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La, 15 ans : "Ils me disaient d'agir contre les juifs"

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2015-02-06
 
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La, 15 ans : "Ils me disaient d'agir contre les juifs"

La, 15 ans : "Ils me disaient d'agir contre les juifs"




Arrte alors qu'elle s'apprtait fuir en Syrie et que ses recruteurs djihadistes la poussaient commettre une tuerie en France, La tait la premire livrer son rcit "l'Obs". Tmoignage.

  • Le Centre de prvention contre les drives sectaires lies l'islam cr par l'anthropologue Dounia Bouzar livre sur France Inter le tmoignage de La, 15 ans, recrute par des djihadistes qui voulaient l'envoyer en Syrie, avant de la pousser commettre une tuerie en France.
  • En octobre 2014, nous rvlions le tmoignage de cette jeune fille dans les colonnes de "l'Obs".
  • Pour des raisons de scurit, son prnom a t modifi. Son destin appartient dsormais la justice.
De longs cheveux qui entourent un visage ple et de grands yeux noisette qui semblent en permanence chercher un point auquel se raccrocher. C'est une enfant, douce, frle, fragile. Une ado de 15 ans choye, bonne lve, qui a grandi dans une belle maison de province, au sein d'une famille franaise soude, aise et athe. A l'oppos de tous les clichs sur l'apprenti djihadiste. Et pourtant, en deux mois peine, via internet, La s'est laiss entraner dans les abmes de l'islam radical.
Intercepte alors qu'elle tentait de s'enfuir vers la Syrie, elle est d'abord place sous mesure ducative par un juge des enfants. Pendant plusieurs mois, elle va se ddoubler, donnant les gages d'un retour la "normalit" ses parents, ses ducateurs, son psychologue, tout en se laissant convaincre par son rseau de prparer un attentat antismite sur le sol franais... En septembre, elle est arrte par les policiers de la Direction gnrale de la scurit intrieure (DGSI, ex-DCRI), qui la surveillaient.
Jusque-l, elle tait reste mutique. Elle a finalement tout racont lors d'une intervention du CPDSI, le Centre de prvention contre les drives sectaires lies l'Islam cr par l'anthropologue Dounia Bouzar.
En octobre, "l'Obs" recueillait le tmoignage de La en exclusivit.
"Ils sont venus me parler sur Facebook"

Un jour o je ne me sentais pas trs bien, j'ai laiss sur ma page Facebook un message disant que j'aimerais pouvoir me faire pardonner toutes mes btises. L, des gens m'ont ajoute dans leurs amis et puis ils sont venus me parler. Ils sont arrivs tout seuls, trs vite."

"Comme j'avais crit que je souhaitais devenir infirmire, ils m'ont dit que je pouvais venir aider en Syrie, pour faire de l'humanitaire, et qu'il n'y avait rien de mieux au monde que de se faire pardonner au Sham [le Levant, o se trouve la Syrie, NDLR]. Ils m'ont envoy des vidos sur les enfants gazs par Bachar [al-Assad, NDLR], sur les mensonges des politiques, sur l'islamophobie...
Ils me disaient que partir l-bas, a ramnerait soixante-dix personnes au paradis. Ils disaient que je ne devais pas obir mes parents, parce qu'eux n'obissaient pas Allah et qu'il ne fallait obir qu'aux lois d'Allah sinon on tait un mcrant, un ignorant, un infidle..."

"Ils disaient aussi que je ne devais pas aller la mosque de France, parce qu'on y apprend le mauvais islam et qu'on ne pouvait pas mlanger islam et dmocratie. Et puis ils m'ont dit de me faire des copines musulmanes. Mais autour de moi, il n'y avait pas vraiment de musulmans. Du coup, ils m'ont dit de ne plus parler mes amies, de rester chez moi, parce que les autres taient mauvais pour l'aquda (la "croyance").
Petit petit, je me suis mise ne plus parler personne, ni l'cole ni la maison, je restais dans ma chambre, volets ferms. Et je me connectais."

