche pour développer la politique de défense US au plus haut niveau. La papier blanc clarifiait la pensée derrière la nouvelle initiative, et les développements scientifiques et technologiques révolutionnaires sur lesquels il espérait capitaliser.
Le Highlands Forum
Le co-auteur de ce papier blanc de la NDU est Linton Wells, un fonctionnaire de la défense US de 51 ans d’ancienneté qui était, sous l’administration Bush, directeur du renseignement au Pentagone, supervisant la NSA et d’autres agences d’espionnage. Il détient encore des habilitations de sécurité du plus haut niveau, et selon un article du magazine Government Executive de 2006 il dirigea le « Highlands Forum », fondé par le Pentagone en 1994.


Linton Wells II (à droite), ancien directeur principal de l’information du Pentagone et ministre délégué aux réseaux, lors d’une récente session du Highlands Forum du Pentagone. Rosemary Wenchel, haut fonctionnaire au Ministère de la Sécurité du Territoire, est assise à côté de lui
Le magazine New Scientist (payant) a comparé le Highlands Forum à des réunions d’élite telles que « Davos, Ditchley et Aspen », le décrivant comme « beaucoup moins connu, mais… sans doute un club de discussion tout aussi important ». Les réunions classiques du Forum rassemblent « des personnes innovantes pour envisager des interactions entre la politique et la technologie. Ses plus grands succès ont été dans le développement de la guerre hi-tech à partir d’un réseau [électronique]. »
Étant donné le rôle de Wells à un tel Forum, ce n’est peut-être pas surprenant que son papier blanc sur la transformation de la défense ait pu avoir un impact si profond sur la réelle politique du Pentagone. Mais si c’est le cas, pourquoi personne ne l’a-t-il remarqué?
Bien qu’il soit sponsorisé par le Pentagone, je n’ai pu trouver aucune page officielle au sujet du Forum sur le site du DoD. Des sources actives et anciennes du corps militaire US n’en avaient jamais entendu parler, pas plus que des journalistes spécialisés dans la sécurité nationale. J’étais perplexe.
La boîte de capital-risque intellectuel du Pentagone
Dans le prologue de son livre de 2007, « A Crowd of One: The Future of Individual Identity » (Une foule d’une personne: l’avenir de l’identité individuelle, ndlr), John Clippinger, un chercheur au MIT du Media Lab Human Dynamics Group, a décrit comment il avait pris part à un rassemblement du « Highlands Forum », une « réunion uniquement sur invitation financée par le Ministère de la Défense et dirigée par l’adjoint en charge de l’intégration des réseaux et des renseignements. » C’était là un poste haut placé du DoD supervisant les opérations et les politiques pour les agences d’espionnage les plus puissantes du Pentagone, dont la NSA et la Defense Intelligence Agency (DIA), entre autres. À partir de 2003, le poste fut changé en ce qui est désormais celui du Sous-Secrétaire à la Défense pour le renseignement. Le Highlands Forum, écrit Clippinger, fut fondé par le capitaine de l’US Navy à la retraite Dick O’Neill. Figurent parmi les délégués des militaires US haut-gradés de nombreuse agences et divisions – « des capitaines, des vice-amiraux, des généraux, des colonels, des majors et des commandants » ainsi que « des membres de la direction du DoD ».
Ce qui semblait tout d’abord être le principal site web du Forum décrit Highlands comme « un réseau informel inter-disciplinaire sponsorisé par le Gouvernement Fédéral », se focalisant sur « le renseignement, la science et la technologie ». Les explications sont maigres, au-delà d’un unique logo du « Department of Defense ».
Mais Highlands possède également un autre site web qui se décrit lui-même comme « une firme de capital-risque intellectuel » doté d’une « vaste expérience dans le soutien aux entreprises, organisations et dirigeants gouvernementaux ». La firme fournit une « large gamme de services, dont: la prévision stratégique, la création de scénario et de simulation (gaming…) pour les marchés mondiaux en expansion », ainsi que dans « le travail avec le client pour la construction de stratégies d’exécution ». « The Highlands Group Inc. », professe le site web, organise toute un éventail de Forums sur ces sujets.
