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Amir Shlazi, artisan franais, parti en Irak combattre Daech

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LIran trace une zone rouge de 40 km la frontire avec lIrak pour stopper Daech Emir Abdelkader 0 2015-01-07 12:54 PM
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2015-03-05
 
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Amir Shlazi, artisan franais, parti en Irak combattre Daech

Amir Shlazi, artisan franais, parti en Irak combattre Daech






Ce carreleur franco-kurde a pass un mois dans les combats pour dfendre la rgion autonome du Kurdistan irakien contre les pousses de l'EI. De retour Angoulme, il raconte. Rencontre.

Dans le salon des Shlazi, Angoulme (Charente), toute la famille est colle l'cran de tlvision. Les canaux kurdes diffusent en continu les terribles nouvelles venues d'Irak. Nous sommes en juin 2014. Les djihadistes de l'Etat islamique, aprs avoir pris le contrle de la ville de Mossoul dbut juin, sont aux portes du Kurdistan irakien, 12 kilomtres de la capitale, Erbil. Le prsident de la rgion autonome, Massoud Barzani, lance un appel aux anciens combattants kurdes, les peshmergas, pour venir dfendre le territoire.
Amir Shlazi, 33 ans, pre de famille, se couche trs tard ce soir-l. Au rveil, sa dcision est prise. Il rejoint fin juillet son pays d'origine pour combattre les terroristes et achte au souk, ds son arrive, la rglementaire tenue militaire. Il y restera un mois.
Six mois aprs, ce carreleur de mtier a retrouv sa chemise bleue carreau, sa veste noire pose sagement sur ses larges paules et un foulard soigneusement nou. Dans un caf d'Angoulme, les souvenirs se racontent sur son portable.
Il fait dfiler une bonne dizaine de photos : Amir et ses compagnons de guerre, kalachnikov la main dans un paysage dsertique ; des camions calcins en arrire-plan ; la vido d'une explosion d'un camion-citerne des djihadistes par les peshmergas "qui a fait trembler les fentres 40 kilomtres la ronde" ; un cousin "cribl de 11 impacts de balle" ; un cadavre.
C'tait un kamikaze, il venait droit sur nous sans s'arrter. Le fils du gnral l'a abattu."

Au milieu de ces images de dsolation, un clich passe presque inaperu : il y apparat avec Franois Hollande, venu le fliciter pour ses actes de courage.
"Je dfendais la France, aussi"

Amir n'a pourtant rien d'un hros. Avant cet t 2014, il n'avait jamais touch une arme de sa vie, ni vu de mort, ni cum de zones de combats. Du Kurdistan feu et sang des annes 1980, o il est n et a vcu jusqu' ses dix ans avant de fuir en France, il n'a gard que trs peu d'images. Tout juste se rappelle-t-il du priple interminable qui a amen ses parents et ses 12 frres et surs en dcembre 1990 Saint-Nazaire, puis Angoulme.
Mais la mmoire du peuple kurde est coriace et colle aux basques des plus insensibles. Amir n'y chappe pas. Il a multipli les voyages au Kurdistan en tant que prsident de l'association franco-kurde de Charente, et se fait traducteur improvis diverses occasions. Quand les extrmistes de l'Etat islamique ont surgi au pied de sa terre natale, son inconscient patriotique s'est mis en bullition. Hors de question que son peuple souffre de nouveau l'ombre du drapeau noir.
D'un naturel dsarmant, il raconte :
Il fallait combattre le terrorisme, mais surtout dfendre la libert laquelle le peuple kurde gote depuis si peu d'annes. Puis en partant l-bas, je dfendais la France, aussi. Daech est une menace pour tout le monde, il fallait stopper la source l'extension de cet 'Etat terroriste'".

Plus jeune combattant franais

Contre l'avis de sa femme mais accompagn de son pre et d'un ami, Samir, tous deux anciens peshmergas, il roule en voiture pendant trois jours - un temps record - jusqu' la frontire avec la Turquie, Zakho. Il est alors, semble-t-il, le plus jeune Franais partir au front.

Amir Shlazi et son pre, prs du barrage de Mossoul, en Irak
(@ Amir Shlazi)
Arriv Duhok, rgion dont il est originaire, il profite des relations qu'il avait tisses lors de plusieurs dplacements au Kurdistan en tant que traducteur, et cherche o il peut tre utile sur le champ de bataille. Premire mission qu'il se donne, sans avertir personne : rejoindre le gnral Bahjat Selki sur la ligne de front de 1.050 kilomtres, pour librer le village de Sahlij. Il est alors accompagn du colonel Hassib Barzani, qui fait office d'instructeur. Il raconte :
Quand on entre dans la zone de guerre aprs le dernier check-point des peshmergas, l o les civils n'ont pas le droit d'aller, c'est le silence, les villages fantmes, les carcasses de voitures, jusqu'au front. Pendant les 45 minutes de trajet, je n'ai pas pip un mot. J'observais. Ce n'est pas tous les jours qu'on voit a !"

Son premier ennemi perceptible n'est alors que le climat : 45 degrs, un vent chaud qui brle le visage, et seulement des petites bouteilles d'eau chauffes par le soleil, quasi imbuvables.
"Les Tchtchnes c'est les pires"

Le sige du village de Sahjli dure depuis quatre jours. Tout juste arriv, Amir rcupre sa premire arme, une kalachnikov, des mains du gnral Bahjat. Il se souvient :
On entendait siffler les balles. Les combattants de Daech taient peine un kilomtre de nous. Il restait quatre ou cinq snipers dans ce village, retranchs dans deux maisons, que les peshmergas n'arrivaient pas dloger. C'taient des Tchtchnes, les pires, ils restent jusqu' mourir."