"Ils sont venus encore plus nombreux quand j'ai pris un "blase" [pseudo, NDLR] musulman, ils taient au moins cinquante, d'abord des hommes, aprs des femmes, de France, de Belgique, de Syrie... Ils rptaient tous les mmes choses, qu'ils avaient la vrit et que c'taient les autres qui mentaient. Du coup, je les croyais, je n'avais mme aucun doute."
Une mission accomplir

Encercle par les rseaux intgristes, La est submerge par le tourbillon des vidos et des messages qui la convainquent de l'imminence de la fin du monde et qu'elle est "lue" pour accomplir une mission. Comme la plupart des jeunes capts sur internet, elle visionne notamment le film "19 HH" (pour "Histoire de l'Humanit", mais aussi symbole graphique des tours jumelles du World Trade Center) produit par Omar Diaby, alias Omar Omsen, le principal recruteur des Franaises en Syrie, et la srie sotrique "The Signs" (les signes de la fin des temps).
Son urgence est ds lors de gagner la Syrie, qui lui est prsente comme l'unique voie du salut. Ses interlocuteurs lui fournissent immdiatement le mode d'emploi pour partir, recueillant au passage toutes les informations utiles pour la menacer si besoin.
Faux papiers et mari virtuel

Ds le dbut, on m'a demand une photo sans voile, puis mon nom, mon adresse, mon ge, ma date de naissance, combien de sous j'avais pour venir, comment je pouvais en trouver..."

"Pour ceux qui ont des interdictions de sortie de territoire, ils font faire des faux papiers avec d'autres noms, a cote entre 100 et 120 euros. Pour les photos d'identit, on nous dit de beaucoup nous maquiller, de nous lisser les cheveux si on a des boucles ou au contraire de nous faire des boucles si on a les cheveux lisses, pour qu'on nous reconnaisse le moins possible. Certains demandaient de l'argent, certains pouvaient en prter. Ils proposaient de venir me chercher chez moi ou directement l'aroport.
"C'est trs facile de trouver des passeurs. On les appelle ou on leur donne un numro de tlphone sur internet.
Ils m'ont expliqu qu'il fallait d'abord que j'aille en Turquie, que je me marie l-bas, puis que je tombe enceinte pour qu'on puisse m'emmener en Syrie avec l'enfant. Ça, je n'tais pas trop d'accord, je ne voulais pas avoir un enfant tout de suite avec mon mari que je ne connaissais pas. Ils m'ont dit qu'il faudrait tout de mme tre marie pour passer en Syrie."

Rapidement, La se voit dsigner un "mari" et a rendez-vous avec des passeurs. Tout est prvu. Elle fait semblant d'aller l'cole comme d'habitude, sauf que dans son sac elle glisse un passeport au lieu de son cahier de texte. Mais au dernier moment, ses projets avortent, ses parents dcouvrent le contenu de son ordinateur... Un juge des enfants la place sous mesure ducative, assortie d'une interdiction de quitter le territoire. La "terre promise" s'loigne, un cauchemar pour La.
Le dpart avort en Syrie

Je me suis sentie terrorise de n'avoir pas pu partir. Quand je me suis reconnecte, ils m'ont dit que c'tait la honte, parce que j'allais mourir dans un pays comme la France, que j'allais finir en enfer, que je n'avais pas plac ma confiance en Allah. J'en ai fait une crise d'angoisse, je m'en voulais. Et eux n'arrtaient pas. Ils taient tellement nombreux me parler sur internet, certains aussi par tlphone."

"Au dbut, je ne voulais pas forcment porter les armes. Mais aprs tre passe devant le juge des enfants, j'ai eu envie de partir combattre contre Bachar. Mes parents me demandaient si j'avais chang, si j'avais renonc mes ides, je leur disais que oui, mais en fait c'tait de pire en pire. Sur internet, ils me disaient : 'Dis-leur que tout va bien, que tu as arrt tout a, que tu ne veux plus partir et que c'taient des btises. Ils finiront par te lcher et tu seras tranquille.'
Quand on a dit la tl que certaines filles qui taient parties au djihad voulaient rentrer, on m'a dit sur Facebook que c'tait faux, qu'on racontait a pour empcher les autres de partir, qu'il fallait arrter d'couter les mdias, qui donnaient une mauvaise image de l'islam et surtout d'eux, alors que c'taient eux qui apportaient la vrit. Du coup je n'coutais plus la tl."