Par exemple, en plus du Highlands Forum, depuis le 11 septembre le Groupe gère « l’Island Forum », un événement international tenu en association avec le Ministère de la Défense de Singapour, que supervise O’Neill en tant que « consultant principal ». Le site web du Ministère de la Défense de Singapour décrit l’Island Forum comme étant « conçu d’après le Highlands Forum organisé pour le Ministère de la Défense US ». Des documents révélés par le lanceur d’alerte de la NSA Edward Snowden ont confirmé que Singapour avait joué un rôle crucial pour permettre aux USA et à l’Australie de se brancher sur des câbles sous-marins afin d’espionner des puissances asiatiques comme l’Indonésie et la Malaisie.
Le site web du Highlands Group révèle également que Highlands est en partenariat avec l’une des entreprises de défense les plus puissantes aux États-Unis. Higlands est « appuyée par un réseau d’entreprises et de chercheurs indépendants », dont « nos partenaires du Highlands Forum des dix dernières années chez SAIC; et le vaste réseau de Highlands de participants au Highlands Forum ».
SAIC est l’acronyme de l’entreprise de défense US « Science Applications International Corporation », qui a changé de nom pour Leidos en 2013, gérant SAIC comme entreprise subsidiaire. SAIC/Leidos fait partie des 10 premières entreprises de défense aux USA, et travaille étroitement avec la communauté US du renseignement, surtout avec la NSA. Selon le journaliste d’investigation Tim Shorrock, le premier à avoir révélé la vaste étendue de privatisation du renseignement US avec son livre phare « Spies for Hire » (Espions à Louer, ndlr), SAIC possède une « relation symbiotique avec la NSA: l’agence en est le client unique le plus important et SAIC est le plus grand fournisseur de la NSA ».
Le patronyme complet du capitaine « Dick » O’Neill, le président fondateur du Highlands Forum, est Richard Patrick O’Neill, qui après son travail dans la Navy a rejoint le DoD. Il a occupé son dernier poste en tant qu’adjoint à la stratégie et à la politique dans le Bureau du Ministre Délégué à la Défense pour le Commandement, le Contrôle, les Communications et le Renseignement, avant de fonder Highlands.
Le Club de Yoda
Mais Clippinger fait aussi référence à un autre individu mystérieux adulé par les participants au Forum:
Il s’asseyait au fond de la salle, imperturbable derrière d’épaisses lunettes à montures noires. Je ne l’ai jamais entendu dire un mot… Andrew (Andy) Marshall est une icône au sein du DoD. Certains l’appellent Yoda, en vertu de son statut mythique impénétrable… Il avait traversé plusieurs administrations et était largement considéré comme au-dessus des politiques partisanes. Il soutenait le Highlands Forum et en avait dès le départ été un invité régulier.
Dès 1973, Marshall a dirigé l’une des agences les plus puissantes du Pentagone, l’Office of Net Assessment (ONA, Bureau d’Évaluation de Réseau, ndlr), le « think tank » interne du Ministre de la Défense US qui conduit des recherches hautement confidentielles sur les prévisions futures de politique de défense pour toute la communauté militaire et de l’espionnage US. L’ONA a joué un rôle de premier plan dans des initiatives stratégiques majeurs du Pentagone, dont la Stratégie Maritime, l’Initiative de Défense Stratégique, l’Initiative de Stratégies Compétitives, et la Révolution des Affaires Militaires.

Andrew « Yoda » Marshall, directeur du Bureau d’Evaluation du Réseau (ONA, Office of Net Assessment) et co-président du Highlands Forum, lors d’un événement précoce de Highlands à l’Institut de Santa Fé. Mashall prend sa retraite en janvier 2015

Dans un rare profil qui lui est fait dans Wired en 2002, le journaliste Douglas McGray décrit Andrew Marshall, maintenant âgé de 93 ans, comme « le plus évasif » mais « l’un des plus influents » responsables du DoD. McGray ajoute que « le Vice-Président Dick Cheney, le Ministre de la Défense Donald Rumsfeld et le Ministre Délégué Paul Wolfowitz » – largement considérés comme les faucons du mouvement néoconservateur dans la politique US – étaient parmi les « petits chouchous » de Marshall.
