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En Turquie, ces 2 millions d'"invits" qui ne rentreront pas

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Le nouveau "Charlie Hebdo" tir 5 millions dexemplaires Emir Abdelkader 0 2015-01-14 11:52 AM
"" "" " " "" Emir Abdelkader 0 2014-11-24 11:08 PM
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Manqool En Turquie, ces 2 millions d'"invits" qui ne rentreront pas

En Turquie, ces 2 millions d'"invits" qui ne rentreront pas






L'accueil par Erdogan de deux millions de rfugis syriens n'ayant pas vocation partir menace l'avenir conomique et social du pays.

Des btisses ventres encerclent les artres boueuses de la ville. Trois jeunes enfants surgissent d'un sous-sol et enjambent une norme flaque de sang. Nous sommes 900 kilomtres d'Alep, dans le quartier de Tarlabasi, Istanbul, o des milliers de Syriens ont trouv refuge. Un homme au teint mat et la barbe juvnile apparat dans la pnombre d'un entrept. Obada vient de souffler ses 22 bougies. Il y a six mois, il vivait encore Damas, o il tait apprenti ingnieur lectrique. Mais il a d se rsoudre quitter son pays pour rejoindre son oncle en Turquie.

"Je n'avais pas choisi mon camp l-bas, mais les gens mouraient chaque jour", lche-t-il, dpit, devant l'entre dmolie du dpt. Arriv en Turquie par la mer, Obada ne s'est pas enregistr auprs des autorits turques, prfrant conserver son passeport syrien, dernire preuve de sa vie passe. Dsormais lectricien sept jours sur sept, le jeune homme rve dj d'ailleurs : l'Allemagne et ses universits, o il pourrait poursuivre sa vritable vocation. Pas la Syrie. "Il faut se rendre l'vidence, lche-t-il. Le monde entier se bat en Syrie aujourd'hui. Je vais rester encore longtemps ici."

Mendier


Plusieurs de ses compatriotes ont trouv chaleur et rconfort dans une ruelle voisine, o une minuscule choppe propose de succulents falafels un prix dfiant toute concurrence. Le commerce appartient Osman. Âg lui aussi de 22 ans, cet tudiant en lectronique Damas a fui son pays il y a un an pour viter le service militaire qui l'aurait envoy tout droit sur le front. "Le gouvernement turc est bon avec les Syriens, insiste-t-il. On ne me considre pas comme un rfugi. Et je n'ai aucun problme de visa." Pourtant, son avenir, Osman le voit lui aussi en Allemagne, pays qui serait - dit-il - beaucoup plus gnreux envers les trangers. Pas en Syrie. "Tant que Bachar el-Assad est en place, je ne pourrai rentrer".
Trois bambins au teint clair font soudain irruption dans le restaurant improvis. Tout sourire, l'un deux s'approche de l'unique table et y dpose firement son butin. Quatre pices qu'il a qumandes auprs de la population stambouliote. Comme eux, nombre de Syriens en sont rduits mendier dans les rues passantes de la cit turque. "C'est peut-tre cause de cela que la population turque ne nous aime pas", lance Osman, dsabus.

Politique jusqu'au-boutiste d'Erdogan


L'omniprsence de rfugis syriens en Turquie est sans doute la consquence la plus visible de la politique jusqu'au-boutiste de Recep Tayyip Erdogan vis--vis de la Syrie. Outre le soutien l'opposition arme - dont les factions islamistes les plus radicales -, le prsident turc a entirement ouvert les frontires de son pays aux civils syriens fuyant les bombardements, tablant sur la chute rapide de Bachar el-Assad. "Quand je m'tais oppos cette politique il y a trois ans, Erdogan m'avait assur que ce serait fini avec succs dans six mois", se souvient Ertugrul Gunai, ancien ministre d'Erdogan.
Or, prs de quatre ans aprs le dbut de la guerre en Syrie, deux millions de Syriens vivent en Turquie, non pas comme des rfugis, mais comme des invits. "Nous n'abandonnerons pas nos frres (...) Nous ne fermerons jamais nos portes (aux Syriens), nous ne pouvons le faire", a encore soulign la semaine dernire le chef de l'État. "Ce qui est important, c'est la confiance de ces gens-l, l'amiti long terme avec les populations", confie une source diplomatique turque. "On pourra dire plus tard que pendant ces jours difficiles, la Turquie tait avec le peuple (...) À long terme, c'est avec les peuples amis de la rgion que la Turquie travaille, pas avec des chefs d'État de passage."

5,5 milliards de dollars


Pour ce faire, Ankara n'a pas lsin sur les moyens. 25 camps de rfugis ont t construits notamment dans l'est du pays, pour un montant qui avoisinerait les 5,5 milliards de dollars. "La moiti de l'aide est internationale", indique toutefois une source diplomatique, qui admet cependant que "sur la question des rfugis, la Turquie a fait un travail extraordinaire". En comparaison, la France, pourtant elle aussi grand soutien de l'opposition syrienne, n'a accueilli depuis octobre 2013 que... 500 rfugis syriens.

Mais cette gnrosit, la Turquie risque de la payer au prix fort. En effet, seuls 15 % des rfugis syriens (soit 265 000 personnes) rsident dans des camps, tous les autres vivant dans les grandes villes du sud du pays (notamment Gaziantep), mais aussi Istanbul, qui compte pas moins de 350 000 rfugis syriens. "Ceci s'explique par la capacit limite des camps, mais aussi par le fait que la plupart des Syriens prfrent avoir leur propre domicile et ainsi tenter de construire une vie normale", explique Franck Dvel, chercheur au Centre sur la migration, la politique et la socit de l'universit d'Oxford (COMPAS).
Bombe retardement


Sauf que la prsence durable de cette population trangre et prcaire, la main-d'oeuvre bon march, est devenue facteur de tension grandissante avec les populations locales, provoquant mme quelques incidents. "Tout d'abord trs sensibles leur sort, la majorit des Turcs considrent que les Syriens doivent partir tt ou tard", souligne le chercheur Franck Dvell. "Pendant ce temps, le gouvernement turc amliore de faon significative la position lgale et socio-conomique des Syriens et semble dsormais prparer considrer une solution plus long terme." En 2014, l'organisme turc des situations d'urgence, dpendant du Premier ministre (AFAD), s'est lanc dans une vaste campagne d'enregistrement de tous les rfugis syriens. En acceptant de s'y soumettre, ces derniers se voient octroyer une carte de rsidence leur garantissant l'accs nombre de services sociaux dont bnficient les citoyens turcs (sant, ducation).
Une vritable "bombe retardement", si l'on en croit la chercheuse Beril Dedeoglu, professeur l'universit de Galatasaray. "La majorit des Turcs n'ont pas encore senti les consquences conomiques de la prsence de plus de deux millions de rfugis syriens, qui pose beaucoup de problmes sociaux", note-t-elle. Une crise qui pourrait surgir plus tt que prvu, au vu du notable ralentissement de l'activit conomique en Turquie.





Armin Arefi et Quentin Raverdy


Le Poin.fr
 

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