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Malcolm X avait raison sur les États-Unis

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2015-02-22
 
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Malcolm X avait raison sur les États-Unis

Malcolm X avait raison sur les États-Unis


Malcolm X, contrairement Martin Luther King, ne pensait pas que lAmrique ait une conscience. Pour lui, il ny avait pas de grande contradiction entre les nobles idaux de la nation une imposture ses yeux et lchec de garantie de justice lgard des noirs. Il avait compris, peut-tre mieux que King, les mcanismes inhrents lempire. Il nesprait pas des dirigeants de lempire quils se reconnectent la bont en eux afin de construire un pays dbarrass de linjustice et de lexploitation. Il expliquait que depuis larrive du premier bateau desclaves jusqu lapparition de notre vaste archipel de prisons et de nos sordides colonies intrieures (NdT: Les rserves damrindiens), o les pauvres taient pigs et exploits, lempire Amricain tait inexorablement hostile ceux que Frantz Fanon appelait les damns de la Terre . Cela, et Malcolm en tait conscient, ne changerait pas avant la destruction de lempire.


Il est impossible que le capitalisme survive, premirement parce que le systme capitaliste a un besoin perptuel de sang sucer , disait Malcolm. Le capitalisme tait un aigle, cest maintenant un vautour. Il tait assez puissant pour sucer le sang de nimporte qui, des forts comme des faibles. Mais aujourdhui il devient plus couard, comme le vautour, et il ne suce plus que le sang des faibles. A mesure que les nations du monde se librent, le capitalisme a moins de victimes potentielles sucer, et il saffaiblit. Ce nest quune question de temps avant leffondrement complet.
King obtint une victoire lgislative travers le mouvement des droits civiques, comme le montre le nouveau film Selma . Mais il choua faire naitre la justice conomique, et dtourner lapptit vorace de la machine de guerre quil savait pertinemment responsable des abus de lempire sur les opprims ltranger comme domicile. Et 50 ans aprs lassassinat de Malcolm X lAudubon Ballroom de Harlem par des tueurs professionnels de la Nation de LIslam, il apparait clairement quil avait raison lui, et pas Martin Luther King. Nous sommes la nation que Malcolm savait dj que nous tions. Les humains peuvent changer. Pas les empires. Notre refus de regarder en face la vrit sur lempire, de nous attaquer la multitude de ses crimes et de ses atrocits, a fait naitre le cauchemar que Malcolm avait prdit. Et mesure que lre digitale et que la socit post-littraire implante une amnsie historique terrifiante, ces crimes sont effacs aussi facilement quils sont commis.