En s’exprimant lors d’un discret séminaire à l’Université de Harvardquelques mois après le 11 septembre 2001, le président fondateur du Highlands Forum Richard O’Neill déclara que Marshall était beaucoup plus qu’un « invité régulier » du Forum. « Andy Marshall est notre co-président, donc indirectement tout ce que nous faisons retourne dans le système d’Andy, » dit-il à l’auditoire. « Directement, des gens présents lors des réunions du Forum peuvent s’en aller rendre compte à Andy sur une variété de sujets, et afin de synthétiser les choses ». Il affirma aussi que le Forum avait un troisième co-président: le directeur de la Defense Advanced Research and Projects Agency (DARPA, Agence pour les Projets de Recherche Avancée de la Défense, ndlr), qui à l’époque avait été désigné par Rumsfeld, Anthony J. Tether. Avant de rejoindre DARPA, Tether était vice-président de la Division de Technologie Avancée de SAIC.

Anthony J. Tether, directeur de DARPA et co-président du Highlands Forum du Pentagone de juin 2001 à février 2009

L’influence du Highlands Forum sur la politique de défense US a ainsi opéré à travers trois canaux principaux: son soutien par le Bureau du Ministre de la Défense (à peu près au milieu de la dernière décennie ceci a été transféré spécifiquement au Bureau du Sous-Secrétaire à la Défense pour le Renseignement, qui gère les principales agences de surveillance); son lien direct avec l’ONA d’Andrew « Yoda » Marshall; et son lien direct avec DARPA.
Selon Clippinger dans A Crowd of One, « ce qui se passe lors de réunions informelles telles que Highlands Forum pourrait, avec le temps et par le biais de curieux chemins d’influence imprévus, avoir un impact énorme non seulement à l’intérieur du DoD mais à travers le monde ». Il écrit que les idées du Forum sont « passées de l’hérésie au consensus. Des idées qui étaient anathème en 1999 avaient été adoptées comme politique seulement trois ans plus tard. »
Bien que le Forum ne produise pas de « recommandations consensuelles », son impact est plus profond que celui d’un traditionnel comité consultatif gouvernemental. « Les idées qui émergent des réunions sont à la disposition de ceux qui prennent les décisions ainsi que des gens des think tanks, » selon O’Neill:
Nous ajouterons des gens de Booz, SAIC, RAND, ou d’autres à nos réunions… Nous accueillons ce genre de coopération parce que, franchement, ils ont le sérieux qu’il faut. Ils sont là pour le long terme et sont capables d’influencer les politiques du gouvernement avec un réel travail académique… Nous produisons des idées et de l’interaction et des réseaux pour que ces gens les prennent et s’en servent comme ils en ont besoin.
Mes requêtes répétées à O’Neill pour des informations concernant son travail au Highlands Forum ont été ignorées. Le Ministère de la Défense n’a pas non plus répondu à de multiples requêtes pour des informations et des commentaires sur le Forum.

Une diapositive de la présentation de Richard O’Neill à Harvard University en 2001

Guerre de l’information
Le Highlands Forum a servi de « pont d’influence » dans les deux sens: d’une part, pour le réseau fantôme d’entreprises privées afin d’influencer la formulation de la politique des opérations d’espionnage pour tout le renseignement militaire US; et d’autre part, pour le Pentagone afin d’influencer ce qui se fait dans le secteur privé. Il n’y en a pas de preuve plus claire que par le rôle véritablement instrumental du Forum dans l’incubation de l’idée de la surveillance de masse comme mécanisme pour dominer l’information à une échelle mondiale.
En 1989, Richard O’Neill, alors cryptologue de l’US Navy, écrivit un papier pour l’US Naval War College, « Toward a methodology for perception management » (Vers une méthodologie de la gestion d’impact, ndlr). Dans son livre, Future Wars (Guerres du Futur, ndlr), le Col. John Alexander, alors officier supérieur de l’Intelligence and Security Control de l’US Army (INSCOM, contrôle du renseignement et de la sécurité de l’armée US, ndlr), note que le papier d’O’Neill avait esquissé pour la première fois une stratégie pour la « gestion d’impact » comme partie intégrante de la guerre de l’information (IW, information warfare). La stratégie proposée par O’Neill identifiait trois catégories de cibles pour l’IW: les adversaires, afin qu’ils croient en leur vulnérabilité; des partenaires potentiels, « afin qu’ils perçoivent la cause [de la guerre] comme juste »; et enfin, les populations civiles et la direction politique afin qu’ils « perçoivent le coût comme en valant la peine ». Une réunion d’information secrète basée sur le travail d’O’Neill « fit son chemin jusqu’aux plus hauts échelons » du DoD. « Ils reconnurent qu’O’Neill avait raison et lui dirent de l’enterrer. »
Sauf que le DoD ne l’a pas enterré. Aux alentours de 1994, le Highlands Group fut fondé par O’Neill en tant que projet officiel du Pentagone, par la décision du Ministre de la Défense de l’époque sous Bill Clinton William Perry – qui s’en alla rejoindre le conseil d’administration de SAIC après avoir pris sa retraite du gouvernement en 2003.