La bascule dans une vision paranoaque du monde. Ces mesures de protection, pour elle, sont autant de signes que le diable la met l'preuve. La violence l'gard des "autres" est rinterprte comme de la lgitime dfense...
Attentats en France

Un jour on m'a dit : 'C'est mort, avec ce que tu as sur le dos, tu ne pourras jamais venir, alors maintenant il faut passer l'acte en France.' Ils ont commenc me montrer des vidos des enfants morts en Palestine, me parler de la ncessit d'agir contre les juifs."

"Quand on est fich la frontire, ils nous mettent la pression pour qu'on fasse des attentats kamikazes ou ' la Merah' [du nom de Mohamed Merah, le tueur de Toulouse, NDLR]. C'est une femme qui m'en a parl la premire. J'avais trouv le lieu, le moyen de me procurer des armes.
Je ne sais pas si j'aurais pu aller jusqu'au bout, peut-tre que j'aurais ralis qu'il y avait des vies humaines... Mais c'est vrai qu' la fin, j'avais oubli l'humanitaire. Ce n'tait plus du tout 'faire du bien', c'tait seulement la haine."

Le lieu et le mode opratoire de l'attentat ont t dtermins. La pression de ses recruteurs est permanente. Les contacts tlphoniques et internet s'intensifient. Par ce harclement, ils veulent s'assurer que La ira jusqu'au bout. On lui rpte des directives en boucle. La DGSI, qui l'a place sur coute, juge la menace srieuse et dcide d'intervenir.
L'arrestation

Un matin trs tt, les policiers sont venus me chercher. Ca m'a nerve qu'on m'arrte, mais je n'tais pas stresse. Quand j'tais en audience, en cellule, je m'en foutais. Ils pouvaient m'emmener en prison ou ailleurs, peu importe. Je me disais que si je ne pouvais pas me venger, il y en avait d'autres qui le feraient, ils l'avaient promis."

"C'est seulement quand je suis rentre chez moi aprs mes deux jours de garde vue et que j'ai vu l'tat dans lequel taient mes parents que j'ai commenc raliser. Ma mre avait un problme avec son coeur. Et en islam, les parents c'est la chose la plus importante. Alors je les ai laisss me montrer d'autres films, me parler d'islam et petit petit j'ai commenc douter...
Dans une des vidos, les djihadistes faisaient du foot avec des ttes coupes, dans une autre, ils montraient les ttes coupes en public aux enfants. C'est horrible. Mais eux me disaient que c'taient les soldats de Bachar qui faisaient ces choses-l."

Lors des sances du Centre de prvention contre les drives sectaires lies l'islam (CPDSI), La prend brutalement conscience de son endoctrinement en coutant le rcit de familles parlant de leurs enfants partis au djihad. L'atterrissage est comme une chute libre. Aujourd'hui elle garde l'angoisse que ses recruteurs viennent la chercher chez elle.
Les regrets

Maintenant, c'est dur... J'ai du mal assumer que je me suis fait avoir. Je n'arrive pas me dire que j'ai pu tre assez stupide pour croire le message de toutes ces personnes alors que c'tait faux. Je le dis pour aider les autres jeunes, sinon je n'aime pas l'admettre."

"Moralement, j'tais mieux avant. Quand j'tais dans le groupe, c'tait plus facile. Je rptais les phrases qu'ils me disaient, a sortait automatiquement.
Je m'en veux beaucoup pour a, d'avoir pu moi aussi entraner d'autres filles sans le faire exprs, mme des plus petites que moi... Je voulais tellement partir, on enviait toutes celles qui y arrivaient. Maintenant, certaines vont mourir l-bas, en Syrie ou en Irak, et peut-tre cause de moi..."

Marie Lemonnier



 

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