Parfois, jai os rver quun jour lhistoire puisse dire que ma voix drangeant la suffisance de lhomme blanc, son arrogance et sa complaisance que ma voix aurait aid sauver lAmrique dune catastrophe grave, voire possiblement fatale , avait crit Malcolm.
Lintgration dlites de couleur, dont Barack Obama, dans les chelons les plus levs des structures institutionnelles et politiques na rien chang la nature prdatrice de lempire. Les politiques identitaires et de genre nous sommes sur le point de nous faire vendre une femme prsidente en forme dHillary Clinton ont encourag, comme lavait compris Malcolm, les fraudes et les vols de Wall Street, lviscration de nos liberts individuelles, la misre dune sous-classe dans laquelle la moiti des enfants en cole publique vivent dans la pauvret, lexpansion de nos guerres impriales et lexploitation intensive et peut-tre fatale de nos cosystmes. Et tant que lon se refuse couter la voix de Malcolm X, tant que lon ne lutte pas contre lauto-destruction inhrente au fonctionnement de lempire, les victimes, domicile comme ltranger, ne cesseront de saccumuler. Malcolm, linstar de James Baldwin, avait compris quil ny a quen se confrontant la ralit de qui nous sommes, en tant que membres dune puissance impriale, que les gens de couleur, ainsi que les blancs, peuvent se librer. Cette vrit est dure et amre. Elle requiert une reconnaissance de notre capacit faire le mal, engendrer linjustice et lexploitation, et elle exige une repentance. Mais on saccroche comme des enfants frivoles aux mensonges quon se raconte sur nous-mmes. Nous refusons de grandir. Et cause de ces mensonges, propags travers le spectre culturel et politique, la libration na pas lieu. Lempire nous dvore tous.
Nous sommes contre la diabolisation, contre loppression, contre le lynchage a dit Malcolm. Vous ne pouvez tre contre ces choses sans tre contre loppresseur et le lyncheur. Vous ne pouvez tre anti-esclavage et pro-esclavagiste; vous ne pouvez tre anti-crime et pro-criminel. Dailleurs, Mr Muhammad explique que si lactuelle gnration de blancs tudiait sa propre race la lumire de la vritable histoire, ils seraient eux-mmes anti-blancs.
Malcolm a dit un jour, que sil avait t un noir de la classe moyenne, encourag aller en cole de droit, plutt quun pauvre enfant en foyer, abandonnant lcole 15 ans, Je ferais aujourdhui probablement partie de la bourgeoisie noire de quelque ville, sirotant des cocktails en me vantant dtre moi-mme un porte-parole et un leader des masses noires souffrantes, alors que ma proccupation majeure serait de ramasser quelques miettes dun conseil de faux-culs blancs acaritres que jaurais suppli pour mon intgration .
La famille de Malcolm, pauvre et en difficult, fut brutalement dchire par des agences dtat selon un schma inchang aujourdhui. Les tribunaux, une ducation mdiocre, un appartement insalubre, la peur, lhumiliation, le dsespoir, la pauvret, lavidit des banquiers, les employeurs abusifs, la police, les prisons, les agents de probation, remplirent leur fonction comme ils le font encore aujourdhui. Malcolm voyait lintgration raciale comme un jeu politique strile, labor par une classe moyenne noire anxieuse de vendre son me pour participer elle aussi lempire et au capitalisme. Lhomme qui jette des vers dans la rivire , disait Malcolm, nest pas ncessairement lami des poissons. Tous les poissons qui le prennent pour un ami, qui ne pensent pas que les vers soient hameonns, finissent gnralement dans une pole frire . []
Martin [Luther King Jr.] na pas eu le feu rvolutionnaire que Malcolm avait, avant la toute fin de sa vie , explique Cornel West dans son livre cocrit avec Christa Buschendorf, le feu noir prophtique . Et par feu rvolutionnaire jentends la comprhension du systme dans lequel nous vivons, le systme capitaliste, les tentacules imprialistes, lempire Amricain, le mpris pour la vie, la volont de violer la loi, quelle soit internationale ou domestique. Malcolm avait compris a ds le dpart, et cela a frapp Martin si fort quil est devenu rvolutionnaire sa propre faon, selon sa morale, plus tard dans sa courte vie, tandis que Malcolm a eu ce feu rvolutionnaire trs tt dans sa vie .
Il y a trois excellents livres sur Malcolm X: Lautobiographie de Malcolm X: racont Alex Haley , La mort de Malcolm X par Peter Goldman et Martin & Malcolm & LAmrique: Un rve ou un cauchemar de James H. Cone.
Jai rencontr Goldman qui, en tant que reporter pour un journal de St Louis et plus tard pour Newsweek a rencontr et crit sur Malcolm ce vendredi, dans un caf de New York. Goldman faisait partie dun cercle restreint de reporters que Malcolm respectait, et dont faisaient partie Charles Silberman de Fortune et M.S. Mike Handler du New York Times, dont Malcolm a un jour dit quil navait aucun des prjugs habituels ou des sensibleries vis vis des noirs .
Goldman et sa femme, Helen Dudar, qui tait aussi reporter, ont rencontr Malcolm pour la premire fois en 1962 au Shabazz Frosti Kreem, un snack-bar de musulmans noirs du ghetto nord de St. Louis. Lors de cette entrevue, Malcolm versa un peu de crme dans son caf. Le caf est la seule chose dont je sois content de lintgration , commenta-t-il. Il continua: Le ngro moyen ne laisse mme pas un autre ngro savoir ce quil pense, il est si mfiant. Cest un acrobate. Il y a t forc pour survivre dans cette civilisation. Mais parce que je suis musulman, bien que je sois noir dabord ma sympathie est noire, mon allgeance est noire, tous mes objectifs sont noirs. Parce que je suis un musulman, je ne suis pas intress par tre amricain, parce que lAmrique ne sest jamais intresse moi.
Il dit Goldman et Dudar: Nous ne hassons pas. Lhomme blanc a un complexe de culpabilit il sait quil a commis quelque chose de mal. Il sait que sil avait subi de nos mains ce que nous avons subi des siennes, il nous harait . Quand Goldman dit Malcolm quil croyait en une socit o les races nimporteraient pas, Malcolm rpondit rapidement : Vous raisonnez en terme de fantaisie. Il faut raisonner avec des faits .
Goldman se souvient, il tait le messager nous apportant la mauvaise nouvelle, celle que personne ne voulait entendre . Malgr la mauvaise nouvelle ds cette premire rencontre, Goldman allait le rencontrer plusieurs fois pour dautres interviews, des interviews qui duraient souvent 2 ou 3 heures. Lcrivain rend aujourdhui hommage Malcolm pour sa r-ducation .
Goldman fut ds le dbut frapp par la courtoisie indfectible de Malcolm, son blouissant sourire, sa probit morale, son courage, et , tonnamment, sa douceur. Goldman rappelle le jour ou le psychologue et crivain Kenneth B. Clark et sa femme escortrent un groupe dtudiants de lyce, des blancs pour la plupart, pour voir Malcolm. Ils arrivrent et laperurent entour de reporters. Ms. Clark, pensant que le meeting avec les reporters tait plus important, dit Malcolm que les adolescents attendraient. Limportant ce sont ces enfants , dit Malcolm Mrs Clark en appelant les tudiants lui. Il ne voyait pas de diffrence entre les enfants blancs et les enfants , crit Goldman dans son livre, en rapportant les propos de Kenneth Clark.
James Baldwin lui aussi, a crit sur la profonde sensibilit de Malcolm. Malcolm et lui participaient une mission de radio en 1961 avec un jeune activiste du mouvement des droits civiques qui revenait du Sud. Si tu es un citoyen amricain , rapporte Baldwin en se remmorant une question de Malcolm au jeune homme, pourquoi dois-tu te battre pour tes droits de citoyen? Être un citoyen cest avoir les droits dun citoyen. Si tu nas pas les droits dun citoyen, alors tu nes pas citoyen . a nest pas aussi simple que a , rpondit le jeune homme. Pourquoi donc? demanda Malcolm.