Selon les propres termes d’O’Neill, le groupe allait fonctionner en tant que « laboratoire d’idées » du Pentagone. Selon Government Executive, des experts en technologie militaire et de l’information se sont rassemblés pour la première réunion du Forum « pour songer aux impacts de l’IT (information technology) et de la mondialisation sur les États-Unis et l’art de mener la guerre. Comment Internet et d’autres technologies émergentes allaient-ils changer le monde? » La réunion aida à implanter l’idée de « guerre centrée sur des réseaux » dans les esprits des « plus grands penseurs militaires de la nation ».
Exclure le public
Des archives officielles du Pentagone confirment que le principal objectif du Highlands Forum était de soutenir les politiques du DoD sur la spécialité d’O’Neill: la guerre de l’information. Selon le Rapport Annuel Officiel au Président et au Congrès de 1997 dans une section intitulée « Opérations d’Information », (Information Operations, IO) le Bureau du Ministre de la Défense (Office of the Secretary of Defense, OSD) avait autorisé « l’établissement du Highlands Group constitué d’experts de l’industrie, de la recherche et du DoD de premier plan » pour coordonner les IO pour les agences fédérales de renseignement militaire.
L’année suivante le rapport annuel du DoD réitérait la centralité du Forum aux opérations d’information: « Afin d’examiner les thèmes d’IO, le DoD sponsorise le Highlands Forum, qui réunit ensemble le gouvernement, l’industrie, et des professionnels académiques de divers domaines. »
Notez qu’en 1998, le Highlands « Group » est devenu un « Forum ». Selon O’Neill, ceci avait pour but d’éviter de soumettre les réunions des Highlands Fora à des « restrictions bureaucratiques ». Il faisait allusion à la Federal Advisory Committee Act (FACA, loi sur les comités de conseil fédéraux, ndlr), qui régit la manière dont le gouvernement US peut formellement solliciter le conseil d’intérêts particuliers.
Connue sous le nom de « loi de gouvernement ouvert », FACA requiert que les fonctionnaires du gouvernement US n’ont pas le droit de tenir des consultations secrètes ou derrière portes fermées avec des personnes n’appartenant pas au gouvernement sur le développement de sa politique. De telles consultations doivent toutes avoir lieu dans le cadre de comités consultatifs fédéraux permettant l’examen public. FACA requiert que ces réunions soient publiques, soient annoncées par le Journal Officiel, que les groupes de conseil soient enregistrés auprès d’un bureau de l’Administration Générale des Services, parmi d’autres pré-requis conçus pour préserver la responsabilité dans l’intérêt du public
Mais Government Executive a rapporté que « O’Neill et d’autres pensaient » que de tels détails réglementaires « inhiberaenit le libre flux d’idées et de discussions à bâtons rompus qu’ils recherchaient. » Les avocats du Pentagone avaient prévenu que le dénominatif « groupe » pouvait induire certaines obligations, et conseillé de gérer toute l’affaire en privé: « Donc O’Neill changea son nom en Highlands Forum et le déménagea dans le secteur privé pour le diriger en tant que consultant du Pentagone ». Le Highlands Forum du Pentagone existe donc derrière le patronage de la « boîte de capital-risque intellectuel » d’O’Neill, « Highlands Group Inc. »
En 1995, une année après que William Perry ait désigné O’Neill pour diriger le Highlands Forum, SAIC – l’organisation « partenaire » du Forum – avait lancé un tout nouveau Center for Information Strategy and Policy (Centre pour la Stratégie et la Politique de l’Information, ndlr) sous la direction de « Jeffrey Cooper, un membre du Highlands Group qui conseille des hauts fonctionnaires du Ministère de la Défense sur les thèmes de la guerre de l’information ». Le Centre avait exactement le même objectif que le Forum, fonctionner comme « une chambre de compensation pour rassembler les meilleurs et les plus intelligents esprits du domaine de la guerre de l’information en sponsorisant une série continue de séminaires, de documents et de symposiums qui explorent en profondeur les implications de la guerre de l’information ». L’objectif était de « permettre aux dirigeants et aux décideurs politiques du gouvernement, de l’industrie et du monde académique pour répondre aux thèmes centraux entourant la guerre de l’information afin d’assurer que les États-Unis conservent leur avance sur n’importe quel ou tous ennemis potentiels ».
