> >

[] [ ]

"On m'a pris mon fils. Le djihad me l'a pris"

(Tags)
 
Alger pris en flagrant dlire Emir Abdelkader 0 2014-10-13 03:51 PM
Larme algrienne a pris ses dispositions Emir Abdelkader 0 2014-06-15 03:18 PM
Les syndicats de lducation pris au pige Emir Abdelkader 0 2014-02-06 09:00 AM
Le Prsident a pris la dcision de ne pas se reprsenter Emir Abdelkader 0 2014-01-27 01:47 PM
Tel est pris qui croyait prendre Emir Abdelkader | french Forum 0 2013-03-31 06:25 PM

 
LinkBack
  : ( 1 )  
2015-03-02
 
:: ::

  Emir Abdelkader   
: 11609
: Aug 2011
:
:
:  male
:
: 45,938 [+]
: 3119
: Emir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond reputeEmir Abdelkader has a reputation beyond repute
Manqool "On m'a pris mon fils. Le djihad me l'a pris"




"On m'a pris mon fils. Le djihad me l'a pris"




l y a un peu plus d'un an, Frdric, aujourd'hui g de 19 ans, a quitt Nice et sa famille pour la Syrie. Sa mre livre son dsarroi. Rencontre.

T-shirt de foot clair, sa petite soeur ses cts, il pose tout sourire derrire son fraisier d'anniversaire. Dcembre 2013. Fred fte ses 18 ans et Nol en mme temps. "Je venais de lui payer le permis, il voulait travailler dans une compagnie de bus", rapporte Michle, sa mre. Deux jours aprs, Fred quitte l'appartement familial de l'est de Nice, quartier Saint-Roch. Direction Istanbul, puis la Syrie. "Il avait dit qu'il dormait chez un ami". Des jeunes du quartier apprendront peu aprs sa mre qu'il est parti.
Frdric a 19 ans maintenant. Un an dj qu'il est l-bas. O prcisment ? On ne sait pas, mme si Michle parvient encore maintenir le contact, par des changes sur internet. "On est dtruits", dit-elle. "On m'a pris mon fils. Le djihad me l'a pris."
Bryan, 18 ans, du mme quartier niois, est parti au mme moment. Les deux copains auraient rejoint d'autres jeunes qu'ils connaissaient. "Plusieurs jeunes de notre quartier sont partis", assure Michle. Elle fouille inlassablement ses souvenirs, recherche les signes qui lui auraient chapp. En vain. "Juste avant de partir, il avait ft Nol table avec nous".
"On passait beaucoup de temps ensemble"

Michle n'a rien vu. Rien dans la chambre de son fils, ni dans son comportement ne lui a mis la puce l'oreille.
Je ne l'ai jamais vu prier. On est trs fusionnels, on passait beaucoup de temps ensemble".

Quand il ne jouait pas au foot avec ses copains du quartier.
Frdric ne veut plus qu'on l'appelle ainsi. C'est Abou Issa. Peu aprs son dpart, sa mre dsempare, avait demand rencontrer le maire de Nice. "Mis part la ville de Nice et le conseil gnral, on n'est pas beaucoup aids, on se sent isols", livre celle qui estime que le gouvernement a tard prendre la mesure du problme. Elle voulait dj, dbut 2014, aller chercher son fils la frontire syrienne. "Fred ne m'a pas dit 'non', seulement 'on verra'", expliquait-elle. Depuis, les mois se sont inexorablement couls.
"Il me dit qu'il travaille. Mais quoi ?"

"On passe un peu par toutes les phases", confie aujourd'hui Michle, en marge d'une rencontre organise par l'association Entr'Autres qui tente de dcrypter les phnomnes de radicalisation. "Ça nous permet de rencontrer d'autres parents." Elle communique rgulirement avec son fils. Via Skype surtout. Et oscille entre gentillesse et colre. Espoir et dsespoir.
Au fil du temps, l'angoisse a invitablement grandi. Michle a peu peu trouv son fils "diffrent". Cette photo, en fin d't dernier, en "longue robe noire", un turban sur la tte, l'a bouleverse. "Mon monde s'est croul". Ces dernires semaines, elle l'a encore trouv "forci, endurci, mri". Frdric ne parle pas de djihad. Ni d'armes.
Il me dit qu'il travaille. Mais quoi ? Au maniement des armes ? A autre chose encore ?"

Face certaines questions, il reste vasif, ou ne rpond pas. Il rpte, en revanche, faire du sport et apprendre la religion.
"Il me dit qu'il joue au foot avec les petits syriens." Et dit tre parti pour "faire de l'humanitaire, dfendre des femmes et des enfants maltraits par le rgime de Bachar al-Assad." Michle voque un garon gentil, "pas violent du tout", toujours prt "dfendre le plus faible".
C'est mon devoir de te convertir" a-t-il dclar sa mre.

"Vous imaginez tous ces gamins, l-bas, livrs eux-mmes ? Endoctriner des gosses comme a, c'est tellement facile. Partir est devenu un signe de courage" tente-t-elle d'analyser. "Un peu comme 't'y as t, j'y vais aussi'".
"On ne sait pas comment se comporter, on a besoin d'aide", poursuit la mre de Frdric. Elle a contact la cellule d'coute mise en place par la mairie de Nice. Son but ? Suivre des familles concernes par la radicalisation ou un dpart. Un soutien psychologique surtout. "Que peuvent-ils faire pour moi ? Ils ne peuvent pas aller me chercher mon fils". Dans son esprit tournoient continuellement les mmes interrogations. "Que fait-il rellement de ses journes ? Quand il me parle, peut-il le faire librement ?" Lors de son dpart, Frdric n'avait que 130 euros en poche. Ses trennes de Nol. "Il avait arrt Facebook trois mois avant de partir. Comment a-t-il pu organiser son voyage ?"
"S'il tait malheureux, il ne me le dirait pas"

De confession catholique, non pratiquante, Michle explique ne pas avoir fait baptiser son fils la naissance. "Je m'tais dit qu'il choisirait". Elle a parfois l'impression qu'il veut rentrer "mais ne peut pas". "Quand il me dit qu'il est bien, je ne le crois pas. S'il tait malheureux, il ne me le dirait pas".
Elle regarde une photo.
Qu'est-ce t'as fait Fred ?"

Marque une pause.
Qu'est-ce que tu t'es fait ?"

"Rentre stp, je t'aiderai", lui a-t-elle encore envoy la semaine dernire. "Non maman" a-t-il seulement crit en retour. S'il est souvent mis mal, Michle garde malgr tout espoir. Aprs avoir vu tmoigner la mre de Pierre, 19 ans, alias Abu Talha Al-Faransi, mort dans un attentat-suicide en Irak, elle lui renvoy un message. "Je lui demand s'il avait vu cette mre pleurer son enfant". Frdric ne lui a pas rpondu pour l'instant.


Cline Rastello




 

()


: 1 ( 0 1)
 

"On m'a pris mon fils. Le djihad me l'a pris"




10:33 AM

Powered by vBulletin Version 3.8.7 .Copyright 2000 - 2015, Jelsoft Enterprises Ltd
Search Engine Optimization by vBSEO ©2011, Crawlability, Inc.
- - -
Designed & Developed by shababdz.com
2014,