Durant cet change, crit Baldwin, Malcolm comprit cet enfant et lui parla comme sil parlait un jeune frre, avec une attention bienveillante. Ce qui ma le plus marqu cest quil nessayait pas de persuader lenfant: il voulait le pousser rflchir Je noublierai jamais Malcolm et cet enfant face face, et lextraordinaire douceur de Malcolm. Et cest a la vrit sur Malcolm: il tait lune des personnes les plus douces que jaie jamais rencontres.
Lune des rpliques prfres de Malcolm tait Je suis lhomme que tu penses tre , me dit Goldman. Ce quil entendant par a, ctait, si tu me frappes, je te frapperai en retour. Mais aprs avoir fait plus ample connaissance avec lui jen suis venu penser que cela signifiait aussi, si tu me respectes je te respecterai en retour .
Cone souligne ce point dans Martin & Malcolm & LAmrique :
Malcolm X est le meilleur remde contre tout gnocide. Il nous a montr par lexemple et en prchant prophtiquement que personne nest oblig de rester dans la boue. Il est possible de se rveiller; il est possible de se relever, et dentamer la longue marche pour la libert. La libert est avant tout et surtout une reconnaissance intrieure, un respect de soi, cest comprendre que personne na t mis sur terre pour tre quelconque. Les drogues et la violence sont les pires formes dauto-dprciation. Nos anctres ont lutt alors que lespoir tait mince (esclavage, lynchage, sgrgation), mais ils ne se sont pas auto-dtruits. Certains sont morts en se battant, dautres, inspirs par ces exemples, ont continu progresser vers cette terre promise quest la libert, en chantant nous ne laisserons personne nous dtourner . Les afro-amricains peuvent faire la mme choses aujourdhui. Nous pouvons nous battre pour la dignit et le respect de soi. Être fier dtre noir ne signifie pas tre contre les blancs moins que les blancs soient contre le respect de lhumanit des noirs. Malcolm navait rien contre les blancs; il tait pour les noirs et contre leur exploitation.
Goldman dplore la disparition de voix comme celle de Malcolm, ces voix imprgnes dune comprhension des vrits historiques et culturelles et dotes du courage de les exprimer en public.
Nous ne lisons plus dis Goldman. Nous napprenons plus dsormais. Lhistoire disparat. Les gens parlent de vivre dans linstant comme si ctait une vertu. Cest un horrible vice. Entre la Twittosphre et les chaines dinfos en continu 24h/24 notre histoire disparait. Lhistoire devient quelque chose dennuyeux que lon doit endurer au lyce, puis dont nous sommes dbarrasss. Ensuite vous allez luniversit, vous tudiez la finance, la comptabilit, le business, le management ou la science informatique. Il reste bien peu de spcialisation en arts progressistes. Et cela a effac notre histoire. La personnalit la plus connue des annes 60 est, bien entendu, Martin Luther King. Mais ce que la majorit des amricains connait de MLK cest quil a fait un discours o il a dit Jai fait un rve et quil a son nom attach un jour fri.
Malcolm, comme MLK, comprirent le prix payer pour tre un prophte. Les deux hommes payrent ce prix au quotidien.
Malcolm, comme lcrit Goldman, rencontra le reporter Claude Lewis un peu avant son assassinat le 21 fvrier 1965. Il avait dj fait face plusieurs tentatives dassassinat.
Nous vivons une re dhypocrisie , dit-il Lewis. Quand les blancs prtendent vouloir que les ngres soient libres, et que les ngres prtendent croire les blancs quand ils disent vouloir quils soient libres, cest une re dhypocrisie, frre. Tu me mens et je te mens. Tu prtends tre mon frre, et je prtends croire que tu crois tre mon frre
Il dit Lewis quil ne vivrait pas vieux. Si vous lisez, vous vous rendez compte que peu nombreux sont ceux qui, pensant comme je pense, vivent assez longtemps pour commencer vieillir. Quand je dis par tous les moyens ncessaires, jy crois de tout cur, corps et me. Un homme noir devrait donner sa vie pour tre libre, et il devrait aussi tre capable, tre prt ter la vie de celui qui veut la lui prendre. Quand vous pensez ainsi, vous ne vivez pas longtemps .
Lewis lui demanda comment il souhaitait quon se souvienne de lui. Sincre , rpondit Malcolm. Dans tout ce que jai fait ou dit. Mme si jai commis des erreurs, ce fut en toute sincrit. Si je me trompe, je me trompe sincrement. Je pense que la meilleure chose que lon puisse tre, cest tre sincre .
Le prix de la libert , dclara Malcolm peu avant sa mort, est la mort .


Chris Hedges


 

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