Malgré les dispositions de FACA, les comités consultatifs fédéraux sont déjà lourdement influencés sinoncaptifs des intérêts corporatistes. Donc en circonvenant FACA, le Pentagone a même passé outre les dispositions affaiblies de FACA, en excluant de façon permanente toute possibilité d’engagement public.
L’affirmation d’O’Neill qu’il n’y a pas de rapports ou de recommandations n’est pas sincère. De son propre aveu, les consultations secrètes du Pentagone avec l’industrie qui ont eu lieu par le biais du Highlands Forum depuis 1994 ont été accompagnées par la soumission régulière d’articles académiques et de politique, d’enregistrements et de notes de réunion, et d’autres formes de documentation qui sont verrouillés derrière une connexion uniquement accessible aux délégués du Forum. Ceci viole l’esprit, sinon la lettre, de FACA – d’une façon qui est clairement conçue pour circonvenir à la responsabilité démocratique et à la règle du droit.
Le Highlands Forum n’a pas besoin de produire des recommandations consensuelles. Sa raison d’être est de fournir au Pentagone un mécanisme de mise en réseau social fantôme pour cimenter des relations durables avec le pouvoir corporatiste, et d’identifier de nouveaux talents pouvant être utilisés pour affiner les stratégies de guerre de l’information dans le plus grand secret.
Le nombre total de participants au Highlands Forum du DoD dépasse le millier, bien que les sessions consistent surtout en de petites réunions de type groupe de travail d’au plus 25-30 personnes, rassemblant des experts et des fonctionnaires selon les sujets. Les délégués ont compté en leur nombre du personnel de haut niveau de SAIC et Booz Allen Hamilton, RAND Corp., Cisco, Human Genome Sciences, eBay, PayPal, IBM, Google, Microsoft, AT&T, la BBC, Disney Corp., General Electric, Enron, parmi une liste énorme; des membres Démocrates ou Républicains du Congrès et du Sénat; des cadres supérieurs de l’industrie US de l’énergie comme Daniel Yergin d’IHS Cambridge Energy Research Associates; et des personnages-clé impliqués des deux côtés des campagnes présidentielles.
D’autres participants ont inclus des professionnels de haut rang des médias: David Ignatius, rédacteur-en-chef-adjoint du Washington Post et à l’époque rédacteur exécutif de l’International Herald Tribune; Thomas Friedman, chroniqueur de longue date au New York Times; Arnaud de Borchgrave, un rédacteur au Washington Times et à United Press International; Steven Levy, un ancien rédacteur de Newsweek, auteur titulaire au New Yorker; Noah Schachtmann, rédacteur exécutif au Daily Beast; Rebecca McKinnon, co-fondatrice de Global Voices Online; Nik Gowing de la BBC; et John Markoff du New York Times.
Du fait de son soutien actuel par le Sous-Secrétaire à la Défense pour le renseignement de l’OSD, le Forum dispose d’un accès privé aux dirigeants des principales agences de surveillance et de reconnaissance US, ainsi qu’aux directeurs et à leurs assistants des agences de recherche du DoD, de DARPA à l’ONA. Ceci signifie également que le Forum est profondément connecté aux équipes de recherche politique du Pentagone.
Google: engendré par le Pentagone
En 1994 – la même année que la fondation du Highlands Forum sous les auspices de l’OSD, de l’ONA et de DARPA – deux jeunes étudiants doctorants de l’Université de Stanford, Sergey Brin et Larry Page, réalisèrent leur percée sur la première application automatisée de recherche et de classement de pages sur le web. Cette application demeure le composant central de ce qui allait devenir le service de recherche de Google. Brin et Page avaient accompli leur travail avec le financement de la Digital Library Initiative (DLI, Initiative de Librairie Numérique, ndlr), un programme multi-agences de la National Science Foundation (NSF), la NASA et DARPA.