L'assaut est donn le jour mme, avant la tombe de la nuit. Amir reste en retrait, mais assiste la mort de plusieurs hommes du gnral Bahjat. Les djihadistes finiront par se faire sauter. Leurs cadavres laissent indiffrent la nouvelle recrue :
A aucun moment, je n'ai eu peur, je regardais... Par curiosit je crois, je ne sais pas. Cela m'a fait ni chaud, ni froid en fait. Parce que vous avez de la haine contre ces gens-l. Pour vous, c'est des moins que rien qui mritaient ce qu'ils ont eu."


Amir Shlazi aprs la libration du village de Sehlij (@Amir Shlazi)
Beaucoup de Kurdes craignent fort de voir l'histoire se rpter. Mais tous affirment que cette guerre-l ne ressemble pas aux prcdentes. Amir :
Sous Saddam Hussein, nos pres combattaient un ennemi identifi, une arme rgulire, qui n'tait pas compose des jusqu'au-boutistes de Daech. Eux sont dtermins mourir et faire le plus de dgts possible avant."

Aux avant-postes de la bataille de Zoumar

Sa deuxime mission a t plus prouvante. Il est aux avant-postes de la grande bataille de Zoumar. Cette ville est stratgique pour les djihadistes car elle fait le lien entre l'Irak et la Syrie. Tout le gratin militaire est prsent : le frre du prsident, un haut grad du parti dmocratique du Kurdistan, un ancien gouverneur, numre Amir. Toutes les grandes chanes de tlvision de la rgion sont l. Le pre d'Amir, rest Duhok, a la surprise de voir apparatre son fils sur le petit cran, interview en direct.
Il n'tait pas au courant, je lui avais dit que j'allais faire un tour en ville. Je me suis fait tellement engueuler !"

Amir est devenu l'icne locale de l'Europen combattant.
Les offensives kurdes dans la ville sont freines par la dtermination des djihadistes. "Nous avons d reculer", raconte Amir. Un camion-benne explose quelques mtres de lui et le projette cinq mtres, "mes oreilles ont siffl jusqu'au lendemain". Amir apprend que la coalition internationale, engage dbut aot, a dtruit in-extremis une colonne de pick-up de djihadistes qui fonait sur eux.

Amir Shlazi, lors d'une offensive des Kurdes contre les djihadistes Zoumar. (@Amir Shlazi)
L j'ai commenc avoir trs peur. Nous avons eu de la chance. Nous tions coincs, les routes taient mins autour de nous, nous ne pouvions pas recevoir de l'aide et nous tions mal arms. Heureusement que les peshmergas sont aussi dtermins que les djihadistes dfendre le Kurdistan."

"Peshmerga un jour, peshmerga toujours"

Cette dtermination qui alimente le combat des Kurdes a gagn la diaspora. Amir n'est pas le seul s'tre engag aussi rsolument dans ce conflit. Comme lui, quelques dizaines de Franais ont pris les armes. A l'exemple de Beshdar Khosrow, 27 ans, devenu agent de renseignements pour les peshmergas. Son frre, Rdar, habitant de Clermont-Ferrand, raconte :
Il n'avait aucune formation militaire, il a tout appris l-bas, avec la famille."

Leur pre est mort sous les balles du rgime de Saddam Hussein, en 1987. "Il a pris sa place", justifie Rdar, qui a galement appris la prsence de son cousin d'Albi aux ctes des Kurdes en le voyant lors d'un reportage d'Arte. Lui a eu aussi envie de partir, sans franchir le pas.
Pour les familles restes en France, c'est l'inquitude quotidienne. Quand Jian Saber, d'origine kurde, a appris que son beau-pre de 55 ans, vtran, avait dcid de partir lutter contre les djihadistes, elle a pleur et essay de le dissuader. En vain. "Chez nous, c'est 'peshmerga un jour, peshmerga toujours', c'est un principe", dit-elle.
Ds que a capte, il nous appelle. Il ne nous raconte pas en dtails ce qu'il fait. Il ne veut pas rveiller chez nous les mauvais souvenirs de notre fuite du Kurdistan. Il nous dit juste o il est et si tout va bien. On ne sait pas quand il va revenir, il ne sait pas trop je pense, il ne se projette pas".

"Les combattants kurdes hallucinaient"

Amir, lui, a choisi de revenir auprs de sa mre, sa femme et ses quatre enfants. Au Kurdistan, les peshmergas ont tenu bon et ont repris du terrain : 5% du Kurdistan seulement reste encore aux mains des djihadistes. Ils ont dsormais moins besoin d'hommes que d'armes. Il a le sentiment "d'avoir fait [sa] part" :
Je me sens mieux. Si je ne m'tais pas dplac au Kurdistan pour combattre le terrorisme, pourquoi le ferai-je en France, si ca devait arriver ?"

En quoi son initiative a-t-elle t utile ?
Je suis parti pour me battre. Je n'ai pas utilis mon arme, mais j'ai t un soutien psychologique trs important pour les combattants kurdes, qui hallucinaient de voir des Europens bien installs tout laisser tomber et venir se frotter aux barbares de Daech. Cela leur donnait du courage."

Sarah Diffalah






 

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