Mais ce n’est qu’un versant de l’histoire.
Pendant tout le temps du développement du moteur de recherches, Sergey Brin rendait régulièrement et directement compte à deux personnes qui n’étaient pas du tout de la faculté de Stanford: le Dr. Bhavani Thuraisingham et le Dr. Rick Steinheiser. Les deux étaient les représentants d’un programme sensible de la communauté de l’espionnage US sur la sécurité de l’information et sur l’extraction de données.
Thuraisingham est actuellement le professeur titulaire de la chaire Louis A. Beecherl et directeur exécutif du Cyber Research Institute à l’Université du Texas à Dallas, et un expert très sollicité sur les thèmes de l’extraction de données, la gestion de celles-ci et la sécurité de l’information. Mais dans les années 1990, elle travaillait pour la MITRE Corp; une entreprise de défense majeure aux USA, où elle dirigeait l’initiative dénommée « Massive Digital Data Systems » (Systèmes Massifs de Données Numériques, ndlr), un projet sponsorisé par la NSA, la CIA et le Director of Central Intelligence (directeur du renseignement central, ndlr) dans le but de générer des recherches innovantes dans la technologie de l’information.

« Nous avons financé l’Université de Stanford par le biais de l’informaticien Jeffrey Ullman, qui avait sous sa coupe plusieurs étudiants post-diplômés qui travaillaient dans plusieurs domaines excitants, » m’a dit le Prof. Thuraisingham. « L’un d’entre eux était Sergey Brin, le fondateur de Google. À la base, le programme MDDS de la communauté du renseignement fournissait à Brin une source de capital d’amorçage, qui était agrémentée par de nombreuses autres sources, y compris dans le secteur privé ».
Cette sorte de financement n’est certes pas inhabituelle, et le fait que Sergey Brin ait pu en bénéficier en étant un étudiant post-diplômé à Stanford semble n’être qu’anecdotique. Le Pentagone s’intéressait à toute la recherche des sciences informatiques à cette époque. Mais cela illustre combien la culture de Silicon Valley est profondément enracinée dans les valeurs de la communauté US du renseignement.
Dans un document phénoménal hébergé par le site web de l’Université du Texas, Thuraisingham rapporte que de 1993 à 1999, « la communauté du renseignement (IC, Intelligence Community) a démarré un programme dénommé Massive Digital Data Systems (MDDS) que j’ai dirigé pour l’IC alors que je travaillais pour la MITRE Corporation ». Le programme a financé 15 efforts de recherche dans diverses universités, dont celle de Stanford. Son but était de développer « des technologies de gestion des données pouvant gérer plusieurs térabytes et jusqu’à des pétabytes de données, » et permettant « le traitement des requêtes, la gestion des transactions, la gestion des métadonnées, la gestion du stockage, et l’intégration des données. »
À l’époque, Thuraisingham était chef de recherche pour la gestion des données et de l’information à MITRE, où elle dirigeait les efforts d’une équipe de recherche et de développement pour la NSA, la CIA, le Laboratoire de Recherche de l’US Air Force, ainsi que le Space and Naval Warfare Systems Command (Commandement des Systèmes de Guerre Navals et Spatiaux, ndlr) de l’US Army (SPAWAR) et le Communications and Electronic Command (CECOM). Elle en vint à enseigner des formations pour des fonctionnaires du gouvernement US et des entreprises de défense sur l’extraction de données dans le contre-terrorisme.
Dans son article de l’Université du Texas, elle joint un copie d’un résumé du programme MDDS de la communauté US du renseignement qui avait été présenté au « Symposium Annuel de la Communauté du Renseignement en 1995. Le résumé révèle que les sponsors principaux du programme MDDS étaient trois agences: la NSA, le Bureau de Recherche & Développement de la CIA, et le Community Management Staff (CMS, Personnel de Gestion de la Communauté, ndlr) de la communauté du renseignement qui opère sous les ordres du Director of Central Intelligence. Les administrateurs du programme, qui ont fourni autour de 3 à 4 millions de dollars par an pendant 3 à 4 ans, ont été identifiés comme étant Hal Curran (NSA), Robert Kluttz (CMS), le Dr. Claudia Pierce (NSA), le Dr. Rick Steinheiser (ORD – qui signifie Bureau de Recherche & Développement de la CIA, Office of Research & Development), et le Dr. Thuraisingham elle-même.
Thuraisingham poursuit dans son article, pour réitérer que ce programme conjoint CIA-NSA finançait partiellement Sergey Brin afin de mettre au point le cœur de Google, à travers une bourse donnée à Stanford et gérée par le superviseur de Brin, le Prof. Jeffrey D. Ullman:
En fait, le fondateur de Google M. Sergey Brin était en partie financé par ce programme alors qu’il était étudiant en doctorat à Stanford. Il a, avec son superviseur le Prof. Jeffrey Ullman et mon collègue à MITRE, le Dr. Chris Clifton (le principal chercheur en IT à MITRE), développé le Query Flocks System (système de troupeaux de requêtes, ndlr) qui produisait des solutions pour l’obtention de grandes quantités d’informations stockées dans des bases de données. Je me souviens visitant Stanford avec le Dr. Rick Steinheiser de la Communauté du Renseignement, et M. Brin de faire son entrée sur des rollers, livrer sa présentation et se ruer dehors. En fait la dernière fois que nous nous sommes vus en septembre 1998, M. Brin nous avait fait la démonstration de son moteur de recherche qui devint Google quelque temps plus tard.
Brin et Page ont officiellement institué Google en tant qu’entreprise en septembre 1998, ce même mois où ils avaient pour la dernière fois fait leur rapport à Thuraisingham et Steinheiser. « Query Flocks » faisait aussi partie du système « PageRank » (classement de pages, ndlr) breveté de Google, que Brin développa à Stanford dans le programme MDDS-CIA-NSA ainsi qu’avec du financement de la NSF, IBM et Hitachi. Cette année-là, le Dr. Chris Clifton de MITRE, qui travaillait sous Thuraisingham pour le développement du système « Query Flocks » écrivit un article, conjointement avec le superviseur de Brin, le Prof. Ullman et Rick Steinheiser de la CIA. Intitulé « La Découverte de Connaissance dans un Texte », l’article fut présenté lors d’une conférence académique.
« Le financement de MDDS qui soutenait Brin était substantiel comme capital d’amorçage, mais il était probablement dépassé par d’autres canaux de financement, » affirme Thuraisingham. « La durée du financement de Brin fut d’à peu près deux ans. Pendant cette période, mes collègues et moi-même du MDDS nous rendions à Stanford pour voir Brin et surveiller ses progrès à peu près tous les trois mois. Nous ne supervisions pas exactement, mais nous voulions vérifier la progression, souligner d’éventuels problèmes et suggérer des idées. Lors de ces réunions, Brin nous présenta effectivement la recherche sur Query Flocks, et nous fit aussi la démonstration de versions du moteur de recherche de Google. »
Brin faisait donc régulièrement des rapports à Thurasingham et à Steinheiser sur son travail au développement de Google. Le programme MDDS est de fait référencé dans plusieurs articles signés à la fois par Brin et par Page datant de leur temps à Stanford. Dans leur article de 1998 publié dans le Bulletin of the IEEE Computer Society Technical Committee on Data Engineering (bulletin du comité technique sur l’ingénierie de données de la société d’informatique de l’IEEE, ndlr), ils décrivent l’automatisation des méthodes d’extraction d’information depuis le web via « l’Extraction de Relations de Schémas Duels Itératifs » (Dual Iterative Pattern Relation Extraction), le développement d’un « classement mondial de pages web appelé PageRank », et l’usage de PageRank « pour développer un moteur de recherche novateur nommé Google. » Par une note en bas de page dès l’ouverture, Sergey Brin confirme qu’il a été « en partie appuyé par le Programme de Systèmes Massifs de Données Numériques [MDDS] du Personnel de Gestion de la Communauté [CMS], » à travers une bourse de la NSF – confirmant que le programme MDDS-CIA-NSA fournissait son financement par le biais de la NSF.
Cette bourse, dont le rapport de projet inscrit Brin sur sa liste d’étudiants bénéficiaires (sans mention du MDDS), était différente de la bourse de la NSF pour Larry Page qui comprenait un financement de DARPA et de la NASA. Le rapport de projet, écrit par le superviseur de Brin le Prof. Ullman, poursuit pour dire sous la section « Indices de Succès » qu’il y a « quelques histoires actuelles de start-ups basées sur des recherches soutenues par la NSF ». sous « Impact du Projet », le rapport note: « Finalement, le projet google est lui aussi devenu commercial en tant que Google.com. »
Le récit de Thuraisingham démontre donc que le programme CIA-NSA-MDDS a non seulement financé Brin pendant tout son travail avec Larry Page au développement de Google, mais que des représentants haut placés dans le renseignement US dont un officiel de la CIA supervisaient l’évolution de Google lors de cette phase précédant son lancement, jusqu’à ce que l’entreprise soit prête à être officiellement fondée. Google, donc, a pu voir le jour par le biais d’une quantité « conséquente » de financement de départ et de supervision par le Pentagone: nommément la CIA, la NSA, et DARPA.
Le Dod n’a pas pu être joint pour commentaire.
Lorsque j’ai demandé au Prof. Ullman de confirmer ou d’infirmer le financement partiel de Brin via le programme MDDS de la communauté du renseignement, et si Ullman était au courant que Brin rendait régulièrement des comptes à Rick Steinheiser, de la CIA, sur ses progrès dans le développement du moteur de recherche de Google, les réponses d’Ullman furent évasives: « Puis-je savoir qui vous représentez et pourquoi vous êtes intéressé par ces sujets? Quelles sont vos « sources »? » Il nia aussi que Brin ait joué un rôle significatif dans le développement du système « Query Flocks », bien qu’il soit évident à la lecture des articles de Brin qu’il s’est inspiré de ce travail en co-développant le système PageRank avec Page.
Quand je demandai à Ullman s’il niait le rôle de la communauté US de l’espionnage dans le soutien octroyé à Brin au cours du développement de Google, il répondit: « Je ne vais pas accorder à ces bêtises la dignité d’une réponse. Si vous ne m’expliquez pas quelle est votre théorie et où vous voulez en venir, je ne lèverai pas le petit doigt pour vous. »
Le résumé du MDDS publié en ligne à l’Université du Texas confirme que le raisonnement derrière ce projet conjoint CIA-NSA était de « fournir un capital d’amorçage pour développer des technologies de gestion des données à haut risque et à haut rendement », y compris des technologies pour « exprimer des requêtes, naviguer et filtrer; traiter les transactions; accès, méthodes et indexation; gestion des métadonnées et modelage des données; et intégration de bases de données hétérogènes; ainsi que le développement d’architectures appropriées. » La vision ultime du programme était de « prévoir pour l’accès sans accroc à, et la fusion de quantités massives de données, d’informations et de connaissances dans un environnement hétérogène en temps réel » à l’usage du Pentagone, de la communauté de l’espionnage et potentiellement à travers tout le service public.
Ces révélations corroborent les affirmations de Robert Steele, ancien officier haut gradé de la CIA et directeur adjoint civi fondateur de la Marine Corps Intelligence Activity (activité de renseignement du corps des US Marines, ndlr), dont j’ai fait l’interview pour The Guardian l’année dernière au sujet des renseignements dits « open source ». Citant des sources à la CIA, Steele avait affirmé en 2006 que Steinheiser, un ex-collègue, était le principal agent de liaison chez Google et qu’il avait arrangé le financement précoce de l’entreprise pionnière en IT. À l’époque le fondateur de Wired John Batelle était parvenu, en réponse aux affirmations de Steele, à obtenir cette dénégation officielle de la part d’un porte-parole de Google:
Les déclarations en rapport avec Google sont complètement fausses.
Cette fois-ci, en dépit de multiples requêtes et conversations, la possibilité de commenter fut déclinée par le porte-parole de Google.
MISE À JOUR: À 5:41 GMT, le directeur de la communication d’entreprise de Google prit contact avec moi et me demanda d’inclure la déclaration suivante:
Sergey Brin ne faisait pas partie du Programme Query Flocks à Stanford, et aucun de ses projets n’a été financé par des organismes du renseignement US.

(A suivre)
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Comment la CIA créa Google



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